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Les nouvelles règles d'éthique évitent un conflit d'intérêts à un ministre... anonyme

Antoine Robitaille   30 avril 2009  Québec
Le premier ministre, Jean Charest, a modifié les règles du jeu en matière d’éthique pour tenir compte de la situation particulière d’un de ses nouveaux ministres qui aurait été en conflit d’intérêts selon l’ancien code de conduite.
Photo : Jacques Nadeau
Le premier ministre, Jean Charest, a modifié les règles du jeu en matière d’éthique pour tenir compte de la situation particulière d’un de ses nouveaux ministres qui aurait été en conflit d’intérêts selon l’ancien code de conduite.
Pour qui Jean Charest a-t-il changé les règles sur les conflits d'intérêts, le 4 mars? La question est restée en suspens hier, alors que l'opposition a continué à reprocher au gouvernement de manquer d'éthique. Amir Khadir est allé jusqu'à parler de «corruption rampante».

Québec — Jean Charest a refusé de préciser hier pour lequel de ses 10 nouveaux ministres il avait modifié ses directives concernant les conflits d'intérêts, ce que Le Devoir révélait mardi.

«Qui ne répond pas aux règles d'éthique depuis 2007?» a questionné le leader parlementaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, hier en Chambre. «Est-ce que c'est le ministre du Travail? Est-ce que c'est le ministre des Relations internationales? Est-ce que c'est la ministre de la Justice? Est-ce que c'est le ministre de la Famille? Ce qu'on veut savoir simplement: "Qui ne correspond pas aux règles d'éthique et de conflit d'intérêts?"»

Mais tant le premier ministre que le leader du gouvernement, Jacques Dupuis, ont évité la question. Ils ont soutenu que la réponse viendrait lorsque les déclarations annuelles d'intérêt, que les ministres doivent produire dans les 60 jours après leur arrivée en fonction, seraient divulguées. Quand le seront-elles? «Le plus rapidement possible, dès que le traitement est terminé», a répondu le bureau du premier ministre hier. En matinée, Jean Charest a laissé entendre que lorsque le public saura pourquoi la modification a été faite, il verra qu'il n'y avait pas là de quoi fouetter un chat.

On sait que le ou la ministre en question est propriétaire minoritaire d'une entreprise qui fait affaire ou pourrait éventuellement être appelée à transiger avec le gouvernement.

L'opposition péquiste y voit une façon de permettre à un ministre «de se placer dans une situation de conflit d'intérêts direct», a dit Pauline Marois hier. Le premier ministre a accusé cette dernière d'exagérer: «La chef de l'opposition officielle nous a habitués à des questions sur tous les sujets. C'est toujours la fin du monde.»

Selon lui, les nouvelles directives ne sont pas «moins sévères» que les précédentes. Il faut selon lui tenir compte du fait que les personnes qui arrivent au conseil des ministres «arrivent toutes avec une vie antérieure, avec des expériences très diverses» et qu'il fallait tenir compte de ces «situations particulières».

Du reste, il soutient que les nouvelles règles édictées par lui le 4 mars «ressemblent à peu près à ce qui s'est fait en Ontario. [...] Au niveau fédéral, c'est la même chose». Pourtant, comme le jurisconsulte Claude Bisson le soulignait en mars 2008 au Devoir, le Québec est le seul gouvernement au Canada à n'avoir ni code d'éthique ni commissaire à l'éthique.

«Le premier ministre doit réexaminer ses dossiers», a soutenu Yves Boisvert, professeur à l'ENAP et fondateur de la revue Éthique publique. À Ottawa, il y a depuis les années 1980 un code de conduite pour les titulaires de charge publique. Et c'est au début des années 2000 que le conseiller à l'éthique du premier ministre est devenu un commissaire à l'éthique désigné au Parlement, comme le vérificateur général. Bref, à Ottawa, «ce n'est pas le PM qui décide si le ministre est en conflit d'intérêts...» a ironisé M. Boisvert.

Le leader parlementaire adéquiste, Marc Picard, a dénoncé les directives du gouvernement Charest par une analogie avec le hockey: «Si vous changez les règles chaque fois que vous changez les joueurs, ça ne marche pas.» Il croit que lorsqu'un élu accepte de «faire partie de l'équipe du conseil des ministres», il ne devrait pas exiger qu'on modifie les règles.

Citant les cas de Philippe Couillard et de Russel Williams, passés de portefeuilles liés à la santé à employés de grandes firmes du même domaine, le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a déclaré: «On assiste à une espèce de corruption rampante.» Il souligne qu'avec ces cas de non-respect des règles d'après-mandat, «la corruption s'est déjà installée dans une large mesure» et «il est temps plus que jamais qu'on mette de l'ordre là-dedans».

***

Avec la Presse canadienne






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  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    jeudi 30 avril 2009 07h58
    Des règles d'éthique ça?
    « Vous appellez ça des "règles d'éthique" ?

    Vous voulez rire j'espère !

    Appelons plutôt ça "corruption institutionalisée ! "

    D'ailleurs le Parti libéral n'a jamais été un parti d'idées, mais un parti «d'intérêts».

    I scratch your back... You scratch mine...

    - Et vogue la galère !

    Finalement pas bien compliqué les z'affaires...

    Ce n'est donc pas une grande surprise que cette répugnante attitude qui frôle le mafisme.

    Tous les partis néolibéraux tels le PQ, le PLQ et l'ADQ sont depuis belles lurettes les alliés des entreprises plutôt que les alliés des citoyens.

