Défaite amère pour le PQ
Rivière-du-Loup passe aux libéraux, qui conservent Marguerite-Bourgeoys
Photo : Jacques Nadeau
Deux sur deux pour le Parti libéral qui a remporté hier les élections partielles dans les circonscriptions de Marguerite-Bourgeoys et de Rivière-du-Loup. Le premier ministre Jean Charest semblait fort heureux de l’issue du scrutin, tout comme Clém
Québec — Le Parti libéral du Québec a réalisé un doublé, hier, avec l'élection de Clément Gignac dans Marguerite-Bourgeoys et de Jean D'Amour dans Rivière-du-Loup. Dans cette circonscription, le Parti québécois a connu une défaite amère, et l'Action démocratique du Québec, sans Mario Dumont, terminait loin derrière, ce qui n'est pas de bon augure pour l'avenir de ce parti.
«Je veux que Clément Gignac fasse partie de mon équipe pour que nous puissions préparer le rebondissement du Québec», a déclaré le chef libéral Jean Charest dans le local électoral de son nouveau député. On s'attend à ce que le premier ministre le nomme ministre dès aujourd'hui.
Avec Jean D'Amour, «ce que nous voulons, c'est une voix forte pour les régions du Québec à l'Assemblée nationale», a dit M. Charest.
Après le dépouillement de 161 des 164 bureaux de vote, Jean D'Amour, le président du PLQ et ex-maire de Rivière-du-Loup, obtenait 47 % des voix contre 36 % pour le candidat péquiste, Paul Crête, soit 983 votes de majorité. L'adéquiste Gilberte Côté récoltait un peu moins de 15 % des votes, le seuil qui permet le remboursement de certaines dépenses électorales.
Pourtant, au début de la campagne, la victoire de Jean D'Amour, dont la candidature était entachée par une condamnation pour conduite avec facultés affaiblies et par des activités de lobbyiste, possiblement illégales, qu'il avait menées, était loin d'être assurée. À la mi-campagne, la chef du PQ, Pauline Marois, a dévoilé son Plan pour un Québec souverain. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette annonce n'a pas aidé le candidat Paul Crête, pas plus que les propos de Jacques Parizeau sur l'utilité des crises pour promouvoir la souveraineté.
Dans la forteresse libérale de Marguerite-Bourgeoys, Clément Gignac a été élu sans l'ombre d'un suspense et dans l'indifférence. Le candidat libéral recueillait 72 % des voix alors que seulement 23 % des électeurs ont exercé leur droit de vote.
En revanche, il était assez ironique que le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, ait choisi de donner précisément hier le coup d'envoi à la création d'une commission fédérale des valeurs mobilières, un projet auquel s'oppose farouchement le gouvernement Charest, mais qu'a défendu Clément Gignac. L'économiste y a même contribué en tant que conseiller spécial du ministère des Finances à Ottawa.
Dans Rivière-du-Loup, Jean D'Amour a martelé tout au long de la campagne électorale un message simple. Cet ancien maire de Rivière-du-Loup de 1999 à 2007 s'est présenté comme le candidat de l'économie et de l'emploi tout en qualifiant son adversaire péquiste de candidat de la souveraineté et des chicanes. En fin de parcours, le candidat libéral a même pu ajouter le mot «crise» à ces vocables grâce à la sortie de Jacques Parizeau au sujet de l'utilité des crises pour promouvoir la souveraineté. Son message implicite aux électeurs: Mario parti, votez du bord du gouvernement.
Pour le Parti québécois, il s'agit d'une cuisante déconvenue. Le PQ avait un candidat hors pair, connu et apprécié de la population, en la personne de Paul Crête, qui a représenté la circonscription à la Chambre des Communes pendant 16 ans sous la bannière du Bloc québécois. Les stratèges péquistes pensaient faire une percée dans cette circonscription essentiellement francophone même si, au dernier scrutin, le parti n'avait recueilli que 14 % des voix tandis que Mario Dumont récoltait près de 52 % du vote. Et avant l'arrivée du chef adéquiste, la circonscription de Rivière-du-Loup n'était pas un bastion péquiste. En 1976, elle avait été portée par la vague péquiste et avait élu Jules Boucher qui avait été réélu en 1981. Mais depuis, c'est la disette.
Pourtant, Paul Crête comptait sur l'impopularité du gouvernement Charest. Plusieurs questions avaient embarrassé le gouvernement : pertes de la Caisse de dépôt et placement, conflits d'intérêt, etc. Le candidat voulait aussi tabler sur l'insatisfaction des électeurs à l'endroit de certains enjeux locaux. Le PQ a promis de maintenir le programme d'allégement fiscal destiné aux régions-ressources dont tire avantage la circonscription de Rivière-du-Loup. L'arrivée à titre de ministre du Revenu du Beauceron Robert Dutil, qui avait créé un parti dénonçant ce programme, fait croire que le gouvernement s'apprête à l'abolir. Les engagements des libéraux à ce sujet sont restés vagues. En outre, Paul Crête a déploré les pénuries qui affectent les services de santé dans la région et le manque criant de places en garderie.
Pendant la campagne, la chef du PQ, Pauline Marois, a dévoilé son Plan pour un Québec souverain dont s'est saisie la Conférence des présidentes et des présidentes (CNPP) du PQ qui s'est déroulée à Rivière-du-Loup le 13 juin dernier.
Lors d'un rassemblement partisan qui a réuni 700 personnes à Rivière-du-Loup, Jean Charest s'est servi de ce plan pour dénoncer «les référendums à répétition» que promettrait Pauline Marois.
