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Éthique - Charest promet un code et un commissaire avant la fin juin

Antoine Robitaille   1 mai 2009  Québec
Québec — Accusé de «dérive éthique» par l'opposition, le gouvernement Charest déposera avant la fin juin un projet de loi dans lequel il définira un code d'éthique pour les élus du Québec et créera un poste de commissaire qui en sera chargé. Au même moment hier, on apprenait que c'est pour le ministre des Relations internationales que les directives du premier ministre quant aux conflits d'intérêts avaient été modifiées.

Concernant la création d'un poste de commissaire à l'éthique, le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, soutenait la semaine dernière encore que les parlementaires devaient d'abord s'entendre sur un code. La création d'un poste de commissaire était possible à ses yeux une fois cette condition remplie seulement. «C'est la seule façon logique, correcte de procéder», affirmait M. Dupuis.

Mais hier, en matinée, alors qu'il était bombardé de questions au sujet des Fonds d'intervention économique régionaux (FIER), Jean Charest a annoncé que Québec n'attendrait plus l'accord des oppositions. «On va faire ça par une loi. [...] Le gouvernement va proposer des choses à ce niveau-là», a dit Jean Charest en soulignant que «le fond des règles va ressembler» à celles qui prévalent en Ontario et au fédéral. Pourtant, mercredi, en Chambre, il avait déclaré que déjà, ses directives «ressemblaient à peu près» à ce qui existe dans les deux autres capitales. À Ottawa, un commissaire à l'éthique est en place depuis près d'une décennie et est indépendant du pouvoir puisque, à l'instar de la vérificatrice générale, il est désigné par le Parlement.

Du reste, en déposant une loi, le gouvernement abandonne «l'approche consensuelle» qu'il avait privilégiée jusqu'à maintenant, a souligné le premier ministre. Il n'attendra pas le consensus préalable des partis, qui pourront toutefois se faire entendre dans le processus législatif normal. Dans les rangs libéraux, on rappelait hier que le PLQ avait proposé dès 2002 la création d'un tel poste. On rejetait sur les partis d'oppositions la responsabilité que cette promesse ne fût pas encore réalisée. À preuve, selon l'entourage de Jean Charest: «On ne les a jamais entendus se plaindre avant ce mois-ci de l'absence d'un tel commissaire!»

Lors de la période de questions encore une fois mobilisée par les questions éthiques, le leader Jacques Dupuis a précisé que le projet de loi allait comprendre «des règles d'éthique, des règles de déontologie, les directives du premier ministre» et la nomination d'un «commissaire à l'éthique ou à la déontologie». Ce dernier aura «pour mission de conseiller les membres de l'Assemblée nationale, s'ils en ont besoin», et sera doté «aussi de pouvoirs d'enquête proprio motu [de sa propre initiative], ou suite à [sic] des plaintes».

Selon plusieurs sources, le gouvernement aurait abandonné l'idée d'ajouter simplement des mandats au commissaire au lobbyisme et proposera de créer une nouvelle structure, laquelle aurait aussi pour mandat de s'occuper du municipal. «On est très avancés», a soutenu une source libérale.

«Non seulement nous sommes d'accord, mais nous le proposons depuis le début», a rétorqué Pauline Marois en après-midi. La chef de l'opposition officielle a soutenu que le Parti québécois avait déjà proposé la création d'un tel poste dans un projet de motion, le 7 avril. Le gouvernement avait refusé d'adopter la motion, qui pour l'essentiel exigeait «du premier ministre qu'il fasse respecter ses propres directives concernant les conflits d'intérêts». Évoquant la manière controversée dont Philippe Couillard a quitté le gouvernement, la motion demandait que le gouvernement «affirme solennellement qu'un membre du conseil des ministres ne doit pas être lié à un autre employeur lors de l'exercice de sa charge». Pauline Marois souhaite que toute future loi sur l'éthique soit adoptée aux deux tiers des voix à l'Assemblée nationale.

Arcand

Quant au ministre Pierre Arcand, il a confirmé hier qu'il était toujours propriétaire d'une entreprise susceptible de transiger avec le gouvernement. C'est pour lui que, le 4 mars, le premier ministre a changé ses directives sur les conflits d'intérêts.

Auparavant, un ministre qui possédait une entreprise faisant des affaires avec l'État avait 60 jours, à compter de sa nomination, pour se départir de ses actions.

Les nouvelles directives font en sorte qu'une entreprise, propriété d'un ministre, pourra continuer à transiger avec le gouvernement, y compris le ministère de cet élu, pourvu que le sous-ministre ne l'informe pas.

