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Une crise exagérée, dit Bolduc

Le ministre fait de la «basse politique» avec le cancer du sein, déplore le Dr Barrette

Marco Bélair-Cirino   1 juin 2009  Québec
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s’est adressé à la presse après sa rencontre d’hier avec des experts au sujet des tests pathologiques liés au traitement du cancer du sein.
Photo : Jacques Grenier
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s’est adressé à la presse après sa rencontre d’hier avec des experts au sujet des tests pathologiques liés au traitement du cancer du sein.
Soutenir que de 15 à 30 % des femmes atteintes du cancer du sein au Québec ont peut-être reçu un traitement inadéquat est archifaux, a martelé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, lors d'un point de presse hier après-midi à Montréal.

Yves Bolduc estime que l'étude du président de l'Association des pathologistes du Québec, le Dr Louis Gaboury, a été mal interprétée. «On a fait dire des choses à l'étude qui sont fausses. [...] Le but n'était pas d'évaluer la validité du diagnostic, et par conséquent le choix du traitement. L'objectif était plutôt de faire l'inventaire des méthodes utilisées et d'évaluer le degré de variation entre les laboratoires de pathologie pour certains tests concernant les marqueurs sur cancer du sein uniquement», a-t-il expliqué à la suite d'un entretien d'environ deux heures avec quelques pathologistes et hémato-oncologues.

Les conclusions tirées par le Dr Louis Gaboury sur l'assurance qualité ne peuvent par ailleurs être étendues à d'autres types de cancer, selon M. Bolduc.

Quinze échantillons ont été expédiés à 25 laboratoires et, plutôt que revenir avec la même réponse d'un laboratoire à l'autre sur les marqueurs hormonaux du cancer du sein, commandant le même traitement, il y a eu de 15 à 30 % de «discordance» dans leurs réponses.

L'étude est ni plus ni moins qu'un projet-pilote d'assurance qualité en pathologie. On ne peut évaluer les proportions de diagnostics erronés et de traitements inappropriés en regard de la variation observée dans les résultats des tests de qualité, a aussi conclu le comité d'experts réuni hier à la demande du ministère de la Santé. «Il est impossible de dire qu'il y a des erreurs de diagnostic ou de traitement chez les femmes qui sont suivies pour un cancer du sein ou qui l'ont été. Cette étude ne peut, d'aucune manière, dire cela. Et ne peut encore moins dire que ça s'applique sur d'autres types de cas de cancer au Québec», a affirmé le président-directeur général de l'Institut national de santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau.

«La majorité des femmes au Québec peuvent avoir confiance. Elles ont été bien diagnostiquées. Elles ont reçu de bons traitements», a ajouté le ministre de la Santé.

L'étude insiste plutôt sur l'importance que les laboratoires se dotent d'un programme d'assurance qualité, a souligné hier le président de l'Association des pathologistes du Québec, Louis Gaboury. «On ne peut extrapoler les pourcentages de 20 à 30 % comme ça a été fait», a-t-il fait savoir.

Des spécialistes étudieront malgré tout «au cours des prochains jours» la possibilité d'analyser de nouveau un certain nombre d'échantillons prélevés sur des patientes atteintes du cancer du sein. Aucune décision en ce sens n'a été prise hier.

Par ailleurs, tous les laboratoires devront respecter un programme d'assurance qualité, a indiqué Yves Bolduc. Bien que les laboratoires de pathologie au Québec disposent tous de mécanismes de contrôle interne, ils devront se soumettre à un contrôle de qualité externe, à l'instar du Centre universitaire de santé McGill et du Centre hospitalier de l'Université de Montréal.

Yves Bolduc charge Gaétan Barrette et les médias

Le ministre de la Santé a tiré à boulets rouges sur le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette, l'accusant de véhiculer des informations fausses.

Il prie les journalistes et le public de se rappeler que «le Dr Barrette, quand il parle, il parle au nom d'un syndicat, il ne représente aucune association professionnelle de qualité».

«Il va falloir regarder la crédibilité dans ce contexte-là, dans un contexte aussi important que le cancer du sein, des milliers de femmes ont été apeurées», a-t-il lancé.

