Charest sous les feux de la critique à Paris
Paris — Après une semaine plutôt paisible, Jean Charest a achevé hier sa mission en Europe sous les feux de la critique. Sitôt oubliés les bons mots du premier ministre français François Fillon sur les politiques environnementales québécoises, il a eu le désagrément de lire dans le quotidien Le Monde une critique virulente du projet de barrage hydroélectrique sur la rivière La Romaine. Le prix Nobel de littérature Jean-Marie Le Clézio y dénonçait un «monstrueux projet» qui sera non seulement «une catastrophe écologique», mais qui privera aussi la nation innue de «son milieu de vie».
Jean Charest a répliqué à cette critique en règle en invitant l'écrivain à venir visiter La Romaine et à rencontrer les populations autochtones qui ont accepté le projet par référendum. «Je vais demander à la coalition qui appuyait le projet, qui inclut les populations autochtones, d'inviter monsieur Le Clézio à les rencontrer et à aller voir sur place.»
Sans engager la polémique avec le prix Nobel, le premier ministre québécois souligne que ce projet de 1500 mégawatts a été accepté par les populations locales. «Il n'y a pas d'absolu dans le domaine de l'environnement; tout ce que l'homme fait sur la Terre a un impact, dit-il. Il n'y a pas d'utopie. Dans le cas de l'hydroélectricité, il y a des conséquences.» Mais, selon le premier ministre, ces conséquences sont «beaucoup moins importantes» que dans le cas du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Selon Jean Charest, ce genre de projets permet aux Québécois d'émettre deux fois moins de gaz à effet de serre que les autres Canadiens.
Le cinéaste et militant écologiste Yann Arthus-Bertrand, qui rencontrait Jean Charest dans la matinée, a d'ailleurs accueilli les critiques de Jean-Marie Le Clézio avec circonspection. Même s'il reconnaît que «les grands barrages ne sont plus les bonnes solutions», l'auteur du film Home estime que «malheureusement, il faut être pragmatique. Est-ce que c'est mieux d'avoir un barrage ou d'avoir du charbon?» Le militant écologiste dit que l'on a beaucoup à apprendre du Québec en matière d'environnement et qu'«on ne va pas changer le monde avec des éoliennes et des panneaux solaires». Selon lui, la priorité doit aller à la réduction de la demande en énergie.
Pas de burqa chez les fonctionnaires
Interrogé sur les déclarations de Nicolas Sarkozy qui a affirmé que la burqa (le voile intégral) n'était pas la bienvenue en France, Jean Charest s'est contenté de dire que celle-ci n'était pas acceptable dans la fonction publique québécoise.
«Ceux qui sont dans le domaine public [la fonction publique] doivent travailler à visage découvert, dit le premier ministre. Quand on travaille pour l'État québécois, on travaille à visage découvert.» Mais Jean Charest refuse d'identifier la burqa à un symbole d'oppression des femmes, comme l'a fait sans détour Nicolas Sarkozy. Il refuse aussi de dire qu'elle est contraire aux valeurs québécoises. Le premier ministre se contente de rappeler que le Québec a interdit à ses citoyens de voter en burqa et que l'Assemblée nationale a condamné les tribunaux religieux. La veille, Jean Charest avait affirmé qu'il s'attendait «à ce que chaque personne qui accepte de venir vivre au Québec et qui jouit du privilège de l'immigration adhère aux valeurs québécoises».
Le premier ministre a par ailleurs brossé un bilan positif de ce voyage qui l'a mené à Bruxelles, Munich et Paris. Il se réjouit tout particulièrement de l'appui qu'il a reçu du premier ministre français François Fillon afin de faire reconnaître le rôle des États fédérés et des régions en préparation du sommet international de Copenhague sur l'environnement.
«Il faut que le Québec occupe toute la place qu'il veut occuper et qu'il doit occuper sur le plan international et dans ses champs de compétence, dit-il. C'est très important qu'on soit présent.»
Le premier ministre rappelle qu'il souhaite que le Québec soit associé d'une façon ou d'une autre à la définition des objectifs que se fixera la délégation canadienne à Copenhague. Comme Canadien, il ne voit aucune contradiction entre ses convictions fédéralistes et le fait de venir à Paris se concerter avec les représentants français pour critiquer les positions que s'apprête à défendre le Canada dans un sommet international. «C'est une bonne chose que nous fassions connaître notre opinion», dit-il. Et c'est «avantageux pour tout le monde».
