jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 00h38
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Des fonds régionaux détournés vers Montréal

Des actionnaires des entreprises favorisées sont issus des hauts rangs libéraux

Robert Dutrisac   30 avril 2009  Québec
Plusieurs millions tirés d'au moins un fonds d'intervention économique régionale, le FIER-Boréal 02 du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui est dirigé par des libéraux notoires, ont servi à gonfler les coffres d'entreprises de la région de Montréal dans lesquelles ces dirigeants ont des intérêts substantiels. En fait, sept des huit investissements décaissés par ce FIER ont été versés à des entreprises montréalaises. Composées aux deux tiers de fonds publics, ces sommes n'ont à ce jour pas été investies dans les régions.

Des personnalités libérales, comme l'ancien député démissionnaire Jean-Sébastien Lamoureux et l'ancienne ministre Lisa Frulla, siègent au conseil d'administration de IQ FIER, la filiale d'Investissement Québec censée superviser l'activité des FIER, ces 44 sociétés de capital de risque créées par le gouvernement Charest pour soutenir le développement régional. Un ancien conseiller de Daniel Johnson, qui fut directeur des opérations du comité du NON en 1995, Pietro Perrino, que Jean Charest a nommé administrateur de la Société des alcools du Québec (SAQ), est au centre de cette affaire tout comme le contributeur au Parti libéral du Québec, Valier Boivin. Le vice-président du PLQ, Gilbert Grimard, est aussi un dirigeant du FIER-Boréal 02.

C'est la bombe qu'a lancée hier le député de Rousseau et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie, François Legault, lors de la période de questions à l'Assemblée nationale. Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, a été pris de cours même si l'essentiel des informations ont été fournies à l'opposition par son ministère dans le cadre de l'étude des crédits.

François Legault a cité le cas de l'entreprise Zoommed, de Brossard, dans laquelle le FIER-Boréal 02 a investi 300 000 $. Pietro Perrino et Valier Boivin détiennent 650 000 et 400 000 actions respectivement. Ranaz Corporation, de Saint-Eustache, dans laquelle MM. Perrino et Boivin possèdent 72 000 et 191 000 actions respectivement, a reçu une somme de 630 000 $. Enfin, ce FIER a consenti 1 million à Toptent, dont MM. Perrino et Boivin détiennent 706 000 actions chacun.

«Le gouvernement libéral a mis en place un fonds régional au Saguenay-Lac-Saint-Jean avec de l'argent des contribuables, et ce qu'on voit [c'est que] non seulement l'argent n'a pas été investi au Saguenay, [mais] a été investi pour enrichir des petits amis du Parti libéral», a accusé M. Legault.

«Il y a de toute évidence un problème d'éthique. Je comprends que le tiers de l'argent provient de ces individus, mais il reste qu'il y a les deux tiers qui proviennent de l'argent public. Moi, j'aimerais ça, comme homme d'affaires, être dans du "deux pour un": je mets une piastre, le gouvernement en met deux, puis ça s'en va dans mes entreprises», a souligné M. Legault dans un point de presse.

Pietro Perrino et Valier Boivin sont non seulement les principaux gestionnaires du Fier-Boréal 02, mais ils sont aussi des dirigeants du FIER Ville-Marie, de Montréal. Or, les deux FIER, qui partagent le même site Web, ont souvent investi dans les mêmes entreprises : Zoommed, Ranaz, topTent et Bureau canadien d'investigations et d'ajustements.

Selon les règles d'Investissement Québec (IQ), un FIER ne peut investir plus de 30 % du capital d'une entreprise. En outre, au moins 50 % des sommes versées à l'entreprise doivent être dépensées dans la région desservie par le FIER.

