Landry tente de ramener les défusions à l'avant-scène
Parizeau se retire de la campagne électorale
Le premier ministre Bernard Landry est visiblement soulagé par la décision de Jacques Parizeau de tirer sa révérence et de se faire plus discret d'ici le reste de la campagne électorale. Encore mitraillé de questions hier au sujet des déclarations controversées de l'ancien premier ministre, desquelles le chef libéral Jean Charest fait ses choux gras, Bernard Landry a décidé de faire diversion en réclamant du chef libéral qu'il fasse une croix sur sa promesse de loi-cadre sur les défusions. Pas question, répond Jean Charest.
«La tête de Parizeau ne peut devenir un enjeu électoral. Ce serait trop bête, il y a des choses plus importantes à discuter», a déclaré hier Jacques Parizeau par voie de communiqué. «Dans le genre de rôle que je joue, on ne fonctionne que lorsqu'on est utile. Quand on cesse de l'être, on décroche», a-t-il ajouté. C'est de la sorte que Jacques Parizeau cesse sa tournée des cégeps du Québec. «Monsieur» a ainsi donné sa dernière prestation de la campagne électorale hier avant-midi au cégep Lévis-Lauzon de Québec, où il a évité d'aborder les événements des derniers jours.
«Cette affaire est derrière nous», a lancé hier un Bernard Landry soulagé. «En toute liberté, il a jugé de ne plus participer. Je respecte sa décision», a-t-il souligné lors d'une conférence de presse tenue en matinée à Varennes, dans sa circonscription de Verchères. Bernard Landry a précisé que son organisation n'avait pas forcé Jacques Parizeau à prendre cette décision. «Je ne lui ai pas parlé», a-t-il dit. Le chef péquiste ne s'est pas dit ravi ou déçu du départ de M. Parizeau. «S'il avait pris la décision inverse, je le respecterais aussi. C'est un homme qui veut aider et ne pas nuire. S'il a pensé qu'il était moins aidant qu'il le voulait, il a pris sa décision, et je la respecte.»
Bernard Landry a souligné que l'incident mettant en vedette Jacques Parizeau ne constitue pas un échec pour la stratégie électorale du Parti québécois. M. Parizeau ne faisait pas partie de cette stratégie: il y était «associé», a noté le premier ministre. Les dépenses de M. Parizeau encourues lors de sa tournée des cégeps ont toutefois été comptabilisées dans les dépenses électorales du PQ. «Elles sont minimes. Ce sont des frais de voyage. On paye les frais de tous ceux qui, directement, peuvent nous aider. C'est une question d'honnêteté», a expliqué M. Landry. C'est aussi le Parti québécois qui a réalisé et expédié les communiqués de presse de M. Parizeau.
Bernard Landry n'a voulu ni cautionner les propos de Jacques Parizeau ni s'en dissocier. Lundi, lors de son passage au cégep de Shawinigan, à quelques heures du débat des chefs, Jacques Parizeau a affirmé, en parlant du «progrès» réalisé auprès des communautés culturelles au chapitre de l'appui à la souveraineté, que «le débat entre nous s'applique maintenant à ce qu'on appelle "les enfants de la loi 101": il y a une véritable discussion qui est absolument la même que la nôtre». M. Parizeau laisse entendre un «nous» qui exclut les communautés culturelles. «J'endosse les propos que je tiens, pas ceux des autres, a répondu Bernard Landry. Pour reprendre une manchette du Devoir qui m'avait fait bien plaisir il y a quelques années: "Le nous de Landry est inclusif".»
De passage à Saint-Sauveur, le chef libéral Jean Charest a dit que même si M. Parizeau a choisi «de prendre congé de la campagne», l'objectif de la souveraineté du PQ demeure. À Lévis, le chef adéquiste Mario Dumont a affirmé hier que le retrait de Jacques Parizeau de la campagne «va certainement signifier qu'on va revenir aux priorités des Québécois, soit l'économie de demain, la santé, l'éducation».
Débat sur les défusions
Deux jours après un débat des chefs où il n'a pas attaqué son adversaire libéral sur le dossier des défusions, Bernard Landry a demandé à Jean Charest, si celui-ci est vraiment pour la construction des nouvelles villes fusionnées, de retirer sa promesse de loi-cadre permettant la tenue de référendums sur les défusions. «Nous avons eu le courage de les faire, il faut maintenant que Jean Charest ait le courage de ne pas les défaire», a-t-il souligné, précisant que cette position disqualifie Jean Charest du pouvoir. En soirée hier à Valleyfield, le chef libéral a affirmé que Bernard Landry commençait plutôt à jouer son rôle de chef de l'opposition officielle et que lui n'avait pas l'intention de reculer.
