mardi 9 février 2010 Dernière mise à jour 15h17


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La dame de fer jouera les grands-mères

En plus d'hériter des Finances, son successeur, Raymond Bachand, conserve sa charge de ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation

Robert Dutrisac   9 avril 2009  Québec
«Je vais retrouver ma famille, mes petits-enfants, ma filleule, mon mari», a dit Monique Jérôme-Forget, âgée de 68 ans.
Photo : Jacques Nadeau
«Je vais retrouver ma famille, mes petits-enfants, ma filleule, mon mari», a dit Monique Jérôme-Forget, âgée de 68 ans.
Québec — Monique Jérôme-Forget, la dame de fer du gouvernement libéral, a quitté, hier, la vie politique, après l'adoption de son dernier budget, comme elle l'avait planifié avant les élections. Le premier ministre Jean Charest l'a prestement remplacée au poste de ministre des Finances par le candidat tout désigné, Raymond Bachand.

C'est en matinée, tout juste avant la réunion du conseil des ministres, que la ministre des Finances, accompagnée de Jean Charest, a annoncé son départ. «J'avais pris la décision très sereinement, il y a déjà pas mal longtemps, qu'après le vote du budget je partirais», a-t-elle indiqué. Lors d'une conférence de presse en après-midi à Montréal, Monique Jérôme-Forget a confirmé qu'elle ne voulait pas se présenter aux dernières élections du 8 décembre, mais que Jean Charest avait insisté pour qu'elle fasse un dernier tour de piste pour le bien des troupes libérales. «Je vais retrouver ma famille, mes petits-enfants, ma filleule, mon mari», a dit la ministre âgée de 68 ans. Durant les prochaines semaines, elle se consacrera à l'étude intensive de l'espagnol au Mexique. Contrairement à Philippe Couillard, qui a démissionné en juin 2008, elle n'a sollicité aucun poste et on ne lui en a pas offert, a-t-elle précisé.

En après-midi, Jean Charest et Raymond Bachand se sont présentés devant le lieutenant-gouverneur, Pierre Dufresne, pour l'assermentation du nouveau ministre des Finances. Raymond Bachand conserve sa charge de ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation ainsi que la responsabilité de la région de Montréal. En revanche, la responsabilité des Infrastructures, que Mme Jérôme-Forget s'était réservée, échoit désormais à la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay. C'est elle qui se chargera de défendre les partenariats public-privé (PPP).

Raymond Bachand a souligné que sa collègue démissionnaire lui avait laissé «les choses en bon ordre», même si l'État québécois essuiera des déficits totalisant près de huit milliards pour les deux prochaines années, selon les prévisions. «Le défi du Québec au printemps 2009 dans la récession mondiale, c'est de s'assurer que notre économie continue de rouler grâce à ce qu'on fait dans l'ensemble des programmes. Et c'est une bonne période pour avoir une jonction développement économique et finances», juge-t-il.

Le départ de Mme Jérôme-Forget fait en sorte que la parité hommes-femmes dans le cabinet Charest est brisée, le conseil des ministres se retrouvant avec 25 membres.

Monique Jérôme-Forget, à qui l'on doit les expressions «ma sacoche» et «le syndrome de la pépine», a cité trois réalisations qui, selon elle, ont marqué son bilan: le règlement de l'équité salariale, qui a bénéficié à 400 000 Québécoises, le programme d'infrastructures de 35 milliards, qui fut porté à 41 milliards, et le contrôle des dépenses qu'elle a exercé et qui fut suivi par le relèvement de la cote de crédit du Québec. Elle s'est dit particulièrement fière d'avoir «attaché les mains des politiciens pour les prochains 15 ans» avec une loi qui oblige l'État à entretenir les infrastructures publiques.

Monique Jérôme-Forget n'a pas mentionné, dans cette courte liste, le projet de réingénierie dont elle s'était faite la championne dès 2003. Mais plus tard en après-midi, elle a défendu les PPP qui ont permis de réaliser des économies d'un milliard pour les autoroutes 30 et 25 et qui donneront aussi de bons résultats pour les grands hôpitaux universitaires, selon elle.