Le ministre Arcand est toujours propriétaire de la compagnie Métromédia Plus, qui oeuvre dans le monde de la publicité destinée au transport en commun: métro, autobus et trains de banlieue. M. Arcand précise qu'il est actionnaire minoritaire dans l'agence — à hauteur de 38 % — et que Métromédia Plus ne transige pas «directement» avec le gouvernement.

«L'entreprise, comme telle, ne fait jamais affaire directement avec le gouvernement, mais peut le faire indirectement, parce que des contrats de publicité, cela passe par des agences de publicité, qui sont les intermédiaires», a-t-il expliqué.

***

Avec la Presse canadienne
 
 
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  • Nicole Lamoureux
    Inscrite
    vendredi 1 mai 2009 08h19
    Maître après dieu!
    Ce que nous avons au gouvernement pour encore Hélas! encore 4-5 ans c'est un Maître les deux mains dans les poches qui dictent ses commandements. Niet la démocratie. niet le consensus, niet la collaboration parlementaire. Charest fait peur! Il se rapproche d'une dictature.

  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 1 mai 2009 08h25
    Arcand, Corbeil, Couillard, Perrino , Boivin et les autres.
    Dans la longue tradition libérale corruptrice des Tachereau et Bourrassa, l'incroyable Charest semble faire croire à la population qu'il est plus blanc que blanc avec la nomination d'un commissaire à l'éthique. Belle entourloupette pour essayer de nous faire oublier ses frasques de la veille, alors que les ministres et leurs proches pourront s'adonner à faire des affaires avec
    leur propre ministère. De la même manière, ces deux zigotos du Fonds d'intervention régional du Saguenay, d'allégeance libérale en plus, qui investissent l'argent des contribuables dans des compagnies dont ils sont actionnaires.... à Montréal! Ces deux petits farceurs, ont eu le culot de se présenter à une conférence de presse demandant au député Legeault de se rétracter pour les avoir dénoncer! On est au Festival Juste pour rire ou quoi!

  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 1 mai 2009 09h14
    Vous appelez ça un code d'éthique ?
    Les règles de conduite des parlementaires - notamment celles pour les ministres - qu'a l'intention d'inclure Jean Charest dans son code d'éthique sont tellement souples (pour ne pas dire risibles !) qu'on doute du sérieux d'un tel projet.

    Franchement, j'ai de plus en plus l'impression que notre cher premier ministre (cet homme qui se croit tout permis quand il dirige un gouvernement majoritaire !) tente plutôt de nous passer un autre sapin !

  • Just One
    Inscrit
    vendredi 1 mai 2009 09h15
    Toujours la même chanson
    Et comme toujours, il y a la chanson de Mononc Serge qui se remet à me trotter dans la tête ... c'est la risée oui mais c'est un frisé ...

  • Pierrette L. Ste Marie
    Abonné
    vendredi 1 mai 2009 10h58
    Quoi... et Qui?
    Le contenu du code d'éthique sera déterminé par le premier ministre. Conflit au départ?
    Qui devra être l'Exécuteur ? Un ami du régime ? Un spécialiste Neutre qui contribue à la caisse du parti ... comme cela se passe dans certaines villes?
    On nous prend vraiment pour des poires.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    vendredi 1 mai 2009 11h47
    Mais alors....
    Pourquoi le PQ ne s'est-il pas doté d'un code d'éthique lorsqu'il était au pouvoir; sans doute pour permette au mari de Pauline, Claude Blanchet, d'accéder au poste de PDG de la SGF, et ce faisant, de pouvoir bénéficier d'une retraite dorée..

    Comme d'habitude, le PQ crie aux loups lorsqu'ils sont hors d'atteinte....!

    Pauline, cette opportuniste, qui a essayé, en décembre 2008, de nous faire accroire que son parti ne désirait pas aller en élections, alors que c'est ce qu'elle souhaitait le plus ardemment sachant que l'ADQ allait y perdre ses dernières plumes....et qu'elle se disait assurée, en catimini, de triompher.

    Quelle déception pour notre chiqueuse de guenilles... Un bel exemple de fourberie politique et ça ose, les yeux baissés devant les caméras de télévision, réclamer un code d'éthique.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 1 mai 2009 12h26
    Rendons grâce à M. Charest, notre protecteur bien-aimé !
    M. Charest a l'air de dire : Une chance que vous m'avez parce que ça ne serait pas drôle autrement, gang de chanceux, protégés des exploiteurs méchants, par ma volonté...amen.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 1 mai 2009 12h57
    @ Mme Chouinard
    Vous avez bien raison Mme Chouinard, pas de code d'éthique pour nuire à l'honnête M. Charest qui l'avait promis en 2003. Ça ne fait que 6 ans, après tout. D'accord que le PQ n'a pas adopté plus adopté ce genre de code mais là, les profiteurs semblent, en grand nombre, s'abreuver directement dans l'auge libérale très très provinciale qui est plein d'un liquide délicieux pour le porte-feuilles des fidèles zélecteurs Libéraux provinciaux méritoires.

