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CHUM: des salles d'opération seront inutilisées durant cinq ans

Kathleen Lévesque   6 avril 2009  Québec
Une portion des 39 salles d'opération prévues dès la phase 1 du futur CHUM demeureront inutilisées jusqu'à ce que l'hôpital soit achevé cinq ans plus tard, faute d'un nombre de lits suffisant pour hospitaliser tous les patients passés sous le bistouri. Ce n'est donc qu'en 2018 que les 772 lits seront disponibles et répondront au flot des chirurgies.

Comme l'a appris Le Devoir, cette situation s'applique également à un certain nombre de laboratoires et de salles d'imagerie médicale qui dormiront, sans équipement, entre la phase 1 et 2 de la construction du CHUM. «Il y aura pendant un certain temps plus de blocs opératoires et de plateaux techniques disponibles qu'il n'y en aura en fonction», confirme au Devoir le directeur général par intérim du CHUM, Serge Leblanc.

Il y a une semaine exactement, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, se plaisait à dire qu'en 2013, le CHUM serait «complet». Or, l'édifice devant être construit à l'arrière de l'actuel pavillon Saint-Luc constitue la phase 1 du projet et ne comptera qu'environ 400 des 772 lits prévus. Le deuxième édifice s'élèvera en lieu et place de Saint-Luc qui sera rasé. On devrait y trouver quelque 372 lits. Mais le partage du nombre de lits n'est pas définitif. Il pourrait varier selon les discussions qui auront lieu avec les deux consortiums soumissionnaires en partenariat public-privé que les gens proches du dossier appellent les «PPPistes».

Entre les deux phases de construction, la première devant théoriquement prendre fin en 2013 et l'autre, en 2018, l'offre de services du CHUM se limitera à un certain nombre des 35 spécialités prévues dans le projet définitif. Cela signifie que les patients continueront à être soignés dans les pavillons Notre-Dame et Hôtel-Dieu. Mais personne ne peut dire quelle spécialité médicale sera offerte à tel ou tel endroit. La démolition de Saint-Luc pour la deuxième phase n'entraînera pas automatiquement le déplacement des spécialités de cet hôpital dans l'édifice déjà construit.

«Il faut établir avec les PPPistes et les gens du CHUM la séquence des différents déplacements des activités cliniques. Bien que la construction se fasse en deux phases, il y en aura plusieurs pour les soins. [...] Je ne peux pas prédire comment ça va se passer», soutient Serge Leblanc.

Pour reprendre les exemples donnés par M. Leblanc, il se pourrait que la cardiologie, actuellement concentrée à l'Hôtel-Dieu, ou la neurologie que l'on retrouve à Notre-Dame, soit déménagée dans la phase 1 et que certaines spécialités de Saint-Luc, que l'on s'apprêtera à démolir, soient déménagées pour cinq ans dans l'un ou l'autre des pavillons existants.

Quels seront les critères pour choisir telle spécialité plutôt que telle autre? Rien n'est arrêté, confirme M. Leblanc

«Ce n'est qu'au moment de la fusion complète que le CHUM offrira les 35 spécialités. Un plan de transition est prévu», a expliqué l'attachée de presse du ministre de la Santé, Marie-Ève Bédard.

Tout ce va-et-vient reste toutefois à planifier, tout comme le nombre de lits ou même la traduction immobilière du plan clinique. Cela se décidera lors des négociations avec les soumissionnaires. L'exercice commencera le 20 avril prochain et s'étendra sur 44 semaines au cours desquelles se dérouleront 198 ateliers touchant l'ensemble des facettes du projet.

Le coup d'envoi de cette importante étape a été donné lundi dernier alors que le premier ministre Jean Charest a procédé au lancement officiel de l'appel de propositions qui avait été reporté à quelques reprises. Pour accélérer le processus, le gouvernement du Québec a décidé de passer outre aux règles habituelles de consultation publique afin de ne pas ralentir davantage le projet qui a été revu et corrigé à maintes reprises.

Serge Leblanc y a vu une volonté de premier plan de voir s'ancrer le CHUM le plus rapidement possible au centre-ville. Il reconnaît toutefois qu'il y a encore un scepticisme «légitime» dans les corridors. Selon lui, le chantier n'est plus très loin, et sa planification devrait se faire sans trop de heurts. «Ce qui reste n'est pas compliqué. On a établi tout notre programme fonctionnel et technique et il ne reste que quelques détails mineurs», soutient M. Leblanc.

Les changements apportés l'automne dernier à la suite du lobby assidu des médecins spécialistes ont fait en sorte que le CHUM comptera 772 lits plutôt que 700 et 39 salles d'opération plutôt que les 30 d'abord prévues. Les blocs opératoires seront concentrés dans le premier édifice. Quelles spécialités s'y retrouveront les premières? Et combien de lits pourront répondre au volume des opérations chirurgicales? Chose certaine, il y aura un grand ballet que d'aucuns tenteront sinon d'orchestrer, du moins d'influencer.






