mardi 9 février 2010 Dernière mise à jour 15h17


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La pensée magique

Michel David   23 avril 2009  Québec
Décidément, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, est un homme étonnant. Certains diront même inquiétant.

Dans un texte publié hier dans Le Devoir, deux chercheurs de l'UQAM et de l'Université McGill ont manifesté leur stupéfaction de voir M. Bolduc se féliciter que le Québec détienne le championnat de la «forte consommation de médicaments» au Canada. Il est vrai qu'entre une plus grande accessibilité grâce à l'assurance médicaments et la surconsommation d'un «Québec sous ordonnance», la ligne semble mince.

Bien des administrateurs d'hôpital ont sans doute été aussi surpris que ces chercheurs d'entendre M. Bolduc déclarer que, sur un budget global de quelque 27 milliards, il ne serait pas difficile de comprimer les dépenses de 400 millions. Si c'était aussi facile, comment expliquer que le déficit des hôpitaux soit encore de 125 millions?

Lundi dernier, à l'occasion de l'étude des crédits de son ministère, le ministre de la Santé a repris à son compte l'objectif fixé en février 2008 par le rapport Castonguay, soit limiter l'augmentation des dépenses en santé au taux de croissance de l'économie d'ici cinq à sept ans.

Après bien d'autres, il en est arrivé à la conclusion que, au rythme où elles augmentent depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux en 2003, tout le budget de l'État va éventuellement y passer. Au cours des six dernières années, la part des dépenses publiques consacrée à la santé est passée de 40 % à 45 %. À rythme, on atteindra les 50 % en 2015.

Au Québec comme ailleurs, tout le monde a pointé l'explosion du coût des médicaments et des nouvelles technologies, conjuguée avec le vieillissement de la population, comme le principal facteur de l'augmentation des dépenses de santé. Il y a quinze ans, les salaires représentaient de 80 % à 85 % du budget dans les hôpitaux universitaires. Aujourd'hui, cette proportion se situe entre 65 % et 70 %.

***

À en croire M. Bolduc, les choses sont sur le point de changer. Selon lui, le coût des médicaments va augmenter à un rythme moindre au cours des prochaines années. Raison de plus pour en consommer davantage, je suppose.

Cet optimisme contraste avec le constat du comité d'implantation du nouvel Institut national d'excellence en santé et services sociaux, dont le groupe de travail présidé par Claude Castonguay avait également recommandé la création.

«Tous les pays ont connu, au cours des vingt dernières années, des augmentations des coûts de leurs systèmes publics de santé plus rapides que celles des revenus de leur gouvernement. La pression à la hausse s'est même accentuée au cours des cinq dernières années. Tout indique que cette tendance va se maintenir, sinon s'accélérer», peut-on lire dans un rapport qui a été remis à M. Bolduc en décembre dernier.

Il semble hasardeux de miser sur un ralentissement du coût des nouveaux médicaments et de la technologie dans un avenir prévisible. Au contraire, «les progrès scientifiques et technologiques se poursuivent à un rythme soutenu par les immenses ressources consacrées à la recherche et au développement, ce qui se reflète dans les coûts».

Qui plus est, «les citoyens, plus instruits et mieux informés, exigent d'avoir accès sans délais indus aux technologies, aux médicaments et aux soins les plus sophistiqués, sans égard aux coûts et à leur efficacité réelle».

***

C'est sans grande surprise que ce comité en arrive à la conclusion que «la révision de la couverture des systèmes publics de santé ou du panier de services couverts est ainsi devenue une exigence».

Plusieurs se réjouiront sans doute que M. Bolduc refuse d'envisager cette possibilité, mais on ne peut pas avoir à la fois le beurre et l'argent du beurre, c'est-à-dire ajuster le rythme d'augmentation des dépenses en santé à la croissance de l'économie sans affecter les services.

