Une crise exagérée, dit Bolduc
Le ministre fait de la «basse politique» avec le cancer du sein, déplore le Dr Barrette
Photo : Jacques Grenier
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s’est adressé à la presse après sa rencontre d’hier avec des experts au sujet des tests pathologiques liés au traitement du cancer du sein.
Soutenir que de 15 à 30 % des femmes atteintes du cancer du sein au Québec ont peut-être reçu un traitement inadéquat est archifaux, a martelé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, lors d'un point de presse hier après-midi à Montréal.
Yves Bolduc estime que l'étude du président de l'Association des pathologistes du Québec, le Dr Louis Gaboury, a été mal interprétée. «On a fait dire des choses à l'étude qui sont fausses. [...] Le but n'était pas d'évaluer la validité du diagnostic, et par conséquent le choix du traitement. L'objectif était plutôt de faire l'inventaire des méthodes utilisées et d'évaluer le degré de variation entre les laboratoires de pathologie pour certains tests concernant les marqueurs sur cancer du sein uniquement», a-t-il expliqué à la suite d'un entretien d'environ deux heures avec quelques pathologistes et hémato-oncologues.
Les conclusions tirées par le Dr Louis Gaboury sur l'assurance qualité ne peuvent par ailleurs être étendues à d'autres types de cancer, selon M. Bolduc.
Quinze échantillons ont été expédiés à 25 laboratoires et, plutôt que revenir avec la même réponse d'un laboratoire à l'autre sur les marqueurs hormonaux du cancer du sein, commandant le même traitement, il y a eu de 15 à 30 % de «discordance» dans leurs réponses.
L'étude est ni plus ni moins qu'un projet-pilote d'assurance qualité en pathologie. On ne peut évaluer les proportions de diagnostics erronés et de traitements inappropriés en regard de la variation observée dans les résultats des tests de qualité, a aussi conclu le comité d'experts réuni hier à la demande du ministère de la Santé. «Il est impossible de dire qu'il y a des erreurs de diagnostic ou de traitement chez les femmes qui sont suivies pour un cancer du sein ou qui l'ont été. Cette étude ne peut, d'aucune manière, dire cela. Et ne peut encore moins dire que ça s'applique sur d'autres types de cas de cancer au Québec», a affirmé le président-directeur général de l'Institut national de santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau.
«La majorité des femmes au Québec peuvent avoir confiance. Elles ont été bien diagnostiquées. Elles ont reçu de bons traitements», a ajouté le ministre de la Santé.
L'étude insiste plutôt sur l'importance que les laboratoires se dotent d'un programme d'assurance qualité, a souligné hier le président de l'Association des pathologistes du Québec, Louis Gaboury. «On ne peut extrapoler les pourcentages de 20 à 30 % comme ça a été fait», a-t-il fait savoir.
Des spécialistes étudieront malgré tout «au cours des prochains jours» la possibilité d'analyser de nouveau un certain nombre d'échantillons prélevés sur des patientes atteintes du cancer du sein. Aucune décision en ce sens n'a été prise hier.
Par ailleurs, tous les laboratoires devront respecter un programme d'assurance qualité, a indiqué Yves Bolduc. Bien que les laboratoires de pathologie au Québec disposent tous de mécanismes de contrôle interne, ils devront se soumettre à un contrôle de qualité externe, à l'instar du Centre universitaire de santé McGill et du Centre hospitalier de l'Université de Montréal.
Yves Bolduc charge Gaétan Barrette et les médias
Le ministre de la Santé a tiré à boulets rouges sur le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette, l'accusant de véhiculer des informations fausses.
Il prie les journalistes et le public de se rappeler que «le Dr Barrette, quand il parle, il parle au nom d'un syndicat, il ne représente aucune association professionnelle de qualité».
«Il va falloir regarder la crédibilité dans ce contexte-là, dans un contexte aussi important que le cancer du sein, des milliers de femmes ont été apeurées», a-t-il lancé.
