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Investissement Québec ne respecte pas ses règles

Robert Dutrisac   2 mai 2009  Québec
Québec — Contredisant ses déclarations de la veille, le président d'Investissement Québec (IQ), Jacques Daoust, appelé en renfort pour défendre le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, a dû reconnaître hier que la règle qui impose aux sociétés de capital de risque FIER d'investir au moins 50 % de leur capital dans leur région respective n'était pas appliquée.

Non seulement les règles sur l'investissement dans les FIER, dont les deux tiers du capital viennent de l'État, ne sont pas respectées, mais la politique sur les conflits d'intérêts, dans les cas de Pietro Perrino et de Valier Boivin, les dirigeants du FIER-Boréal 02 et du FIER Ville-Marie, a été transgressée. Lors d'une conférence de presse tenue jeudi matin, Jacques Daoust affirmait pourtant que toutes les règles imposées aux FIER dirigés par ces investisseurs d'allégeance libérale avaient été rigoureusement observées, ce qu'avait aussi assuré Raymond Bachand. Or, le député de Rousseau et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie, François Legault, a pu établir que MM. Perrino et Boivin n'avaient pas déclaré leur intérêt dans deux entreprises, Ranaz Corporation et Zoommed, au moment où le FIER Ville-Marie les a financées.

De son côté, le député de Shefford et porte-parole adéquiste en matière de finances, François Bonnardel, s'est intéressé au cas de Luigi Coretti, un contributeur au Parti libéral du Québec, qui a obtenu pour son entreprise, Bureau canadien d'investigations et d'ajustements, pas moins de quatre investissements de 1 million chacun de quatre FIER différents. Le député est revenu sur le cas des deux fonds de l'Estrie, le FIER-Croissance durable et le FIER-Innovation durable, dirigés par un autre sympathisant libéral, Jean Pelchat. Ces FIER ont fait près de 70 % de leurs placements à l'extérieur de la région.

Hier, IQ a produit une lettre, datée du 7 juillet dernier, enjoignant M. Pelchat à corriger la situation d'ici le 31 décembre 2008. M. Daoust fut obligé d'admettre que cette admonestation était restée lettre morte.

Raymond Bachand s'est désolé, hier, que l'opposition perde son temps avec cette affaire plutôt que d'échanger sur la crise économique. Exaspéré par l'insistance du député de Rousseau, il a traité celui-ci de «Joe McCarthy-François Legault». M. Legault n'a pas saisi l'allusion.

La politique d'investissement des FIER est pourtant claire: «Plus de 50 % des montants cumulés des placements autorisés [calculés annuellement sur la base des montants investis] doivent avoir été placés dans la région» du FIER. Or, cette règle ne peut pas être appliquée maintenant et ne pourra l'être avant plusieurs années — «cinq ans», précisait M. Daoust jeudi —, le temps que les FIER viennent à maturité. «Il faut bâtir le portefeuille. Simplement sur la base d'une saine administration, on ne serait pas capables de le faire [respecter cette règle]», a dit le président d'IQ, qui semblait plonger dans une opération où la fonction publique s'asservit au pouvoir politique.

Après avoir soutenu jeudi que 2,75 millions des 6 millions investis par le FIER-Boréal 02 l'avaient été dans des entreprises actives au Saguenay-Lac-Saint-Jean, soit près de l'objectif de 50 %, les représentants d'IQ n'ont pu appuyer leurs dires, hier. François Legault a mis en doute le fait que deux de ces entreprises, Toptent et Bureau d'investigations, des sociétés de la région de Montréal, se soient établies au Saguenay-Lac-Saint-Jean. IQ ne s'est fié qu'aux déclarations des dirigeants de ce FIER, MM. Perrino et Boivin, et n'a procédé à aucune vérification, a convenu M. Daoust. «Au Québec, on commence à croire le monde avant de penser que tout le monde ne doit pas être cru», estime Raymond Bachand.

IQ n'a affecté que deux personnes à la supervision des 33 FIER Régions et des 11 FIER Soutien, qui ont investi quelque 200 millions en fonds publics dans plus de 250 entreprises. Ce sont des sociétés privées qui ne sont pas gérées par l'État, a-t-on avancé.