  • André/Andrés 71
    Inscrit
    vendredi 1 mai 2009 14h20
    La confiance des citoyens est minée...
    La conduite tordue des politiciens détruit peu à peu la confiance de leurs électeurs. Il serait grand temps de sortir des ornières oú ils/elles conduisent et de "réformer notre système parlementaire anti-démocratique actuel qui permettrait le vote et la représentation proportionnels-mixte..." Ainsi une coalition des députés dûment élus en 2009 mettrait DEHORS les libéraux de John Charest et de son étique à géométrie variable...
    Les députés actuels de l'Assemblée Nationale du Québec auront-ils le COURAGE d'exiger des changements ou bien est-ce qu'ils/elles attendent que des citoyens leur mette le couteau sur la gorge pour agir ! N'oublions pas que le faible taux de participation citoyenne à la dernière élection était un premier avertissement à un désir légitime de bonne gouvernance, même si le moyen utilisé - l'abstention - était équivoque.

    André Lacombe-Gosselin
    Mazatlán, Sin. MEXIQUE
    <andre_lacombe@yahoo.com>

  • Chris Eustace
    Abonné
    vendredi 1 mai 2009 16h32
    Also needed: a universal code of ethics and ethics commissioner for school boards
    This May 1, 2009, Le Devoir article: 'Éthique - Charest promet un code et un commissaire avant la fin juin' and The Gazette's piece : 'Charest bows to demands for ethics commissioner', quickly reminded me of the need of a provincial code of ethics for elected school boards.

    Let us consider two things we know:

    Education Minister Michelle Courchesne's Bill 88 calls for greater transparency and accountability of school boards.

    Decision-making, procedures, practices and policies hinge on an unambiguously clear code of ethics.

    So why is it that school boards in Quebec are permitted to make up their own code of ethics?

    Allowing boards to basically design their own code of ethics is a template designed to wreck the principle of accountability and the value of democracy in elected school boards. Furthermore, it lends itself to school board secrecy and this erodes public confidence.

    In April 2008, the LBPSB called for "input and recommendations" from the entire community on a proposed code of ethics. The following was my submission. It included a sampling of declarations borrowed mostly from the Saskatchewan, Alberta and British Columbia School Board Associations. They were driven by making students their priority. This is the standard all across North America.

    « As a school board member:

    - I recognize that my fellow citizens have entrusted me, through the electoral process, with the educational development of the children and youth of the community.

    - I acknowledge that school commissioners are the children's advocates and my first and greatest concern is the best interest of each one of these children without distinction as to who they are or what their background may be.

    - I realize the future welfare of the community and of the country depends in large measure upon the quality of education we provide in the public schools.

    - I will encourage any initiatives and projects undertaken by citizens that are specifically designed toward the well-being of students.

    - I will remember not to withhold or conceal from my colleagues any information needed to make responsible decisions.

    - I will abide by the majority decisions of the board once they are made, but I shall be free to repeat the opinion that I upheld when the decision was made.

    - I will work with my fellow board members in a spirit of harmony and co-operation in spite of differences of opinion that arise during vigorous debate of points of issue.

    - I do understand that decision-making made via the internet, conference calls, video conferences, at retreats, and other meetings violate the spirit of openness of board meetings.

    - I will communicate, and conduct my relationship with the staff, the community, other school boards and the media in a manner that focuses on facts.»


    Presently, I believe that some codes are a threat to democratically elected school commissioners by imposing a code of silence. These codes can only detrimentally affect the work of an individual commissioner and interfere with the dynamics of the group as a whole.

    I believe Quebec school boards should be governed by a universal code of ethics imposed by the government. This will ensure openness and answerability of these Quebec public institutions.


    Chris Eustace (ceustace@videotron.ca)

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 2 mai 2009 09h57
    @M" Bousquet
    Quel parti, non-corrompu, rencontrerait vos critères en termes d'éthique, lors des prochaines élections, M. Bousquet, l'ADQ ou Québec solidaire...! Ce sont les seuls à date qui peuvent faire figure de "blanche-neige"...!

    C'est "l'occasion qui fait le larron" comme nous l'a déjà démontré le PQ....

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