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Landry accuse Charest de discréditer le Québec

Robert Dutrisac   2 mai 2003  Québec
Québec - Le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, a accusé le premier ministre Jean Charest de discréditer le Québec sur les places financières mondiales et devant les agences de notation de crédit comme Standard and Poor's.

Selon M. Landry, Jean Charest a fait une utilisation «purement partisane» et contraire à l'intérêt public du rapport remis par l'ex-vérificateur général Guy Breton. Ce rapport fait état d'une impasse financière de 4,3 milliards, ou de 3,3 milliards au mieux, qui menace les finances publiques du Québec. «Celui qui devrait être un chef d'État et un chef de gouvernement a discrédité dans tous les milieux financiers d'Amérique, d'Europe et du Japon les finances publiques du Québec» a-t-il dit.

«Qu'est-ce qu'ils disent chez Standard and Poor's ce matin [hier] à New York? Eux autres, ils ne travaillent pas pour le Parti libéral et ils n'ont pas de contrats du gouvernement du Québec. Ils disent: c'est quoi, cette affaire? Four billions!», a poursuivi M. Landry, qui reproche également au premier ministre de salir la réputation des fonctionnaires du ministère des Finances.

Pour le chef du Parti québécois, le rapport produit par M. Breton est «extrêmement nuancé». En tant que ministre des Finances, M. Landry a été maintes fois aux prises avec des impasses financières de un à deux milliards, a-t-il signalé. Or l'équilibre budgétaire fut atteint cinq années de suite.

Durant la campagne électorale, tant M. Landry que Mme Marois ont répété que le cadre financier du Parti libéral ne tenait pas la route, a rappelé le chef péquiste. «Il était prévisible qu'ils trouvent une parade pour ne pas dire une mascarade», a-t-il dit.

La réalité

La réplique de M. Charest n'a pas tardé à venir. «S'il y a une réalité que décrit M. Breton, c'est la réalité que nous laisse M. Landry, c'est son legs», a-t-il dit.

M. Charest a rappelé que son gouvernement avait fait appel à un tiers indépendant en la personne de M. Breton pour faire l'état de la situation des finances publiques. «ll aurait fallu faire quoi, aux yeux de M. Landry? Il aurait fallu ne pas dire la vérité? Ça, c'est sa méthode à lui. On le sait, il a manqué de transparence. Alors nous, on veut faire preuve de transparence, on veut que les gens sachent», a-t-il dit.

Selon M. Charest, le constat contenu dans le rapport Breton ne nuira pas à la cote de crédit du Québec. «La réalité est incontournable. Il faut qu'on présente les choses telles qu'elles sont. Moi, je ne vois pas de risques là-dedans. Maintenant, on a un travail à faire. L'année en cours va se poursuivre, on va déposer un budget au mois de juin», a-t-il dit. Le ministre des Finances, Yves Séguin, doit se rendre à New York en juin afin de présenter son premier budget aux analystes financiers.






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