Jean-Guy Chaput victime d'un différend?
La délégation du Québec à Paris est à couteaux tirés avec la SODEC
Photo : Jacques Grenier
jacques grenier le devoir
Le président de la SODEC, Jean-Guy Chaput, en conférence de presse, hier, à Montréal.
Paris — Alors même qu'un rapport du Vérificateur général vient de mettre en cause la SODEC et tout particulièrement son commissariat européen, Le Devoir a appris que la délégation générale du Québec à Paris était depuis des mois à couteaux tirés avec l'organisme culturel. Plusieurs employés de la délégation ont pu constater que le climat de travail était franchement acrimonieux, depuis octobre dernier, entre Wilfrid-Guy Licari, délégué général du Québec, Jean-Guy Chaput, président de la SODEC, et Christian Verbert, son commissaire à Paris.
Sans que nous puissions affirmer que cela ait un lien avec la mise en cause des activités du commissariat européen de la SODEC, plusieurs sources nous ont confirmé que la SODEC et le délégué s'étaient crêpé le chignon à plusieurs reprises pour des raisons qui n'ont rien à voir avec les finances de l'organisme.
La mésentente a commencé en octobre dernier alors que le cinéma québécois était invité à la quinzaine francophone présentée par le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Un court métrage réalisé en anglais, The Colony, qui contient plusieurs scènes violentes, avait provoqué la colère du délégué, qui avait alors sommé la SODEC de ne plus présenter de tels films qui projetaient, disait-il, une mauvaise image du Québec. L'affaire est remontée jusqu'à la direction de la SODEC à Montréal, qui a soutenu son commissaire européen, le film incriminé étant d'ailleurs récipiendaire de prix prestigieux. Wilfrid-Guy Licari a néanmoins exigé que, dorénavant, on visionne préalablement les films présentés par la SODEC en France. Une forme de censure, estiment ceux à qui nous avons parlé.
Les choses ne se sont pas arrangées lorsque la SODEC a refusé la proposition de la délégation de clore la semaine du cinéma québécois à Paris avec un film qui aurait souligné la fin des célébrations françaises du 400e anniversaire de Québec. Le délégué souhaitait que Cinéma du Québec se termine par la projection en avant-première d'une comédie, par ailleurs assez médiocre, intitulée Le Bonheur de Pierre et mettant en vedette le comédien Pierre Richard dans le rôle d'un Français niais découvrant un Québec plutôt folklorique. La SODEC estimait que ce film coproduit par la France et le Québec était loin d'avoir la qualité requise pour clore un événement aussi prestigieux. Elle a tout de même payé 6000 ¤ (9500 $) pour qu'il soit présenté séparément, au cinéma Le Balzac, sur les Champs-Elysées.
Contacté hier, Wilfrid-Guy Licari, délégué général du Québec, qui est aussi le représentant personnel de Jean Charest dans la Francophonie, a nié en bloc tout différend avec la SODEC, son président, Jean-Guy Chaput, et le représentant de ce dernier à Paris. «Le climat de travail est très bon», a-t-il ajouté, tout en vantant la «pertinence» des activités de la SODEC et la «qualité exceptionnelle» de son commissaire européen.
Le délégué, qui est le premier dans l'ordre hiérarchique à contrôler les factures du commissariat européen, estime que «le vérificateur général n'a pas révélé d'anomalies spécifiques» à Paris, sauf «une ou deux factures en voie de clarification». Il reconnaît que les entreprises françaises n'ont pas les mêmes exigences qu'au Québec et qu'elles fournissent souvent des factures assez sommaires. C'est probablement ce qui s'est produit, dit-il, avec la facture de 80 000 $, au sujet de laquelle le vérificateur a demandé des éclaircissements et qui aurait couvert les cocktails d'ouverture et de clôture de Cinéma du Québec. Une version confirmée hier en conférence de presse par Jean-Guy Chaput, président de la SODEC.
Outre les accusations portées concernant les billets d'avion et les frais d'hôtel de ce dernier, le rapport du vérificateur critiquait aussi l'embauche d'une assistante sans appel d'offres. Celle-ci est pourtant connue à Paris comme la seule attachée de presse québécoise qui connaît aussi bien les milieux du cinéma québécois et européen et qui travaille aux festivals de Cannes, de Rotterdam et de Berlin. Contacté hier par Le Devoir, Christian Verbert, le commissaire européen, ne nous a pas rappelé.