D'autre part, Yves Bolduc demande aux journalistes de s'en remettre à leur sens critique. «À partir de maintenant, je vous demanderai d'être rigoureux aussi dans vos reportages et de dire les vraies affaires parce qu'on a vu des choses, moi comme ministre là, les cheveux me dressaient sur la tête tellement que ce n'était pas vrai», a dit Yves Bolduc aux reporters.

Une même étude, des interprétations opposées

«C'est un scandale! C'est de la basse politique», a pesté le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette à la suite de la conférence de presse du ministre de la Santé. «C'est probablement la plus piètre performance qu'il a faite depuis qu'il est ministre. [...] La chose qu'il faut faire dans ce cas-là n'est pas ce spectacle-là, mais bien de retester tout simplement pour la sécurité des patients», a affirmé le Dr Barrette.

Il a accusé le ministère de la Santé de persister à faire la sourde d'oreille et a demandé hier au premier ministre du Québec, Jean Charest, de prendre la crise à bras-le-corps. «Le ministre aujourd'hui creuse un méga trou de sable et il se met la tête dedans en espérant amener tout le monde avec lui.»

«[L]a machine, l'organisation qui s'appelle un laboratoire de pathologie au Québec, montre des variations qui ne sont pas acceptables. [...] Quand on a ça, ça signifie que le risque d'avoir des erreurs est trop grand. Si le risque d'avoir des erreurs est trop grand, c'est qu'il y a plus de chances d'en avoir eu», a dit le Dr Gaétan Barrette au Réseau de l'information (RDI) de Radio-Canada.

Une variation des résultats observés attribuable d'une part à la qualité de l'équipement requis pour les tests et à l'absence partielle de contrôle de la qualité, selon Gaétan Barrette. La Fédération des médecins spécialistes réclame notamment du ministère de la Santé la mise en place d'un programme d'assurance qualité et une remise à niveau de l'équipement employé par les pathologistes.

Même son de cloche de la porte-parole de la coalition Priorité Cancer au Québec, Nathalie Rodrigue. «S'il y a un biais dans la technique, il ne pourra jamais le rattraper. [...] C'est très important de se comparer aux autres», a dit Mme Rodrigue au RDI. «Je souhaitais entendre que nous allions reprendre les tests», a-t-elle ajouté.
 
 
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  • Yvon Roy
    Abonnée
    lundi 1 juin 2009 06h57
    La juste balance
    Il est aussi des politiques qui sont beaucoup trop grosses selon le ministre Bolduc, et je pense que son diagnostic est exact. Passons donc à de vrais contrôles s.v.p...In medio stat virtus. Cicéron.

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    lundi 1 juin 2009 07h02
    Une autre belle job de bras des syndicats et de Radio-Canada
    Dans le but d'augmenter les revenus de 10 millions des pathologistes, on n'a pas hésité à prendre 6000 femmes avec un cancer du sein en otages. Le tout cautionné par les bonzes de Radio-Canada qui ne reculent jamais devant un "scoop".

  • Yvon Roy
    Abonnée
    lundi 1 juin 2009 08h43
    Molière
    LAVARE. PURGARE. ET SAIGNARE.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 1 juin 2009 09h27
    L'art de prendre les malades en otages
    Les pathologistes ont peut-être raison de se plaindre du côté vétuste des équipements qu'ils utilisent pour leur travail, mais leur stratégie (l'étude du Dr Gaboury) pour faire bouger le ministère n'a rien de très respectueux et de rassurant pour les patients dont ils s'occupent.

    Et le président des médecins spécialistes, M. Barrette, qui en rajoute en déclarant aux médias que le ministre Bolduc fait de « basse politique » avec le cancer du sein... Désolant !

  • Claude Kamps
    Inscrit
    lundi 1 juin 2009 10h07
    Elles ont reçues un diagnostique de cancer avec possibilité de traitement erroné
    Et le ministre se pette les bretelles de pouvoir dire que les diagnostiques sont bon, mais comme par hasard avec ce gouvernement c est une demi vérité...
    Sans un bon diagnostique de traitement le diagnostique est vraiment pas bon, il mène a un traitement non approprié...