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  • Nicole Lamoureux
    Inscrite
    lundi 6 avril 2009 07h53
    À la va vite ça presse!!!
    « Mais oui, les libéraux ont une maladie incurable , elle s'appelle " vite vite ça presse" Tout comme la nomination de Sabia ils bâclent les dossiers le plus rapidement possible sans planification aucune espérant que les québécois oublieront l'amateurisme dont ils ont fait preuve. »

  • Joseph Braidy
    Abonné
    lundi 6 avril 2009 08h01
    Demolir pour construire
    « A t-on explique pourqoui doit-on detruire un hopital relativement neuf qui a deja subi de multiples renovations (allez voir l'etage mere-enfants ou l'unite de dialyse)?
    Comment St-Luc fonctionnera lorsque le chantier commencera?
    Ou seront parques employes, MD patients?
    Si le CHUM n'a pa vu le jour, c'est qu'il s'agit d'un projet aussi boiteux que celui qui a engendre la fusion de 3 hopitaux fonctionnels et les a transforme en 3 hopitaux dysfonctionnels. »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    lundi 6 avril 2009 08h18
    Une absurdité bien planifié !
    « Le chancellier du Québec a décidé de passer outre aux règles habituelles de consultation publique afin de ne pas ralentir davantage le projet qui a été revu et corrigé à maintes reprises.

    Le système (coté franco) saigné à blanc par la construction de l'hopoil anglo va être discrédité et s'effondré et on aura de plus en plus besoin des assurances de Mr. Paul...

    Mission Accomplie !

    Merci La Nébuleuse...
    http://ww2.quebec101.org:81/images/stories/diagrammenbuleusesabia.jpg

    "La politique, c'est l'art de consulter les gens sur ce à quoi ils n'entendent rien, et de les empêcher de s'occuper de ce qui les regarde." - Paul Valéry

    "Les peuples corrompus préfèrent le bien-être de l'esclavage
    aux rudes efforts de la liberté." - John Milton

    "Plus on est ignorant, moins on s'en aperçoit." - Louis Pasteur »

  • Jean Brault
    Inscrit
    lundi 6 avril 2009 08h44
    Lachez-pas! Ça sent l'Îlot Voyageur
    « Bravo pour votre série d'articles. Votre travail de "chien de garde" fait office pour nous de "Troisième Oeil". Tout ce dossier du CHUM sent le dépassement de coûts à outrance. Surtout que le PM Charest est en fin de mandat. Faudra être à l,affût. Et je compte sur vous! Bravo! »

  • Simon Geoffroy
    Inscrit
    lundi 6 avril 2009 09h59
    Pourquoi a tout prix
    « Pourquoi vouloir un CHUM à tout prix, cela fait presque que 10 ans que les divers gouvernements nous casse les oreilles avec leur CHUM, cela commence avec le terrain, la grandeur et les services disponibles, et maintenant les PPP. Il sera plus simple de dire que ce projet est mort avant d'engager 4 milliards de nos taxes dans un projet qui va parle suite couter des sommes totalement disproportionner et incontrôlable, l'histoire nous a fait la preuve que nous ne somme pas capable nous les Canadiens français de gérer d'aussi gros projet. Donc pour une meilleure gestion des couts d'acquisition de maintient nous pourrions faire des hôpitaux la ou nous avons vraiment besoin, Laval, Lanaudière, les Laurentides, rive sud et en Montérégie et canton de l'est, le nord du Québec, finalement partout sauf a Montréal. Donc adieu gros Elephanta blanc. »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    lundi 6 avril 2009 12h01
    Requête de psychanalyse
    « Les Roger bon-temps et Ponce Pilate sont multiples à Québec et Montréal. Le ministère de la Santé poserait un geste sage de réclamer une psychanalyse pour les Charest, Jérôme-Forget, Bachand, Normandeau et Tremplay. Ils vivent dans un monde parallèle ou le risque est bienvenu mais la responsabilité sur la tête des autres. Et qui sont ces décideurs à la con? »

  • Paul Racicot
    Inscrit
    lundi 6 avril 2009 14h31
    Ahhh...
    « Encore une belle planification via les PPP ! Et attendez de voir la facture finale avant de vraiment bien chialer ! Et je vous annonce, sans nulle surprise, que les coûts prévus seront « prévisiblement » dépassés...

    Je me demande encore pourquoi le Stade olympique n'a pas été retenu comme lieu de construction ou d'aménagement de ce projet pharaonique... On n'y fait plus grand-chose, on y accède et on en sort par une bouche de métro, les terrains de stationnement intérieurs y sont gigantesques, etc. Et cela aurait revigoré un quartier passablement désoeuvré... mais l'aurait sans doute gentrifié outre mesure. (rire) »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    lundi 6 avril 2009 15h34
    Planification politique et alongement des delais pour pas avoir le coup de baton
    « pour moi c'est Charest lui même qui a planifié ce plan tout croche, ça sent l'hôpital de Ste Hyacinthe à plein nez...
    Ça coutera plus chère que de tout refaire à neuf et comme par hasard ça diminuera pas les listes d attente.

    Faut vraiment du courage pour lire les nouvelles actuelles, rien de bon pour notre avenir auquel on peut faire quelque chose »

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