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Assemblée nationale - Derrière le trône

Bernard Descôteaux   24 avril 2009  Québec
La vice première ministre et ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, et le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel, ont révélé hier qu'ils avaient une relation amoureuse. La chose a créé une certaine commotion dans les milieux politique et médiatique. Certains s'étonnent de cette transgression des lignes partisanes, d'autres s'interrogent sur son caractère éthique et quelques-uns, comme le premier ministre Jean Charest, trouvent le tout charmant.

Cette relation entre une ministre du gouvernement et un député de l'opposition serait du jamais vu. Disons qu'elle est exceptionnelle parce qu'elle concerne un homme et une femme de partis adverses. Mais il n'est pas rare de voir dans les Parlements de solides amitiés se tisser entre adversaires. Ce qui se passe en Chambre est une chose. Derrière le trône, c'en est une toute autre. On peut s'abreuver d'insultes sur le parquet de la Chambre pour ensuite passer ensemble de joyeuses soirées. Lorsque le Parlement n'était composé que d'hommes, c'était ainsi. Maintenant que des femmes y siègent en grand nombre, il est normal que se nouent des relations amoureuses, comme dans tout autre milieu de travail.

Il n'y pas de problème éthique à cette relation, qui relève pour l'essentiel du domaine privé. Le choix qu'ont fait Mme Normandeau et M. Bonnardel leur appartient. En raison de la nature de leurs fonctions et de leurs responsabilités respectives, ils devaient toutefois révéler l'existence de leur idylle, question de transparence. La chose étant sue, il sera désormais possible de s'assurer que l'un ou l'autre ne se place pas en situation de conflit d'intérêts.

Les problèmes qui peuvent surgir d'une telle relation sont avant tout d'ordre personnel et politique. Ainsi, Mme Normandeau et M. Bonnardel seront tenus de restreindre leurs critiques partisanes. Ils ne pourront plus vitupérer «l'adversaire d'en face», comme on dit en langage parlementaire, sans que leur discours ne soit accueilli avec un certain sourire. Il y aura toujours un doute quant à la sincérité de leurs propos.

M. Bonnardel jurait hier demeurer fidèle à l'Action démocratique et à son idéologie de droite. Pas question d'abdiquer son rôle de critique en matière de finances publiques, ni de devenir député indépendant, comme certains ont suggéré. Le piège est on ne peut plus gros. Ce n'est pas sans raison que le premier ministre Charest se réjouit de cette idylle, qui lui offre l'occasion de neutraliser l'un des plus ardents membres de la petite opposition adéquiste. Ce n'est pas sans raison qu'il n'a pas hésité un instant à donner sa bénédiction aux nouveaux amoureux.

***

bdescoteaux@ledevoir.com
 
 
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    24 avril 2009 02 h 56
    Ce qui est bon pour minou devrait être bon pour pitou
    Est-ce que ce serait aussi charmant si la même chose se produisait entre M. Charest et Mme Marois ?
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  • Lorraine Dubé - Abonnée
    24 avril 2009 08 h 04
    Vie publique VS Vie privée
    C'est peut-être pour ce motif que François Bonnardel s'est abstenu de poursuivre la course à la chefferie de l'ADQ. Ce serait plausible.

    Vous dites monsieur Descôteaux que "Ce n'est pas sans raison que le premier ministre Charest se réjouit de cette idylle, qui lui offre l'occasion de neutraliser l'un des plus ardents membres de la petite opposition adéquiste".

    Je crois que si c'était le cas, il ne serait plus en mesure de représenter son parti ainsi que les électeurs de sa circonscription. Loyauté oblige! Le député doit démontrer de la rigueur, sans faire preuve de complaisance.

    Mais, on en est pas là.

    Le couple Normandeau-Bonnardel n'avait pas le choix de faire preuve de transparence devant la population après s'être assuré du sérieux de leur relation. Ce qu'il a fait. Autrement, ils n'ont pas de comptes à rendre à propos d'aventures passagères par exemple. Les parlementaires aspirent aussi au respect de leur vie privée, ils y ont droit.