    Tout cela pour économiser quelques millions de dollars en nouveau équipements de diagnostique...

  • Georges Paquet
    Abonné
    lundi 1 juin 2009 11h13
    15 pour cent des 15 cas examinés, ça ne donne toujours que 2 cas qu'il faut peut-être réexaminer.
    Est-ce vraiment la peine d'inquiéter toutes le femmes du Québec et tous ceux qui ont eu un jour un diagnoistique de cancer, comme l'a fait le Docteur Bârette, pour deux cas sur lesquels des laboratoires distincts n'ont pas fait la même analyse?
    Pourquoi, si on est des scientifiques responsables, ne pas discuter de cete situation entre gens qui s'y connaissent, avant d'ameuter tout une population?
    À qui devait profiter cette nouvelle crise?

  • Estelle Lebel
    Abonnée
    lundi 1 juin 2009 11h58
    Le Ministre Bolduc prend la mauvaise tangence
    C'est doublement regrettable de voir se quereller au-dessus
    des personnes inquiètées par un diagnostic de cancer, le Ministre de la Santé du Québec et le représentant syndical de la corporation des médecins pathologistes du Québec.
    Monsieur Bolduc a le devoir moral de maitriser ses propos.
    Je l'invite, un instant, à se mettre à la place d'une personne en cure pour un cancer du sein, qui entend son Ministre de la Santé attaquer les médias et le syndicat d'avoir appeuré la population... Cette position n'est pas valable ni pour sa crédibilité personnelle ni pour l'assurance de la fiabilité du diagnostic. Au contraire, elle augmente l'anxiété. En celà, il prend une mauvaise tangente car il se met en porte à faux par rapport à son rôle face à la population.
    Monsieur Bolduc à l'obligation de s'élever au-dessus du débat et d'honnorer sa fonction première qui est un engagement rigoureux auprès de la personne humaine dans sa totalité. Toutes les "rassurances" et les garanties passent essentiellement par là.
    Estelle Lebel

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    lundi 1 juin 2009 12h56
    Qui est en dessous tout ça....
    Encore une petite manoeuvre de l'oppositon qui tire les ficelles par en-dessous, pour déstabiliser le gouvernement en place.

    C'est connu, les syndicats et gauchistes de tout acabit, mènent toujours leurs combats sur le dos des citoyens qu'ils prennent en otage pour arriver à leurs fins.

    Ces gens-là n'ont aucune moralité.

  • Denise Thériault
    Abonnée
    lundi 1 juin 2009 13h08
    ni l'un ni l'autre
    Qui croire entre un ministre de la Santé qui se "pète les bretelles" de voir la consommation de médicaments plus grande au Québec qu'ailleurs au Canada et un chef syndical, tout "docteur" qu'il soit, qui a des comptes à régler depuis les dernières négociations de convention collective? Ni l'un ni l'autre quant à moi: je ne les crois ni l'un ni l'autre et je n'ai confiance ni en l'un ni en l'autre. Je n'ai que du mépris pour les deux combattants dans l'arène en ce moment qui osent se servir de la santé des femmes pour régler leurs différends de machos! En tant que femme, je sympathise de tout coeur avec les centaines de femmes touchées chez qui on déclenche de nouvelles angoisses, à un moment où elles ont tant besoin de toutes leurs ressources pour livrer leur bataille au cancer. Méprisables petits individus que ces deux personnages, le politicien et le chef syndical.

    Denise Thériault
    Gaspé

  • Maco
    Abonné
    lundi 1 juin 2009 14h41
    Trop!
    Ce ne sont pas des copies conformes. Un échantillon séparé en 15 ne fait pas des échantillons identiques. On ne fait pas de «photocopie » de ce type d'échantillon. Donc, des écarts dans les résultats sont prévisibles. Il serait incroyable que tous soient arrivés au même résultat. Il ne faut pas oublier les 7 et 8 résultats identiques.

    En ce qui concerne Barette. Ce «grossier» personnage mentionne qu'il est «homme de science» et que de ce fait, ce qu'il dit n'est pas mensonge. Quel prétentieux personnage! Ce dernier et un homme d'affaires. Il tire avantage de sa situation d'homme de science (!?!?!?). Il y a, ici, des nuances qu'il est important de souligner et des faits qu'il faudrait dévoiler.