Le rapport Castonguay proposait de confier un rôle accru au secteur privé, d'instaurer une franchise et d'augmenter la TVQ de 1 % pour constituer un fonds destiné à financer les services de santé. On peut légitimement s'opposer à sa vision des choses, mais il faut lui reconnaître le mérite de la cohérence.

Si le gouvernement se refuse aussi bien à revoir le panier de services couverts qu'à trouver de nouvelles sources de financement, prétendre ramener le rythme d'augmentation des dépenses de santé à 3 % ou 4 % tient de la pensée magique. Malgré toute sa poigne, même la dame à la sacoche n'est jamais venue près d'y parvenir.

Avec une augmentation des dépenses de 5,7 %, il y aura à peine 50 millions à consacrer à de nouveaux services en 2009-10. Sans compter les exigences de la Fédération des médecins spécialistes, qui entend prendre prétexte de la nouvelle entente de mobilité avec l'Ontario pour obtenir un nouveau rattrapage.

Il est vrai que le ministre a déjà indiqué certaines pistes de solution. L'élimination des listes d'attente a été reportée aux calendes grecques et la crise de la médecine familiale a été déclarée insoluble. C'est toujours cela de moins.

***

mdavid@ledevoir.com






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Normand Carrier
    Abonné
    jeudi 23 avril 2009 06h36
    On est dand la pensée magique depuis 2003 ....
    Le docteur Bolduc fait beaucoup de déclarations mais je ne crois pas qu'il ait le poulx de la situation de son ministere soit par naiveté ou incompétence ! Ce qui est infiniment triste est de constater qu'aucune amélioration s'est produite depuis l'arrivé de Jean Charest et du doc Couillard en 2003 malgré tout l'argent injecté dans la santé au dépent des autres ministeres . Il faut se rappeller toutes les promesses de notre menteur en chef qui promettait des améliorations des le lendemain de son élection aux urgences . Quel tristesse de voir cet irresponsable sévir encore a la tete du Québec . Lorsque l'on fera son bilan , il nous sera désagréable de mesurer tout le tort qu'il a fait au Québec et je ne parle pas seulement de la Caisse de dépot !
    Normand Carrier

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    jeudi 23 avril 2009 06h55
    Pourquoi pas Pharma-Québec de Québec solidaire ?
    Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, il est clair que l'État est l'allié des entreprises plutôt que l'allié des citoyens.

    Les néolibériaux tels le PQ et le PLQ défendent depuis toujours que l'avancement du Québec passe par l'avancement des entreprises.

    Avec le crise actuelle, on se rend désormais de plus en plus compte qu'en soutenant les compagnies de la sorte, ce ne sont pas les citoyens qui y gagnent mais les entreprises qui sont littéralement en train d'arnaquer les finances publiques du Québec.

    Je vous invite vivement à vous renseigner sur le programme de Québec solidaire en matière de médicaments et plus particulièrement Pharma-Québec.


    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre de Québec solidaire


    Références :

    Engagements 2008 de Québec solidaire :

    http://www.quebecsolidaire.net/engagements_2008#Se


    3.1 Santé et services sociaux :

    (...)

    d) Mettre en place une politique pharmaceutique publique comprenant les mesures suivantes :

    I) un régime entièrement public et universel d'assurance-médicaments;

    II) un système public d'information sur les médicaments;

    III) la création de Pharma-Québec, un pôle public d'acquisition, de recherche et de production de produits pharmaceutiques dans le but de freiner la croissance des coûts en santé, d'enrichir les capacités scientifiques du Québec et d'innover dans le domaine du médicament ainsi que dans le domaine de la médecine naturelle par la recherche, la distribution et la réglementation;

    IV) une campagne de sensibilisation de la population aux phénomènes de la surmédication accompagnée de propositions alternatives.


    QS

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 23 avril 2009 07h32
    3,500$ la carte-soleil
    Budget: 27 milliards
    Nombre de cartes-soleil: 7,7 millions
    Cout moyen: 3,500$

    Comme on a accueilli 46,000 immigrants en 2008, on a donc augmenté les couts de 161 millions de façon artificielle. On va faire pareil en 2009, ce qui fait que ces deux cohortes vont couter 322 millions. On va continuer en 2010, pour péter le demi-milliard. Et ainsi de suite.