Hier, en fin de journée, le président et chef de la direction d'Investissement Québec, Jacques Daoust, avait peu d'explications à fournir et doit faire le point aujourd'hui. Il a toutefois indiqué que rien n'empêchait un FIER d'investir dans une entreprise détenue par un de ses gestionnaires dans la mesure où le dirigeant ne participe pas à la décision. M. Daoust a aussi indiqué que les FIER étaient soumis à des règles de gouvernance, qu'ils étaient dotés d'un comité qui revoit ses investissements et qu'un observateur mandaté par Investissement Québec faisait de même. En outre, IQ FIER chapeaute la reddition de comptes des FIER.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Bernard Gervais
    Abonné
    jeudi 30 avril 2009 02h06
    Une histoire de magouille de plus !
    Après les révélations sur le contrat pour des compteurs à Montréal et celles portant sur la mauvaise gestion de la SHDM (dans les 2 cas, bien entendu, le maire Tremblay a déclaré qu'il n'y était pour rien !), nous apprenons que des millions du fonds FIER Boréal 02, qui étaient destinés au développement de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, sont plutôt allés dans des entreprises montréalaises dirigées par des petits copains libéraux de Jean Charest !

    J'écoutais, à l'émission La période des questions à l'Assemblée nationale (Télé-Québec), le ministre Bachand qui tentait de répondre aux questions que lui posait François Legault à ce sujet. Lamentable : le ministre était dans l'embarras et ne savait pas quel argument trouver pour s'en sortir !

    Après, les politiciens se demanderont pourquoi la population a si peu d'estime pour eux en général ! Et dire que Charest veut créer un poste de commissaire à l'éthique. Ça promet !

  • Pierre Schneider
    Abonné
    jeudi 30 avril 2009 04h50
    On ne peut être juge et partie
    Le parfum de scandale politico-financier dénoncé par le député François Legault est de la même famille que les affaires de copinage incestueux entre les contracteurs de la ville de Montréal et certains de ses dirigeants. Depuis quelque temps, en fait depuis l'élection précipitée qui a reporté Jean Charest au pouvoir, ce sont des millions, sinon des milliards, qui sont détournés de leur fonction première par nos dirigeants.
    J'espère que Radio-Canada saura réagir avec promptitude en retirnt des ondes de RDI, où elle co-anime une émission politique quotidienne l'ex-député Lisa Frulla qui, en tant que membre du conseil d'administration, avait la responsabilité de surveiller les activités des FIER d'Investissement Québec.
    On ne peut être juge et partie et profiter d'une tribune publique privilégiée quand notre nom est au coeur d'un autre scandale du gouvernement Charest qui, soit dit en passant, récompense largement ses petits amis à coups de millions de dollars.
    Que de coups de pied au derrière se perdent...

  • Pierrette L. Ste Marie
    Abonné
    jeudi 30 avril 2009 06h33
    Ces gens qui se croient tout permis
    Ceux qui sont allés en politique pour changer des choses au plan collectif sont confrontés à ceux qui servent leur propre poche.
    Des changements s'imposent. Ils seront possible si le peuple manifeste qu'il en a assez...
    Faut-il choisir un bon candidat ou se mettre des oeillères et voter pour un parti quelque soit l'Homme (ou la Femme)
    Heureusement nous avons encore des journalistes qui ont encore le droit de faire leur travail.

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 30 avril 2009 07h09
    Le pire gouvernement de tous les temps
    Lors de la réélection de Charest, j'ai prédit que ce serait le pire gouvernement de tous les temps au Québec. C'est très bien parti:

    .Le scandale Claude Maillholt
    .Le scandale du sénateur Massicotte
    .Le scandale de Ann Dowsett Johnston. Embauchée au poste de vice-principale à McGill en février 2006. Elle a quitté cette fonction en septembre 2007.
    .Le scandale de la Caisse, le scandale du siècle, des pertes de 26% plutot que de 16%. 15 milliards de perdus par mauvaise administration
    .Le scandale de Henri-Paul Rousseau, 378,750$ avant de quitter pour Power
    .Le fiasco fiasco immobilier de l'UQAM, Roch Denis et Mauro Malservisi, ont quant à eux touché 173 000$ et 153 000$.
    .le scandale du CH. 250,000$ pour du matériel scolaire (l'attachée de presse du CH était une copine de la ministre)
    -le scandale de son ami DG à New York
    -L'affaire D'Amour. D'Amour était entré à l'emploi de BPR moins de trois mois après avoir quitté la mairie.
    Et chaud au volant qu'on nous a caché
    --Le scandale du fonds d'intervention économique régionale, le FIER-Boréal 02 du Saguenay-Lac-Saint-Jean

  • Alain Larouche
    Abonné
    jeudi 30 avril 2009 07h23
    C'est normal
    C'est dans la nature même des libéraux de toujours servir leurs propres intérêts surtout lorsqu'il y a un signe de piastre en bout de ligne. Charest est le commissaire à l'éthique et il leur donnera sa bénédiction. Quel bordel!

