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Québec - Dépenses de député, dépenses privées

Antoine Robitaille   20 mai 2009  Québec
Québec — Des révélations comme celles que les journaux britanniques étalent en première page sur les notes de frais des députés et qui ont conduit à la démission du président de la Chambre des communes seraient pratiquement impossibles à l'Assemblée nationale du Québec.

En effet, toutes les dépenses personnelles des députés québécois (embauche du personnel, fonctionnement du comté, frais de déplacement) sont considérées comme étant strictement privées. Une situation qui rend les anciens présidents de l'Assemblée nationale Jean-Pierre Charbonneau et Roger Bertrand mal à l'aise. À Ottawa, hier, où les scandales de Londres ont beaucoup d'écho, on révélait que la vérificatrice générale, Sheila Fraser, souhaite examiner les demandes de remboursement et autres dépenses des députés et des sénateurs, au grand dam de ces derniers, qui s'y opposent.

À Québec, entre 1992 et 2002, l'Assemblée nationale s'est défendue de façon acharnée devant les tribunaux — contre le journaliste de The Gazette Rod Macdonnell — pour interdire aux médias l'accès aux allocations de dépenses des députés. Et elle a réussi. En novembre 2002, dans un jugement serré (5 contre 4), la plus haute cour a statué que les élus n'avaient pas à rendre publics ces documents.

La semaine dernière, lorsqu'il a présenté son projet de loi instituant un code d'éthique et créant un poste de commissaire à l'éthique, le leader du gouvernement, Jacques Dupuis, a été questionné sur fait que le texte proposé est totalement muet sur les allocations de dépenses des députés. M. Dupuis s'est rapidement débarrassé de la question, qui l'a visiblement mis mal à l'aise: «Vous poserez votre question au secrétaire général à l'Assemblée nationale. Mais je ne le dis pas avec agressivité», a-t-il spécifié, ironique. La réponse fut identique du côté de l'opposition péquiste. «Vous vous adresserez au secrétaire de l'Assemblée nationale ou au président [...], c'est eux qui gèrent ces questions-là», a sèchement rétorqué la leader adjointe, Agnès Maltais, au journaliste qui a osé aborder le sujet. Quelques semaines plus tôt, devant une question similaire, Mme Maltais avait soutenu que le système de dépenses des élus à Québec était déjà «assez transparent». À ses yeux, a-t-elle précisé, «les règles de surveillance [...] de l'Assemblée nationale sont très strictes envers les députés». Elle en veut pour preuve les poursuites pour fraude intentées en 2004 contre l'ex-député libéral de Mégantic-Compton Daniel Bouchard, lequel a finalement reconnu sa culpabilité en 2007.

Au Bureau de l'Assemblée nationale, on se veut très discret sur la question. Une source bien informée soutient que le Bureau est vigilant et que des cas comme ceux mis au jour au Parlement britannique ces dernières semaines seraient «impossibles» à Québec. N'empêche, les journalistes ne peuvent fouiller eux-mêmes ces dépenses d'«indemnité et allocations aux parlementaires», qui s'élèvent à 24,5 millions en 2009-10. Impossible d'enquêter comme Le Journal de Montréal l'a fait sur les dépenses de l'ex-lieutenant-gouverneur Lise Thibault, qui n'a d'autre choix que de se soumettre à de multiples demandes d'accès à l'information.



Questionnement incontournable

L'ancien président de l'Assemblée nationale Roger Bertrand (1994-96) explique que les élus ont toujours été réticents à dévoiler leurs allocations de dépenses parce que des renseignements stratégiques ou strictement confidentiels pourraient être dévoilés: l'adresse et le nom d'un commettant rencontré dans un dossier litigieux ou très épineux, par exemple. Mais il ajoute: «À bien y penser, aujourd'hui, je n'aurais aucune objection à ce que toutes mes dépenses soient divulguées. À condition peut-être de protéger l'identité de certaines personnes.»