François Legault a indiqué qu'il n'a pas l'intention de se rétracter comme l'ont sommé de faire, par une mise en demeure, MM. Perrino et Boivin. «Ce que j'ai dit cette semaine, c'est qu'il y avait un conflit d'intérêts [découlant du fait] d'être des deux côtés de la clôture. Et j'ai dit aussi que les règles d'Investissement Québec, selon mon interprétation [...] n'avaient pas été respectées. Puis, je maintiens ça.»

Pour M. Legault, les FIER, sont un programme mal conçu qui ne fonctionne pas dans les régions qui manquent de capital de risque, comme la Mauricie, la Gaspésie ou la Côte-Nord, mais qui fonctionne bien dans la grande région de Montréal, par exemple, où le capital ne manque pas. Le député estime que les règles doivent changer pour que tout investissement fait par un FIER se fasse dans sa propre région. Aussi, les FIER ne devraient investir qu'exceptionnellement dans les entreprises de ses dirigeants. François Legault a rappelé que les FIER Ville-Marie et Boréal 02 avait fait neuf placements, pour un total de 6 millions, dans quatre entreprises dont leurs dirigeants, MM. Perrino et Boivin, sont actionnaires.






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  • Réal Gauthier
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 06h16
    magouille 101
    « Qie ce soit au niveau de la politique fédéral provincial ou municipal les acteurs ont tous suivis avec brio les cours de magouille 101 et de plus en plus le payeur de taxe se retrouve celui qui se fait vider les poches par ces agissements. Rechercher au Québec des politiciens intègres.
    Mission impossible »

  • Gilles Néron
    Abonné
    samedi 2 mai 2009 06h23
    Bashing Bachand
    « Bachand a appris rapidement à mentir et à se défiler. Il a une belle carrière de chef du PLQ devant lui. Il devvait avoir des dispositions dès sa sortie de l'Université, car le Fonds de solidarité s'en est rapidement débarrassé. »

  • Michel Simard
    Abonné
    samedi 2 mai 2009 07h20
    République de bananes
    « "Raymond Bachand s'est désolé, hier, que l'opposition perde son temps avec cette affaire plutôt que d'échanger sur la crise économique."

    Je me désole de voir ces libéraux-conservateurs croire que c'est perdre son temps que de s'assurer que les fonds publics sont bien dépensés et de s'assurer que les ministres font bien ce qu'ils diesnt ce qu»'ils font. Si on dit que le FIER du Saguenay sert à développer le Saguenay par de l'investissement dans des entreprises du Saguenay, alors quand on dit qu'on vers 200 M$ (chiffres fictifs) au FIER du Saguenay, ça veut dire que 200 M$ vont dans des entreprises du Saguenay, c'est ce que le Peuple comprend. Si on veut dire que seulement 30 % du 200 M$ va dans des entreprises du Saguenay, alors le ministre Bachand doit dire que seulement 30 % (60 M$) va aux entreprises du Saguenay et que le reste (140 M$) va on ne sait pas où, donc gaspillage, ou va dans des compagnies dirigées par des liberals notoires. Le ministre Bachand ment à la population et n'a aucun sens de l'éthique. Et pour quelqu'un qui n'a même pas vu qu'il y avait une crise économique, il est bien mal venu de faire la leçon sur comment on gère une crise économique. Les solutions que met en place ce gouvernement sont totalement dépourvues d'imagination et sont des recettes du siècle dernier qu'appliquaient des gens suivaient des recettes sans les améliorer.

    Les abaissements continus des règles d'éthique par Jean Charest sont une vraie honte nationale. Le Québec est retourné dans le temps de Taschereau et de la magouillerie libérale. Les conservateurs sont de la même eau.

    Le Peuple n'a plus confiance en ces clowns et voleurs des fonds publics. Des élections doivent être déclenchées immédiatement. »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 2 mai 2009 07h57
    Arrogance libérale
    « Même si le président d'Investissement Québec, Jacques Daoust admet que les règles n'ont pas toujours été respectées dans le cas des FIER et donne ainsi un peu raison aux critiques de François Legault, le ministre Bachand refuse de le reconnaître et préfère qualifier de « John McCarthy » son adversaire péquiste.

