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Jean-Guy Chaput victime d'un différend?

La délégation du Québec à Paris est à couteaux tirés avec la SODEC

Christian Rioux   27 mai 2009  Québec
jacques grenier le devoir
Le président de la SODEC, Jean-Guy Chaput, en conférence de presse, hier, à Montréal.
Photo : Jacques Grenier
jacques grenier le devoir Le président de la SODEC, Jean-Guy Chaput, en conférence de presse, hier, à Montréal.
Paris — Alors même qu'un rapport du Vérificateur général vient de mettre en cause la SODEC et tout particulièrement son commissariat européen, Le Devoir a appris que la délégation générale du Québec à Paris était depuis des mois à couteaux tirés avec l'organisme culturel. Plusieurs employés de la délégation ont pu constater que le climat de travail était franchement acrimonieux, depuis octobre dernier, entre Wilfrid-Guy Licari, délégué général du Québec, Jean-Guy Chaput, président de la SODEC, et Christian Verbert, son commissaire à Paris.

Sans que nous puissions affirmer que cela ait un lien avec la mise en cause des activités du commissariat européen de la SODEC, plusieurs sources nous ont confirmé que la SODEC et le délégué s'étaient crêpé le chignon à plusieurs reprises pour des raisons qui n'ont rien à voir avec les finances de l'organisme.

La mésentente a commencé en octobre dernier alors que le cinéma québécois était invité à la quinzaine francophone présentée par le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Un court métrage réalisé en anglais, The Colony, qui contient plusieurs scènes violentes, avait provoqué la colère du délégué, qui avait alors sommé la SODEC de ne plus présenter de tels films qui projetaient, disait-il, une mauvaise image du Québec. L'affaire est remontée jusqu'à la direction de la SODEC à Montréal, qui a soutenu son commissaire européen, le film incriminé étant d'ailleurs récipiendaire de prix prestigieux. Wilfrid-Guy Licari a néanmoins exigé que, dorénavant, on visionne préalablement les films présentés par la SODEC en France. Une forme de censure, estiment ceux à qui nous avons parlé.

Les choses ne se sont pas arrangées lorsque la SODEC a refusé la proposition de la délégation de clore la semaine du cinéma québécois à Paris avec un film qui aurait souligné la fin des célébrations françaises du 400e anniversaire de Québec. Le délégué souhaitait que Cinéma du Québec se termine par la projection en avant-première d'une comédie, par ailleurs assez médiocre, intitulée Le Bonheur de Pierre et mettant en vedette le comédien Pierre Richard dans le rôle d'un Français niais découvrant un Québec plutôt folklorique. La SODEC estimait que ce film coproduit par la France et le Québec était loin d'avoir la qualité requise pour clore un événement aussi prestigieux. Elle a tout de même payé 6000 ¤ (9500 $) pour qu'il soit présenté séparément, au cinéma Le Balzac, sur les Champs-Elysées.

Contacté hier, Wilfrid-Guy Licari, délégué général du Québec, qui est aussi le représentant personnel de Jean Charest dans la Francophonie, a nié en bloc tout différend avec la SODEC, son président, Jean-Guy Chaput, et le représentant de ce dernier à Paris. «Le climat de travail est très bon», a-t-il ajouté, tout en vantant la «pertinence» des activités de la SODEC et la «qualité exceptionnelle» de son commissaire européen.

Le délégué, qui est le premier dans l'ordre hiérarchique à contrôler les factures du commissariat européen, estime que «le vérificateur général n'a pas révélé d'anomalies spécifiques» à Paris, sauf «une ou deux factures en voie de clarification». Il reconnaît que les entreprises françaises n'ont pas les mêmes exigences qu'au Québec et qu'elles fournissent souvent des factures assez sommaires. C'est probablement ce qui s'est produit, dit-il, avec la facture de 80 000 $, au sujet de laquelle le vérificateur a demandé des éclaircissements et qui aurait couvert les cocktails d'ouverture et de clôture de Cinéma du Québec. Une version confirmée hier en conférence de presse par Jean-Guy Chaput, président de la SODEC.

Outre les accusations portées concernant les billets d'avion et les frais d'hôtel de ce dernier, le rapport du vérificateur critiquait aussi l'embauche d'une assistante sans appel d'offres. Celle-ci est pourtant connue à Paris comme la seule attachée de presse québécoise qui connaît aussi bien les milieux du cinéma québécois et européen et qui travaille aux festivals de Cannes, de Rotterdam et de Berlin. Contacté hier par Le Devoir, Christian Verbert, le commissaire européen, ne nous a pas rappelé.

Parmi les journalistes qui reviennent ces jours-ci de Cannes, on se dit que, si ce n'avait été de la publication de ce rapport en plein Festival de Cannes, la SODEC s'apprêtait à connaître sa meilleure année depuis longtemps sur la Croisette.

