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La santé ou la souveraineté?

Charest veut mettre les Québécois devant un choix

Robert Dutrisac   2 avril 2003  Québec
Le chef libéral Jean Charest s'est servi des derniers propos de Jacques Parizeau, qui a remis sur le tapis sa déclaration controversée du soir de la défaite référendaire de 1995 sur l'argent et le vote ethnique, pour mettre les électeurs devant un choix: avec le PLQ, la priorité, ce sera la santé; avec le Parti québécois, ce sera la souveraineté.

Ce nouveau tour donné à la présente campagne électorale n'est pas sans rappeler les élections de 1998, où Jean Charest avait brandi à la mi-course le spectre d'un nouveau référendum sur la souveraineté. «M. Landry a un agenda [sic] sur la question de la souveraineté et les Québécois méritent de le savoir avant de voter le 14 avril prochain. Le choix, c'est la souveraineté ou la santé», a dit le chef libéral au cours d'une conférence de presse qui a suivi son allocution devant des membres de la Chambre de commerce de l'est de Montréal.

La dernière intervention de M. Parizeau dans la campagne lui sert d'argument électoral, a reconnu Jean Charest, qui s'est présenté dans une forme rayonnante devant les journalistes au lendemain de sa prestation au débat des chefs. Comme si son organisation était réglée comme papier à musique, le chef libéral se présentait en soirée à un rassemblement partisan d'envergure à l'ancienne gare Windsor, à Montréal. On y attendait plus de 2000 libéraux.

En opposant l'enjeu de la santé — un gouvernement libéral promet de régler les problèmes du système de santé au Québec dans son premier mandat, a-t-il répété hier — à celui de la souveraineté — le PQ a dans ses cartons un plan national de transition vers la souveraineté, comme l'a confirmé M. Landry lors du débat —, M. Charest cherche à contrecarrer l'appel que le premier ministre avait lancé aux fédéralistes pour qu'ils votent pour le PQ s'ils voulaient un bon gouvernement.

Devant les membres de la Chambre de commerce, à qui s'étaient mêlés députés sortants, candidats et militants libéraux, Jean Charest a invité les électeurs qui veulent du changement et qui seraient tentés de voter pour l'Action démocratique du Québec d'opter pour le PLQ. «Un vote pour l'ADQ, c'est un vote pour le PQ», a-t-il affirmé, comme il l'avait fait durant le débat. À ceux qui veulent des réformes en santé, une révision du rôle de l'État et des baisses d'impôt, le chef libéral lance «un appel très direct»: «Si vous voulez un changement, le Parti libéral du Québec peut livrer ce changement et l'ADQ ne peut pas le livrer.»

Les défusions : une affaire classée

Au lendemain du débat des chefs, durant lequel, d'entrée de jeu, il s'est dit favorable aux villes nouvelles nées des fusions municipales, M. Charest estime que la controverse entourant la position libérale sur les défusions est derrière lui. «On va permettre aux gens de classer cette affaire-là. De toute façon, c'est classé», a-t-il affirmé péremptoirement. «On a eu deux heures de débat et ça n'a pas été soulevé une fois», s'est-il réjoui, visiblement soulagé. «Les gens étaient laissés avec l'impression qu'on allait combattre les nouvelles villes. C'était une fausse impression», a dit M. Charest, en donnant l'assurance que jamais le Parti libéral ne fera campagne en faveur des défusions.

Lors du débat, M. Charest a dit que c'est en tant que «contribuable» qu'il souhaitait voir les villes nouvelles réussir, c'est-à-dire comme citoyen de Westmount où il a élu domicile. Mais lorsqu'on lui a demandé s'il s'opposerait à la défusion de Westmount lors d'un référendum, le citoyen de Westmount s'est montré évasif. «C'est une question encore hypothétique», a-t-il dit.
 
 
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  • Vincent Jacob-Goudreau
    Inscrit
    lundi 14 avril 2003 11h21
    Ne soyez pas égoïstes
    Si on se questionne sur les "conditions gagnantes" de la démocratie en général, on s'aperçoit que l'idée de base est la sagesse du peuple : chacun vote pour ce qu'il croit être le mieux pour le présent et l'avenir de son tÉat. En d'autres mots, on ne doit pas voter pour son bien personnel, mais pour le bien de la communauté (sinon, on mélange démocratie et capitalisme). Pourtant, force m'est de constater que nous ne réunissons pas les conditions gagnantes de la démocratie. Par exemple, en lisant les données statistiques, on ne s'étonne pas de voir que les plus riches affectionnent l'ADQ et les personnes plus âges, les Libéraux.

    Ne soyez pas égoïstes! Je ferai bientôt partie de la classe la plus imposée de la société et j'avoue avoir été tenté par les baisses d'impôts de l'ADQ. Mais en y repensant bien, j'en suis venu à la conclusion qu'en ne pensant qu'à moi, je détruisais la société socialiste que nos parents ont construite. Je suis fier de la socité dans laquelle je vis et je dois dire que la guerre en Iraq m'a fait prendre davantage conscience du danger que représente une socité trop à droite.

    La santé ou la souveraineté.

    La question est similaire en ce qui concerne le plan des Libéraux : peut-on se permettre de concentrer tous les efforts d'une société sur sa santé à court terme et ainsi réduire en miettes les avancées dans les autres domaines? Pouvons-nous (moralement) désocialiser notre société? Bien sûr, la santé présente un problème réel, mais l'approche des Libéraux, l'investissement massif, n'en est pas la solution. Nous sommes un des États à dépenser le plus au monde pour la santé. Le vrai problème est le vieillissement de la population. À cet gard, je crois que le PQ mise sur le bon cheval en orientant ses décisions vers la famille. Et il devrait même, éventuellement, aller plus loin dans ce sens. Rajeunir la population québécoise est la meilleure solution à long terme tant pour la santé de la population que pour l'économie québécoise.

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