D'autre part, Yves Bolduc demande aux journalistes de s'en remettre à leur sens critique. «À partir de maintenant, je vous demanderai d'être rigoureux aussi dans vos reportages et de dire les vraies affaires parce qu'on a vu des choses, moi comme ministre là, les cheveux me dressaient sur la tête tellement que ce n'était pas vrai», a dit Yves Bolduc aux reporters.
Une même étude, des interprétations opposées
«C'est un scandale! C'est de la basse politique», a pesté le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette à la suite de la conférence de presse du ministre de la Santé. «C'est probablement la plus piètre performance qu'il a faite depuis qu'il est ministre. [...] La chose qu'il faut faire dans ce cas-là n'est pas ce spectacle-là, mais bien de retester tout simplement pour la sécurité des patients», a affirmé le Dr Barrette.
Il a accusé le ministère de la Santé de persister à faire la sourde d'oreille et a demandé hier au premier ministre du Québec, Jean Charest, de prendre la crise à bras-le-corps. «Le ministre aujourd'hui creuse un méga trou de sable et il se met la tête dedans en espérant amener tout le monde avec lui.»
«[L]a machine, l'organisation qui s'appelle un laboratoire de pathologie au Québec, montre des variations qui ne sont pas acceptables. [...] Quand on a ça, ça signifie que le risque d'avoir des erreurs est trop grand. Si le risque d'avoir des erreurs est trop grand, c'est qu'il y a plus de chances d'en avoir eu», a dit le Dr Gaétan Barrette au Réseau de l'information (RDI) de Radio-Canada.
Une variation des résultats observés attribuable d'une part à la qualité de l'équipement requis pour les tests et à l'absence partielle de contrôle de la qualité, selon Gaétan Barrette. La Fédération des médecins spécialistes réclame notamment du ministère de la Santé la mise en place d'un programme d'assurance qualité et une remise à niveau de l'équipement employé par les pathologistes.
Même son de cloche de la porte-parole de la coalition Priorité Cancer au Québec, Nathalie Rodrigue. «S'il y a un biais dans la technique, il ne pourra jamais le rattraper. [...] C'est très important de se comparer aux autres», a dit Mme Rodrigue au RDI. «Je souhaitais entendre que nous allions reprendre les tests», a-t-elle ajouté.
Yves Bolduc estime que l'étude du président de l'Association des pathologistes du Québec, le Dr Louis Gaboury, a été mal interprétée. «On a fait dire des choses à l'étude qui sont fausses. [...] Le but n'était pas d'évaluer la validité du diagnostic, et par conséquent le choix du traitement. L'objectif était plutôt de faire l'inventaire des méthodes utilisées et d'évaluer le degré de variation entre les laboratoires de pathologie pour certains tests concernant les marqueurs sur cancer du sein uniquement», a-t-il expliqué à la suite d'un entretien d'environ deux heures avec quelques pathologistes et hémato-oncologues.
Les conclusions tirées par le Dr Louis Gaboury sur l'assurance qualité ne peuvent par ailleurs être étendues à d'autres types de cancer, selon M. Bolduc.
Quinze échantillons ont été expédiés à 25 laboratoires et, plutôt que revenir avec la même réponse d'un laboratoire à l'autre sur les marqueurs hormonaux du cancer du sein, commandant le même traitement, il y a eu de 15 à 30 % de «discordance» dans leurs réponses.
L'étude est ni plus ni moins qu'un projet-pilote d'assurance qualité en pathologie. On ne peut évaluer les proportions de diagnostics erronés et de traitements inappropriés en regard de la variation observée dans les résultats des tests de qualité, a aussi conclu le comité d'experts réuni hier à la demande du ministère de la Santé. «Il est impossible de dire qu'il y a des erreurs de diagnostic ou de traitement chez les femmes qui sont suivies pour un cancer du sein ou qui l'ont été. Cette étude ne peut, d'aucune manière, dire cela. Et ne peut encore moins dire que ça s'applique sur d'autres types de cas de cancer au Québec», a affirmé le président-directeur général de l'Institut national de santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau.