Hier, Jean Charest avait commencé sa journée en déjeunant avec le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Il l'a terminée à la délégation générale du Québec en décorant de l'Ordre national du Québec l'ancien chef d'état-major des armées françaises, le général Jean-Pierre Kelche, ainsi que l'ancienne commissaire française des festivités du 400e anniversaire de Québec, Chantal Moréno.
Correspondant du Devoir à Paris
Jean Charest a répliqué à cette critique en règle en invitant l'écrivain à venir visiter La Romaine et à rencontrer les populations autochtones qui ont accepté le projet par référendum. «Je vais demander à la coalition qui appuyait le projet, qui inclut les populations autochtones, d'inviter monsieur Le Clézio à les rencontrer et à aller voir sur place.»
Sans engager la polémique avec le prix Nobel, le premier ministre québécois souligne que ce projet de 1500 mégawatts a été accepté par les populations locales. «Il n'y a pas d'absolu dans le domaine de l'environnement; tout ce que l'homme fait sur la Terre a un impact, dit-il. Il n'y a pas d'utopie. Dans le cas de l'hydroélectricité, il y a des conséquences.» Mais, selon le premier ministre, ces conséquences sont «beaucoup moins importantes» que dans le cas du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Selon Jean Charest, ce genre de projets permet aux Québécois d'émettre deux fois moins de gaz à effet de serre que les autres Canadiens.
Le cinéaste et militant écologiste Yann Arthus-Bertrand, qui rencontrait Jean Charest dans la matinée, a d'ailleurs accueilli les critiques de Jean-Marie Le Clézio avec circonspection. Même s'il reconnaît que «les grands barrages ne sont plus les bonnes solutions», l'auteur du film Home estime que «malheureusement, il faut être pragmatique. Est-ce que c'est mieux d'avoir un barrage ou d'avoir du charbon?» Le militant écologiste dit que l'on a beaucoup à apprendre du Québec en matière d'environnement et qu'«on ne va pas changer le monde avec des éoliennes et des panneaux solaires». Selon lui, la priorité doit aller à la réduction de la demande en énergie.
Pas de burqa chez les fonctionnaires
Interrogé sur les déclarations de Nicolas Sarkozy qui a affirmé que la burqa (le voile intégral) n'était pas la bienvenue en France, Jean Charest s'est contenté de dire que celle-ci n'était pas acceptable dans la fonction publique québécoise.
«Ceux qui sont dans le domaine public [la fonction publique] doivent travailler à visage découvert, dit le premier ministre. Quand on travaille pour l'État québécois, on travaille à visage découvert.» Mais Jean Charest refuse d'identifier la burqa à un symbole d'oppression des femmes, comme l'a fait sans détour Nicolas Sarkozy. Il refuse aussi de dire qu'elle est contraire aux valeurs québécoises. Le premier ministre se contente de rappeler que le Québec a interdit à ses citoyens de voter en burqa et que l'Assemblée nationale a condamné les tribunaux religieux. La veille, Jean Charest avait affirmé qu'il s'attendait «à ce que chaque personne qui accepte de venir vivre au Québec et qui jouit du privilège de l'immigration adhère aux valeurs québécoises».
Le premier ministre a par ailleurs brossé un bilan positif de ce voyage qui l'a mené à Bruxelles, Munich et Paris. Il se réjouit tout particulièrement de l'appui qu'il a reçu du premier ministre français François Fillon afin de faire reconnaître le rôle des États fédérés et des régions en préparation du sommet international de Copenhague sur l'environnement.
«Il faut que le Québec occupe toute la place qu'il veut occuper et qu'il doit occuper sur le plan international et dans ses champs de compétence, dit-il. C'est très important qu'on soit présent.»
Le premier ministre rappelle qu'il souhaite que le Québec soit associé d'une façon ou d'une autre à la définition des objectifs que se fixera la délégation canadienne à Copenhague. Comme Canadien, il ne voit aucune contradiction entre ses convictions fédéralistes et le fait de venir à Paris se concerter avec les représentants français pour critiquer les positions que s'apprête à défendre le Canada dans un sommet international. «C'est une bonne chose que nous fassions connaître notre opinion», dit-il. Et c'est «avantageux pour tout le monde».
Hier, Jean Charest avait commencé sa journée en déjeunant avec le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Il l'a terminée à la délégation générale du Québec en décorant de l'Ordre national du Québec l'ancien chef d'état-major des armées françaises, le général Jean-Pierre Kelche, ainsi que l'ancienne commissaire française des festivités du 400e anniversaire de Québec, Chantal Moréno.
Correspondant du Devoir à Paris
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