    Comme dirait Daniel Lavoie...."Laissons les s'aimer"...Scénario digne de Roméo et Juliette.
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  • Jean-Claude Couture - Abonné
    24 avril 2009 08 h 59
    Bon...et alors.
    Je crois que l'idyle entre deux personnes qu'ils soient députés ou autres relève du domaine privé. On le sait dans le cas de Mme Normandeau et de M. Bonnardel, bienJ'espère que les journalistes seront repecté le domaine privé et cessé d'en parler. Cela ne nous regarde pas.
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  • Claude Archambault - Inscrit
    24 avril 2009 09 h 35
    @ M. Bousquet
    Qui nous dit que ce n'est pas déjà le cas. La Marois n'a t elle pas mis le référendum au congélateur? n'est elle pas trop complaisante avec Charest au dire de plusieur péquiste?

    Mais blague à part, je pensais que M. Charest avait beaucoup plus de gout que cela....
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  • Christian Montmarquette - Inscrit
    24 avril 2009 09 h 41
    Vu de la gauche...
    Vu de la gauche il n'y a pas de conflits d'intérêts, c'est de l'entraide et de l'alliance politique.

    Car ces gens-là sont fondamentalement du même bord : des fédéralistes de droite.

    Ce n'est d'ailleurs pas d'hier que l'ADQ sert de portier aux libéraux et même au PQ pour faire avancer des idées de droite tout en leur faisant porter l'odieux.
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  • Michel Simard - Abonné
    24 avril 2009 10 h 46
    Le QLP aussi est d'idéologie de droite
    "M. Bonnardel jurait hier demeurer fidèle à l'Action démocratique et à son idéologie de droite." Cela sous-entend-t-il que le Quebec Liberal Party ne serait pas de droite ??
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    24 avril 2009 11 h 00
    @ M. Archambault
    Vous écrivez : «je pensais que M. Charest avait beaucoup plus de goût que cela....»

    Vous avez l'humour un peu noir et insultant en écrivant LA MAROIS et pas, LE CHAREST.

    Soyez un peu moins amer, acide et platement partisan et vous y gagnerez en crédibilité mais je ne crois pas que vous le pourrez ni le voudrez.
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  • Pelletier,Jacques - Abonné
    24 avril 2009 12 h 34
    Cupidon de toutes ses flèches
    Avis: Poste de ministre dans le gouvernement libéral: la vice-première ministre se fait garante pour un poste de ministre dans son gouvernement pour le¨critique des finances de l'ADQ. Quelle joie pour John James Charest que l'on a pu voir à RC/nouvelles hier soir avec toujours son air qui me donne des ulcères. (jacques Pelletier)
    P.S. Son arrogance va le tuer, à moins que se soit nous?
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  • Roland Berger - Abonné
    24 avril 2009 16 h 28
    Du même et du pareil
    Il n'y a que l'habileté à Charest à faire croire le contraire qui fait que la population ne voit pas que l'ADQ et le PLQ sont de même idéologie : les pauvres n'ont qu'à se forcer, tabarnak !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario
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  • Renny - Inscrit
    24 avril 2009 16 h 42
    Question d'éthique et jouissance de la bonne vie tranquille!
    Je ne veux pas passer pour un casseux de party comme on dit ici au Québec, mais je dois avouer que je ressens un certain malaise suite à la révélation de la liaison amoureuse entre la Vice-Première Ministre libérale Nathalie Normandeau et le député adéquiste François Bonnardel.
    Je sais que les Québécois forment un peuple très tolérant en ce qui concerne la vie privée de nos politiciens de tous les niveaux. Je me dis parfois que cette tolérance est peut-être mal avenue tant elle est élastique. Ce trait de caractère ne serait-il pas le reflet d'un certaine superficialité? A mon avis trop de bonhommie peut être néfaste. Cela peut conduire les autres peuples à nous considérer comme des êtres humains sans conscience et sans principe.
    Je me dis aussi que si les Québécois considèrent que l'amour est plus important que la politique, cela devrait faire réfléchir Madame Normandeau sur son rôle en politique, l'inciter à démissionner du cabinet libéral et à siéger comme simple députée. De cette façon, nous n'aurions pas à nous poser de questions sur l'éthique des élu(e)s, un des nombreux points faibles du gouvernement de Jean Charest.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    24 avril 2009 18 h 58
    Comme à la lutte spectacle
    Où les lutteurs se posaient comme des adversaires dans l'arène. Ils assénaient des coups terribles à leurs adversaires et le sang coulait mais qui voyageaient ensemble dans toute la province et fraternisaient après ces terribles combats "arrangés" avec le gars de la télé.
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