Bernard Landry croit que Jean Charest a «inventé une astuce» lors du débat des chefs de lundi soir en se disant «pour la construction des grandes villes». «Il dit en même temps que la première loi qu'ils veulent faire, c'est une loi-cadre pour permettre de les défaire, [...] de permettre à Westmount, Baie-d'Urfé et Pointe-Claire de s'en retirer. Avant, leur position était tout simplement absurde, et là, elle est en plus incohérente», a affirmé Bernard Landry.
Lors d'une seconde conférence de presse sur le sujet, dans l'est de Montréal, Bernard Landry a affirmé qu'il en va de l'«intérêt public» et du «bien commun» que Jean Charest retire sa promesse. Selon le chef péquiste, des conséquences «très néfastes pour la vie sociale québécoise» découleraient d'une telle législation. Cette loi permettrait d'enclencher 277 référendums dans les 65 nouvelles villes créées depuis 2001, a-t-il illustré. «Ça veut dire que les villes de Montréal, de Québec, Gatineau et Sherbrooke seraient l'objet de querelles, de référendums qui pourraient durer des années, avec des coûts astronomiques. C'est grave. On sait qu'il y a des citoyens de certaines villes qui veulent défaire les grandes villes», a indiqué Bernard Landry.
Il aura fallu 48 heures à Bernard Landry pour finalement faire une sortie contre Jean Charest sur le thème des défusions. «Il n'a pas dit un seul mot au débat, rien», a fait remarquer le chef libéral. Le chef péquiste a lui aussi été discret sur ce sujet depuis le début de la campagne électorale, prétextant qu'«il n'était pas nécessaire de le faire avant». «Aujourd'hui, il revient à la charge, un peu en désespoir de cause, à la recherche d'un nouvel enjeu électoral», a répliqué Jean Charest, qui a aussi noté que le PQ est en «mode panique».
«Nos positions sont connues. C'est la position, en passant, qu'avait défendue René Lévesque en 1976, lorsqu'il avait été élu premier ministre du Québec, sur une question de fusion forcée dans une région du Québec», a ajouté M. Charest. «René Lévesque n'a jamais fait une loi pour permettre aux villes de se défaire», a répondu Bernard Landry.
«Tout l'épisode des défusions et de Parizeau nous a rappelé qu'avec péquistes et libéraux, on va toujours rebrasser les histoires du passé», a conclu Mario Dumont.
Avec la collaboration de Robert Dutrisac et Kathleen Lévesque
«La tête de Parizeau ne peut devenir un enjeu électoral. Ce serait trop bête, il y a des choses plus importantes à discuter», a déclaré hier Jacques Parizeau par voie de communiqué. «Dans le genre de rôle que je joue, on ne fonctionne que lorsqu'on est utile. Quand on cesse de l'être, on décroche», a-t-il ajouté. C'est de la sorte que Jacques Parizeau cesse sa tournée des cégeps du Québec. «Monsieur» a ainsi donné sa dernière prestation de la campagne électorale hier avant-midi au cégep Lévis-Lauzon de Québec, où il a évité d'aborder les événements des derniers jours.
«Cette affaire est derrière nous», a lancé hier un Bernard Landry soulagé. «En toute liberté, il a jugé de ne plus participer. Je respecte sa décision», a-t-il souligné lors d'une conférence de presse tenue en matinée à Varennes, dans sa circonscription de Verchères. Bernard Landry a précisé que son organisation n'avait pas forcé Jacques Parizeau à prendre cette décision. «Je ne lui ai pas parlé», a-t-il dit. Le chef péquiste ne s'est pas dit ravi ou déçu du départ de M. Parizeau. «S'il avait pris la décision inverse, je le respecterais aussi. C'est un homme qui veut aider et ne pas nuire. S'il a pensé qu'il était moins aidant qu'il le voulait, il a pris sa décision, et je la respecte.»
Bernard Landry a souligné que l'incident mettant en vedette Jacques Parizeau ne constitue pas un échec pour la stratégie électorale du Parti québécois. M. Parizeau ne faisait pas partie de cette stratégie: il y était «associé», a noté le premier ministre. Les dépenses de M. Parizeau encourues lors de sa tournée des cégeps ont toutefois été comptabilisées dans les dépenses électorales du PQ. «Elles sont minimes. Ce sont des frais de voyage. On paye les frais de tous ceux qui, directement, peuvent nous aider. C'est une question d'honnêteté», a expliqué M. Landry. C'est aussi le Parti québécois qui a réalisé et expédié les communiqués de presse de M. Parizeau.
