Un été de rêve
Cet homme qui dirige le Québec et qui en fait toujours le moins possible a réussi à marquer des points. Si bien qu'il m'arrive de penser qu'il n'a pas seulement vendu son âme au fédéral, mais qu'il l'a aussi vendue au diable en personne.
Comment est-il possible qu'il puisse partir en vacances, le nez en l'air, en sifflotant après avoir balayé sous le tapis tous les sujets chauds qui avaient embarrassé son administration au cours des mois précédents sans même avoir répondu aux questions embarrassantes et sans avoir assumé la moindre responsabilité dans les scandales qui ont secoué le monde politique québécois?
Ni vu ni connu. Le chef libéral du gouvernement du Québec a fermé boutique. Inutile d'attendre des réponses au sujet du déraillement de la Caisse de dépôt, il n'y en aura pas. Il a en plus nommé qui il a voulu à la tête de cette grosse caisse sans se soucier le moindrement des grognements qu'il y avait tout autour. Grognez toujours, il s'en fout. Il préfère jouer le décontracté, le gars au-dessus de ses affaires. Il confirme toujours qu'il a bien les deux mains sur le volant et qu'il n'est pas près de le lâcher.
L'opposition a eu beau faire un travail de moine sur le scandale des FIER, le premier ministre a regardé ça de haut sans cesser de sourire. Il a reporté le tout à l'automne. Il n'y a rien qui presse, selon lui, dans ce dossier, pas plus que tout ce qui concerne le code d'éthique que les oppositions réclament à hauts cris devant les abus de certains ministres. On en parle de temps en temps, puis on remet le tout aux calendes grecques.
La santé est malade. Ça fait assez longtemps qu'on en parle, et pourtant, le nouveau ministre a toujours l'air de ne pas comprendre de quoi on parle. On a même pensé qu'il allait être «remanié». Mais non. Il ne bouge pas.
La ministre de l'Éducation est visiblement à bout de souffle. Dans le milieu, on crie qu'il y a urgence, qu'il leur faut un ou une ministre qui écoute de temps en temps ce qui monte de la base. La responsable actuelle aurait bien mérité de passer à autre chose... Il semble que ce sera pour une autre fois.
Le Québec est bien mêlé
Il m'arrive de me demander où mon peuple s'en va. Alors qu'il avait l'occasion d'envoyer un sérieux avertissement au chef du gouvernement, il lui a plutôt donné deux nouveaux députés. Jean Charest est mort de rire. Dans Marguerite-Bourgeoys et dans Rivière-du-Loup, on vient de lui dire: «Surtout, ne changez rien. Ce que vous faites et ne faites pas, on aime ça comme ça.»
Il était difficile de défaire Clément Gignac dans le comté qu'on lui avait réservé. Je lui rappelle cependant «qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire». Je sais qu'il s'en souviendra. Il lui faudra faire tourner des ballons sur son nez pour nous faire oublier son passage à Ottawa, toutes voiles dehors contre le Québec. Quant à Rivière-du-Loup, cela restera un vrai mystère pour moi.
Couché dans le foin
Comme le dit la chanson, Jean Charest pourra passer l'été couché dans le foin, avec le soleil pour témoin. Il ira célébrer la fête du Canada en Europe — ce qui lui permettra de ne pas avoir d'opinion sur le Canada, ni sur celui d'hier ni sur celui de demain. En fait, je crois qu'il travaille à n'avoir aucune opinion sur rien et à rester au neutre à plein temps. Sûr que cette attitude est moins exigeante que celle qui consiste à tirer sur tout ce qui bouge dans l'espoir de faire avancer les choses; mais c'est son choix.
Il est en train de faire la démonstration qu'en politique, moins on en fait, plus on a de chances de rester en poste. Autrefois, on disait de Bourassa qu'il pliait avec le vent. Après sa mort, il s'est trouvé des analystes pour dire qu'il s'agissait là d'une qualité rare qui avait bien servi Robert Bourassa.
Maintenant que Jean Charest a récupéré une partie du personnel de Bourassa — qu'il a d'ailleurs chargé de revoir son image —, on peut imaginer qu'il se dit que si c'était bon pour l'un, ça devrait être bon pour l'autre. Le problème de M. Charest, c'est qu'il n'arrive même plus à se tenir plié dans le vent. Il préfère se coucher par terre en tout temps pour ne jamais se faire décoiffer par une bourrasque. C'est un choix.