Pour l'ADQ, c'est l'attachée politique de Mario Dumont pendant 15 ans, Gilberte Côté, qui a porté les couleurs du parti. «La vérité d'abord», disait son slogan. Mais c'est sur les enjeux locaux qu'elle a fait campagne. Le score qu'a obtenu Gilberte Côté n'est pas une bonne nouvelle pour l'ADQ, un parti dont on ne sait s'il pourra survivre au départ de Mario Dumont.
«Je veux que Clément Gignac fasse partie de mon équipe pour que nous puissions préparer le rebondissement du Québec», a déclaré le chef libéral Jean Charest dans le local électoral de son nouveau député. On s'attend à ce que le premier ministre le nomme ministre dès aujourd'hui.
Avec Jean D'Amour, «ce que nous voulons, c'est une voix forte pour les régions du Québec à l'Assemblée nationale», a dit M. Charest.
Après le dépouillement de 161 des 164 bureaux de vote, Jean D'Amour, le président du PLQ et ex-maire de Rivière-du-Loup, obtenait 47 % des voix contre 36 % pour le candidat péquiste, Paul Crête, soit 983 votes de majorité. L'adéquiste Gilberte Côté récoltait un peu moins de 15 % des votes, le seuil qui permet le remboursement de certaines dépenses électorales.
Pourtant, au début de la campagne, la victoire de Jean D'Amour, dont la candidature était entachée par une condamnation pour conduite avec facultés affaiblies et par des activités de lobbyiste, possiblement illégales, qu'il avait menées, était loin d'être assurée. À la mi-campagne, la chef du PQ, Pauline Marois, a dévoilé son Plan pour un Québec souverain. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette annonce n'a pas aidé le candidat Paul Crête, pas plus que les propos de Jacques Parizeau sur l'utilité des crises pour promouvoir la souveraineté.
Dans la forteresse libérale de Marguerite-Bourgeoys, Clément Gignac a été élu sans l'ombre d'un suspense et dans l'indifférence. Le candidat libéral recueillait 72 % des voix alors que seulement 23 % des électeurs ont exercé leur droit de vote.
En revanche, il était assez ironique que le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, ait choisi de donner précisément hier le coup d'envoi à la création d'une commission fédérale des valeurs mobilières, un projet auquel s'oppose farouchement le gouvernement Charest, mais qu'a défendu Clément Gignac. L'économiste y a même contribué en tant que conseiller spécial du ministère des Finances à Ottawa.
Dans Rivière-du-Loup, Jean D'Amour a martelé tout au long de la campagne électorale un message simple. Cet ancien maire de Rivière-du-Loup de 1999 à 2007 s'est présenté comme le candidat de l'économie et de l'emploi tout en qualifiant son adversaire péquiste de candidat de la souveraineté et des chicanes. En fin de parcours, le candidat libéral a même pu ajouter le mot «crise» à ces vocables grâce à la sortie de Jacques Parizeau au sujet de l'utilité des crises pour promouvoir la souveraineté. Son message implicite aux électeurs: Mario parti, votez du bord du gouvernement.
Pour le Parti québécois, il s'agit d'une cuisante déconvenue. Le PQ avait un candidat hors pair, connu et apprécié de la population, en la personne de Paul Crête, qui a représenté la circonscription à la Chambre des Communes pendant 16 ans sous la bannière du Bloc québécois. Les stratèges péquistes pensaient faire une percée dans cette circonscription essentiellement francophone même si, au dernier scrutin, le parti n'avait recueilli que 14 % des voix tandis que Mario Dumont récoltait près de 52 % du vote. Et avant l'arrivée du chef adéquiste, la circonscription de Rivière-du-Loup n'était pas un bastion péquiste. En 1976, elle avait été portée par la vague péquiste et avait élu Jules Boucher qui avait été réélu en 1981. Mais depuis, c'est la disette.
Pourtant, Paul Crête comptait sur l'impopularité du gouvernement Charest. Plusieurs questions avaient embarrassé le gouvernement : pertes de la Caisse de dépôt et placement, conflits d'intérêt, etc. Le candidat voulait aussi tabler sur l'insatisfaction des électeurs à l'endroit de certains enjeux locaux. Le PQ a promis de maintenir le programme d'allégement fiscal destiné aux régions-ressources dont tire avantage la circonscription de Rivière-du-Loup. L'arrivée à titre de ministre du Revenu du Beauceron Robert Dutil, qui avait créé un parti dénonçant ce programme, fait croire que le gouvernement s'apprête à l'abolir. Les engagements des libéraux à ce sujet sont restés vagues. En outre, Paul Crête a déploré les pénuries qui affectent les services de santé dans la région et le manque criant de places en garderie.
Pendant la campagne, la chef du PQ, Pauline Marois, a dévoilé son Plan pour un Québec souverain dont s'est saisie la Conférence des présidentes et des présidentes (CNPP) du PQ qui s'est déroulée à Rivière-du-Loup le 13 juin dernier.
Lors d'un rassemblement partisan qui a réuni 700 personnes à Rivière-du-Loup, Jean Charest s'est servi de ce plan pour dénoncer «les référendums à répétition» que promettrait Pauline Marois.
Pour l'ADQ, c'est l'attachée politique de Mario Dumont pendant 15 ans, Gilberte Côté, qui a porté les couleurs du parti. «La vérité d'abord», disait son slogan. Mais c'est sur les enjeux locaux qu'elle a fait campagne. Le score qu'a obtenu Gilberte Côté n'est pas une bonne nouvelle pour l'ADQ, un parti dont on ne sait s'il pourra survivre au départ de Mario Dumont.
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