Prolongement du métro - De la coupe aux lèvres
Question: combien faut-il de maires pour convaincre un gouvernement en moins de trois mois d'investir trois milliards dans un projet? Réponse: Tout dépend de l'allégeance politique des maires et du gouvernement. À une semaine du lancement officiel des campagnes électorales municipales, la partisanerie l'emporte.
Tous conviendront avec le premier ministre Jean Charest que le transport collectif est préférable à la voiture individuelle pour combattre les gaz à effet de serre et réduire la congestion routière. Il serait donc illogique de critiquer la création d'un «bureau de projet» pour étudier d'ici trois ans les différentes facettes du prolongement éventuel du métro à Montréal, Laval et Longueuil.
Depuis l'entrée en service des trois stations de Laval, en 2007, deux fois plus de Lavallois que prévu empruntent le métro. Le succès est incontestable, à tel point que les usagers se plaignent du manque de places aux heures de pointe. Cependant, en dehors de ces heures, le métro de Laval est largement sous-utilisé, ce qui pose un problème de rentabilité d'autant plus grand que Laval ne veut pas payer sa part du déficit du métro, une facture refilée en presque totalité à Québec, comme celle de Longueuil d'ailleurs. Tout cela découle d'un vieux litige qui oppose Longueuil à Montréal depuis l'inauguration du métro, dans les années soixante, litige qu'aucun gouvernement à Québec n'a eu le courage de régler jusqu'à ce jour. Tout le monde veut aller au ciel, oui mais personne ne veut mourir, le refrain est connu.
Cela n'a pas empêché la ministre des Transports, Mme Julie Boulet, de demander aux maires des trois plus grandes villes de la région métropolitaine de s'entendre sur un projet commun de prolongement du métro dont la totalité des coûts de construction serait défrayée par Québec. Comme il fallait s'y attendre, c'est donc d'un projet merveilleusement boursouflé qu'hérite le nouveau «bureau» d'études qui vient d'être créé.
À vrai dire, si une fraction du projet trouve sa justification, on est loin d'avoir démontré qu'il vaudrait la peine de prolonger le métro au-delà du Cégep Édouard-Montpetit, à Longueuil, ou encore de relier Saint-Laurent à Laval. On comprend à la lecture du communiqué que si le maire de Beaconsfield s'était joint à la joyeuse équipe, le métro aurait aussi fait du millage vers l'ouest...
Quiconque a utilisé le métro sur une base quotidienne sait que malgré certains inconvénients comme les pannes trop fréquentes, il s'agit du moyen de transport idéal pour une ville d'hiver comme Montréal. Malheureusement, pour qu'il soit le moins déficitaire possible, il faut desservir des zones densément peuplées où les résidents utilisent les transports en commun à toute heure du jour et dans les deux directions. Pour les autres villes et quartiers, il existe des moyens mieux adaptés, plus souples et beaucoup moins coûteux. Trois milliards, c'est beaucoup, compte tenu des nombreux projets de transport collectif prioritaires et de l'absence chronique de plan de financement du fonctionnement à long terme.
Le bureau de projet a trois ans pour produire ses études. Il a donc amplement de temps pour tempérer les ardeurs des maires et remettre un rapport plus réaliste à quelques semaines d'une autre campagne électorale, provinciale celle-là. Pur hasard, évidemment!
Tous conviendront avec le premier ministre Jean Charest que le transport collectif est préférable à la voiture individuelle pour combattre les gaz à effet de serre et réduire la congestion routière. Il serait donc illogique de critiquer la création d'un «bureau de projet» pour étudier d'ici trois ans les différentes facettes du prolongement éventuel du métro à Montréal, Laval et Longueuil.
Depuis l'entrée en service des trois stations de Laval, en 2007, deux fois plus de Lavallois que prévu empruntent le métro. Le succès est incontestable, à tel point que les usagers se plaignent du manque de places aux heures de pointe. Cependant, en dehors de ces heures, le métro de Laval est largement sous-utilisé, ce qui pose un problème de rentabilité d'autant plus grand que Laval ne veut pas payer sa part du déficit du métro, une facture refilée en presque totalité à Québec, comme celle de Longueuil d'ailleurs. Tout cela découle d'un vieux litige qui oppose Longueuil à Montréal depuis l'inauguration du métro, dans les années soixante, litige qu'aucun gouvernement à Québec n'a eu le courage de régler jusqu'à ce jour. Tout le monde veut aller au ciel, oui mais personne ne veut mourir, le refrain est connu.
Cela n'a pas empêché la ministre des Transports, Mme Julie Boulet, de demander aux maires des trois plus grandes villes de la région métropolitaine de s'entendre sur un projet commun de prolongement du métro dont la totalité des coûts de construction serait défrayée par Québec. Comme il fallait s'y attendre, c'est donc d'un projet merveilleusement boursouflé qu'hérite le nouveau «bureau» d'études qui vient d'être créé.
À vrai dire, si une fraction du projet trouve sa justification, on est loin d'avoir démontré qu'il vaudrait la peine de prolonger le métro au-delà du Cégep Édouard-Montpetit, à Longueuil, ou encore de relier Saint-Laurent à Laval. On comprend à la lecture du communiqué que si le maire de Beaconsfield s'était joint à la joyeuse équipe, le métro aurait aussi fait du millage vers l'ouest...
Quiconque a utilisé le métro sur une base quotidienne sait que malgré certains inconvénients comme les pannes trop fréquentes, il s'agit du moyen de transport idéal pour une ville d'hiver comme Montréal. Malheureusement, pour qu'il soit le moins déficitaire possible, il faut desservir des zones densément peuplées où les résidents utilisent les transports en commun à toute heure du jour et dans les deux directions. Pour les autres villes et quartiers, il existe des moyens mieux adaptés, plus souples et beaucoup moins coûteux. Trois milliards, c'est beaucoup, compte tenu des nombreux projets de transport collectif prioritaires et de l'absence chronique de plan de financement du fonctionnement à long terme.
Le bureau de projet a trois ans pour produire ses études. Il a donc amplement de temps pour tempérer les ardeurs des maires et remettre un rapport plus réaliste à quelques semaines d'une autre campagne électorale, provinciale celle-là. Pur hasard, évidemment!
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