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Poursuites abusives: le patronat revient à la charge

Antoine Robitaille   16 mai 2009  Québec
Québec — Le gouvernement Charest n'a pas mis «l'économie d'abord» en mettant en avant le projet de loi 9 contre les poursuites abusives, estiment la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et le Conseil du patronat (CPQ).

Le projet de loi, déposé le 7 avril dernier pour une seconde fois (dans sa première mouture, l'automne dernier, il était mort au feuilleton), vise à empêcher les grandes entreprises de se servir des tribunaux pour faire taire des citoyens ou des groupes qui les dénoncent sur la place publique.

Dans une lettre ouverte hier, la présidente de la FCCQ, Françoise Bertrand, a condamné le gouvernement, qui a procédé cette semaine à l'adoption de principe du projet de loi, avec l'appui des partis d'opposition. «"L'économie d'abord", nous a-t-on dit en décembre dernier. Vraiment?» écrit-elle.

Aux yeux de Mme Bertrand, la loi contre les poursuites abusives est un «irritant» dont les entreprises n'ont pas besoin en période de difficultés économiques. À ses yeux, une telle loi empêchera les entreprises de poursuivre en diffamation «des groupes ou des personnes qui, volontairement et sciemment, tiennent des propos ayant pour seul but de nuire à la réputation de ces mêmes entreprises».

Selon Mme Bertrand, la ministre de la Justice, Kathleen Weil, erre lorsqu'elle parle d'un consensus autour de ce projet de loi. «Ce consensus n'existe pas», affirme-t-elle en évoquant l'opposition du Conseil du patronat et du Barreau du Québec, qui se sont déjà exprimés en ce sens en commission parlementaire à l'automne 2008.

Avantages, groupuscules

Dans une autre lettre adressée à Mme Weil en mars cosignée avec Daniel Audet, vice-président du CPQ, Mme Bertrand déplorait le fait que le Québec se donne la loi «la plus sévère au monde» qui profitera, ajoutait-elle, surtout aux «groupuscules» qui s'opposent «à tout projet de développement économique» tel le barrage hydroélectrique la Romaine ou les travaux de modernisation des infrastructures.

Selon Mme Bertrand et M. Audet, il n'y a «ni urgence ni épidémie de ce genre de poursuites». Si jamais le gouvernement refusait de laisser tomber ce projet de loi, la FCCQ et le CPQ proposent de retirer plusieurs dispositions qui, à leurs yeux, pourraient «nuire au Québec, donnant l'image d'une juridiction où les administrateurs et dirigeants sont soumis à un fardeau de responsabilités plus élevé qu'ailleurs».

Jointe récemment, la vice-présidente de la FCCQ, Caroline St-Jacques, a admis qu'une poursuite comme celle que la minière Barrick Gold avait intentée contre les Éditions Écosociété, laquelle a publié l'essai Noir Canada, était bel et bien une poursuite-bâillon. Mais «on ne change pas la loi pour un cas», a-t-elle fait valoir. Selon elle, de toute façon, le code de procédure civile contient tout ce qu'il faut pour que les juges puissent rejeter sommairement une poursuite frivole et sans fondement.






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  • Dany Pelchat
    Abonné
    samedi 16 mai 2009 06h58
    Les poursuites abusives des grandes compagnies.
    Le gouvernement du premier ministre M. Jean Charest a déposé le 7 avril 2009, pour une deuxième fois, un projet de loi visant à empêcher les grandes entreprises de se servir des tribunaux pour faire taire des citoyens ou des groupes qui les dénoncent sur la place publique.

    Pour une fois que le gouvernement Charest met ses culottes ! L'adoption de ce projet de loi (s'il ne favorise pas trop les grandes entreprises) permettra enfin aux gens ordinaires de faire valoir leurs points de vue. Bien souvent, ces gens ou groupes de gens n'ont pas les moyens financiers de payer les montants d'argent exorbitants demandés par les avocats pour les défendre. Il faudrait donc que ce projet de loi permette un certain financement pour aider ces gens à se défendre convenablement en cas de poursuites.

    Surtout parce que les systèmes de Justice québécois et canadiens sont d'une telle rapidité et efficacité (???), que les procédures peuvent durer des années et des années ce qui peut facilement ruiner les gens ou groupes de gens qui n'ont pas les moyens financiers des grandes compagnies !!!

    De cette façon, les compagnies ne pourront plus poursuivre en cours avec leurs avocats grassement payés à faire durer le plaisir, les gens ou groupes de gens qui dénoncent leurs compagnies.

    Cependant, dans ce projet de loi, il faudrait aussi que le gouvernement donne la possibilité aux compagnies de pouvoir se défendre quand-même dans les cas ou elles seraient poursuivies délibérément de façon malveillante.

