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Haro sur le baudet

Michel David   28 mai 2009  Québec
Après avoir lu le rapport du Vérificateur général, ni le conseil d'administration de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), ni son comité de vérification ne s'attendaient à un tel tollé, a déclaré son président, Jean-Guy Chaput.

Il est vrai que les fautes qui sont reprochées à M. Chaput semblent bien légères en comparaison des abus que le Vérificateur général a découverts dans l'appareil gouvernemental au fil des ans.

Dans son rapport de l'an dernier, Renaud Lachance avait épinglé le président de la Société immobilière du Québec (SIQ) qui, en deux ans, s'était offert 70 000 $ de repas au restaurant sans pièces justificatives, sans compter 20 000 $ pour un abonnement à un club de golf.

En 2006, c'était au tour de la Société nationale du cheval de course (SONACC), dont un des dirigeants s'était fait rembourser des dépenses «injustifiées» de 93 000 $, dont 12 000 $ pour l'affrètement d'un avion pour assister à un encan de chevaux au Kentucky, alors que la SONACC n'achetait pas de chevaux.

Le cas le plus original a cependant été celui du protecteur du citoyen, Daniel Jacoby, dont le Vérificateur avait relevé les pratiques étranges dans son rapport d'octobre 2000. Pendant huit ans, Me Jacoby avait utilisé les biens et le personnel du Protecteur du citoyen au profit d'une société privée dont il était lui-même le président.

En mai 1999, cet homme pour le moins distrait avait présenté une demande de remboursement de 560,08 $ pour un déjeuner avec cinq représentants de l'ONU dans un établissement de Genève qui n'ouvrait pas avant 17 heures et ne servait pas de repas.

Quelques mois plus tard, quand le contrôleur général des finances avait entrepris une première vérification, il s'était soudainement rappelé que le repas avait eu lieu dans un autre restaurant, en compagnie de trois personnes qu'il avait refusé d'identifier, et pour lequel il n'avait pas réclamé de remboursement.

***

On ne trouve rien de tel dans le chapitre du dernier rapport du Vérificateur général qui porte sur la SODEC. Il y a sans doute des lacunes dans la reddition de comptes, mais rien ne laisse croire que des fonds publics ont été utilisés à des fins personnelles.

De toute évidence, il était «inapproprié» d'imputer des frais de déplacement de 200 000 $ dans les programmes d'aide financière, mais cela ne signifie pas que le milieu culturel a été privé de ces sommes.

Pour le contribuable qui peine à joindre les deux bouts, il est certainement choquant de voir des dirigeants de sociétés d'État payer 1330 $ pour une chambre d'hôtel avec vue sur la mer à Cannes, mais il n'y a là aucun scandale.

Tout le monde sait que les prix à Cannes sont démentiels, surtout pendant le festival. Avec raison, les Québécois sont reconnus pour leur simplicité, mais il y a un prix à payer pour jouer dans les grandes ligues. La culture est également une affaire de commerce qui a ses exigences. Dépenser 80 000 $ en une semaine sur les Champs-Élysées pour faire la promotion du cinéma québécois n'a rien d'extravagant

M. Chaput n'est ni le premier ni le dernier ami du régime, peu importe lequel, à profiter d'une nomination politique pour joindre l'agréable à l'utile pendant quelques années. Ce train de vie confortable ne lui déplaît sûrement pas, mais il n'a pas excédé les normes.

***

Selon mon collègue Christian Rioux, les relations entre la SODEC et la Délégation du Québec à Paris étaient tendues depuis plusieurs mois. Il est également connu que la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, et sa prédécesseure, Line Beauchamp, qui avait nommé M. Chaput, ne sont pas les meilleures amies du monde.

Cela n'explique cependant pas la rapidité avec laquelle le président de la SODEC, dont le mandat arrivera à échéance en octobre, a été condamné sans même avoir eu l'occasion de donner sa version des faits.

À l'Assemblée nationale, la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, dont la circonspection confine parfois à l'insignifiance, s'est métamorphosée en véritable furie, impatiente de châtier ce mécréant qui, à l'entendre, avait perdu toute autorité morale.

