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La Caisse: tout est de la faute des PCAA

Les gestionnaires continuaient d'acheter les titres douteux tandis que le marché s'effondrait

Robert Dutrisac   13 mai 2009  Québec
Québec — Les anciens présidents de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) Richard Guay et Fernand Perreault ont mis les mauvais résultats de l'institution en 2008 sur le compte de la crise des PCAA et sur une diversification qui s'est retournée contre elle lorsque le marché s'est «disloqué» en octobre dernier.

«Ce qui a fait mal à la Caisse, c'est les PCAA et c'est ce qui affecte même les résultats quand on les regarde sur une période cinq ans», a affirmé l'ancien président de la Caisse Richard Guay. Il comparaissait devant la commission parlementaire spéciale qui se penche sur les résultats désastreux de la Caisse.

En 2008, la Caisse a essuyé une perte de 40 milliards, soit 10,5 milliards de plus que les indices de référence. M. Guay fut appelé à prendre la succession d'Henri-Paul Rousseau le 5 septembre 2008, a pris un congé de maladie à la mi-novembre, puis a démissionné le 4 janvier dernier.

Richard Guay a vanté la stratégie de diversification de la Caisse et le faible risque auquel elle s'exposerait. «Malgré le rendement catastrophique de 2008, le risque de la Caisse sur les cinq dernières années était inférieur à celui de ses pairs», a soutenu M. Guay.

Or, en pleine crise de liquidités des papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA), les gestionnaires de la Caisse de dépôt et placement du Québec ont continué à en acheter pour une somme de près de 900 millions, au début d'août, juste avant que le marché ne se grippe complètement.

Interrogé par le député de Rousseau, porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, François Legault, l'ancien président de la Caisse Richard Guay a confirmé que c'est le 6 août 2007 qu'on l'avait informé qu'il y avait un problème avec les PCAA.

Mais comme les gestionnaires ne faisaient pas de différence entre les PCAA bancaires, qui ont été remboursés par les grandes banques, et les PCAA non bancaires, les gestionnaires ont vendu les bons PCAA et acquis les mauvais. À la mi-août, le marché des PCAA bloquait; ces titres sont devenus invendables. La Caisse s'est retrouvée avec 13 milliards de PCAA non bancaires et une perte prévue de 4 milliards.

«Les gestionnaires considéraient qu'il y [avait] tellement de liquidités dans le marché; ça [les PCAA] roule tous les jours, les milliards roulent. Ils n'entrevoyaient pas la possibilité significative que ça pouvait arrêter», a relaté Richard Guay.

Venu expliquer la déconfiture des PCAA, le vice-président aux affaires juridiques de la CDPQ, Claude Bergeron, a nié que la Caisse ait tenté de soutenir le marché canadien des PCAA non bancaires, dont elle détenait 30 %, en jouant la «banque centrale», comme l'a suggéré le député de Shefford et critique adéquiste en matière de finances, François Bonnardel.

Cotés «triple A» par une agence de crédit, les PCAA donnaient «l'apparence» d'une diversification prudente. Selon le raisonnement suivi par la Caisse, les PCAA non bancaires apparaissaient même plus sûrs que les mêmes titres émis par les grandes banques canadiennes parce qu'ils étaient plus diversifiés. «Il y avait un risque, on ne l'a pas vu», a indiqué M. Guay. «On a délégué en fait notre travail d'analyse de crédit aux agences de crédit, et on l'a délégué juste à une», a-t-il ajouté.

Alors que l'actuel président, Michael Sabia, estime que le niveau de risque assumé par la Caisse est trop élevé et son effet de levier, trop prononcé, Richard Guay juge que c'est la crise des marchés de l'automne de 2008 qui a augmenté ce facteur de risque. «On réduisait, on liquidait certaines positions, puis le risque augmentait pareil tellement la crise était violente», a rappelé M. Guay. La Caisse a essuyé une perte sur la disposition de ses placements de 23 milliards en 2008, et ce n'est pas qu'une simple perte sur papier.