    Attitude perfide!

    On calomnie les chauffeurs d'autobus quand ils font grève, car nous n'avons pas notre accès à notre système de transport habituel. Nous avons même fait une loi pour nous assurer qu'un minimum de service nous serait accessible. Que devrions-nous faire pour ceux qui rependent la peur dans la population?

  • François Beaulé
    Abonné
    lundi 1 juin 2009 16h11
    Le Dr Barette a raison
    Il est impossible qu'un tel taux de tests erronés n'ait pas d'incidence considérable sur les diagnostics et sur les traitements du cancer du sein.

    Le ministre Bolduc affirme ce qu'on savait déjà et que personne n'a contesté: «... la majorité des femmes touchées par le cancer du sein ont reçu les bons traitements.»

    La majorité c'est plus que 50%. Mais même si les mauvais diagnostics et les mauvais traitements consécutifs ne touchaient que 10% des patientes, cela fait beaucoup de femmes. 6000 nouveaux cas par année, cela fait 30,000 femmes en 5 ans. 10% de 30,000 = 3000 femmes soit beaucoup plus qu'à Terre-Neuve.

    Les tests en question sont essentiels pour distinguer les cancers hormono-dépendants de ceux qui ne le sont pas. Si ce n'était pas le cas, jamais le ministre n'aurait déclaré la semaine dernière que son ministère affrontait une situation de crise. Quand le ministre Bolduc affirme que rien ne prouve que beaucoup de femmes ont reçu de mauvais traitements, il est démagogique. Il cherche à faire du «damage control».

    La vérité est que des milliers de femmes au cours des dernières années (5 ans ou plus)n'ont pas reçu les bons traitements. Certaines ont reçu un traitement hormonal (antagoniste des estrogènes), comme le tamoxifène, alors qu'elles auraient eu besoin de chimiothérapie. D'autres ont subi des chimio alors qu'un traitement au tamoxifène aurait été beaucoup plus efficace et sans la souffrance et les pénibles effets secondaires associés à la chimio.

    Comment déterminer quelles sont les femmes qui ont subies les conséquences des mauvais diagnostics sans retester tous les cas? Voilà une question très embêtante.

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    lundi 1 juin 2009 17h14
    Le vendeur de poutine
    Monsieur le ministre Bolduc dit tout et son contraire (voir le gros titre du Devoir de samedi le 30 mai)( http://www.ledevoir.com/2009/05/30/252827.html) lui, qui trouvait la situation explosive le vendredi, et sortie et exagérée de son contexte en ce beau dimanche de crise artificielle.

    Dire que le journaliste syndiqué de Radio-Cadenas a envoyé un pétard mouillé après s'être fait berner par les données complexes mais peu abondantes d'une étude sponsorisée serait un euphémisme si ce n'avait été de cette catastrophe communicationnelle du ministère de la Santé qui a pris le mors aux dents suite a cette étude privée faite pour appuyer sur un enjeu commercial, a savoir promouvoir un médicament ruineux mais censément efficace contre un type rare de cancer du sein.

    Serait-ce un test de gestion de crise appelé en sous-main par John J Charest pour mettre dans l'eau chaude un ministre déja sous-performant pour voir comment il réagit, ou est-ce le type de gestion de crise montée de toutes pièces (voir le MAPAQ et la listériose en 2008, le MEF et les algues bleues en 2007, le MRN avec Rabaska, le MEF (encore !) avec Orford, notmamment) pour faire bien paraître ce gouvernement libâral activiste mais indiscpliné et désorienté face aux objectifs de développement économique et social dont le Québec a besoin ?

    Notre bien-mal-aimé Gros Timonier rouge regrette-t'il déja d'avoir nommé au ministère de la Santé un copropriétaire de stand de poutine qui s'adonne a avoir obtenu un diplôme en médecine ?

    OU s'est-il rendu compte que tout ce que son valeureux ministre tient comme discours et manifeste comme prise de décision s'y apparente, a de la poutine ???

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