Autre ancien président, Jean-Pierre Charbonneau (1996-2002), se souvient aussi des débats épiques que soulevait cette question. Lui-même dit qu'il a déjà plaidé pour que les dépenses restent privées, surtout dans certains cas où, de l'extérieur, elles auraient pu sembler extravagantes. Par exemple? Il se souvient de ces soupers de fin de mission, à l'étranger, où il invitait les fonctionnaires qui avaient travaillé «jour et nuit» pour produire des rapports. «Je leur payais même l'alcool. C'était une façon de les remercier.» Mais l'homme du Club des ex de RDI estime qu'avec «ce qui se passe en Grande-Bretagne et avec toutes les questions d'éthique soulevées jour après jour», le questionnement de la divulgation des dépenses devient «incontournable». «Est-ce que cette règle doit être maintenue? Est-ce que les élus ne devraient pas aller plus loin dans la transparence? Il devient essentiel de se poser la question, je crois.»

Certaines sources au Parlement estiment qu'il serait facile pour les élus, lorsqu'ils adopteront la loi sur le code d'éthique et le commissaire qui en sera responsable, de modifier l'article 34 de la Loi sur l'accès à l'information: «Un document du Bureau ou d'un membre de l'Assemblée nationale ou un document produit pour le compte de ce membre par les services de l'Assemblée n'est pas accessible, à moins que le membre ne le juge opportun.»

*****

Avec La Presse canadienne






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  • Robert Henri
    Inscrit
    mercredi 20 mai 2009 06h03
    Dépenses privées?
    « Dépenses des députés, argent public, dépenses publiques.

    Aussi simple que ça. Si les élus disent le contraire, ce sont des personnes malhonnêtes qui ne méritent pas de nous représenter où que ce soit. »

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mercredi 20 mai 2009 07h11
    La révolution démocratique
    « «La révolution démocratique»

    «Tu ne peux gouverner les autres si tu ne peux te gouverner toi-même»

    Nous aurons beau avoir tous les commissaires à l'éthique que l'on voudra, si un gouvernement comme celui des libéraux ou encore, n'importe quels gouvernements corrompus capables de changer préalablement la loi pour légaliser la fraude et les conflits d'intérêts prennent le pouvoir, un commissaire n'y changera rien.

    Depuis quelques années, conséquemment aux élections de gouvernements minoritaires, j'ai constater que nombres de politiciens, ces chers « amoureux de la démocratie» sont revenus souvent sur le fait que trop d'élections pourraient soi-disant «fatiguer l'électorat». ...De plus... «Ça coûte cher !» ...laissent-t-ils répandre dans la société.

    On entend aussi régulièrement... « Les gens sont tannés »... «Pas encore des élections !» «Les nouvelles sont redondantes» ... «Cette campagne électorale est plate à mourir»... «Les pancartes sont de la pollution visuelle»...etc... etc... etc...

    Autrement dit... On diffuse, répand, popularise et finalement «légitimise» l'idée que de trop voter «importune» et serait malsain pour la société.

    - Quelle imbécillité !

    - Et un p'tit trou de 40 milliards dans la Caisse ?

    - Ça ne vous importune pas ?

    Le « droit de vote » est l'instrument qui transforme l'opinion publique en « Pouvoir du peuple » et en ultime patron de l'État.

    Et ce qui se passe actuellement n'est pas tant «judiciaire» que «politique».

    En plus de nager en plein «déficit financier» nous nageons en plein «déficit démocratique».

    Avons-nous seulement réfléchi au fait que l'un pourrait être intrinsèquement tributaire de l'autre ?

    L'adage dit à raison que « Un an en politique, c'est une éternité. À nous de reprendre le pouvoir et de revendiquer des élections plus fréquentes avec de tels chauffards au volant de l'État. Et pourquoi pas même voter «annuellement».

