À chaud - Deux semaines en campagne
On les accuse, à raison, de polluer l'eau, l'air et les champs d'engrais et de pesticides, de lisier de porc, et désormais d'OGM ruinant l'agriculture bio. Les agriculteurs du Québec, autrefois respectés, semblent de plus en plus mal aimés. Même ceux qui tentent de réduire leurs intrants ou de résister aux OGM ont l'impression qu'ils n'en font jamais assez. Ils ressemblent à ces mères épuisées par leur double-travail-demi-salaire, exaspérés de ne pas réussir à répondre aux 1001 demandes contradictoires travail-famille-société...
Or, tant qu'elles ont cru être mal organisées, elles ont carburé à la culpabilité, faisant ainsi augmenter les cadences. Jusqu'au jour où elles ont compris à quel point, à incarner le mythe de la «super femme» exigé, elles se faisaient «organiser» et la société désorganiser! Tout comme les agriculteurs, piégés par le modèle unique de la «super ferme» hyper-industrialisée, dont les efforts sont avalés par des politiques agricoles d'exportation qui négligent tous les autres rôles de l'agriculture dans la vitalité des paysages, de l'environnement, du patrimoine et des régions.
Pour un nombre croissant de citoyens, de telles politiques sont non viables et témoignent de problèmes structurels qui exacerbent les tensions jusqu'à un point de quasi non-retour social et écologique dont nous payons tous les frais et dont on nous impute les coûts. Aura-t-on l'audace de penser écologiquement ce «pays bleu et vert» d'eaux, de forêts, de champs et de vergers, comme cet autrement du nord de l'Amérique?
Louise Vandelac est professeure en sociologie et à l'Institut des sciences de l'environnement, à l'UQAM.
Or, tant qu'elles ont cru être mal organisées, elles ont carburé à la culpabilité, faisant ainsi augmenter les cadences. Jusqu'au jour où elles ont compris à quel point, à incarner le mythe de la «super femme» exigé, elles se faisaient «organiser» et la société désorganiser! Tout comme les agriculteurs, piégés par le modèle unique de la «super ferme» hyper-industrialisée, dont les efforts sont avalés par des politiques agricoles d'exportation qui négligent tous les autres rôles de l'agriculture dans la vitalité des paysages, de l'environnement, du patrimoine et des régions.
Pour un nombre croissant de citoyens, de telles politiques sont non viables et témoignent de problèmes structurels qui exacerbent les tensions jusqu'à un point de quasi non-retour social et écologique dont nous payons tous les frais et dont on nous impute les coûts. Aura-t-on l'audace de penser écologiquement ce «pays bleu et vert» d'eaux, de forêts, de champs et de vergers, comme cet autrement du nord de l'Amérique?
Louise Vandelac est professeure en sociologie et à l'Institut des sciences de l'environnement, à l'UQAM.
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