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Assurance parentale - Un beau problème

Marie-Andrée Chouinard   2 avril 2009  Québec
On voudrait nous faire croire que si le régime québécois d'assurance parentale s'enlise dans les déficits, c'est qu'il est victime de son grand succès. Ne l'oublions pas: il souffre aussi d'avoir été présenté comme un programme social révolutionnaire... qui n'allait rien changer.

Ce généreux régime, qui permet aux parents de s'occuper de leur bébé durant des mois sans s'appauvrir, fait un tabac. Toutefois, sa consécration coûte cher: Québec vient d'allonger 300 millions, alors que le programme devait s'autofinancer.

Il est heureux que le premier ministre Jean Charest n'envisage pas d'amputer le régime, en réduisant le congé, les prestations ou l'accessibilité. Il sabrerait la force de ce programme, écorchant le potentiel que des milliers de Québécois ont reconnu en s'y inscrivant.

On ne peut expliquer la hausse des naissances de 16 % depuis cinq ans par ce seul régime, mais l'engouement des papas pour le congé de paternité y est totalement lié! Quel résultat triomphant: en 2007, près de la moitié des prestataires étaient des hommes, une présence cinq fois plus grande qu'ailleurs au Canada.

Il est dommage qu'un si séduisant programme, campé sur un noble objectif social, soit ausculté comme un grabataire, sous le seul angle économique. Il est voué à un bel avenir, mais ses manitous l'ont propulsé comme s'il n'allait rien changer aux habitudes; comme si, en somme, il n'allait pas coûter un sou.

Créé en 2006, il devait coûter un milliard de dollars par année. La facture dépasse désormais les 1,5 milliard, et ce, malgré des hausses de cotisation de

15 % les deux dernières années. Une nouvelle hausse de 8 % est incessante. Dans les garderies, qui «subissent» le même assaut des familles, le gouvernement contrôle les coûts en limitant le nombre de places. Mais les naissances échappent à la toute-puissance étatique! Une fois aux prises avec ce «beau problème», que faire, surtout à l'aube d'une crise financière qui coincera l'État, les entreprises et les particuliers?

Le gel des tarifs réclamé par le Parti québécois reporterait les difficultés à plus tard: mauvaise idée. On pourrait sans vergogne renvoyer l'État à son devoir, celui de soutenir des politiques familiales qui ont tout pour faire son orgueil. Le choix de la famille, si onéreux soit-il dans l'immédiat, profitera dans l'avenir.

On pourrait aussi rappeler que les dernières hausses de cotisations de 7,5 % ont coûté 14 $ de plus par année à un salarié empochant 40 000 $, et 19 $ à son employeur. Des sommes exagérées pour soutenir un programme qui renforce un taux de natalité faiblard en plus d'encourager les papas à une présence soutenue auprès des enfants? Certaines cotisations, dont celle-là, peuvent trôner fièrement sur un talon de paie.

La banqueroute de l'assurance parentale est le fruit d'une situation heureuse, ne l'oublions pas. Elle résulte aussi d'une improvisation gouvernementale malheureuse, d'autant plus qu'elle n'est pas inédite. Il semblerait que la construction d'une société qui mise sur la famille devra reposer sur un effort financier collectif.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    jeudi 2 avril 2009 01h16
    Abus de langage
    S'assurer est un acte volontaire. Or le programme de soi-disant assurance parentale n'a rien de volontaire, puisqu'il transfere par la contrainte des milliards de dollars d'une categorie de citoyens a une autre. "Programme d'extorsion parentale" serait un terme plus approprie.