Bernard Landry n'a voulu ni cautionner les propos de Jacques Parizeau ni s'en dissocier. Lundi, lors de son passage au cégep de Shawinigan, à quelques heures du débat des chefs, Jacques Parizeau a affirmé, en parlant du «progrès» réalisé auprès des communautés culturelles au chapitre de l'appui à la souveraineté, que «le débat entre nous s'applique maintenant à ce qu'on appelle "les enfants de la loi 101": il y a une véritable discussion qui est absolument la même que la nôtre». M. Parizeau laisse entendre un «nous» qui exclut les communautés culturelles. «J'endosse les propos que je tiens, pas ceux des autres, a répondu Bernard Landry. Pour reprendre une manchette du Devoir qui m'avait fait bien plaisir il y a quelques années: "Le nous de Landry est inclusif".»
De passage à Saint-Sauveur, le chef libéral Jean Charest a dit que même si M. Parizeau a choisi «de prendre congé de la campagne», l'objectif de la souveraineté du PQ demeure. À Lévis, le chef adéquiste Mario Dumont a affirmé hier que le retrait de Jacques Parizeau de la campagne «va certainement signifier qu'on va revenir aux priorités des Québécois, soit l'économie de demain, la santé, l'éducation».
Débat sur les défusions
Deux jours après un débat des chefs où il n'a pas attaqué son adversaire libéral sur le dossier des défusions, Bernard Landry a demandé à Jean Charest, si celui-ci est vraiment pour la construction des nouvelles villes fusionnées, de retirer sa promesse de loi-cadre permettant la tenue de référendums sur les défusions. «Nous avons eu le courage de les faire, il faut maintenant que Jean Charest ait le courage de ne pas les défaire», a-t-il souligné, précisant que cette position disqualifie Jean Charest du pouvoir. En soirée hier à Valleyfield, le chef libéral a affirmé que Bernard Landry commençait plutôt à jouer son rôle de chef de l'opposition officielle et que lui n'avait pas l'intention de reculer.
Bernard Landry croit que Jean Charest a «inventé une astuce» lors du débat des chefs de lundi soir en se disant «pour la construction des grandes villes». «Il dit en même temps que la première loi qu'ils veulent faire, c'est une loi-cadre pour permettre de les défaire, [...] de permettre à Westmount, Baie-d'Urfé et Pointe-Claire de s'en retirer. Avant, leur position était tout simplement absurde, et là, elle est en plus incohérente», a affirmé Bernard Landry.
Lors d'une seconde conférence de presse sur le sujet, dans l'est de Montréal, Bernard Landry a affirmé qu'il en va de l'«intérêt public» et du «bien commun» que Jean Charest retire sa promesse. Selon le chef péquiste, des conséquences «très néfastes pour la vie sociale québécoise» découleraient d'une telle législation. Cette loi permettrait d'enclencher 277 référendums dans les 65 nouvelles villes créées depuis 2001, a-t-il illustré. «Ça veut dire que les villes de Montréal, de Québec, Gatineau et Sherbrooke seraient l'objet de querelles, de référendums qui pourraient durer des années, avec des coûts astronomiques. C'est grave. On sait qu'il y a des citoyens de certaines villes qui veulent défaire les grandes villes», a indiqué Bernard Landry.
Il aura fallu 48 heures à Bernard Landry pour finalement faire une sortie contre Jean Charest sur le thème des défusions. «Il n'a pas dit un seul mot au débat, rien», a fait remarquer le chef libéral. Le chef péquiste a lui aussi été discret sur ce sujet depuis le début de la campagne électorale, prétextant qu'«il n'était pas nécessaire de le faire avant». «Aujourd'hui, il revient à la charge, un peu en désespoir de cause, à la recherche d'un nouvel enjeu électoral», a répliqué Jean Charest, qui a aussi noté que le PQ est en «mode panique».
«Nos positions sont connues. C'est la position, en passant, qu'avait défendue René Lévesque en 1976, lorsqu'il avait été élu premier ministre du Québec, sur une question de fusion forcée dans une région du Québec», a ajouté M. Charest. «René Lévesque n'a jamais fait une loi pour permettre aux villes de se défaire», a répondu Bernard Landry.
«Tout l'épisode des défusions et de Parizeau nous a rappelé qu'avec péquistes et libéraux, on va toujours rebrasser les histoires du passé», a conclu Mario Dumont.
Avec la collaboration de Robert Dutrisac et Kathleen Lévesque
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