    Ce n'est pas le gouvernement qui prendra la décision de déterminer si une poursuite est malveillante ou non et d'interdire à telle ou telle compagnie de poursuivre on non des gens ou groupes de gens. Ce rôle reviendra sans doute à un juge !

    Compte tenu des mauvaises décisions rendues par certains juges dans le passé, J'espère que celui ou celle qui prendra la décision se basera sur son propre jugement et non pas sur de la jurisprudence datant de la préhistoire comme c'est trop souvent le cas aujourd'hui. Cela permettra peut-être à la Justice de retrouver les lettres de noblesse qu'elle a perdue graduellement au fil du temps.

    Dany Pelchat
    Lévis

  • Robert Henri
    Inscrit
    samedi 16 mai 2009 08h08
    Le conseil du patronat se fout des Québécois mais ne pense qu'aux profits...
    Comme ça il ne saurait y avoir de consensus sans patronat et du Barreau du Québec? Bien sur que le conseil du patronat est contre, ses membres sont parfois et même souvent à la source de ces poursuites abusives, injustifiables, malhonnêtes, antidémocratiques et immorales. Bien sur que le Barreau est contre, ce sont ses membres qui s'enrichissent sur le dos des citoyens pour le profit des compagnies locales mais aussi souvent supranationales.

    Les «groupuscules» qui s'opposent «à tout projet de développement économique» polluants, nuisibles ou non voulus tout simplement ont un nom et il n'y en a qu'un. Le groupuscule, c'est la population du Québec qui a le droit d'accepter ou de rejeter démocratiquement tout projet selon des critères qu'il n'appartient qu'à elle de définir sans que la conseil du patronat ou d'autres cravatés à valise du même acabit.


    Personne ne s'oppose «à tout projet de développement économique». On ne refuse que les projets destructeurs, inadéquats, dangereux ou inutiles comme de nouvelles autoroutes pour sortir et entrer de Montréal (il faut privilégier le transport en commun ce qui implique des infrastructures), comme la construction d'un port méthanier mettant en danger le fleuve et tout le monde qui demeure dans ses environs afin de fournir les étasuniens, comme la construction d'un casino à Montréal alors que tout le monde le moindrement sensé sait qu'il est incorrect, voire abject, de construire un établissement de jeu près de quartiers défavorisés.

  • Eric Allard
    Abonné
    samedi 16 mai 2009 08h19
    Les intérêts des grands d'abord!
    La FCCQ et le CPQ visent bien bas en n'appuyant pas une tentative d'obtenir pour la population une plus grande liberté d'expression.

    Afin de contrer les millions (et sûrement plus) que les grands groupes investissent chaque année dans leurs activités de charme aupres du milieu politique, les citoyens doivent avoir le droit de se regrouper et faire passer un message en toute liberté.

    Il faut bien comprendre ici qu'une loi contre les poursuites bâillon n'empêche pas de poursuivre contre la diffamation, elle oblige simplement le poursuivant a prouver qu'il y a bien diffamation avant que le défendeur n'aie a se payer une défense.

    Cette loi ne fait que rééquilibrer les rapports de force, et elle est nécessaire.

    Eric Allard

  • gilles dumas
    Inscrit
    dimanche 17 mai 2009 00h34
    Pourquoi ? parce que c'est injuste, mon oeil.
    Pour le citoyen qui en est victime une seule poursuite baillon ça en est une de trop. Le gouvernement semble prendre ses responsabilités pour ramener les abuseurs à l'ordre... Est-ce que c'est fait gratuitement j'en doute fort il a du surement y avoir un quelconque intérêt derrière... son propre intérêt, le gouvernement charrest ne fait jamais rien pour rien.

  • Jacques Lafond
    Abonné
    dimanche 17 mai 2009 10h14
    Le vote proportionnel
    Je suis le bord de proposer le vote proportionnel à l'impôt payé. Plus tu paye d'impôt, plus tu as de votes. Si tu ne paye pas d'impôt tu n'a simplement pas le droit de vote...

    Je ne suis plus capables de vivre dans ce Québec ou ce sont les va nus pieds qui mènent. Où ce sont les gens qui ne sont même pas capables de mener leurs propre vie à bien, des gens qui vivotent au crochet de la société qui décident des grand enjeux de notre nation.

    Ça va prendre un sacré bon coup de barre pour remettre à leurs places ce petit peuple de paresseux vertueux ...

  • Chryst
    Abonné
    lundi 18 mai 2009 23h26
    Bon coup
    Selon A Robitaille , madame Françoise Bertrand de la FCCQ aurait écrit : < le code de procédure civile contient tout ce qu'il faut pour que les juges puissent rejeter sommairement une poursuite frivole et sans fondement >
    De quoi aurait-elle alors peur ? Pour une fois que le gouvernement prend la part des moins puissants.

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