    Alors que le système de santé craque de partout, à Montréal surtout, on fait venir chaque année 46,000 nouveaux patients potentiels qui viennent l'alourdir

    En plus, on manque de vieux au Québec. Alors on importe plus de 2000 vieux de 65 ans et plus chaque année.

  • Nicole Lamoureux
    Inscrite
    jeudi 23 avril 2009 07h32
    Ministre des pilules !!!
    J'ai écouté hier le ministre durant la période de questions, il est totalement déconnecté , son vocabulaire laisse à désirer , et le plus ironique, plus il s'exprime plus il se cale. Il y a une épisode de la P'tite vie ou les personnes agées sont alimentés avec des pilules et ils sont joyeux ,étais-ce fiction ou la réalité ou Bolduc, ministre des pilules veut nous amener.???

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    jeudi 23 avril 2009 09h20
    Une épargne de 2 milliards par année proposée par Québec solidaire
    Le coût de la RAMQ pour les dépenses en médicaments est passé de 980 millions en 1998 à 3,4 milliards en 10 ans.

    Afin de compléter l'information de mon premier commentaire, je vous invite à prendre aussi connaissance du dernier commnuniqué d'Amir Khadir diffusé sur le sujet via le lien ci-dessous.


    Merci de votre attention,


    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre de Québec solidaire


    Référence :

    Financement des médicaments au Québec :
    «Une recette pour le pillage!» - Amir Khadir :

    http://www.quebecsolidaire.net/actualite-nationale


    QS

  • Yvon Roy
    Abonnée
    jeudi 23 avril 2009 09h32
    Amour
    L'amour est aussi de la magie selon la ministre Normandeau. Santé!

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    jeudi 23 avril 2009 09h43
    Une médecine malade
    @ Jacques Noel

    Il n'y a pas que la carte soleil accordé aux non citoyens québécois qui nous coûte socialement une fortune, il y a aussi le «tourisme obstétrique» de mères étrangères venues supposément en «vacances» pour la première fois, puis revenir pour un 2e et un 3e bébé, accoucher dans les hôpitaux québécois, à seule fin d'obtenir ipso facto, la citoyenneté canadienne (à l'exemple de plusieurs pays, le «droit du sol» devrait être aboli au Canada) pour leurs bébés à naître et qui repartent bien souvent, pour ajouter à l'injure, sans payer.

    Mentionnons également la formation dans les universités québécoises de médecins peu consciencieux qui quittent pour d'autres cieux plus payant, après avoir été formés aux frais des Québécois.

    Avant de demander aux Québécois de se saigner pour l'humanité, il faudra faire le ménage dans ce ministère qui n'en finit plus de nous surprendre par ses sottises.

  • Marie-Andrée Paquet
    Inscrite
    jeudi 23 avril 2009 10h03
    Du pain, des jeux et des pilules.
    Du pain, des jeux et des pilules. Le peuple dort au gaz. Réveillez-vous Québécois!

  • yves archambault
    Abonné
    jeudi 23 avril 2009 10h19
    insoluble
    la crise des médecins de familles existe par manque d'organisation point.
    je répète que nous n'avons pas besoin de médecins de familles à la tonne voir un médecin assis derrière un burau pour mettre son doit là où il faut ou me donner une prescription et me peser est un scandale.
    nous avons besoin d'infirmières-ers..diagnostitiennes qui nous couteraient moins chère. avec un médecin qui serait une sorte "hub" pour superviser.
    nous avons déjà plus de médecins au québec que dans le reste du canada. et nous bien situé mondialement.
    merci

  • Richard Gauthier
    Inscrit
    jeudi 23 avril 2009 11h09
    Manigances à la Charette
    Ça passe bien un baby face hein? Il dit n'importe quoi et tout le monde avale ça goûlument(comme les médicaments je suppose). Il ne parle plus de sa chaîne de montage Toyota pour régler le problème dans les hôpitaux. Il retire une promesse électorale, personne ne dit mot. Il est à la dérive et il est le seul à ne pas le savoir.