Président par intérim jusqu'à la nomination de Michael Sabia, Fernand Perreault a soutenu que le portefeuille immobilier de la Caisse, qui, lui, a subi une perte sur papier de 22 % en 2008, est d'excellente qualité, que ce soit au Canada ou à l'étranger. «On a des partenaires solides dans tous les marchés étrangers. On n'est pas des cow-boys», a-t-il dit, en citant les marchés de l'Alberta, de la Colombie-Britannique, des États-Unis ou d'Europe. «La gestion des risques dans l'immobilier, c'est relativement simple. J'ai l'habitude dire que c'est un métier de paysan», a signalé M. Perreault, qui a dirigé la division immobilière de la Caisse pendant de nombreuses années.

Interrogé par les parlementaires du gouvernement, Fernand Perreault a soutenu que les changements à la loi de la Caisse en 2004 n'avaient pas amené l'institution à se montrer moins prudente dans ses placements. Quant à la mission de la Caisse, qui est aussi de contribuer au développement économique du Québec, il n'a pas perçu de «différence» depuis 2004. «En conclusion, la Caisse, sa direction, ses gestionnaires n'ont pas été pris, au cours des dernières années, d'une soudaine frénésie de rendement à tout prix, une frénésie qui aurait largement contribué, sinon conduit directement, aux résultats décevants de 2008», a-t-il avancé.

La commission parlementaire reprend ses travaux demain avec l'audition d'Alban D'Amours, ancien président du comité de gestion des risques de la Caisse.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 13 mai 2009 07h13
    La faute à qui ?
    Tout est la faute des PCAA, évidemment ! C'est "eux" qu'il faut blâmer. La cause est entendue, le gros est blanchi. Voici un cas de réglé, au suivant !

  • Robert Henri
    Inscrit
    mercredi 13 mai 2009 08h08
    La faute de qui?
    La faute des PCAA mon oeil. Voir si c'est un produit commercial qui est la faute de décisions humaines fondées sur la simple cupidité dans le but d'obtenir des primes de rendement indécentes et insensées.

    C'est la faute de Charest pour qui tout ce qui va mal est celle du PQ même des années plus tard. C'est la faute du gouverneMENT de Charest qui n'a pas su protéger adéquatement NOS biens.

    C'est la faute des bandits qui nous gouvernent.

    Ça va bien au Québec. Parfums nauséabonds de scandale à la Caisse, à Montréal, les FIER, "alouette gentille alouette, alouette me déplumeras-tu?"

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    mercredi 13 mai 2009 08h09
    Des réputations surfaites???
    Faut-il penser que les « gérants » de nos avoirs avaient des réputation surfaites?

    Ou sont-ils des manipulateurs de haut niveau?

    Ou sont-ils à la solde d'un certain pouvoir?

    Ces voltiges de la commission parlementaire ne me rassure pas du tout.

  • Alain Lavallée
    Abonné
    mercredi 13 mai 2009 08h25
    Quel mauvais choix de titre !
    Pourquoi les courtiers de la Caisse se sont-ils mis soudainement à acheter des PCAA ? Pourquoi y a-t-il eu soudainement des primes versées à ceux qui achetaient ces PCAA à rendement élevés à court terme ?

    C'est parce que la loi de la Caisse a été changée en novembre 2003 par le gouvernement Charest afin de faire en sorte que la Caisse se préoccupe dorénavant du "rendement" et d,aller vers un rendement plus élevé à court-terme, plutôt que de favoriser le développment à long terme de l'économie du QUébec (comme l'avait toujours privilégié au préalable les gouvernements Parizeau, Bouchard et Landry).... il y a eu changement de la LOi en 2003 par Charest, et les priorités de la Caisse ont alors changées... voici le résultat... la poursuite des PCAA

  • Richard Godin
    Inscrit
    mercredi 13 mai 2009 08h33
    Une poignée dans le dos...
    Qui a fait l'acquisition de quoi?

  • Estelle Lebel
    Abonnée
    mercredi 13 mai 2009 08h53
    La Caisse...
    Autrement dit, la population québécoise est ingrate en demandant des comptes sur la gestion de la Caisse de dépots et de placement... Les présidents et directeurs ont fait un travail impeccable, un travail de grands visionnaires économiques ! Ben oui, il faudrait même songer à leur accorder une prime de mérite... Pour résumer, ceux-ci sont des magistaires et nous de minables béotiens ! Il faudra nous satisfaire de cette conclusion ! Imaginez !!!
    Les modifications apportées en 2004 par le gouvernement Charest n'ont joué qu'un rôle mélioratif. C'est sûr !

