Assemblée nationale - Derrière le trône
La vice première ministre et ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, et le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel, ont révélé hier qu'ils avaient une relation amoureuse. La chose a créé une certaine commotion dans les milieux politique et médiatique. Certains s'étonnent de cette transgression des lignes partisanes, d'autres s'interrogent sur son caractère éthique et quelques-uns, comme le premier ministre Jean Charest, trouvent le tout charmant.
Cette relation entre une ministre du gouvernement et un député de l'opposition serait du jamais vu. Disons qu'elle est exceptionnelle parce qu'elle concerne un homme et une femme de partis adverses. Mais il n'est pas rare de voir dans les Parlements de solides amitiés se tisser entre adversaires. Ce qui se passe en Chambre est une chose. Derrière le trône, c'en est une toute autre. On peut s'abreuver d'insultes sur le parquet de la Chambre pour ensuite passer ensemble de joyeuses soirées. Lorsque le Parlement n'était composé que d'hommes, c'était ainsi. Maintenant que des femmes y siègent en grand nombre, il est normal que se nouent des relations amoureuses, comme dans tout autre milieu de travail.
Il n'y pas de problème éthique à cette relation, qui relève pour l'essentiel du domaine privé. Le choix qu'ont fait Mme Normandeau et M. Bonnardel leur appartient. En raison de la nature de leurs fonctions et de leurs responsabilités respectives, ils devaient toutefois révéler l'existence de leur idylle, question de transparence. La chose étant sue, il sera désormais possible de s'assurer que l'un ou l'autre ne se place pas en situation de conflit d'intérêts.
Les problèmes qui peuvent surgir d'une telle relation sont avant tout d'ordre personnel et politique. Ainsi, Mme Normandeau et M. Bonnardel seront tenus de restreindre leurs critiques partisanes. Ils ne pourront plus vitupérer «l'adversaire d'en face», comme on dit en langage parlementaire, sans que leur discours ne soit accueilli avec un certain sourire. Il y aura toujours un doute quant à la sincérité de leurs propos.
M. Bonnardel jurait hier demeurer fidèle à l'Action démocratique et à son idéologie de droite. Pas question d'abdiquer son rôle de critique en matière de finances publiques, ni de devenir député indépendant, comme certains ont suggéré. Le piège est on ne peut plus gros. Ce n'est pas sans raison que le premier ministre Charest se réjouit de cette idylle, qui lui offre l'occasion de neutraliser l'un des plus ardents membres de la petite opposition adéquiste. Ce n'est pas sans raison qu'il n'a pas hésité un instant à donner sa bénédiction aux nouveaux amoureux.
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bdescoteaux@ledevoir.com
Cette relation entre une ministre du gouvernement et un député de l'opposition serait du jamais vu. Disons qu'elle est exceptionnelle parce qu'elle concerne un homme et une femme de partis adverses. Mais il n'est pas rare de voir dans les Parlements de solides amitiés se tisser entre adversaires. Ce qui se passe en Chambre est une chose. Derrière le trône, c'en est une toute autre. On peut s'abreuver d'insultes sur le parquet de la Chambre pour ensuite passer ensemble de joyeuses soirées. Lorsque le Parlement n'était composé que d'hommes, c'était ainsi. Maintenant que des femmes y siègent en grand nombre, il est normal que se nouent des relations amoureuses, comme dans tout autre milieu de travail.
Il n'y pas de problème éthique à cette relation, qui relève pour l'essentiel du domaine privé. Le choix qu'ont fait Mme Normandeau et M. Bonnardel leur appartient. En raison de la nature de leurs fonctions et de leurs responsabilités respectives, ils devaient toutefois révéler l'existence de leur idylle, question de transparence. La chose étant sue, il sera désormais possible de s'assurer que l'un ou l'autre ne se place pas en situation de conflit d'intérêts.
Les problèmes qui peuvent surgir d'une telle relation sont avant tout d'ordre personnel et politique. Ainsi, Mme Normandeau et M. Bonnardel seront tenus de restreindre leurs critiques partisanes. Ils ne pourront plus vitupérer «l'adversaire d'en face», comme on dit en langage parlementaire, sans que leur discours ne soit accueilli avec un certain sourire. Il y aura toujours un doute quant à la sincérité de leurs propos.
M. Bonnardel jurait hier demeurer fidèle à l'Action démocratique et à son idéologie de droite. Pas question d'abdiquer son rôle de critique en matière de finances publiques, ni de devenir député indépendant, comme certains ont suggéré. Le piège est on ne peut plus gros. Ce n'est pas sans raison que le premier ministre Charest se réjouit de cette idylle, qui lui offre l'occasion de neutraliser l'un des plus ardents membres de la petite opposition adéquiste. Ce n'est pas sans raison qu'il n'a pas hésité un instant à donner sa bénédiction aux nouveaux amoureux.
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