    Allez Monsieur le grand visionnaire, continuez votre travail de démolition. Êtes-vous en train de vous trouvez un nouvel emploi avec les grands construteurs. Pourquoi pas? On ne vous retient pas. Il va y avoir bientôt beaucoup d'argent injecté dans ce secteur. Je vous vois comme Charlie Chaplin avec une clée, serrer des écrous(Les temps modernes) sauf que lui, c'était un vrai clown.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    jeudi 23 avril 2009 11h25
    La pensée magique...
    Le présent gouvernement n'en finit plus de "patcher" les trous laissés par l'ancien gouvernement qui a transformé le Québec en gruyère...

  • Michel HAins
    Abonné
    jeudi 23 avril 2009 13h37
    Une solution trop simple pour nos politiciens
    Comment se fait-il que le gouvernement ne procède pas à des appels d'offres publics auprès des pharmaceutiques pour touts les médicaments couverts par notre système?
    La solution est trop simple peut être....
    Le budget alloué à cette dépense n'est pas assez gros peut être...
    On a peur de frustrer des amis peut être....

  • Yves Babin
    Inscrit
    jeudi 23 avril 2009 14h10
    @ Raymonde Chouinard
    Franchement Mme Choinard, votre mauvaise foi vous aveugle-t-elle à ce point? Soyez réaliste, votre PLC est au pouvoir depuis quand vous croyez ? Assez longtemps pour faire et défaire plusieurs fois un pays!

  • Marc M. Davignon
    Abonné
    jeudi 23 avril 2009 17h07
    Un tour ...
    De magie. Des infirmières comme médecins. ÇA COÛTE MOINS CHER. Bientôt, nous aurons des infirmières auxiliaires comme médecins. Les autres auront passé le cap du «moins cher» et nous nous rabattrons sur d'autres alternatives «moins cher». Il y a un avenir dans la médecine pour vous.

    Si vous croyez que ça coûte cher, attendez qu'il vous refile la facture quand ils vont privatiser (en douce). À voir comment ça fonctionne, il y a deux possibilités. La première c'est que ce sont de parfaits crétins. La seconde est que l'on veut détruire le système pour justifier sa privatisation. Y-a-t-il une troisième explication?

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    jeudi 23 avril 2009 19h42
    @Marc M. Davignon - Ça fait 10 ans que je pense comme vous !
    Mon Monsieur Davignon,

    Dès que j'ai observé le désinvestissement dans notre système public de santé, il m'est toute suite venu à l'esprit que le gouvernement, avec ses attentes interminables à l'urgence comme ailleurs, s'organisait pour nous dégoûter du système public et faire en sorte que la demande pour le privé vienne de la population elle-même.

    Certains appelle ça : «La fabrication du consentement» d'autres : "créer la demande".

    Cette machiavélique manipulation de l'opinion publique a radicalement commencé sous le conservateur Lucien Bouchard et s'est poursuivie par la suite... Avec les tristes résultats que l'on connaît aujourd'hui.


    .

  • Daniel Castonguay
    Inscrit
    jeudi 23 avril 2009 20h50
    La santé au pays des kangourou
    Les australiens sont parmi les habitants de la planète ayant la plus grande espérance de vie et cela devant le Canada et derrière la France. Peut-être parce qu'ils mangent du kangourou, mais peut-être aussi parce qu'ils se sont donnés un bon système de santé.

    Regard sur le système de santé australien.