  • Line St-Amour
    Inscrite
    jeudi 2 avril 2009 06h34
    Conclusion tout à fait juste !!!
    Oui construire une société qui mise sur la famille devra reposer sur un effort finacier collectif. Effectivement sur quoi voulez-vous que repose ce CHOIX de société ? Sur la poursuite de l'enrichissement des babyboomers ? On fait le choix de miser sur les familles pour le développement de cette société. On fait le choix du partage des tâches à la maison. On fait le choix d'impliquer le père dans l'éducation des enfants. Les baby boomers font la leçons aux jeunes sans arrêts pour leur dire quoi faire et comment faire. Ben on va donner aux familles les moyens de réaliser les objectifs que les vieux croient bon pour la société. Et faudrait arrêter de penser que tout est gratuit et qu'on peut mettre les dettes sur la génération future ! Vous voudriez que les jeunes et les familles absorbent tout les coût sociaux, d'une société dont vous donnez les orientations en continuant de ne vouloir rien payer. LES CHOIX ONT UN COUT qui doit être collectif !!! Sinon ce sont les enfants qui continuront d'être pauvres et les babyboomers continuent à aller se faire dorer les fesses en Floride. Je ne connais aucun de mes parents ou grand-parents qui malgré toutes leurs pertes à la caisse de dépôt ont reportés leurs vacances dans le sud cette année. !!! Mais je connais des couples avec des enfants qui eux ont perdu leur emploi !!! QUipaie pour les choix de société fait par des gens qui ont "voté pour ça !" Le gouvernement c'Est un choix de société
    Line ST-Amour

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 2 avril 2009 08h21
    84,400 enfants.....181,000 parents!!!
    84,400 enfants sont nés l'an passé au Québec mais 181,000 parents ont été compensés. A supposer que les deux parents de tous les enfants aient été couverts (ce qui est impossible) on a 13,000 parents de trop qui ont reçu des versements!!!

    C'est tout croche ce programme. Des Mexicains sont indemmnisés!!!!

  • François Gerin
    Inscrit
    jeudi 2 avril 2009 09h15
    Correction
    « Une nouvelle hausse de 8 % est incessante. »

    Vous voulez sans doute dire « imminente », car si elle était « incessante », nous ne serions vraiment pas sortis du bois.

  • Claude Stordeur
    Abonné
    jeudi 2 avril 2009 09h42
    Encore un mensonge par omission de Charest
    ne venez pas me dire que les prévisionniste du gouvernement n'avait pas prévu cette situation, sans doute dans la fourchette moyenne des prévisions... Charest pour bien paraitre a prit la solution de dire seulement la plus basse des prévisions... plus que 4 ans et quelques mois...

  • Marcel André
    Abonné
    jeudi 2 avril 2009 10h32
    Pas juste pour les Québecois!
    Savez-vous que les Mexicains qui viennent ici travailler aux travaux agricoles sont illigibles à l'Assurance Parentale! Ainsi ce sont nous les Québecois qui payons pour que les mexicaines aient des grosses familles qu'ils ne seront de toute évidence pas en moyen d'assurer les vivres pour plus tard. Je suggère qu'on n'envoie plus de chèque à l'extérieur du Canada. De cette façon nous économiserions suffisamment pour amoindrir la hausse des cotisations à venir. Pour les familles mexicaines c'est très payant et tentant d'engrosser leur femme afin d'optenir un revenu supplémentaire pendant neuf mois. Souvent ces familles n'ont absolument rien d'autre pour subsister. N'ayez crainte, avec les années, ce moyen d'engranger plein de sous sera de plus en plus connu et cette spirale fera en sorte que dorénavent venir ramasser des concombres québecois pendant trois mois signifiera automatiquement dix mois de revenu.

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 2 avril 2009 11h29
    Le scandale des Mexicains
    On nous annonce un déficit de 300 millions, on dit qu'on s'est trompé sur les prévisions de naissance (en sous-entendus: c'est pas grave c'est même une bonne chose on fait plus de Ti-Tremblay) mais on ne s'étonne pas qu'il y ait 181,000 bénéficiaires pour 84,400 enfant!
    On ne s'étonne pas qu'on encourage la natalité au Mexique,un pays qui connait un problème de surnatalité qui les force à émigrer al Norte.