Parmi les journalistes qui reviennent ces jours-ci de Cannes, on se dit que, si ce n'avait été de la publication de ce rapport en plein Festival de Cannes, la SODEC s'apprêtait à connaître sa meilleure année depuis longtemps sur la Croisette.
Correspondant du Devoir à Paris
Sans que nous puissions affirmer que cela ait un lien avec la mise en cause des activités du commissariat européen de la SODEC, plusieurs sources nous ont confirmé que la SODEC et le délégué s'étaient crêpé le chignon à plusieurs reprises pour des raisons qui n'ont rien à voir avec les finances de l'organisme.
La mésentente a commencé en octobre dernier alors que le cinéma québécois était invité à la quinzaine francophone présentée par le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Un court métrage réalisé en anglais, The Colony, qui contient plusieurs scènes violentes, avait provoqué la colère du délégué, qui avait alors sommé la SODEC de ne plus présenter de tels films qui projetaient, disait-il, une mauvaise image du Québec. L'affaire est remontée jusqu'à la direction de la SODEC à Montréal, qui a soutenu son commissaire européen, le film incriminé étant d'ailleurs récipiendaire de prix prestigieux. Wilfrid-Guy Licari a néanmoins exigé que, dorénavant, on visionne préalablement les films présentés par la SODEC en France. Une forme de censure, estiment ceux à qui nous avons parlé.
Les choses ne se sont pas arrangées lorsque la SODEC a refusé la proposition de la délégation de clore la semaine du cinéma québécois à Paris avec un film qui aurait souligné la fin des célébrations françaises du 400e anniversaire de Québec. Le délégué souhaitait que Cinéma du Québec se termine par la projection en avant-première d'une comédie, par ailleurs assez médiocre, intitulée Le Bonheur de Pierre et mettant en vedette le comédien Pierre Richard dans le rôle d'un Français niais découvrant un Québec plutôt folklorique. La SODEC estimait que ce film coproduit par la France et le Québec était loin d'avoir la qualité requise pour clore un événement aussi prestigieux. Elle a tout de même payé 6000 ¤ (9500 $) pour qu'il soit présenté séparément, au cinéma Le Balzac, sur les Champs-Elysées.
Contacté hier, Wilfrid-Guy Licari, délégué général du Québec, qui est aussi le représentant personnel de Jean Charest dans la Francophonie, a nié en bloc tout différend avec la SODEC, son président, Jean-Guy Chaput, et le représentant de ce dernier à Paris. «Le climat de travail est très bon», a-t-il ajouté, tout en vantant la «pertinence» des activités de la SODEC et la «qualité exceptionnelle» de son commissaire européen.
Le délégué, qui est le premier dans l'ordre hiérarchique à contrôler les factures du commissariat européen, estime que «le vérificateur général n'a pas révélé d'anomalies spécifiques» à Paris, sauf «une ou deux factures en voie de clarification». Il reconnaît que les entreprises françaises n'ont pas les mêmes exigences qu'au Québec et qu'elles fournissent souvent des factures assez sommaires. C'est probablement ce qui s'est produit, dit-il, avec la facture de 80 000 $, au sujet de laquelle le vérificateur a demandé des éclaircissements et qui aurait couvert les cocktails d'ouverture et de clôture de Cinéma du Québec. Une version confirmée hier en conférence de presse par Jean-Guy Chaput, président de la SODEC.
Outre les accusations portées concernant les billets d'avion et les frais d'hôtel de ce dernier, le rapport du vérificateur critiquait aussi l'embauche d'une assistante sans appel d'offres. Celle-ci est pourtant connue à Paris comme la seule attachée de presse québécoise qui connaît aussi bien les milieux du cinéma québécois et européen et qui travaille aux festivals de Cannes, de Rotterdam et de Berlin. Contacté hier par Le Devoir, Christian Verbert, le commissaire européen, ne nous a pas rappelé.
Parmi les journalistes qui reviennent ces jours-ci de Cannes, on se dit que, si ce n'avait été de la publication de ce rapport en plein Festival de Cannes, la SODEC s'apprêtait à connaître sa meilleure année depuis longtemps sur la Croisette.
Correspondant du Devoir à Paris
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