«La majorité des femmes au Québec peuvent avoir confiance. Elles ont été bien diagnostiquées. Elles ont reçu de bons traitements», a ajouté le ministre de la Santé.
L'étude insiste plutôt sur l'importance que les laboratoires se dotent d'un programme d'assurance qualité, a souligné hier le président de l'Association des pathologistes du Québec, Louis Gaboury. «On ne peut extrapoler les pourcentages de 20 à 30 % comme ça a été fait», a-t-il fait savoir.
Des spécialistes étudieront malgré tout «au cours des prochains jours» la possibilité d'analyser de nouveau un certain nombre d'échantillons prélevés sur des patientes atteintes du cancer du sein. Aucune décision en ce sens n'a été prise hier.
Par ailleurs, tous les laboratoires devront respecter un programme d'assurance qualité, a indiqué Yves Bolduc. Bien que les laboratoires de pathologie au Québec disposent tous de mécanismes de contrôle interne, ils devront se soumettre à un contrôle de qualité externe, à l'instar du Centre universitaire de santé McGill et du Centre hospitalier de l'Université de Montréal.
Yves Bolduc charge Gaétan Barrette et les médias
Le ministre de la Santé a tiré à boulets rouges sur le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette, l'accusant de véhiculer des informations fausses.
Il prie les journalistes et le public de se rappeler que «le Dr Barrette, quand il parle, il parle au nom d'un syndicat, il ne représente aucune association professionnelle de qualité».
«Il va falloir regarder la crédibilité dans ce contexte-là, dans un contexte aussi important que le cancer du sein, des milliers de femmes ont été apeurées», a-t-il lancé.
D'autre part, Yves Bolduc demande aux journalistes de s'en remettre à leur sens critique. «À partir de maintenant, je vous demanderai d'être rigoureux aussi dans vos reportages et de dire les vraies affaires parce qu'on a vu des choses, moi comme ministre là, les cheveux me dressaient sur la tête tellement que ce n'était pas vrai», a dit Yves Bolduc aux reporters.
Une même étude, des interprétations opposées
«C'est un scandale! C'est de la basse politique», a pesté le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette à la suite de la conférence de presse du ministre de la Santé. «C'est probablement la plus piètre performance qu'il a faite depuis qu'il est ministre. [...] La chose qu'il faut faire dans ce cas-là n'est pas ce spectacle-là, mais bien de retester tout simplement pour la sécurité des patients», a affirmé le Dr Barrette.
Il a accusé le ministère de la Santé de persister à faire la sourde d'oreille et a demandé hier au premier ministre du Québec, Jean Charest, de prendre la crise à bras-le-corps. «Le ministre aujourd'hui creuse un méga trou de sable et il se met la tête dedans en espérant amener tout le monde avec lui.»
«[L]a machine, l'organisation qui s'appelle un laboratoire de pathologie au Québec, montre des variations qui ne sont pas acceptables. [...] Quand on a ça, ça signifie que le risque d'avoir des erreurs est trop grand. Si le risque d'avoir des erreurs est trop grand, c'est qu'il y a plus de chances d'en avoir eu», a dit le Dr Gaétan Barrette au Réseau de l'information (RDI) de Radio-Canada.
Une variation des résultats observés attribuable d'une part à la qualité de l'équipement requis pour les tests et à l'absence partielle de contrôle de la qualité, selon Gaétan Barrette. La Fédération des médecins spécialistes réclame notamment du ministère de la Santé la mise en place d'un programme d'assurance qualité et une remise à niveau de l'équipement employé par les pathologistes.
Même son de cloche de la porte-parole de la coalition Priorité Cancer au Québec, Nathalie Rodrigue. «S'il y a un biais dans la technique, il ne pourra jamais le rattraper. [...] C'est très important de se comparer aux autres», a dit Mme Rodrigue au RDI. «Je souhaitais entendre que nous allions reprendre les tests», a-t-elle ajouté.
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