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La déclaration de Jacques Parizeau

Le Devoir   2 avril 2003  Québec
Voici le verbatim de la déclaration de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau sur l'«argent et le vote des communautés ethniques» devant des étudiants du cégep de Shawinigan lundi.

Question de la salle: «Pourquoi le dernier référendum n'a pas marché et pourquoi le prochain marcherait?»

Réponse de M. Parizeau:

«Le dernier référendum, quand vous le perdez par 50 000 voix sur cinq millions, vous cherchez des causes et des explications. Euh... moi, un moment donné, j'en ai sorti une que j'ai traînée avec moi longtemps. En parlant du "vote ethnique et de l'argent".

«C'étaient deux choses différentes. L'argent, c'est important parce que la grande manifestation d'amour à Montréal, ç'a impressionné les gens. Il s'est dépensé dans cet après-midi — par des organismes fédéraux ou d'autres provinces sur lesquels la loi québécoise ne s'appliquait pas —, ils ont dépensé deux fois plus d'argent cet après-midi que le camp du OUI et le camp du NON ensemble pour toute la campagne. Ça, c'est ça, l'argent.

«Et puis, le vote de communautés ethniques, qui traditionnellement donnaient aux souverainistes 7, 8, 9 % du vote et qui, là, sont ramenées à 3 %... Y a une grosse diminution de ce côté-là. Dans certaines communautés, ç'a été presque l'unanimité. Ça s'est beaucoup amélioré, ça.

«À l'heure actuelle, par exemple, on vient de faire un sondage à Montréal sur 2800 fils d'immigrants ou immigrés à deux ans, trois ans au Québec. À cause de la loi 101, y ont tous dû passer par l'école française. Alors, on fait un sondage sur 2800 d'entre eux et on demande la question référendaire à ces jeunes-là. Et 40 % répondent OUI et 60 % NON.

«C'est-à-dire que le débat entre nous s'applique maintenant à ce qu'on appelle "les enfants de la loi 101": y a une véritable discussion qui est absolument la même que la nôtre. Ils sont intégrés et ils sont maintenant dans la société québécoise. Ç'a beaucoup évolué, c'était pas du tout ça. Cinq, six ans. Puis, chaque année apporte son contingent d'enfants de la loi 101, qui sont passés par les écoles françaises et, donc, se sont intégrés dans la société francophone, quelles que soient leurs origines.»






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