    Sans personne au-dessus de leurs têtes, nos gouvernements dirigent en petits dictateurs mafiosi et corrompus comme s'ils n'avaient jamais de comptes à rendre à personne.

    Au peuple le droit de sanctionner et de les foutre à la porte !

    Luttons pour revendiquer le droit de «voter plus souvent» afin de retrouver une démocratie et une économie plus saines.

    Car la confiance se mérite.

    Mais le droit de vote aussi...


    «La démocratie n'existe pas, c'est un idéal à atteindre»


    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre et militant de Québec Solidaire

    Référence :

    «Les organisations politiques, syndicales et populaires doivent initier une mobilisation générale afin de destituer le gouvernement et provoquer de nouvelles élections» :

    http://www.vigile.net/Les-organisations-populaires


    Débat en cours :

    «L'erreur fondamentale du PQ»
    Le référendum : Une stratégie perdante :

    http://www.vigile.net/L-erreur-fondamentale-du-PQ


    Citations de circonatances :


    «Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux»
    - Étienne de la Boétie

    «Légalisons la fraude et les conflits d'intérêts!
    Voilà l'éthique du gouvernement Charest!» - Lorraine Dubé

    «Nul besoin d'un commissaire à l'éthique : Le bar est ouvert avec l'assouplissement des règles !» - Lorraine Dubé

    «Sortez Sabia de là, il va vider le reste dans la cours de ses amis et s'excuser en laissant avec une belle prime de départ...» - Jean Pealy

    «Les gens ont tort de mépriser la politique. C'est le «levier maître» pour faire évoluer la société.
    Mais en tant que «levier maître» il peut nous ramener à l'âge de pierre...» - C. Montmarquette

    «Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu'il ne vous prenne à la gorge». - Winston Churchill

    «Tout pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument.» -Lord Acton

    «La liberté dans une démocratie n'est pas assurée si le peuple tolère que la puissance privée grandisse au point qu'elle devienne plus forte que l'état démocratique lui-même, ce qui fondamentalement est le fascisme»
    - Roosevelt avril 1938. »

  • Michel Vallée
    Inscrit
    mercredi 20 mai 2009 07h44
    Si quelqu'un a l'air gros, c'est qu'il est gros.
    « L'ancien président, Jean-Pierre Charbonneau deverait savoir que si, de l'extérieur comme il dit pour désigner le bon peuple, des dépenses ont l'air extravagantes c'est qu'elles sont extravagantes.

    Il y aurait eu une façon beaucoup plus transparente de compenser le travail exceptionnel des fonctionnaires. C'est de payer le temps travaillé. »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mercredi 20 mai 2009 09h01
    Les d'Artagnan de la politique...
    « La réaction des Jacques Dupuis, Agnès Maltais et de l'ex-président de l'Assemblée nationale Jean-Pierre Charbonneau envers la transparence des élus fait la preuve qu'au-delà des divergences politiques de moins en moins évidentes d'ailleurs, une «solidarité indéfectible» existe entre ces valeureux «représentants» (?!?) du peuple afin de préserver «leurs privilèges» à l'abri des indiscrétions! Après tout, n'est coupable que celui qui se fait prendre, n'est-ce pas? »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 20 mai 2009 10h35
    On les a élus
    « On les a élus, il faut aussi leur faire un peu confiance. Et M Charboneau a raison quand il dit que des dépenses peuvent avoir l'air exagéré mais un bon repas au resto bien arrosé pour 20 personnes coute facilement $4,000 si ce n'est pas $6,000. Pour le commun des payeurs de taxes cela semble exagéré et odieux. Mais si l'on considère que ces 20 personnes on fait un travail extraordinaire et hors des attentes normale pour leur niveau de responsabilité ce n'est pas chère. À $6,000 cela revient à $300 par personne au maximum, et si comme M. Vallée le suggère et que ces gens avait reçu un salaire pour ce travail combien cela nous aurait couté? Disons le salaire moyen d'un de ces fonctionnaires à $25/ heure (j'en ai aucune idée) et que le travail était du surtemps, nous n'aurions eu que 8 heures de travail par personne maximum pour ce montant. Il faut faire confiance au bon jugement de nos élus.
    Ce qu'il pourrait y avoir c'est un budget fixe accordé en fonction des responsabilités. Ce budget serait soumis au contrôle des auditeurs, ainsi que les dépenses, mais les dépenses resteraient confidentielles. Si il y a abus flagrant, alors un comité non partisan incluant des membres du publique choisi comme le sont les jurés, est formé et mandaté par les auditeurs pour revoir les dépenses et si ce comité les juges inappropriées alors ce comité les rendra publique.
    Car ce qu'il faut éviter à tout prix c'est de voir nos élus jugé toujours sous la loupe souvent très partiale des journalistes en quête de sensation. Ou des dénonciations malhonnêtes pour des motifs partisans et électoraux. Car une fois la rumeur lancée, elle devient une réalité dans le public et rien ne l'arrêtera. »