    En 1984, les australiens se sont dotés d'un système de santé public, le Medicare. Ce dernier existe avec à ses côté un système privé parallèle couvert celui-là par les assurances privées. L'Australie dépense pour ses soins de santé (privé et public) 8.6 % de son PIB, comparé à 9.8% pour le Canada, 11.2 % pour la France et 15.2% pour les États-Unis. En Australie 46 % des gens détiennent une assurance privée et ont néammoins accès au système public. Le gouvernement australien fait en sorte d'encourager fiscalement la prise d'assurance privée parce qu'il est conscient que la vigueur du système privé décharge d'autant le système public. Comme chez nous, des délais d'attente sont présents dans le système public mais les objectifs visés par le système public australien nous feraient rêver: On parle d'un délai de 4 heures entre l'arrivé, le congé ou le transfert!.

    Le modèle australien n'est pas une exception. La France compte aussi sur un système mixte qui donne des résultats intéressants.L'OMS a même déclaré en 2000 que la France fournissait les meilleurs soins de santé généraux au monde. Fait important, ces systèmes redonnent aux citoyens une liberté de choix que nous n'avons pas ici: prendre leur propre argent pour leur santé! Dans de tels systèmes, les gens plus fortunés se trouvent à payer personnellement leurs soins privés et à payer pour les moins fortunés par le biais de leurs impôts.

    Le ministre Bolduc ,qui lui vise un objectif de 48 heures dans les urgences (!), losqu'on lui parle de privé n'a que le modèle américain en tête. Faudrait lui rappeler que la planète est grande...

    http://agoraquebec.canalblog.com/tag/Australie

    http://agoraquebec.canalblog.com/tag/Bolduc

  • Proulx Jean-Yves
    Inscrit
    jeudi 23 avril 2009 21h07
    Le côut des médicaments ?
    Se pourrait-il qu'il y ait surconsommation de médicaments au Québec ? Quand on apprend que les compagnies pharmaceutiques investissent davantage en marketing qu'en recherche, n'y aurait-il pas de quoi s'inquiéter ? Voilà un bon exemple d'efficacité de l'entreprise privée en santé. Et de l'efficacité de leurs lobbyistes sur ceux qui nous dirigent. Vous aimeriez en apprendre davantage ? http://lasante.c.la : c'est court, clair, convainquant.

  • Réjean Grenier
    Abonné
    vendredi 24 avril 2009 10h21
    @M. Carrier. Alors, pourquoi les avoir réélus. Nous sommes masos ou quoi?
    Peut-être bien, aussi, parce qu'il y a encore trop de Raymonde Babin dans le paysage.
    Le seul moyen de régler nos problèmes d'un coup c'est d'élire
    un gouvernement souverainiste. Même pas besoin d'un référendum. Une campagne électorale claire. Un coup élu
    c'est la souveraineté une bonne fois pour toute.
    Et notre peuple serait sauvé de la disparition.
    Un rêve? Pas du tout. Plein de pays l'ont fait et il ne s'en
    porte que mieux.
    Réjean Grenier.

  • Marie José Maillé
    Inscrite
    vendredi 24 avril 2009 11h43
    Les médicaments
    Je ne comprends pas qu'on confie à un médecin la gérance du ministère de la santé. J'ai aussi sursauté à son opinion sur la consommation de médicaments.

    Les médicaments sont sur-prescrits. J'ai moi-même été consommatrice de ces médicaments à cause d'un mauvais diagnostique de spondylarthrite. Pendant 6 ans mon rhumatologue m'a fait prendre des mégadoses d'anti-inflammatoires qui étaient totalement inutiles puisque je fais de la fibromyalgie.

    Le zyprexa a été fortement prescrit pour la dépression mais ce qu'ils ne disaient pas c'est qu'il fait engraisser (jusqu'à 20 livres en peu de temps). De plus il mène au diabète.

    Les médicaments causent des effets secondaires importants et on prescrit d'autres médicaments pour contrer ces effets. C'est un cercle vicieux qui mènent à la surconsommation.

    Les médecins ne connaissent rien à l'alimentation et autres moyens pour rester en santé.

    La médecine ne fait pas de prévention par d'autres moyens que les pillules.

    Moi aussi Bolduc m'inquiète.