Les quatre derniers mois de sa vie politique ont été particulièrement éprouvants pour Mme Jérôme-Forget. Après avoir soutenu qu'il n'y aurait pas de déficit en campagne électorale, elle a dû se résigner à signer un budget déficitaire pour 2009-10. En outre, elle a dû subir les attaques de l'opposition relativement à la perte de 40 milliards de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

La ministre démissionnaire a d'ailleurs promis de sortir de sa retraite pour comparaître devant la Commission des finances publiques qui se penchera ce printemps sur les résultats désastreux de la Caisse, si les parlementaires réclament sa participation. Elle a toutefois prévenu qu'elle n'avait rien à ajouter à son témoignage sur le sujet devant la même commission en mars.

Jean Charest a souligné, hier, que c'est lui, en 1998, quand il était chef de l'opposition officielle, qui l'a convaincue de laisser l'Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) qu'elle présidait pour se porter candidate dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys.

Le premier ministre a loué la femme politique. Mme Jérôme-Forget est «pour les femmes du Québec un exemple de courage, de leadership, de persévérance, de détermination et d'originalité».

Rappelant que Mme Jérôme-Forget avait été pendant près de six ans à la tête du Conseil du trésor, Jean Charest a affirmé qu'elle avait fait sa marque dans la gestion des fonds publics en faisant en sorte que la croissance des dépenses de l'État soit l'une des plus faibles au Canada. En tant que ministre des Finances, elle a signé en 2007 «le budget des infrastructures et des réductions d'impôt pour la classe moyenne d'un milliard», puis l'année suivante, un budget qui marquait «un virage» dans la fiscalité pour encourager l'investissement avec l'abolition de la taxe sur le capital, et enfin, un budget «courageux» pour affronter le ralentissement économique, a fait valoir Jean Charest.

***

Avec la collaboration d'Alexandre Shields






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Dr. Dr. ULRICH
    Inscrit
    jeudi 9 avril 2009 00h44
    Pourquoi pas DE en EN ?
    Durant les prochaines semaines, elle se consacrera à l'étude intensive de l'espagnol au Mexique.

    http://aloois.blogspot.com/

  • Alexis P.
    Inscrit
    jeudi 9 avril 2009 03h30
    Les rats quittent le navire !
    À la cadence où les membres hauts placés du Parti ministériel démissionnent,
    nous nous retrouverons bientôt avec plusieurs élections partielles,
    très dangereuses pour ce gouvernement « majoritaire » .

    Deux élections partielles de plus et leur « majorité » peut être compromise assez facilement, étant donné la chute de leur cote de « popularité » .
    Nous pourrions peut-être assister à la chute du gouvernement avant le terme de leur
    « mandat » .

    Ou, imaginons une situation pathétique dans laquelle le parti libéral se retrouverait avec 63 députés et devrait donc laissez la présidence de l'assemblée aux adversaires pour garder leur « pouvoir exécutif » !

    hahaha

    Alexis P. L.

  • Yvon Chartrand
    Inscrit
    jeudi 9 avril 2009 04h34
    Grand-mères
    ça s'écrit plutôt: Grand'mères, me semble-t-il.

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 9 avril 2009 06h40
    La saccoche et la pépinne....
    Qu'est-ce que l'histoire a retenu de Trudeau?
    "Just watch me"

    De René Lévesque?
    "A la prochaine fois"

    De Robert Bourassa?
    "Les 100,000 emplois"

    De Jean Drapeau?
    "Aussi impossible d'avoir un déficit olympique que pour une homme d'avoir un enfant"

    De la Poune?
    "Elle aimait son public"

    Et de Monique Forget?

    ------
    Faites-moi rire avec l'équité salariale. On aura taxé tous les Québécois pour permettre aux femmes du secteur public de profiter du pactole auquel n'auront jamais droit les femmes du privé.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    jeudi 9 avril 2009 07h19
    Il y en a qui doutent de rien, tant mieux pour eux
    Il y en a qui doutent de rien.

    Madame a l'air de se trouver très très bonne. Aucun complexe malgré les 40 milliards envolés, la sacoche percée par notre Caisse de dépôts, les PPP, le CHUM et toutes les autres affaires où elle a participé comme membre de ce gouvernement très provincial.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    jeudi 9 avril 2009 07h33
    La ministre à la sacoche aurait dû démissionner avant les élections !
    C'est à l'été 2008 que Monique Jérôme-Forget, qui songeait déjà à quitter la politique, aurait dû présenter sa démission, soit au moment où elle était encore perçue comme une politicienne intègre et compétente.

    En décidant de le faire plutôt hier, soit après avoir accepté - à la demande de Jean Charest - de rester encore un certain temps et de se plier à ses tactiques les plus douteuses (inutile de les nommer, car nous les connaissons toutes) pour remporter les récentes élections, elle laisse le souvenir d'une politicienne finalement peu crédible.

