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1200 adéquistes rassemblés à Laval

Mario Dumont entend augmenter la cadence de sa campagne

Kathleen Lévesque   2 avril 2003  Québec
Laval — Mario Dumont a répliqué hier soir à ses détracteurs qui ont décrété le K.O. de son parti après le débat des chefs, par un rassemblement de plus de 1200 militants à Laval.

Cette activité partisane avait tout de la séance de motivation après trois semaines de campagne pendant lesquelles les sondages ont montré une dégringolade de l'appui accordé à l'Action démocratique, ce à quoi se sont ajoutées les critiques qui ont écorché la performance de M. Dumont lors du débat des chefs. «Ce que je sens ce soir, c'est que les adéquistes sont au rendez-vous pour provoquer un vrai changement le 14 avril», a lancé Mario Dumont à ses troupes enthousiastes.

Le chef adéquiste a promis de conserver le même style et donc de faire campagne près des citoyens contrairement à Bernard Landry qui se déplace toujours dans une bulle, selon lui. Il leur a également dit qu'il croyait en leur «foi du changement». «On va aller rencontrer les gens, on va aller les voir, leur expliquer, leur parler de notre vision du Québec. On va le faire avec plus d'intensité. [...] L'engagement que je prends devant vous: plus une demi-journée de relâche», a-t-il ajouté sous les applaudissements nourris.

Cinq orateurs avaient réchauffé la salle avant l'entrée de M. Dumont. L'ancien ministre libéral et aujourd'hui conseiller pour l'ADQ, Yvon Picotte, a prévenu Jean Charest que les libéraux qui sont à l'ADQ ne retourneront pas au Parti libéral. La candidate Diane Bellemare a dénoncé l'endettement dans lequel le gouvernement péquiste continue de plonger la population malgré un illusoire déficit zéro. La députée sortante Marie Grégoire est venue marteler les mots fétiches de l'ADQ «liberté de choix» et «flexibilité», sous les acclamations des militants. Le candidat dans Lévis, Joël Bernier, a rappelé au Parti québécois que les agriculteurs, dont lui-même, ont déjà la semaine de quatre jours proposée: «quatre jours sur la ferme et trois jours de paperasse». Puis sur un ton combatif, il s'est attaqué aux sondages quotidiens de Léger Marketing. M. Bernier a continué dans un crescendo et a répondu au «mépris» du PQ. «L'automne dernier, on avait une belle publicité qui disait: parler, c'est grandir. Ben, le soir du 14, on va leur dire au PQ de se fermer puis de sortir», a-t-il lancé. L'ancien maire de Montréal, Pierre Bourque, présenté jusque-là comme un candidat d'envergure, n'a pas pris le micro. À la fin de la soirée, M. Bourque a refusé de se prononcer la possibilité de se retrouver dans l'opposition.

Le père fondateur de l'Action démocratique, Jean Allaire, était également à cette soirée. Il n'a pas caché son indignation devant le «parti pris des journalistes» contre l'ADQ. «C'est un assassinat politique depuis deux mois et demi. Il y a certains médias dont le jupon dépassait», a tranché M. Allaire qui a rappelé que c'est grâce à l'ADQ s'il y a eu un véritable débat d'idées.

Quant au chef adéquiste, il s'est moqué de ses deux adversaires sans amertume. De M. Charest, il a dit que le changement proposé se limitait à peinturer en rouge un bateau qui coule. Il a également visé le Parti québécois et son option souverainiste sur laquelle Bernard Landry entretient une certaine ambiguité. «Le PQ vise peut-être la souveraineté pour 2005, nous, nous voulons réussir la régionalisation des pouvoirs pour 2005», a affirmé M. Dumont.

Hier matin, en Montérégie, M. Dumont est apparu moins détendu. Il a nié que le débat des chefs ait pu écorcher sa campagne électorale. Mais chose certaine, il entend augmenter la cadence de sa campagne électorale.

«On va garder le cap sur les idées dans lesquelles on croit. On va accélérer cependant le rythme des visites des régions. On va mettre la pédale au fond», a expliqué le chef de l'Action démocratique.

La caravane adéquiste entend multiplier les sauts de puce au cours des deux dernières semaines de campagne. L'ADQ tentera de conserver des circonscriptions comme Saguenay (qui porte maintenant le nom symbolique de René-Lévesque), Joliette, ou Vimont, ou faire des percées notamment dans les régions de Québec ou de Montréal avec Bourget et Rosemont.

Pour Mario Dumont, les «interprétations» sur les supposées difficultés de l'ADQ sont fautives. Selon lui, on ne peut écarter l'ADQ sans mépriser les citoyens qui l'appuient. «On est convaincu qu'il y a dans le Québec une majorité silencieuse qui en a soupé des vieux modèles. Il y a une majorité silencieuse qui a vu lundi soir que péquistes et libéraux, c'est du pareil au même. C'est les même chicanes. On tourne en rond», a fait valoir Mario Dumont.

Chose certaine, il est hors de question que l'ADQ s'aventure sur le «terrain de jeu libéralo-péquiste» où l'on voit des «combats de coqs», a ajouté le chef adéquiste en se référant aux échanges virils sur la question nationale entre Jean Charest et Bernard Landry.
 
 
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