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Dumont veut accélérer le rythme

Le chef adéquiste ne craint pas de retombées négatives du débat

Kathleen Lévesque   2 avril 2003  Québec
Longueuil — Mario Dumont a nié hier que le débat des chefs ait pu écorcher sa campagne électorale. Mais chose certaine, il entend augmenter la cadence de sa campagne électorale.

«On va garder le cap sur les idées dans lesquelles on croit. On va accélérer cependant le rythme des visites des régions. On va mettre la pédale au fond», a expliqué le chef de l'Action démocratique.

Mario Dumont entend multiplier les sauts de puce au cours des deux dernières semaines de campagne. L'ADQ tentera de conserver des circonscriptions comme Saguenay (qui porte maintenant le nom symbolique de René-Lévesque), Joliette ou Vimont, ou de faire des percées, notamment dans la région de Québec. Mais l'enthousiasme du chef adéquiste ne correspond vraisemblablement pas aux intentions de vote que révèlent les sondages ni aux diverses analyses qui l'ont mis hors jeu après le débat des chefs que Jean Charest a dominé.

Alors qu'il faisait campagne en Montérégie, Mario Dumont a rejeté ces «interprétations». «Je travaille avec la population. Je fais campagne auprès des gens. Ça me permet d'avoir un contact avec la réalité qui est pas mal plus direct que les intermédiaires. C'est avec cette énergie-là, cette motivation-là et avec la confiance des idées différentes qu'on présente, et la population qui veut un modèle différent, c'est avec ça qu'on avance», a-t-il soutenu.

Pour M. Dumont, on ne peut écarter l'ADQ sans mépriser les citoyens qui l'appuient. «On est convaincus qu'il y a dans le Québec une majorité silencieuse qui en a soupé des vieux modèles. Il y a une majorité silencieuse qui a vu lundi soir que péquistes et libéraux, c'est du pareil au même. C'est les mêmes chicanes. On tourne en rond. Et quand Jean Charest leur dit: moi, je suis le changement, le bateau coule et je vais le peinturer en rouge et je vais continuer d'aller dans la même direction, je pense que ce n'est pas un gros changement», a fait valoir Mario Dumont, sourire en coin.

Chose certaine, il est hors de question que l'ADQ s'aventure sur le «terrain de jeu libéralo-péquiste», où l'on voit des «combats de coqs», a ajouté le chef adéquiste en se référant aux échanges virils sur la question nationale entre Jean Charest et Bernard Landry. Avec un haussement d'épaules, il a dit ne pas croire à la tenue d'un troisième référendum sur la souveraineté. Même «M. Landry n'avait pas l'air de se croire» lors du débat, a-t-il souligné.

Si Mario Dumont voit dans la réouverture d'un tel dossier une attitude irresponsable, il a toutefois fait remarquer que cela aura donné un éclairage sur le bilan du gouvernement en matière de relations multiculturelles. Que les partis péquiste et libéral «s'enlisent dans les chicanes constitutionnelles» aura fait ressortir, croit-il, l'incapacité du gouvernement du Parti québécois à rallier les communautés culturelles et, donc, à relever le défi de l'harmonie entre les différents groupes ethniques.

«Il y a une incapacité chez ce gouvernement à faire une place aux gens des communautés culturelles à l'intérieur de la fonction publique, à faire des nominations dans les directions des sociétés d'État et les organismes gouvernementaux. Ce sont des enjeux où le Parti québécois est sur la défensive. Des enjeux où le Parti québécois n'a pas fait faire de progrès au Québec», a affirmé M. Dumont.

Concrètement, le dossier de l'immigration n'est pas apparu comme une priorité sous le régime péquiste. En neuf ans de pouvoir, neuf ministres se sont succédé à la barre de ce ministère. Et des messages contradictoires ont été lancés. D'un côté, on annonçait la volonté d'augmenter de façon substantielle le nombre d'immigrants et on mettait en place des cérémonies d'accueil pour leur souhaiter la bienvenue. Mais d'un autre côté, le gouvernement restreignait l'accès à la carte d'assurance-maladie et au permis de conduire aux nouveaux arrivants.

Selon le chef adéquiste, le débat des chefs aura également permis de ramener la réflexion collective sur les vrais enjeux de la campagne. Pourtant, hier, Mario Dumont a été incapable d'imposer son agenda; Jacques Parizeau et ses explications controversées sur les raisons de la défaite référendaire de 1995 ont occupé tout le terrain. Les trois visites d'usines pour lesquelles l'organisation adéquiste avait peu ou pas d'information à transmettre sont passées quasi inaperçues. En soirée, M. Dumont a tenté de fouetter ses troupes en participant à une assemblée partisane à Laval où les organisateurs attendaient 1000 militants.
 
 
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