Correspondant du Devoir à Paris






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  • Pierre-R. Desrosiers
    Inscrit
    mercredi 27 mai 2009 06h59
    Le p'tit Québec
    Toute cette histoire ressemble fort au réflexe traditionnel des tenants du p'tit Québec: «on est nés pour un petit pain», faut pas en faire trop, faut se faire oublier, etc. Si la délégation de la SODEC avait pu loger dans des tentes ou dans une auberge-jeunesse, ce serait mieux. Le favori libéral qui remplacera Chaput fera-t-il mieux? Gageons que non.

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    mercredi 27 mai 2009 08h15
    "Une belle hôtel"
    chu tombé en bas de ma chaise quand j'ai entendu ce grand représentant du cinéma québécois à travers le monde dire aux journalistes à Dorval, qu'il avait séjourné dans "une belle hôtel", dans un accent du Montréal profond.

    Principe de Peter ça vous dit quelque chose?

  • Marc M. Davignon
    Abonné
    mercredi 27 mai 2009 08h19
    Un autre.
    Génie à la hauteur «Sabia».

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mercredi 27 mai 2009 10h13
    Après on se demande pourquoi Harper a coupé dans les vyages outer-mer
    Ce que le gouvernement Harper a coupé est dans les voyages outer-mer et cette exagération cautionne le droit du fédéral de retirer ses billes d'un tel gaspillage de fonds puiblics.

    Si le p'tit Québec se contente de rois nègres sur la croisette à Cannes gaspillant nos taxes sans vergogne, je salue la sagesse du fédéral de se retirer d'une telle félonie.

    Est-ce de genre de bigoterie, on s'expose si un jour nous décidons de devenir indépendants ???

    Après on se demande pourquoi le fédéral a coupé dans les voyages outre-mer.

  • Alain Lavallée
    Abonné
    mercredi 27 mai 2009 10h42
    Merci d,avoir apporté ces éléments nouveaux
    Si je comprends bien, M. Charest a donné à M. Licari le pouvoir non-officiel de grand ambassadeur de la francophonie
    mais la Sodec par son commissaire européen fonctionne de manière autonome et cela déplaît à M. Licari (et sous entendu à M. Charest) alors ce dernier à refilé quelques petites vacheries à la Sodec pour ternir la réputation de son PDG.

    Bon c'est vrai que pour la chambre d'hôtel il aurait pu aller au Ibis s'il avait réservé assez tôt, mais pour le reste c'est la Sodeq qui avait raison... le film de P Richard est plein de clichés éculés

  • Claude Stordeur
    Abonné
    mercredi 27 mai 2009 10h46
    La jalousie et l'incompétance d'une ministre
    Avec comme preuve des documents signés de sa main la ministre ne sais pas ce qu'elle a fait il y a quelques mois...
    Il risquait d'être plus important que cette rapporteuse des désirs de son chef...

  • Michel Vallée
    Inscrit
    mercredi 27 mai 2009 11h14
    Immolation du président de la SODEC
    Après avoir entendu les explications que M. Chaput a données lors de sa conférence de presse de mardi, j'avais déjà l'impression que nous étions en train d'assister à l'immolation d'un autre citoyen sur l'autel du journalisme à sensation et surtout sur celui de la classe politique.

    L'article fort intéressant de Christian Rioux consolide mes premières impressions. Pour avoir travaillé à l'étranger à quelques reprises, tant dans des ambassades canadiennes que dans les bureaux du Québec, je ne suis pas du tout surpris d'apprendre que tout cet imbroglio au sujet de la SODEC pourrait être le résultat des conceptions irréconciliables du délégué général et du président de la SODEC sur le rôle de cette dernière.

    S'il est vrai que M. Licari voudrait faire de la censure des films québécois présentés par le bureau de la SODEC à Paris, je pense que c'est lui qui devrait être rappelé au Québec pour se ressourcer. Il a peut-être été absent trop longtemps du Québec pour savoir que nous n'acceptons plus une telle censure.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mercredi 27 mai 2009 12h55
    Coup monté....
    Ça ne me surprendrait pas qu'il y ait du Louise Beaudoin et du PQ la-dessus....!

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 27 mai 2009 18h09
    @ Michel Vallée
    Oui il y a une hiérarchie
    Premièrement il y a l'ambassade du Pays, le Canada, puis il y a le consulat du pays, qui répond à l'ambassade. Ensuite il y a les délégation provinciales, qui eux réponde aux gouvernements provinciaux mais qui doivent suivre la ligne de conduite du pays.
    Et enfin il y a les organismes qui sont assujettis aux autres pas le contraire. Quand un pays décide de quelque chose, les provinces doivent suivre,les délégations suivent et les organismes font ce que l'on dicte.

    De plus comme Madame Chouinard dit il ne serait pas surprenant que la Babouin du PQ et le PQ soit derrière ce coup car Chaput a déjà été un très fervent séparaciste et maintenant collabore avec les fédéralistes.

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