  • Nicole Lamoureux
    Inscrite
    jeudi 30 avril 2009 07h52
    Combien ça en prend????
    Des magouilles à tous les jours. C'est payant d'être libéral. À ceux et celles qui ont votés pour Charest , regardez-le bien il est passé maître dans l,art du mensonge et de la magouille. La sauce à spaghetti à Liza a une odeur nauséabonde.

  • Richard Gauthier
    Inscrit
    jeudi 30 avril 2009 08h40
    Toujours pour les p'tits n'amis du parti.
    Sans blague vous êtes surpris? C'est ça la nouvelle ingénierie de sieur Charest. Vous l'avez élu, endurez le maintenant(5 ans encore). C'est la façon de faire des libéraux. Vous n'avez qu'à constater ce que fait Gérald Tremblay à Montréal(c'est la faute à son chef de cabinet, mon oeil).
    C'est le même motus operenti.

  • Simon Blais
    Inscrit
    jeudi 30 avril 2009 08h49
    Commissaire à l'éthique, un nouveau BAPE
    Comme au BAPE, Charest pondra un bon ami servile au poste de commissaire à l'éthique. Ainsi, ce commissaire pourra s'assurer que la magouille se fasse sans trop de risques, comme le BAPE fait des audiences bidon avant de donner officiellement son accord sur des projets désastreux!

  • Alex Gautier
    Inscrit
    jeudi 30 avril 2009 10h14
    shakespeare
    il y a quelque chose de pourri au royaume du Québec...

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    jeudi 30 avril 2009 10h27
    Pendant ce temps...
    Belle coïncidence : hier on apprenais que le gouvernement Charest veut faire passer une loi qui permettrait à un ministère de donner des contrats à des compagnies dans lesquelles le ministre lui-même pourrait avoir des intérêts... à pleurer...

  • NELL HALLE
    Inscrit
    jeudi 30 avril 2009 11h15
    Dehors liza!!
    Faut avoir un front de boeuf pour venir participer a l'émission du Fade Simon durivage et tenter de protéger tout ce qui touche aux libéraux.
    Il font tout pour faire diablé le public ces gens -là.


  • Abonné
    jeudi 30 avril 2009 12h09
    Confiance...
    Ces conflits d'intérêts potentiels sont tellement nombreux qu'il est impossible de ne pas y accorder de crédibilité. Comment continuer à croire et supporter nos élus, nos institutions dans ces conditions? Existe t-il encore un sens moral chez nos dirigeants politiques et institutionnels? Quelle déception et désarroi d'entendre monsieur Daoust d'Investissement Québec affirmer sans gêne qu'un FIER peut investir dans une entreprise détenue par l'un de ses administrateurs et ce à la seule condition que celui-ci se retire du processus de décision. Il y'a longtemps que l'on m'a fait perdre ma naïveté sur ce point...

  • Claude Stordeur
    Abonné
    jeudi 30 avril 2009 16h08
    Ils sont rentrés au CA après...hihihihi
    Que voila une bonne nouvelle, comme excuse ils sont rentré au CA après qu'on a donné des contrats à leurs compagnies, pas avant.. lol

    Pour moi c'est encore pire, ils ont fomentés en dehors pour rentrer par après, pour pas avoir de conflit d'intérêt, quelle différence...

    Ce gouvernement avec Charest les 2 mains sur le volant est bien partisan, trop à mon gout en tout cas, mais sans doute que l'éthique des gens de plus de 60 ans est plus la bonne...

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
13 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012