    Je bouille ! Qu'on me retienne, je pourrais devenir grossière.

    Collectivement, nous avons conscience d'être les victimes du pire crime financier auquel nous n'avons jamais fait face, et les bandits sont là, à se donner raison d'avoir dilapidé les avoirs des petits épargnants que nous sommes ! Jusqu'où peut aller le cynisme ?

    E. Lebel

  • Marc M. Davignon
    Abonné
    mercredi 13 mai 2009 10h09
    Les règles!
    Ce sont elles les vraies coupables! Trop restrictives. Trop exigeantes. Ils auraient dû les changer aussi. Rabaisser les rendements exigés. Pourquoi pas? Tout le monde le fait...

    Et, «tétons» les biens communs avant que le «peuple» exige sa part. Quelle idée terrifiante!

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    mercredi 13 mai 2009 10h22
    Qui cherche-t-on à protéger?
    Comment expliquer que les 2/3 de ces papiers commerciaux empoisonnés vendus au Canada aient été acheté par le Québec?

    Quels sont les (ou la) firmes de courtage responsable des transactions?

    Quelqu'un a-t-il reçu en contrepartie des ventes des PCAA un pourcentage sur ces maudites transactions?

    Qui a autorisé les PCAA et où était le conseil d'administration pendant ce temps...

    Comment se fait-il qu'on investisse si peu dans des entreprises québécoises (moins de 10%), le changement de mandat de la Caisse autorisé par le gouvernement libéral de Jean Charest est-il pour quelque chose dans le facteur du risque prise par la Caisse, si oui comment?

    Comment se fait-il que le rapport sur la gestion du risque de PriceWaterhouse ne soit pas rendu public? Qui cherche-t-on à protéger?

  • Michel Fontaine
    Abonné
    mercredi 13 mai 2009 11h57
    la vraie question à poser
    J'aimerais reprendre la suggestion de M. Yves Michaud, ancien président de la MÉDAQ, et demander que soit posée en commission parlementaire spéciale qui se tient actuellement sur les résultats désastreux de la CDPQ la question qui permettrait de comprendre bien des choses, à savoir qui a profité des commissions d'achat/vente des titres de PCCA acquis par la Caisse et quelle fut l'importance quantitative de ces commissions.

    Michel Fontaine
    Sorel-Tracy

  • Steve Fortin
    Abonné
    mercredi 13 mai 2009 12h31
    @ M. lavallée... pourquoi M. Charest se préoccuprait-il de l'économie du Québec à long terme!
    Nous savons tous que le conservateur-libéral Charest n'a rien à cirer du développement économique spécifique du Québec à long terme. Pour lui, ce qui compte, c'est la prospérité du Canada, sans égards à la spécificité québécoise; la nomination unilatérale et illégale de Sabia en est un autre exemple frappant de cette entreprise de démolition du principal levier de l'émancipation économique du Québec. Depuis 2003 que Charest place ses partisans partout, les FIERS, un autre exemple, et le copinage est dorénavant institutionnalisé. Quand on vote libaral au Québec, qu'a-t-on d'autre comme idéal de toute façon que de voir à ses petits intérêts au détriment de la collectivité que ces votes aident à assimiler!

    "Vous êtes pas tannés de mourrir bandes de caves!"

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mercredi 13 mai 2009 15h35
    C'est la faute à qui....
    Sans aucun doute, c'est la faute au manque de discernement du PQ qui a nommé JP Rousseau à la tête de la Caisse de dépôt et non aux libéraux qui lui ont fait confiance pensant que le PQ avait fait le bon choix....!

    Hi! Hi! Hi!

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mercredi 13 mai 2009 15h46
    L'économie du Québec...
    "Quand on vote libaral au Québec, qu'a-t-on d'autre comme idéal de toute façon que de voir à ses petits intérêts au détriment de la collectivité que ces votes aident à assimiler! (Fortin)"

    Et quand on vote PQ, ça donne quoi alors... des petits "Blanchet"!

    Rien ne nous prouve à date qu'elle était en meilleures mains lorsqu'elle était entre les mains du PQ qui voulait se seevir des avoirs de la Caisse et du bas de laine de tous les québécois, pkiss ou non, pour financier leur projet de souveraineté.

    Si c'est pas du vol ça, c'est quoi!

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