    C'est comme les universités.On finance les études de 7000 étudiants français à 12k par année c'est 84 millions par annee, un milliard sur 15 ans. Pas grave!

    On fait venir 45,000 immigrants alors qu'on en a 50,000 en chomage et 60,000 sur leBs. Pas grave.

    Y'a-t'il un gouvernement à Québec? Y'a-t'il une presse qui fouille les dossiers? Où est Antoine?

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 2 avril 2009 14h45
    Oui Line
    Je sais comme vous qu'il y a des plus vieux qui chignent à l'idée de payer la facture pour les jeunes familles. Il y aura toujours des radins à toutes les niveaux d'âge et vous faites de la discrimination en pensant que ma génération est responsable de tous les maux. Je suis rentré au travail alors que Lesage disait que la reine ne discute pas avec ses sujets et que le réseau routier commençait à se construire (trop). Que de progrès depuis et votre génération serait plus sage que la notre si elle laissait l'auto à la maison quand les enfants sont plus vieux. Elle aurait plus d'argent dans ses poches et un air plus pur. Personnellement c'est ce que j'ai fait quand mes trois enfants pouvaient prendre le transport en commun. Est-ce que votre génération est différente de la mienne ? Moi je trouve qu'elles se ressemblent: regardez le trafic aux heures de pointe !

    Claude L'Heureux, Québec

  • Yvon Dionne
    Inscrit
    jeudi 2 avril 2009 15h58
    Quand le gouvernement s'en mêle...
    Pour mieux vendre une salade, les politiciens et les promoteurs d'un programme d'intervention «collective» (de transfert d'une partie de la population à une autre) sous-estiment toujours les coûts. C'était le cas pour les garderies, l'assurance-médicaments, le CHUM, etc. Et maintenant l'assurance parentale.

    Quand réalisera-t-on que les gouvernements ne créent pas de richesse ? Qu'ils ne font que la prendre aux uns, en se servant au passage, pour la donner à d'autres ? Il ne peut qu'en coûter plus cher quand on lance des faux incitatifs.

  • Max Roujeon
    Abonné
    jeudi 2 avril 2009 16h53
    @Mme line St-Amour : C'est quoi ça?
    Oui, je suis le Baby Boomer de vos cauchemars! Un peu horripilé par les gens comme vous, Mme St-Amour.
    J'en ai marre d'être tenu responsable de tout ce qui arrive. Ça a pas été facile tous les jours pour moi (et pour les autres vieux), alors, on «pourrait tu» respirer un peu et crever tranquille plutôt que de devoir subvenir à la génération de la génération de la génération qui suit (oui pour moi c'est subvenir aux arrière arrières petits enfants). Vous êtes fière de vous? Vous ne pensez pas que ça devrait être le contraire? Que les jeunes s'occupent des vieux? Pendant ce temps les vieux sont traités comme du bétail. Pourrait-on arrêter d'être la cible de toutes les critiques si on est en bonne santé avec 2-3 sous en poche? Ils ont été plus durs à gagner que de nos jours.
    Qu'est ce que vous croyez? Toutes ces lois pro-fainéantise n'existaient pas de mon temps quand je gagnais ma vie. La CNT non plus. La CSN, la FTQ et les autres non plus. Quiconque voulait une famille s'assumait et ne comptait pas sur les autres pour la faire manger (ou aller en vacance d'hiver, d'été, d'automne, avoir 15 télés, des cellulaires une auto par personne, une maison 3 fois plus grande que nécessaire etc.)! Je pourrai continuer longtemps comme ça.
    Ma génération ne blâmait pas les autres pour tout ce qui lui arrivait. Elle se prenait en main. Vous devriez vous prendre en mains. De mon côté, je ne dois rien à personne et j'ai plus que donné. Vous êtes pathétique.
    Et vous Mme Chouinard? Vous présentez le problème de manière à mettre le feu aux poudres et vendre de la copie? Et vous vous lavez les mains des conséquences?

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