    De plus, en annonçant sa démission 4 mois seulement après avoir été réélue députée de sa circonscription, elle aura mécontenté un grand nombre d'électeurs qui croyaient sincèrement, en votant pour elle, qu'elle les représenterait encore à l'Assemblée nationale durant une période de temps beaucoup plus longue !

  • André Michaud
    Inscrit
    jeudi 9 avril 2009 08h25
    Merci et bonne chance
    J'aimais bien le franc parler de cette dame. Car plus je vieillis et plus le politically correct me répugne...être leader c'est faire des choix et les assumer au lieu de chercher le compromis qui ne plaira à ...personne!

    Comme employé du secteur public j'étais d'accord que régler l'équité salariale et donner aux employés les augmentations demandées par les syndicats aurait été catastrophique pour les finances publiques.À mon avis, mieux vaut restreindre les augmentations de salaire que couper dans les services comme du temps de Lucien Bouchard..

    Globalement Mme Jérome Forget a fait une bonne job. Merci et bonne chance !

  • Louis Hudon
    Abonné
    jeudi 9 avril 2009 08h27
    Une suite logique
    Après nous avoir conté tant d'histoire, elle en contera maintenant à ses petits-enfants! Souhaitons qu'elle saura trouver un public plus crédule.

  • Mathieu Santerre
    Inscrit
    jeudi 9 avril 2009 09h49
    Une commission d'enquête à la Caisse SVP
    D'une grande compétence et d'une grande intelligence, Mme Monique Jérôme-Forget était toutefois reconnue pour son manque de sensibilité à l'endroit des retraités des secteurs public et parapublic, situation qui a été partiellement corrigée par les engagements de son chef M. Jean Charest durant la dernière campagne électorale à l'effet de consulter les associations de retraités de l'État à propos de leurs régimes de retraite.

    On retiendra malheureusement que Mme Jérôme-Forget quitte à la suite du dévoilement de pertes historiques de près de 40 milliards de dollars à la Caisse de dépôt et placement du Québec. On retiendra également que son dernier geste politique a été de refuser de répondre en commission parlementaire aux questions fondamentales à propos des pertes de la Caisse et de masquer ce refus par l'annonce précipitée d'une nouvelle direction à la Caisse. Son départ ne fait qu'ajouter au climat malsain qui règne actuellement dans toute cette affaire et justifie d'autant plus la tenue d'une commission d'enquête.

  • Phil Ippe
    Inscrit
    jeudi 9 avril 2009 12h43
    Grand-meres ou...matantes?
    Comme l'autre femme de fer (blanc) du ministere de L'EDUKASSION! qui vient de faire disparaitre le mot ''décrochage'' du vocabulaire déjà tres riche du Québec!

    on se croirait dans une scene du film l'Age des tenebres...

    Et voilà une autre matante en chef qui vient dire aux petits enfants bien sages du Québec que non, y'en a pas de problème, que la dame inFERnale elle démissionne juste pour retrouver ses ti-zenfants, parce que les journalistes sont pas fins et posent des questions inutiles...et non pas parce qu'elle ne peut pas gerer les finances du Kebec ou que ses decisions sont mauvaises ou refusées par le big boss, une autre ''matante'' frisée qui devrait demissionner! Mais ca n'arrivera pas...et les enfants du québec qui aiment tellement les matantes qui mentent et laissent couler le bateau vont peut-etre meme réélir ces incompétents.
    Quand on pense que la ministre de la justice (Weil) a attaqué la loi 101 à une époque ou elle conseillait juridiquement une entité qui confrontait la majorité franco ... faut-il penser que le big boss veut détruire le tissu social et les finances du Québec?

  • Georges Paquet
    Abonné
    jeudi 9 avril 2009 17h24
    Vue l'impossibilité qu'a Pauline Marois d'être à la hauteur, il n'est pas étonnant de lire ici autant de mesquineries.
    Visiblement Mme Marois ne sait pas ajuster son discours aux évènements inévitables de la vie politique et sociale. Ça ne lui vient pas à l'esprit de saluer une femme courageuse et travailleuse quand elle en rencontre une. C'est avec son ton fade et désabusé qu'elle commente le départ de Monique Jérôme Forget ou le reste de l'actualité, comme si elle vivait dans une bulle. Peut-être est-ce le cas dans son repère du genre Moulinsart

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
11 réactions
0 vote
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
© Le Devoir 2002-2010