Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    Des fonds régionaux détournés vers Montréal

    Des actionnaires des entreprises favorisées sont issus des hauts rangs libéraux

    30 avril 2009 |Robert Dutrisac | Québec
    Plusieurs millions tirés d'au moins un fonds d'intervention économique régionale, le FIER-Boréal 02 du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui est dirigé par des libéraux notoires, ont servi à gonfler les coffres d'entreprises de la région de Montréal dans lesquelles ces dirigeants ont des intérêts substantiels. En fait, sept des huit investissements décaissés par ce FIER ont été versés à des entreprises montréalaises. Composées aux deux tiers de fonds publics, ces sommes n'ont à ce jour pas été investies dans les régions.

    Des personnalités libérales, comme l'ancien député démissionnaire Jean-Sébastien Lamoureux et l'ancienne ministre Lisa Frulla, siègent au conseil d'administration de IQ FIER, la filiale d'Investissement Québec censée superviser l'activité des FIER, ces 44 sociétés de capital de risque créées par le gouvernement Charest pour soutenir le développement régional. Un ancien conseiller de Daniel Johnson, qui fut directeur des opérations du comité du NON en 1995, Pietro Perrino, que Jean Charest a nommé administrateur de la Société des alcools du Québec (SAQ), est au centre de cette affaire tout comme le contributeur au Parti libéral du Québec, Valier Boivin. Le vice-président du PLQ, Gilbert Grimard, est aussi un dirigeant du FIER-Boréal 02.

    C'est la bombe qu'a lancée hier le député de Rousseau et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie, François Legault, lors de la période de questions à l'Assemblée nationale. Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, a été pris de cours même si l'essentiel des informations ont été fournies à l'opposition par son ministère dans le cadre de l'étude des crédits.

    François Legault a cité le cas de l'entreprise Zoommed, de Brossard, dans laquelle le FIER-Boréal 02 a investi 300 000 $. Pietro Perrino et Valier Boivin détiennent 650 000 et 400 000 actions respectivement. Ranaz Corporation, de Saint-Eustache, dans laquelle MM. Perrino et Boivin possèdent 72 000 et 191 000 actions respectivement, a reçu une somme de 630 000 $. Enfin, ce FIER a consenti 1 million à Toptent, dont MM. Perrino et Boivin détiennent 706 000 actions chacun.

    «Le gouvernement libéral a mis en place un fonds régional au Saguenay-Lac-Saint-Jean avec de l'argent des contribuables, et ce qu'on voit [c'est que] non seulement l'argent n'a pas été investi au Saguenay, [mais] a été investi pour enrichir des petits amis du Parti libéral», a accusé M. Legault.

    «Il y a de toute évidence un problème d'éthique. Je comprends que le tiers de l'argent provient de ces individus, mais il reste qu'il y a les deux tiers qui proviennent de l'argent public. Moi, j'aimerais ça, comme homme d'affaires, être dans du "deux pour un": je mets une piastre, le gouvernement en met deux, puis ça s'en va dans mes entreprises», a souligné M. Legault dans un point de presse.

    Pietro Perrino et Valier Boivin sont non seulement les principaux gestionnaires du Fier-Boréal 02, mais ils sont aussi des dirigeants du FIER Ville-Marie, de Montréal. Or, les deux FIER, qui partagent le même site Web, ont souvent investi dans les mêmes entreprises : Zoommed, Ranaz, topTent et Bureau canadien d'investigations et d'ajustements.

    Selon les règles d'Investissement Québec (IQ), un FIER ne peut investir plus de 30 % du capital d'une entreprise. En outre, au moins 50 % des sommes versées à l'entreprise doivent être dépensées dans la région desservie par le FIER.

    Hier, en fin de journée, le président et chef de la direction d'Investissement Québec, Jacques Daoust, avait peu d'explications à fournir et doit faire le point aujourd'hui. Il a toutefois indiqué que rien n'empêchait un FIER d'investir dans une entreprise détenue par un de ses gestionnaires dans la mesure où le dirigeant ne participe pas à la décision. M. Daoust a aussi indiqué que les FIER étaient soumis à des règles de gouvernance, qu'ils étaient dotés d'un comité qui revoit ses investissements et qu'un observateur mandaté par Investissement Québec faisait de même. En outre, IQ FIER chapeaute la reddition de comptes des FIER.












    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.