M. Chaput semble plutôt victime des circonstances. Aux prises avec de sérieux problèmes d'éthique, le gouvernement a sauté sur la première occasion pour se refaire une vertu. Le président de la SODEC est un ami de Mme Beauchamp? Tant mieux, l'exemple n'en sera que plus probant.

Le premier ministre tolère que ses ministres possèdent des entreprises qui font affaire avec l'État, il a donné l'absolution à Philippe Couillard, qui s'est servi de sa fonction pour se négocier un emploi de façon indécente, il présente dans Rivière-du-Loup un candidat trop embarrassant pour le montrer au conseil général du PLQ, mais il n'hésite pas à exécuter un fonctionnaire sous de faux prétextes.

«Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir», écrivait Lafontaine.

***

mdavid@ledevoir.com






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  • Diane Jeannotte Tremblay
    Abonnée
    jeudi 28 mai 2009 04h30
    L'occasion était trop belle pour redorer le blason de ce pôvre gouvernement
    « Pour les puissants(Caisse de dépôt) jugement de cour blanc, pour les misérables(M.Chaput) jugement de cour noir. Si Madame St-Pierre pense de m'impressionner par sa sortie, elle se trompe grandement et tout son gouvernement avec. Je ne suis pas dupe, chère Madame, et l'opinion que j'avais de vous ne s'est pas améliorée, croyez-moi. Il y a des limites à se faire prendre pour des innocents. Comment peut-on avoir été une si bonne journaliste et devenir une si pauvre ministre. Décidément la politique, ce n'est pas pour vous. »

  • Normand Carrier
    Abonné
    jeudi 28 mai 2009 06h32
    Quelles sont les véritables raisons ?
    « Monsieur Chaput a bien profité du système et mis a profit ses accouintances avec Lyne Beauchand qui datent de plus de dix ans ou ils ont travaillé ensemble en radio communautaire et a Pro-Est . Ces deux-là se sont renvoyés l'ascenseur a plusieurs reprises . A voir la rapidité que Jean Charest a condamné Chaput après les inepties de Christine Saint Pierre , il y a anguille sous roche car Jean Charest n'a gardé aucun devoir de réserve et a parlé plus fort que sa ministre !
    Vous avez raison d'y voir une tentative de blanchiement de ce gouvernement au prise avec de multiples scandales mais il serait intéressant pour les journalistes d'investiger les <autres> raisons qui ont incité toute cette vindicte envers Chaput . Après avoir nommé des libéraux a tous les postes imaginables dans la fonction publique et para publique , Jean Charest est en train de récolter ce qu'il a semé depuis 2003 ..... Il a une limite au mensonge , a l'hypocrisie , a la manipulation , au magouillage et au patronage !
    Normand Carrier »

  • Steve Fortin
    Abonné
    jeudi 28 mai 2009 06h41
    M. David : Votre dernier paragraphe... résume le règne libaral!
    « Félicitation pour votre dernier paragraphe. En essence, il résume à merveille la nature du règne du conservateur-libéral Jean Charest et tout son mépris pour le Québec et son électorat. On aurait pu ajouter tant d'autres manquements graves à l'étique et aux règles de gouvernance. C'est gênant d'être gouverné par de tels opportunistes. Mais tant qu'il y aura des La Chouinard, à genoux, qui en redemandent... »

  • Paul Rodgers
    Inscrit
    jeudi 28 mai 2009 06h54
    Son niveau d'incompétence...
    « Le dossier de la SODEC aura de bon de nous dévoiler le vrai visage de la ministre St-Pierre. Elle fait la preuve par dix que par son entrée en politique active, la triste dame atteignait son niveau d'incompétence. En prime, elle offre en public un tempérament aussi vicieux que crasse. Imaginons-la en privée...

