Dépenses somptuaires - Charest invite le président de la SODEC à partir tout de suite
Québec — La ministre Christine St-Pierre estime que Jean-Guy Chaput, président et chef de la direction de la SODEC, a été «plutôt audacieux» en se réservant une chambre à 1300 $ la nuit à Cannes, alors qu'il se savait sous le coup d'une vérification. «C'est choquant», a-t-elle lancé dans une entrevue accordée au Devoir hier, quelques heures après que Jean Charest eut ni plus ni moins incité M. Chaput à quitter son poste avant la fin prévue de son mandat, au début d'octobre. Tout en disant que M. Chaput devait avoir la possibilité de s'expliquer avec son conseil d'administration, le premier ministre a désavoué le haut fonctionnaire: «La conclusion me semble assez évidente. Ça va être difficile pour M. Chaput de continuer dans son poste, alors qu'il ne sera pas renouvelé et que la confiance n'y est plus.»
Dans son rapport déposé jeudi, Renaud Lachance, vérificateur général du Québec, a dénoncé les dépenses somptuaires de M. Chaput ainsi que d'importantes lacunes dans le contrôle des dépenses de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC). Le premier ministre n'a pas exclu que le gouvernement demande à M. Chaput de rembourser les dépenses excessives, ce que Gérard Deltell, de l'ADQ, avait réclamé en matinée.
Intercepté par les journalistes hier, à l'aéroport, alors qu'il rentrait de la Côte d'Azur, M. Chaput a minimisé les propos du vérificateur, laissant entendre que M. Lachance avait exagéré les griefs formulés à son endroit lors de la conférence de presse tenue jeudi. Il a prétendu avoir réservé «la même maudite chambre que l'autre avant [lui] allait dedans» [sic], notant au passage qu'il logeait au même hôtel que la ministre. Cette dernière l'a confirmé hier, mais en soulignant que sa chambre, «petite mais convenable», coûtait 420 euro la nuitée.
Quant à M. Chaput, il a protesté: «Je n'ai pas fraudé personne, je n'ai pas détourné des fonds», rejetant net l'idée de rembourser quelques sous et soutenant vouloir terminer son mandat. Le 7 mai, Le Devoir a révélé que le mandat de M. Chaput ne serait pas renouvelé.
Christine St-Pierre soutient que cette affaire a pu être dévoilée grâce à la nouvelle loi sur la gouvernance des sociétés d'État, qui a séparé les fonctions de président et chef de la direction et de président du conseil d'administration. «Cela a rendu plus transparentes les affaires de la SODEC.» Mme St-Pierre a demandé il y a plusieurs mois à Jean Pronovost, président du conseil d'administration, de «porter une attention particulière aux dépenses» de l'organisme. N'obtenant pas de réponse satisfaisante à ses questions auprès du bureau de M. Chaput, M. Pronovost a proposé à la ministre que le vérificateur général s'en mêle.
Le Parti québécois a tout de même intimé Mme St-Pierre et Mme Line Beauchamp (ancienne ministre de la Culture, qui avait nommé M. Chaput à la SODEC) de «s'excuser», hier, pour l'argent qui n'est pas allé aux artistes. Le PQ a soutenu avoir tiré la sonnette d'alarme dès le printemps 2006 au sujet des dépenses de M. Chaput, avertissement dont Mme Beauchamp aurait fait fi, selon le PQ. M. Chaput est un «ami de longue date» de Mme Beauchamp, ce que le bureau de cette dernière a confirmé hier. Elle s'est toutefois refusée à tout commentaire.
Dans son rapport déposé jeudi, Renaud Lachance, vérificateur général du Québec, a dénoncé les dépenses somptuaires de M. Chaput ainsi que d'importantes lacunes dans le contrôle des dépenses de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC). Le premier ministre n'a pas exclu que le gouvernement demande à M. Chaput de rembourser les dépenses excessives, ce que Gérard Deltell, de l'ADQ, avait réclamé en matinée.
Intercepté par les journalistes hier, à l'aéroport, alors qu'il rentrait de la Côte d'Azur, M. Chaput a minimisé les propos du vérificateur, laissant entendre que M. Lachance avait exagéré les griefs formulés à son endroit lors de la conférence de presse tenue jeudi. Il a prétendu avoir réservé «la même maudite chambre que l'autre avant [lui] allait dedans» [sic], notant au passage qu'il logeait au même hôtel que la ministre. Cette dernière l'a confirmé hier, mais en soulignant que sa chambre, «petite mais convenable», coûtait 420 euro la nuitée.
Quant à M. Chaput, il a protesté: «Je n'ai pas fraudé personne, je n'ai pas détourné des fonds», rejetant net l'idée de rembourser quelques sous et soutenant vouloir terminer son mandat. Le 7 mai, Le Devoir a révélé que le mandat de M. Chaput ne serait pas renouvelé.
Christine St-Pierre soutient que cette affaire a pu être dévoilée grâce à la nouvelle loi sur la gouvernance des sociétés d'État, qui a séparé les fonctions de président et chef de la direction et de président du conseil d'administration. «Cela a rendu plus transparentes les affaires de la SODEC.» Mme St-Pierre a demandé il y a plusieurs mois à Jean Pronovost, président du conseil d'administration, de «porter une attention particulière aux dépenses» de l'organisme. N'obtenant pas de réponse satisfaisante à ses questions auprès du bureau de M. Chaput, M. Pronovost a proposé à la ministre que le vérificateur général s'en mêle.
Le Parti québécois a tout de même intimé Mme St-Pierre et Mme Line Beauchamp (ancienne ministre de la Culture, qui avait nommé M. Chaput à la SODEC) de «s'excuser», hier, pour l'argent qui n'est pas allé aux artistes. Le PQ a soutenu avoir tiré la sonnette d'alarme dès le printemps 2006 au sujet des dépenses de M. Chaput, avertissement dont Mme Beauchamp aurait fait fi, selon le PQ. M. Chaput est un «ami de longue date» de Mme Beauchamp, ce que le bureau de cette dernière a confirmé hier. Elle s'est toutefois refusée à tout commentaire.
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