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Chefferie de l'ADQ - Enfantillages !

Marie-Andrée Chouinard   15 septembre 2009  Québec
Le pénible spectacle qu'offrent les candidats à la chefferie de l'ADQ n'a même pas de quoi divertir. Sinon les partis politiques rivaux, qui fourbissent leurs armes parlementaires à chacune des nouvelles bourdes adéquistes, personne ne profite de ces altercations dignes de la cour d'école. Navrant!

Le fondateur de l'ADQ, Mario Dumont, n'avait que 24 ans lorsqu'il fut élu pour la première fois député de Rivière-du-Loup: un vrai jeunot, dont l'inexpérience politique jamais toutefois ne le fit sombrer dans l'infantilisme propre à certains de ses aspirants. Maintenant que l'homme a quitté le cercle politique pour l'arène médiatique, le parti qu'il a fondé a perdu sa façade. Ne restent, apparemment, que des miettes.

Les prétendants au titre de Super Mario, confrontés tant au manque de substance de l'ADQ qu'à leur inhabileté à lui tracer un nouveau profil, en sont contraints à jouer les chats de ruelle. La dernière joute met en scène la scolarité universitaire du candidat Éric Caire, député de La Peltrie, qui, pour une affaire de tiret omis sur un communiqué, a reçu les affronts du candidat Gilles Taillon, ancien député de Chauveau. Celui-ci a demandé hier que soit publié le relevé de notes de l'Université Laval attestant du «sérieux du cheminement académique» de M. Caire.

Si tout cela était drôle, l'emploi du mot «sérieux» serait presque loufoque! Peu importe la formation, les échecs et les diplômes, qui donc espère montrer qu'il a la trempe d'un chef en cherchant ainsi noise à l'autre? Les candidats se targuent de grandes idées pour rénover le système d'éducation du Québec, et voilà qu'ils en sont réduits à se fouetter à coups de CV et de bulletins d'école. Cela, et l'ensemble des enfantillages colorant cette course à la chefferie, ne convainc personne qu'il y a, dans ce match ennuyeux, de quoi tisser l'étoffe d'un meneur.

Il n'y a pas si longtemps, les querelles intestines étaient davantage associées au Parti québécois, qui a connu son lot de gamineries pour le distraire d'un grand projet nommé souveraineté. Les sondages, qui jadis faisaient de l'ADQ un parti digne de gouverner le Québec, traduisent la consternation des citoyens pour ce parti devenu l'ombre de lui-même: il récolte aujourd'hui à peine 8 % des intentions de vote.

Cette course à la chefferie doit culminer par un vote téléphonique, le 18 octobre, lors duquel les adéquistes, spectateurs comme tous les autres de ce cirque pitoyable, désigneront leur nouveau guide. À la différence de leur prédécesseur Mario Dumont, qui fonda l'ADQ sur un programme et des idées, ces trois leaders potentiels flottent au-dessus d'un abîme. Les coups bas et les attaques personnelles qui «meublent» ce grand vide confirment une impression générale: l'ADQ est un parti émietté.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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