    À quand un parti du peuple, par le peuple, pour le peuple ?

    Québec Solidaire est désormais en place.

    À nous de l'appuyer, de le défendre et de voter...

    Ou préférer continuer de nous faire arnaquer...


    «La liberté dans une démocratie n'est pas assurée si le peuple tolère que la puissance privée grandisse au point qu'elle devienne plus forte que l'état lui-même. Ce qui fondamentalement est le fascisme.» - Franklin Delano Roosevelt/ Avril 1938

    «Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu'il ne vous prenne à la gorge». - Winston Churchill



    Bonne réflexion...



    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre et militant de Québec Solidaire


    Références :

    « Fédéralisme -Souverainisme » : Une dialectique aliénante :
    http://www.vigile.net/Federalisme-Souverainisme-Une

    Québec solidaire obtient 8 % des intentions de vote :
    http://www.vigile.net/Quebec-solidaire-obtient-8-des#forum15973

    Tous mes articles chez Vigile.Net :
    http://www.vigile.net/_Montmarquette-Christian_


    Conflit d'intérêts :

    (...) Un conflit d'intérêts peut être défini comme une situation où des politiciens ou des fonctionnaires ont un intérêt réel ou potentiel (habituellement pécuniaire) qui pourrait influer ou sembler influer sur l'exécution de leurs fonctions officielles (voir FAVORITISME; CORRUPTION). Même s'il n'est pas illégal, le conflit peut susciter des doutes ou des soupçons quant à l'intégrité et à l'impartialité de décisions prises par ces personnes. Avec le temps, des conflits répétés peuvent alimenter la méfiance et le cynisme à l'égard du gouvernement. (...)

    Source :

    http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=f1ARTf0001846


    . »

  • Michel Lemay
    Inscrit
    jeudi 30 avril 2009 09h07
    Faisons disparaître ces règles d'éthique encombrantes !
    « Au cours des douze derniers mois, plus de 1640 contrats ont été accordé aux firmes d'ingénierie par divers ministères, villes, municipalités, organismes publics et sociétés d'état. Une grande partie de ces contrats ont été signés de gré à gré, sans soumission, et consistaient à assister l'administration publique à élaborer les appels d'offres ou à surveiller des travaux. Près de 50 % de ces contats ont été obtenus par 5 grandes firmes: 194 par Dessau, 128 par BPR, 267 par Genivar, 165 par Roche et 29 par SNC-Lavalin. Pour obtenir ces contrats, ces firmes embauchent des relationnistes qui courtisent les admisnistrations publiques. Dans l'histoire récente du Québec, plusieurs élus et hauts fonctionnaires ont embrassé une seconde carrière dans des firmes d'ingénierie : Marc-Yvan Côté, ex-ministre libéral (Roche), Yves Provost, directeur des eaux de Montréal (BPR) , Zampino élus de Montréal (Dassau), Jean-Guy Loranger, (Dassau), André Bossé, (Genivar), Liguori Hinse, (Roche), Henri Desmeules, (Cima) et Yvon Tourigny, (BPR), tous du ministère des transport. La firme Roche a même recruté l'ex-chef de cabinet de la ministre Boulet, Claude Drouin, comme "conseiller en développement des affaires". Et coup de maître, BPR embauche Jean D'Amours, président du parti libéral, comme lobbyiste en chef. Après le ministre David Whissel qui est actionnaire minoritaire d'ABC Rive-Nord, il ne manque à monsieur Charest qu'un ministre actionnaire du consortium Accurso pour assurer le financement perpétuel du parti libéral. La vie est belle ! »

  • Eric Allard
    Abonné
    jeudi 30 avril 2009 12h31
    Confiance en nos politiciens?
    « Il y a quelques semaines, une lectrice faisait référence à un (ou plusieurs) sondage qui révélait que le niveau de confiance envers nos politiciens au Québec est autour de 6%.

    Avec ce qui se passe, non seulement au niveau provincial, mais aussi municipal et fédéral, j'aimerais bien voir les résultats d'un même sondage, voir si ces 6% en question sont des irréductibles qui ne se tiennent pas au courant!

    En démocratie, comme en justice, l'apparence d'absence de conflits d'intérêts est aussi importante que les faits réels. Ce qui est le plus important dans une démocratie, c'est la confiance envers nos représentants. Dans le cas du Québec, on peut donc dire qu'on n'est plus une démocratie... et les coupables en sont nos politiciens!

    Eric Allard »

  • Yves Ross
    Inscrit
    jeudi 30 avril 2009 17h17
    Règles d'éthique; C'est quoi le problème?
    « Comme le dit si bien "Ti Rouge" des grandes geules, Y'en a pas de probèmes, y'en a pas!

    Dans un moment où les règles de comportement moral, légal en politique semblent bafoués de tout bords tout côtés et que les références à l'honnèteté et l'intégrité ne semble plus exister dans le monde politique, voici ici une décision du gouvernement qui est cohérente, intelligente et surtout qui est un exemple à suivre pour nos jeunes, surtout à nos étudiantsTEs de CEGEP et Universités, à qui on s'efforce de leur enseigner l'honnêteté, l'intégrité et l'éthique en affaire et dans leur comportements sociaux. Wow, franchement Bravo et Bravo!

    Mais les sondages récents semblent supporter ces décisions.

    Et les citoyensNES auront bien le temps d'oublier cela d'ici aux prochaines élections.

    Et c'est exactement ce que les politiciensNES ont compris il y a de cela un bon bout de temps.

    Donc continuez à insulter l'intelligence collective, on le mérite bien Non? »

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