    La dame souffre de rage démentielle comme l'ont bien avant elle d'autres collabos, dont Pierre Trudeau et Stéphane Dion. Des cas de psy... En somme, elle est au naturel dans la gang de pourris qu'est la première ligne du gouvernement Charest. »

  • Gilles Delisle
    Abonné
    jeudi 28 mai 2009 07h27
    Votre dernier paragraphe montre bien celui qui nous "gouverne" actuellement!
    « Tout est très bien résumé dans ce dernier paragraphe, sur l'intégrité et l'honnêteté de ce gouvernement nul depuis les tout débuts. »

  • Céline Dussault
    Inscrite
    jeudi 28 mai 2009 08h31
    Le parlement
    « Je crois fermement que le Parlement est le plus gros hopital psychiatrique de la province ! »

  • Richard Godin
    Inscrit
    jeudi 28 mai 2009 11h07
    @Jeannotte Tremblay
    « Posez-vous la question quant aux réelles qualités de journaliste de Madame Saint-Pierre. »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    jeudi 28 mai 2009 12h13
    Une manoeuvre qui n'est que de la poudre aux yeux !
    « Inutile de réfléchir très longtemps pour comprendre pouquoi Jean Charest se montre si dur envers le directeur de la SODEC : un truc pour nous faire croire qu'il a à coeur les intérêts des contribuables et nous faire oublier son refus honteux d'identifier les principaux responsables du gâchis de la Caisse de Dépôt.

    Toujours plus facile de critiquer un plus petit que de s'en prendre aux grands de la finance ! »

  • Gaétan Vallée
    Abonné
    jeudi 28 mai 2009 12h20
    La faute est ailleurs
    « Lorsque j'ai appris cette nouvelle au téléjournal, je n'ai pas été scandilisé tant par le montant dépensé (je me doute bien que les prix sont exorbitants à Cannes pendant le festival)que par la piètre qualité du français de M. Chaput. Qu'un représentant des entreprises culturelles québécoises nous parle d'UNE hôtel, entre autres, en dit long sur la culture de notre élite gestionnaire privée ou publique (si une telle distinction s'impose).


    Gaëtan Vallée »

  • Roger Kemp
    Inscrit
    jeudi 28 mai 2009 12h29
    Ce qui se cache derrière ces faits!
    « Taper sur tel ou telle ministre,ou sur tel ou telle fonctionnaire, je veux bien. Ce qui faut à mon avis voir à travers ces bourdes de nos dirigeants c'est la désinvolture qu'ils ont lorsqu'il s'agit de gérer l'argent des autres et comment ce qui leur importe c'est de satisfaire leur égo. Le politique n'y échappe pas on plus. La cause vient de notre sytème politique qui est devenu un jeu plutôt qu'une tâche de gestion des deniers publiques au profits de la population dans son emsemble. Tant que notre gouvernement résultera d'un vote électoral à la pluralité des votes, nous risquerons toujours de voir des actions comme celles qui vient de se produire. À quand un gouvernement vraiment social démocrate pour et au service de l'ensemble de la population et non que pour quelques assoifés(ées)de pouvoir. »

  • Jean-Charles Morin
    Inscrit
    jeudi 28 mai 2009 12h48
    Un crapet en pâture.
    « M. David écrit noir sur blanc ce que je pense depuis plusieurs jours. Une analyse objective des faits démontre que les faits reprochés à Jean-Guy Chaput sont insignifiants, et encore s'ils existent vraiment quand on prend la peine de fouiller le contexte. Ce qui surprend, c'est la rapidité aussi suspecte foudroyante avec laquelle le gouvernement le juge et le condamne. Ce lynchage en règle est de toute évidence une grossière manoeuvre de diversion de la part de Jean Charest et son équipe de fier-à-bras.