    Ça rappelle un certain Pierre Arcand qui s'était permis de traiter de « Le Pen » Mario Dumont lors de la campagne électorale d'il y a deux ans ! »

  • Nicole Lamoureux
    Inscrite
    samedi 2 mai 2009 08h23
    Une évidence toute simple
    « Je remercie M. Legault du travail colossal, clair et transparent qu'il a accompli. Conflit d'intérêt il y a et j'ajouterai malhonnêteté face à la population du Saguenay et face aux québécois. Ces libéraux notoires volent une partie de notre argent pour en empocher encore et toujours plus, Il n'y a a plus de limite, plus ils sont riches moins ils sont respectueux des règles. »

  • Nicole Lamoureux
    Inscrite
    samedi 2 mai 2009 09h27
    F I E R LIBÉRAL
    « Charest a créée volontairement une structure à magouilles, parce que l'intention était de récolter des magouilles en faveur de ti-namis pour un retour d'ascenseur dans la tite caisse.
    Sur le site du P. Q on y lit que les libéraux ont envoyés hier un courriel aux membres intitulé" Pauline Marois a menti et fait fi de la démocratie" en référence à une prétendue coalition P.Q. ADQ. avant les élections 2008. Le tout bien certain orchestré par la grosse presse épaisse.
    Faut vraiment manquer d'argument pour descendre aussi bas. Mme Marois pouvait gagner les élections sans l'aide de personne
    FRÊLE -INTELLIGENCE- ÉLASTIQUE- RÉPANDUE »

  • Martin Lavallée
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 10h43
    Des questions se posent!!
    « Une question se pose lorsqu'on analyse les derniers cas de corruptions et de conflits d'intérêts qui ont eu lieu au Québec ces dernières semaines.
    Comment se fait-il que des Italo-québécois soient souvent mêlés à ces affaires?? Ce n'est pas pour faire dans la xénophobie mais il est tout de même curieux que des membres d'une infime minorité au sein de la société québécoise soient aussi présents dans les lieux de pouvoirs et les coulisses du pouvoir. Zampino, Perrino, Coretti, etc..., tous des individus qui font les manchettes ces jours-ci pour conflits d'intérêts. La mafia se serait-elle institutionalisée?? »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 11h32
    @ Mde Lamoureux
    « Ce qui a tué La Marois c'est sont arrogance légendaire. Elle a refusée l'aide de l'ADQ prce qu'elle se pensait certaine de gagner. Mais voila les québécois se sont rappelé les incompétence de la Marois avec SA réforme scolaire, les fusions FORCÉS(antidémocratique)et le marasme dans la santé causé par la pénurie de personnel suivant le départ à la retraite anticipée à GRAND FRAIS. Rappelons que ces départ ont causé un si grand dérangement dans le système que plusieurs ont décédé de ne pas faire carrière dans la santé à cause du stress et les conditions de travail engendrés par cette pénurie.

    Malgré tout ce que certain peuvent appeler de la magouille, M. Charest et son gouvernement font bien meilleur que l'alternative proposé par La Marois, Qui nous aurais encore réduit nos liberté individuels au nom de la putain de nation. »

  • Jean-François Cloutier
    Abonné
    samedi 2 mai 2009 13h24
    De l'assiette au beurre aux plats-prêts-à consommer...
    « À l'heure où on assiste, impuissants ou presque, à la dérive du comportement éthique chez nos élites politiques et industrielles, les deniers publics sont devenus la meilleure des sources de financement à valeur ajoutée pour les experts en enrichissement rapide et leurs petits copins qui raffolent des miettes qu'on leur «verse» sous la table maintenant ou pour «considération future».

    À d'autres époques, celles et ceux que l'injustice des puissants - appelons-les ainsi par euphémisme - révoltaient tellement allaient jusqu'à descendre dans la rue pour forcer un redressement de situation.

    Aujourd'hui, drogués comme nous le somme par le champ infiniment tentateur et obsédant de la consommation, par NOS affaires, nous avons oublié la joie et le bonheur simple qui nous viennent de donner.

    Aujourd'hui, nous préférons adapter une attitude angélique et naïve à l'égard des gouvernants de l'heure... Qu'ils répartissent «de leur mieux» la part des deniers publics qu'on leur donne à gérer! Or, que conclure devant la série noire de scandales de l'administration du maire Gérard Tremblay, des dérives à faveurs retournées d'Investissement Québec et des révisions opérées par le Premier ministre Jean Charest aux règles qui doivent guider les membres de son cabinet sinon qu'il s'agit sans doute la de la plus grande dérive ou opération d'appropriation de deniers publics de l'après-révolution tranquille au profit de tiers nageant déjà dans les eaux des classes privilégiées?
    Vivement l'établissement d'une éthique régoureuse! Vivement des actions rapides, mais réfléchies en faveur de l'intégrité en matière de gouvernance et de gestion publiques et privées! Vivement la mise en place de mécanismes adéquats pour évaluer, suivre et rectifier le tir de la gestion courante! Trouble, honte et punition aux malfrats et fraudeurs.

