Parti québécois - Départ d'un pragmatique
Il est des politiciens qui promettent mer et monde et font peu. Il en est d'autres qui, promettant peu, feront mieux que les premiers. Ceux-là sont des pragmatiques qui savent se donner des objectifs précis et s'y tenir. François Legault, qui annonçait son départ de la vie politique hier, était de ceux-là.
Le député de Rousseau n'a certes pas réalisé tout ce qu'il ambitionnait de faire, mais il aura laissé sa marque là où on attendait le moins cet homme d'affaires, soit à l'Éducation et à la Santé. Il citait hier avec fierté ce milliard de budget supplémentaire pour lutter contre le décrochage scolaire qu'il avait réussi à obtenir lors du Sommet du Québec et de la jeunesse en février 2000. Habile stratège, il avait mobilisé les groupes de jeunes pour faire pression sur le premier ministre Lucien Bouchard. Rompu aux jeux parlementaires, il ne craignait pas la bataille et s'est vite acquis une forte crédibilité, particulièrement comme critique en matière de finances. Son départ laissera un vide que ressentira à plusieurs égards le Parti québécois.
Le bref testament qu'a livré hier M. Legault résume ses préoccupations pour le Québec de demain. Comme d'autres, il désespère de l'apathie et de la résignation quant à l'avenir politique du Québec, mais aussi de son avenir économique. Sur ce plan, il a invité ses anciens collègues à se secouer pour créer de la richesse, rendre les réseaux de santé et d'éducation plus efficaces et résoudre la crise des finances publiques.
Au sein du Parti québécois, un débat est à faire sur ces enjeux. Promise par Pauline Marois le jour où elle a annoncé sa candidature à la direction de son parti, la mise à jour de la vision péquiste de la social-démocratie est toujours attendue. La perspective de devoir faire des remises en cause passe difficilement au sein de l'aile gauche restée traumatisée par les compressions imposées par Lucien Bouchard pour atteindre le déficit zéro. De voir que certains reprochent à François Legault d'avoir rejoint le camp des lucides en dit beaucoup sur les difficultés qu'aura la chef péquiste à faire ce débat. L'équilibre entre la gauche et le centre du parti se trouve, par le fait de sa démission, affaibli.
On pourra reprocher à François Legault de participer par sa démission à l'esprit de résignation qui, constate-t-il, frappe la société québécoise. À sa défense, il fait valoir que dans notre régime, c'est au gouvernement que l'on peut agir, une façon pour lui de renvoyer la balle aux libéraux de Jean Charest. Ceux-ci mettaient l'accent hier sur le «trou béant» que laissera son départ au sein du Parti québécois sur les enjeux économiques, divisé sur la nécessité de remettre en cause les «vaches sacrées» que sont les programmes sociaux. Quoi de mieux pour faire oublier que la dernière prestation de M. Legault à l'Assemblée nationale aura été de les renvoyer faire leurs devoirs pour n'avoir pas su établir un plan de retour à l'équilibre financier. Force est de constater qu'eux aussi hésitent à s'attaquer aux «vaches sacrées».
Le député de Rousseau n'a certes pas réalisé tout ce qu'il ambitionnait de faire, mais il aura laissé sa marque là où on attendait le moins cet homme d'affaires, soit à l'Éducation et à la Santé. Il citait hier avec fierté ce milliard de budget supplémentaire pour lutter contre le décrochage scolaire qu'il avait réussi à obtenir lors du Sommet du Québec et de la jeunesse en février 2000. Habile stratège, il avait mobilisé les groupes de jeunes pour faire pression sur le premier ministre Lucien Bouchard. Rompu aux jeux parlementaires, il ne craignait pas la bataille et s'est vite acquis une forte crédibilité, particulièrement comme critique en matière de finances. Son départ laissera un vide que ressentira à plusieurs égards le Parti québécois.
Le bref testament qu'a livré hier M. Legault résume ses préoccupations pour le Québec de demain. Comme d'autres, il désespère de l'apathie et de la résignation quant à l'avenir politique du Québec, mais aussi de son avenir économique. Sur ce plan, il a invité ses anciens collègues à se secouer pour créer de la richesse, rendre les réseaux de santé et d'éducation plus efficaces et résoudre la crise des finances publiques.
Au sein du Parti québécois, un débat est à faire sur ces enjeux. Promise par Pauline Marois le jour où elle a annoncé sa candidature à la direction de son parti, la mise à jour de la vision péquiste de la social-démocratie est toujours attendue. La perspective de devoir faire des remises en cause passe difficilement au sein de l'aile gauche restée traumatisée par les compressions imposées par Lucien Bouchard pour atteindre le déficit zéro. De voir que certains reprochent à François Legault d'avoir rejoint le camp des lucides en dit beaucoup sur les difficultés qu'aura la chef péquiste à faire ce débat. L'équilibre entre la gauche et le centre du parti se trouve, par le fait de sa démission, affaibli.
On pourra reprocher à François Legault de participer par sa démission à l'esprit de résignation qui, constate-t-il, frappe la société québécoise. À sa défense, il fait valoir que dans notre régime, c'est au gouvernement que l'on peut agir, une façon pour lui de renvoyer la balle aux libéraux de Jean Charest. Ceux-ci mettaient l'accent hier sur le «trou béant» que laissera son départ au sein du Parti québécois sur les enjeux économiques, divisé sur la nécessité de remettre en cause les «vaches sacrées» que sont les programmes sociaux. Quoi de mieux pour faire oublier que la dernière prestation de M. Legault à l'Assemblée nationale aura été de les renvoyer faire leurs devoirs pour n'avoir pas su établir un plan de retour à l'équilibre financier. Force est de constater qu'eux aussi hésitent à s'attaquer aux «vaches sacrées».
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