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Landry évoque sa retraite éventuelle

Satisfaits du gouvernement, les Québécois n'en voulaient pas moins du changement, explique le chef péquiste

Kathleen Lévesque   16 avril 2003  Québec
Bernard Landry, sans amertume, a accepté le verdict des électeurs.
Photo : Jacques Nadeau
Bernard Landry, sans amertume, a accepté le verdict des électeurs.
Québec — Au lendemain de la défaite du Parti québécois, c'est un Bernard Landry visiblement ému qui a annoncé réfléchir à son avenir.

Alors que le Parti québécois doit amorcer un renouvellement de sa pensée sans trahir son idéal souverainiste, comme il l'affirmait la veille à ses militants, le premier ministre sortant a ouvert la porte à la possibilité de ne pas conduire ses troupes lors des prochaines élections générales. «Je ne prends jamais de décision à la légère. Quand j'ai décidé, en 1970, d'entrer dans l'univers politique, j'ai réfléchi. Quand j'ai décidé de succéder à Lucien Bouchard, j'ai réfléchi. Et aujourd'hui, je réfléchis», a-t-il expliqué lors d'un point de presse au pied de l'escalier menant au bureau qu'il quittera dans quelques jours.

Dans les coulisses de son parti, les ambitions de certains de ses collègues sont de notoriété publique. Pauline Marois, François Legault et André Boisclair avaient tous trois montré leur intérêt à devenir chef lors du départ imprévu de Lucien Bouchard en janvier 2001.

«Toute personne sensée, quel que soit son métier, d'ailleurs, devrait à des points tournants réfléchir à son avenir, tant qu'il lui en reste un», a ajouté M. Landry sous les yeux des fonctionnaires accoudés au parapet de la mezzanine, qui pourraient être réaffectés avec le changement de gouvernement.

L'intérêt national du Québec constitue le principal facteur dont Bernard Landry tiendra compte. Outre cet élément, «il y aura une convergence d'autres facteurs» qui influenceront sa décision, qui viendra en temps opportun. «Ce n'est pas une réflexion en solitaire, mais ce n'est pas nécessairement avec des collègues non plus. Ça va être avec des amis, hommes et femmes, qui ont coutume de me conseiller dans les grandes circonstances. Et quand je la rendrai publique? Quand j'aurai l'assurance morale que c'est la bonne», a-t-il lancé en clin d'oeil à sa formule consacrée qu'il martèle depuis des mois et qui devait permettre de déterminer s'il devait y avoir ou non un référendum sur la souveraineté.

Sur cette question, il estime d'ailleurs avoir suffisamment mis en avant ce thème au cours de la campagne électorale. M. Landry pense même qu'il a été aussi clair «dans les circonstances» que Jacques Parizeau l'avait été lors des élections de 1994, qui voulait former le gouvernement pour enclencher le processus référendaire. Mais les 33 derniers jours ont démontré que M. Landry a entretenu une certaine ambiguïté, notamment en tendant la main aux fédéralistes afin qu'ils votent pour un bon gouvernement.

«Je mets de l'avant le thème de la souveraineté depuis que j'ai la conviction qu'il doit l'être et je le ferai tant que cette chose ne sera pas arrivée», a-t-il réitéré. M. Landry a également souligné à quel point il estime «injuste et inefficace» le statut de province du Canada pour «la nation québécoise».

Quant à savoir ce qui explique la défaite du PQ alors qu'il y a cinq semaines, l'entourage du premier ministre croyait possible d'obtenir un troisième mandat, M. Landry a fait valoir que chacun des bons gestes de son gouvernement a créé des mécontents. C'est le cas des fusions municipales et de la paix des Braves, cite-t-il en exemple. D'aucune façon M. Landry voit-il dans le débat des chefs un élément déclencheur de la perte de vitesse péquiste. «Ce que l'on voit, c'est un profond désir de changement lié à la chronologie. [...] On est pénétrés de cette tradition, de ce désir d'alternance. Ce n'est pas pour rien que depuis la moitié du siècle précédent, ce n'est pas arrivé, un troisième mandat», a-t-il rappelé.

Sans amertume, il a souligné que ce sont des Québécois satisfaits de son gouvernement qui ont rejeté le PQ puisque les sondages tendaient à démontrer que 51 % des électeurs étaient satisfaits. Du coup, le PQ ne s'est pas effondré comme d'aucuns le prédisaient il y a à peine six mois. «Quand on a formé l'opposition, nous, le PQ, on n'a jamais dépassé 29 députés. Là, on en a 45», a souligné Bernard Landry.

Lui qui n'a jamais siégé dans l'opposition aura à faire face à un caucus imposant, composé de députés de toutes les tendances. On y retrouve entre autres des impatients de voir le Québec s'engager sur la voie référendaire, comme Luc Thériault, qui, avant d'être élu dans Masson, présidait l'instance régionale Montréal-Ville-Marie associée à l'aile pure et dure du parti. «Je pense que quand un parti est dans l'opposition, il doit réexaminer son programme, ses façons de voir les choses, mais dans la fidélité aux idées et aux idéaux. Dans notre cas, les idées et les idéaux, c'est la souveraineté nationale et une façon progressiste de gérer notre nation», a répété M. Landry.

Ce dernier se dit confiant de voir son parti éviter une traversée du désert comme dans les années 80.
 
 
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  • André Langlois - Inscrit
    16 avril 2003 19 h 52
    Le gouvernement pquiste OUI, le parti Qubcois... NON
    Ce n'est pas le gouvernement pquiste qui a t rejet par une majorit d'lecteurs mais le Parti Qubcois et ses ÇnationaleuxÈ. Ras le bol, ras le pom-pom de ces Ç je suis plus nationaliste que t'es nationalisteÈ et du rfrdum ad nauseam.

    J'tais du MSA en 1962, je suis et je demeure souverainiste.
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