    Jean-François Cloutier
    Verdun »

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    samedi 2 mai 2009 17h00
    Les culottes à Vautrin
    « Rien n'a changé.

    C'est l'histoire des culottes à Vautrin et des pitons du régime libéral de Taschereau. Bien avant Maurice Duplessis.



    Marie Mance Vallée »

  • Claude Champagne
    Abonné
    samedi 2 mai 2009 19h44
    petit gouvernement crasse
    « Perversion et corruption se cachent souvent sous le masque de l'ambiguïté. Je déteste l'ambiguïté et ne lui accorde aucune confiance. »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    dimanche 3 mai 2009 07h53
    Investissement Québec respecte les règles de la nébuleuse...
    « Chers journalistes du Devoir,

    "Fais Ce Que Dois !" SVP

    EXIBIT 1

    Le blueprint de l'arnaque...
    http://ww2.quebec101.org:81/images/stories/diagrammenbuleusesabia.jpg

    EXIBIT 2

    Comment s'en servir au niveau municipal...
    http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=1518

    Comment s'en servir au niveau provincial...
    http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=1533

    Que cette enquête (at large) ne soit pas effectuer par des journalistes parle de soi et souligne méchamment l'aspect 'Mindfuck Inc.' de nos médias...

    Permettez-moi d'applaudir le "déchirage de chemise en public" de certains que d'une seule main ;)

    Quand le peuple commence à comprendre, il cesse d'obéir.

    "Les puissants se servent des institutions mêmes qui établissent la liberté de principe pour faire régner l'inégalité de fait dans le cadre de la loi." - Jean Jaurès

    "Les médias sont les créateurs de l'opinion publique, qu'ils constituent l'environnement dont la pression déclenche la combativité, la soumission ou le silence." - Elisabeth Noëlle-Neumann

    "Plus on est ignorant, moins on s'en aperçoit." - Louis Pasteur »

  • Michel Leclaire
    Abonné
    dimanche 3 mai 2009 15h45
    @ Claude Archambault
    « "Qui se ressemble s'assemble" »

  • Gilles Dussault
    Abonné
    dimanche 3 mai 2009 16h54
    Atmosphere de crise
    « Nous sommes en phase de déreglementation totale. Même là ou il a toujours des règlements, on fait comme s'il n'y en avait pas; ça n'a plus d'mportance. C'est l'ère des marchés libres, de la libre dérobade, de la libre entreprise,de la circulation libre des biens et des personnes (et des virus). C'est ça qui a conduit à la crise financière , à la crise des bonus de gestionnaires qui ne gèrent plus, si ce n'est l'attribution des bonus. En bout de ligne, comment réparer les pots cassés? Qu'est-ce qui fait défaut? qu'est-ce qui manque? Les ressources ? pas du tout, les plus atteints sont les mieux nantis. La compétence des impliqués? pas du tout, les plus atteints sont les mieux éduqués les mieux pourvus.
    Ce qui a manqué c'est l'honnêteté, le respect de la démocratie et des autres en générale. Cette crise dans la gestion des fonds FIER, des confilits d'intérêts ici ou là, des problèmes d'éthiques ailleurs, c'est la même crise que la grande crise financière planétaire. C'est une crise d'honnêteté. »

  • Claude Champagne
    Abonné
    lundi 4 mai 2009 09h55
    definition de John James Charest
    « La corruption est l'utilisation abusive d'un pouvoir reçu par délégation à des fins privées comme l'enrichissement personnel ou d'un tiers (famille, ami...). Elle consiste, pour un agent public, un élu, un médecin, un arbitre sportif, un salarié d'entreprise privée..., de s'abstenir de faire, de faire, de faciliter quelque chose, du fait de sa fonction, en échange d'une promesse, d'un cadeau, d'une somme d'argent, d'avantages divers... »

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