    Marie José Maillé

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    dimanche 26 avril 2009 05h50
    à Daniel Castonguay
    Vous dites que la France donne les meilleurs soins généraux au monde.
    Je ne sais pas sur quels critères vous vous fondez cependant je voudrais juste apporter quelques nuances.

    Le Français est le premier consommateur au monde d'anti dépresseurs, de somnifères et d'anxiolitiques. Nous avons mis en place un système d'assurance santé obligatoire au lendemain de la seconde guerre mondiale dont le principe de base était simple ; que chacun puisse accéder aux soins quelques soient ses moyens financiers. Pour ce faire, chaque personne travaillant en France paie une contribution proportionnelle à son salaire qui est versée dans un Caisse commune, et les soins de tous sont pris en charge à la même hauteur. Depuis 30 ans, le montant des charges pour payer ces primes n'ont cessé d'augmenter et les prises en charge de remboursements n'ont cessé de diminuer. Sarkozy a voulu pour rééquilibrer les comptes de l'assurance maladie qui est fortement déficitaire depuis tout ce temps, demander à chacun de prendre en charge une partie de chaque acte médical d'un montant symbolique de 1 euro. Symbolique quand on est en relative bonne santé, beaucoup moins quand on a une longue maladie et que l'on a beaucoup de professionels médicaux à consulter, ce qui est d'autant moins symbolique dans ce cas présent qu'en général, on est à ce moment là dans l'incapacité de travailler. Certes les assurances maladies versent des indemnités pour se subsituer aux salaires non perçus, mais ces indemnités sont toujours inférieures aux salaires. En clair, les plus modestes, les gens travaillant au salaire minimum par exemple ne peuvent pas se payer certains soins.

    D'autre part, un des frères de Sarkozy est dirigeant d'une grande société de mutualisation d'assurance maladie complémentaire, Malakoff, qui cherche elle a signer le plus possible des contrats avec les entreprises pour proposer à leurs salariés de bénéficier d'assurances complémentaires qui paient ce que l'assurance maladie obligatoire ne paie pas, les entreprises payant une partie des cotisations ce qui leur permet d'être exonérés de charges sur cet avantage qu'ils offrent à leurs salariés, et de ne pas payer trop d'impôts sur les bénéfices de la société. Pour le salarié, ce genre de proposition peut paraître alléchante, hors dans la réalité il existe un certain nombre de cas dans lesquels c'est surtout alléchant pour la compagnie qui signe les contrats avec l'entreprise. Par exemple, Monsieur Dupont est assuré avec la complémentaire de sa femme Madame Durand qui a un contrat dans son entreprise qui avantage les familles prenant le contrat pour toute la famille. Lorsque l'entreprise dans laquelle travaille Monsieur Dupont signe le contrat avec Malakoff, Monsieur Dupont n'a pas le choix de prendre ou pas cet avantage, il lui est imposé; autrement dit, son entreprise et lui même cotisent pour une assurance qui ne lui remboursera jamais un euro sur ses frais médicaux puisqu'il est déjà couvert par ailleurs ...

    Second cas : Monsieur Durand est licencié et sa femme ne travaille pas, donc pour lui, l'assurance que l'entreprise finance en partie est importante pour la prise en charge de ses soins, ceux de sa femme et de leurs enfants. Si il perd son emploi, il perd le droit à un tarif préférentiel donc, si il veut poursuivre son contrat avec la même compagnie, alors que ses revenus baissent puisqu'il n'est plus salarié, il doit augmenter de manière substancielle les primes qu'il verse... Même cas si il a travaillé toute sa vie dans l'entreprise et qu'il prend sa retraite. Soudainement ses revenus baissent de 20% et ses cotisations augmentent de 50%.