À nous de lui donner la preuve qu'il fait fausse route. On vient tout juste de manquer une belle occasion de lui livrer un message clair. Tant pis pour nous. Parce que lui, franchement, pourquoi changerait-il?
Comment est-il possible qu'il puisse partir en vacances, le nez en l'air, en sifflotant après avoir balayé sous le tapis tous les sujets chauds qui avaient embarrassé son administration au cours des mois précédents sans même avoir répondu aux questions embarrassantes et sans avoir assumé la moindre responsabilité dans les scandales qui ont secoué le monde politique québécois?
Ni vu ni connu. Le chef libéral du gouvernement du Québec a fermé boutique. Inutile d'attendre des réponses au sujet du déraillement de la Caisse de dépôt, il n'y en aura pas. Il a en plus nommé qui il a voulu à la tête de cette grosse caisse sans se soucier le moindrement des grognements qu'il y avait tout autour. Grognez toujours, il s'en fout. Il préfère jouer le décontracté, le gars au-dessus de ses affaires. Il confirme toujours qu'il a bien les deux mains sur le volant et qu'il n'est pas près de le lâcher.
L'opposition a eu beau faire un travail de moine sur le scandale des FIER, le premier ministre a regardé ça de haut sans cesser de sourire. Il a reporté le tout à l'automne. Il n'y a rien qui presse, selon lui, dans ce dossier, pas plus que tout ce qui concerne le code d'éthique que les oppositions réclament à hauts cris devant les abus de certains ministres. On en parle de temps en temps, puis on remet le tout aux calendes grecques.
La santé est malade. Ça fait assez longtemps qu'on en parle, et pourtant, le nouveau ministre a toujours l'air de ne pas comprendre de quoi on parle. On a même pensé qu'il allait être «remanié». Mais non. Il ne bouge pas.
La ministre de l'Éducation est visiblement à bout de souffle. Dans le milieu, on crie qu'il y a urgence, qu'il leur faut un ou une ministre qui écoute de temps en temps ce qui monte de la base. La responsable actuelle aurait bien mérité de passer à autre chose... Il semble que ce sera pour une autre fois.
Le Québec est bien mêlé
Il m'arrive de me demander où mon peuple s'en va. Alors qu'il avait l'occasion d'envoyer un sérieux avertissement au chef du gouvernement, il lui a plutôt donné deux nouveaux députés. Jean Charest est mort de rire. Dans Marguerite-Bourgeoys et dans Rivière-du-Loup, on vient de lui dire: «Surtout, ne changez rien. Ce que vous faites et ne faites pas, on aime ça comme ça.»
Il était difficile de défaire Clément Gignac dans le comté qu'on lui avait réservé. Je lui rappelle cependant «qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire». Je sais qu'il s'en souviendra. Il lui faudra faire tourner des ballons sur son nez pour nous faire oublier son passage à Ottawa, toutes voiles dehors contre le Québec. Quant à Rivière-du-Loup, cela restera un vrai mystère pour moi.
Couché dans le foin
Comme le dit la chanson, Jean Charest pourra passer l'été couché dans le foin, avec le soleil pour témoin. Il ira célébrer la fête du Canada en Europe — ce qui lui permettra de ne pas avoir d'opinion sur le Canada, ni sur celui d'hier ni sur celui de demain. En fait, je crois qu'il travaille à n'avoir aucune opinion sur rien et à rester au neutre à plein temps. Sûr que cette attitude est moins exigeante que celle qui consiste à tirer sur tout ce qui bouge dans l'espoir de faire avancer les choses; mais c'est son choix.
Il est en train de faire la démonstration qu'en politique, moins on en fait, plus on a de chances de rester en poste. Autrefois, on disait de Bourassa qu'il pliait avec le vent. Après sa mort, il s'est trouvé des analystes pour dire qu'il s'agissait là d'une qualité rare qui avait bien servi Robert Bourassa.
Maintenant que Jean Charest a récupéré une partie du personnel de Bourassa — qu'il a d'ailleurs chargé de revoir son image —, on peut imaginer qu'il se dit que si c'était bon pour l'un, ça devrait être bon pour l'autre. Le problème de M. Charest, c'est qu'il n'arrive même plus à se tenir plié dans le vent. Il préfère se coucher par terre en tout temps pour ne jamais se faire décoiffer par une bourrasque. C'est un choix.
À nous de lui donner la preuve qu'il fait fausse route. On vient tout juste de manquer une belle occasion de lui livrer un message clair. Tant pis pour nous. Parce que lui, franchement, pourquoi changerait-il?
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