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    mercredi 20 mai 2009 11h09
    Abus
    « Que se soit les dirigeants des sociétés d'états ou les députés doivent être transparents. Que penser des dépenses somptueuse d'un Cousineau, de Boucher ou encore d'un montant 250000 $ pour une école privée pour la soeur de Monsieur Jean Charest alors qu'il était député au fédéral.

    Mais curieusement ces dépenses semblent louables, mais c'est de l'argent public qui doit être divulgué pour éviter les abus. »

  • JM
    Abonné
    mercredi 20 mai 2009 11h17
    Les dépenses privées des députés avec l'argent public, peut-on faire autrement que leur laissez ce petit plaisir?
    « Sans équivoque, l'Assemblée nationale est à la fois juge et parti dans tout ça. Pourquoi les députés seraient privés de ce petit plaisir personnel, et qui va avec la vanité de leurs fonctions. Après tout, ce n'est que de l'argent public.

    Je comprends que certains parmi les députés soient mal à l'aise, quand on leur parle de tout ça. Est-ce parce que la piqure du pouvoir n'a pas encore fait son effet sur eux? Je les encourage donc à travailler sur eux-mêmes pour qu'ils considèrent ces vaniteuses allocations comme normal.

    jm »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mercredi 20 mai 2009 12h15
    Encore l'assiette au beurre...
    « Les pkiss se questionnent sur la provenance et la légitimité de la prime de 75 000$ versée à Jean Charest, annuellement, en plus de son salaire de premier ministre.

    Je serais curieuse de passer en revue leurs comptes de dépenses qui devaient bien compenser pour le manque à gagner lorsqu'ils étaient au pouvoir.

    A chacun son tour l'assiette au beurre et ils doivent tellement avoir hâte que la manne leur tombe à nouveau des poches des citoyens pour se payer des petites gâteries....et avec ça, ça joue aux justiciers.

    Pôvre Pauline, comme elle doit s'ennuyer de ses toilettes silencieuses....où elle pouvait sans doute méditer en paix sur son avenir et l'avenir du Québec. »

  • Gervais Pomerleau
    Inscrit
    mercredi 20 mai 2009 17h10
    pratiquement impossible mon oeil!
    « il était pratiquement impossible, aussi, que la caisse de dépôt connaisse un déficit de un milliard de dollars.
    Impensable, voyons!
    Nous sommes couverts contre de tels impairs, nous sommes les plusse meilleurs compteurs...
    Malheureusement, HPR nous a prouvé qu'il savait mieux conter (des mensonges) que compter les risques.
    Tant que la vache àlait que constitue le contribuable continuera à meugler, nos couillons qui tirent les ficelles du pouvoir et de la bourse continueront de s'emplir les poches aux dépens de ladite vache à lait...
    Si c'était moi qui étais entre les lèvres de ces pachas plutôt que mon portefeuille, il y a longtemps que j'aurais les jambes molles »

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