    On comprend alors mieux soudainement en quoi Malakoff a tout intérêt à signer des contrats avec les grandes entreprises, et du coup, pourquoi nous avons l'impression que subtilement les mesures gouvernementales incitent les citoyens qui en ont les moyens à se diriger de plus en plus vers des assurances privées. Moins le régime général obligatoire prend en charge les soins, plus ce sont les complémentaires qui les prennent; aucune compagnie n'étant un organisme de charité , on comprend alors par ricochet comment les cotisations ne cessent du coup d'augmenter aussi .

    Le principe des mutuelles complémentaires qui paient le complément que la sécurité sociale ne paie pas n'ont pas le même principe solidaire , puisque à une couverture d'assurance donnée, correspond un montant de cotisation qui n'est pas lié au salaire des assurés.

    Si je résume, la conséquence de telles décisions précarise encore un peu plus les personnes les plus modestes, coûte plus cher à ceux qui ont les moyens de payer, et enrichissent des sociétés telles que Malakoff. De nombreux français modestes ( 85% d'entre eux vivent avec moins de 2000 euros par mois ) remettent à plus tard des traitements, soins ou examens pour des raisons financières avant tout. Et cela ne va pas en s'arrangeant.

    La Sécurité Sociale était un modèle rêvé par les anciens résistants de 1939/45, et il a été très efficace, alors qu'il fut mis en place à un moment où la France se relevait de la guerre. Que s'est il passé depuis qui explique ces déficits énormes ? Les pertes d'emplois liés aux crises successives ont diminué le nombre de cotisations, les actes médicaux se sont considérablement complexifiés et nombre d'entre eux sont de haute technologie mais coûtent fort cher (songez simplement au coût d'une chimiothérapie , vous aurez une faible idée) et les français se sont habitués pour certains à une dépendance à l'acte médical et au médicament qui est inquiétante. Comme si il existait toujours un médicament pour tout, sans jamais se prendre en charge un minima. Par exemple, on prescrit des remèdes pour l'hyper tension mais on ne recommande même pas de régime sans sel; donner un antidéprésseur est plus conséquent d'effets yoyos parce qu'une fois qu'on en a plus besoin, de nombreuses personnes se retrouvent dans des dépendances médicamenteuses. Les médecins ont tendance à ne plus examiner leurs patients mais à leur prescrire des examens coûteux.Les responsabilités sont donc multiples.

    Les solutions seront donc nécessairement multiples. Inciter les patients à une responsabilisation personnelle de leur santé, ne pas encourager l'implantation d'appareils d'examens hors de prix, privilégier le vrai travail du médecin qui est d'examiner longuement ses patients et de limiter au plus la consommation de médicaments, tout en garantissant à tous un minimum indispensable.

    Par exemple tout ce qui est prothèse est fort mal pris en charge, prothèse veut dire lunettes, prothèses auditives, prothèses dentaires, prothèses pour handicapés ayant perdu un membre lors d'un accident par exemple. Il est pourtant bien évident que l'on ne s'achète pas une prothèse auditive pour faire joli. Ou des lunettes pour avoir l'air intellectuel ou encore une jambe artificiel parce que c'est élégant. L'état de la dentition est aussi essentiel pour tout un tas de répercussions dans d'autres domaines de santé que la simple sphère buccale donc est aussi essentielle.

    Alors peut être nous avons le système de soins le meilleur au monde, mais vu les considérations financières qui dominent toutes les décisions quant à la façon dont ce secteur évolue ces dernières années, nous constatons sur le terrain une forte dégradation de cette qualité, et de grands risques pour l'évolution à venir de ce secteur .

    Ceux qui s'enrichissent vraiment sont les multinationales pharmaceutiques, et les compagnies d'assurance privées. Ceux qui s'apauvrissent sont les Caisse d'assurance obligatoires c'est à dire tous les salariés, et les personnes les plus modestes. Il parait donc dans ce contexte que l'urgence mondiale est de rétablir un équilibre dans tous les pays Occidentaux entre les bénéfices monstrueux des multinationales et les minimas de soins que chacun au vu des montant de cotisations versées peuvent s'attendre à recevoir.

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
20 réactions
0 vote
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
© Le Devoir 2002-2010