    Las d'être harcelé par la meute de ceux qui critiquent son administration partisane, brouillonne et complaisante, le premier ministre a décidé de sacrifier un pion, un tout petit pion qui était de toute façon en fin de course. Il lance à la meute affamée un crapet-soleil en espérant ainsi qu'elle se détournera de son vrai gibier. Jamais la fable de la Fontaine ("Les animaux malades de la peste") n'a paru aussi vraie. Les médecines les plus douteuses désormais semblent bonnes pour sauver ce gouvernement de pestiférés maintene=ant passé en mode panique. Quand à l'ineffable Madame Saint-Pierre, je préfère ne rien dire, par politesse... »

  • Jean-Charles Morin
    Inscrit
    jeudi 28 mai 2009 12h51
    Un crapet en pâture.
    « M. David écrit noir sur blanc ce que je pense depuis plusieurs jours. Une analyse objective des faits démontre que les faits reprochés à Jean-Guy Chaput sont insignifiants, et encore s'ils existent vraiment quand on prend la peine de fouiller le contexte. Ce qui surprend, c'est la rapidité aussi suspecte foudroyante avec laquelle le gouvernement le juge et le condamne. Ce lynchage en règle est de toute évidence une grossière manoeuvre de diversion de la part de Jean Charest et son équipe de fier-à-bras.

    Las d'être harcelé par la meute de ceux qui critiquent son administration partisane, brouillonne et complaisante, le premier ministre a décidé de sacrifier un pion, un tout petit pion qui était de toute façon en fin de course. Il lance à la meute affamée un crapet-soleil en espérant ainsi qu'elle se détournera de son vrai gibier. Jamais la fable de la Fontaine ("Les animaux malades de la peste") n'a paru aussi vraie. Les médecines les plus douteuses désormais semblent bonnes pour sauver ce gouvernement de pestiférés maintene=ant passé en mode panique. Quand à l'ineffable Madame Saint-Pierre, je préfère ne rien dire, par politesse...

    Jean-Charles Morin »

  • Paul Rodgers
    Inscrit
    jeudi 28 mai 2009 13h19
    @Jeannotte Tremblay
    « Journaliste fédéraliste, madame St-Pierre ne valait pas plus qu'un perroquet de service. Dans le gouvernement du bouffon de service, elle devient la négresse de la demeure qui exécute sans retenue les ordres de marche de son roi nègre de chef. »

  • Michel HAins
    Abonné
    jeudi 28 mai 2009 13h43
    La SODEC ce n'est qu'un os
    « Le frisé nataional lance un os, les médias s'en empare pour le mordre, la caniche veut mordre aussi dans l'os lancé pendant que le frisé regarde ses protégés bien à l'abri mangé dans la copieuse assiette. »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    jeudi 28 mai 2009 14h33
    le règne des libaral.....
    « "Mais tant qu'il y aura des La Chouinard, à genoux, qui en redemandent..."

    Pas tellement fortiche les commentaires du p'tit Fortin; ça manque de consistance.... mais, que voulez-vous...!

    Incidemment, comme point de comparaison, pourquoi ne pas questionner et chiffrer les dépenses de Louise Beaudoin lorsqu'elle était en poste en France, à titre de déléguée du PQ, dont les cocktails et les réceptions étaient très appréciés par les p'tits français!

    Peut-être que notre ami Fortin y trouverait-il matière à réflexion. »

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    jeudi 28 mai 2009 17h18
    @Paul Rogers - Langage déplacé et inapproprié
    « Monsieur Rodgers,

    Je considère vos expressions et vos écarts de langage «vulgaires», «déplacés» et «inappropriés» ici même, et aussi généralement en ces pages, tout à fait «adaptés» «bien placés» et «parfaitement appropriés» pour décrire cette bande de trous duc « Libaral» de mon c..


    Merci pour vos savoureuses contributions lexicologiques,


    Je les ajoute de ce pas à mon propre répertoire.


    Christian Montmarquette »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 30 mai 2009 16h42
    Langage....!
    « "Je considère vos expressions et vos écarts de langage «vulgaires», «déplacés» et «inappropriés» ici même, et aussi généralement en ces pages, tout à fait «adaptés» «bien placés» et «parfaitement appropriés» pour décrire cette bande de trous duc « Libaral» de mon c.." (C. Montmarquette)

    La vulgarité sied toujours aux voyous et aux malappris et de les cautionner vous range dans le même camp.

    Quel pitié! »

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