Québec 2030 - La ministre Normandeau préconise un développement du territoire plus cohérent
Une nouvelle loi sur l'aménagement et l'urbanisme est annoncée pour 2010
Photo : Jacques Nadeau
Nathalie Normandeau, ministre des Affaires municipales, en compagnie du maire de Montréal, Gérald Tremblay
Nathalie Normandeau, vice-première ministre du Québec et titulaire du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT), préconise un développement du territoire plus cohérent. Pour ce faire, une trinité s'impose: démocratie, développement durable et refondation de la législation.
Nathalie Normandeau a la réputation de prendre à bras-le-corps les dossiers qui lui incombent; son parcours en qualité de ministre depuis 2003 le démontre de manière éloquente. En ce début de mandat, la députée de Bonaventure depuis 1998 engage son ministère dans une refondation de la loi sur l'aménagement et l'urbanisme. À cela se greffent trois enjeux de taille. «Le premier porte sur l'occupation et l'aménagement du territoire. L'autre enjeu concerne les infrastructures. Et puis, il y a la question de la capacité des municipalités d'assumer leurs responsabilités sur le plan financier», lance-t-elle en début d'entrevue.
Occupation et aménagement
Le principe de l'occupation et de l'aménagement du territoire est une chose. S'assurer qu'il se déploie de manière cohérente et durable dans le temps, en respectant les priorités citoyennes, en est une autre. À ce titre et dans une perspective municipale, urbaine ou rurale, la ministre Normandeau se pose la question suivante: «Comment nous assurer que nos outils de planification en matière d'aménagement nous permettent d'être plus actifs, et donc d'offrir aux municipalités toute la souplesse et la flexibilité dont elles ont besoin dans le cadre de leur développement?»
Les enjeux de l'aménagement du territoire ne sont pas non plus sans lien avec ceux qui concernent la démographie, «qui d'ailleurs nous interpellent avec une très grande acuité dans certains territoires qui sont dévitalisés ou qui sont aux prises avec un déficit démographique. Dans les concentrations urbaines, il y a tout l'enjeu de l'aménagement des quartiers et des espaces verts qui nous interpelle. Il s'agit ici de s'assurer de rendre les milieux urbains plus attrayants, où la qualité de vie est bonne.»
La ministre Normandeau poursuit en indiquant que tous ces enjeux et défis sont au coeur de l'actuelle refonte de la loi sur l'aménagement et l'urbanisme, dont la nouvelle mouture devrait aboutir en 2010.
«On souhaite non seulement offrir davantage de souplesse et de flexibilité aux municipalités par cette loi, mais on veut également s'assurer d'une plus grande participation citoyenne dans les choix qui seront faits sur le plan du développement» et de l'aménagement des territoires.
Mme Normandeau souligne par ailleurs à grands traits «qu'il faut s'assurer que les choix touchant au développement soient faits en concertation plutôt qu'en confrontation». Une confrontation entre qui? «Entre les élus et les citoyens. C'est souvent le cas. [...] Il nous faut donc mettre à la disposition des gens des mécanismes et des outils plus modernes pour favoriser une participation citoyenne. Tout cet exercice de réflexion a cours en ce moment au sein du MAMROT. On est, au fond, à un carrefour des idées qui nous invite à nous projeter dans le temps et à nous demander quels types de municipalités souhaitons-nous avoir au Québec dans 10, 15 ou encore 20 ans.»
Développement durable
À l'évidence, l'occupation et l'aménagement du territoire vont de pair avec les principes qui caractérisent le développement que l'on dit «durable». De fait, depuis la sanction par le gouvernement de Jean Charest de la loi sur le développement durable, le 19 avril 2006, le MAMROT est appelé à élaborer un plan d'action précisant les objectifs particuliers qu'il entend poursuivre, ainsi que les activités et les interventions qu'il prévoit réaliser à cette fin. «Le développement durable conditionne nos choix sur les plans économique, social et culturel», rappelle la ministre.
Peut-on alors, dans un avenir rapproché, parler de villes «vertes» comme d'un idéal à atteindre? «Eh bien, pour moi, le mot "vert" est trop restrictif dans le contexte du développement durable, qui, à mon avis, a une portée plus large.» C'est-à-dire? «Écoutez, prenons le cas d'une municipalité qui décide d'accorder aux piétons une minute trente secondes, plutôt que trente secondes seulement, pour traverser la rue au feu de circulation d'un carrefour achalandé. Ce serait là une façon de démontrer que la municipalité porte une attention toute particulière aux aînés et aux personnes handicapées vivant sur son territoire.»
Autres enjeux importants
En conclusion, Nathalie Normandeau fait remarquer que deux autres enjeux sont au coeur des priorités des municipalités.
Il y a, d'une part, la mise à niveau des infrastructures, et «c'est d'ailleurs pour cela que notre gouvernement s'est engagé dans un vaste plan d'investissement de 42 milliards de dollars sur cinq ans, afin d'assurer une économie dynamique pour l'ensemble de la province».
Et, d'autre part, les finan-ces... bien évidemment. «C'est un défi majeur pour les municipalités, qui sont d'ailleurs très dépendantes des taxes foncières. Elles nous disent ressentir de plus en plus de pressions.» La ministre Normandeau confirme par contre que son ministère a entrepris un vaste chantier portant sur la diversification des sources de revenu des municipalités. Ce travail se fait de concert avec le ministère des Finances, la Ville de Montréal, la Fédération québécoise des municipalités et l'Union des municipalités du Québec.
«Les travaux commencent. C'est un chantier qui est stimulant. Je vous dirais qu'il faut faire preuve de créativité afin de s'assurer que les municipalités aient accès à des sources de revenu plus importantes.»
***
Collaborateur du Devoir
Nathalie Normandeau a la réputation de prendre à bras-le-corps les dossiers qui lui incombent; son parcours en qualité de ministre depuis 2003 le démontre de manière éloquente. En ce début de mandat, la députée de Bonaventure depuis 1998 engage son ministère dans une refondation de la loi sur l'aménagement et l'urbanisme. À cela se greffent trois enjeux de taille. «Le premier porte sur l'occupation et l'aménagement du territoire. L'autre enjeu concerne les infrastructures. Et puis, il y a la question de la capacité des municipalités d'assumer leurs responsabilités sur le plan financier», lance-t-elle en début d'entrevue.
Occupation et aménagement
Le principe de l'occupation et de l'aménagement du territoire est une chose. S'assurer qu'il se déploie de manière cohérente et durable dans le temps, en respectant les priorités citoyennes, en est une autre. À ce titre et dans une perspective municipale, urbaine ou rurale, la ministre Normandeau se pose la question suivante: «Comment nous assurer que nos outils de planification en matière d'aménagement nous permettent d'être plus actifs, et donc d'offrir aux municipalités toute la souplesse et la flexibilité dont elles ont besoin dans le cadre de leur développement?»
Les enjeux de l'aménagement du territoire ne sont pas non plus sans lien avec ceux qui concernent la démographie, «qui d'ailleurs nous interpellent avec une très grande acuité dans certains territoires qui sont dévitalisés ou qui sont aux prises avec un déficit démographique. Dans les concentrations urbaines, il y a tout l'enjeu de l'aménagement des quartiers et des espaces verts qui nous interpelle. Il s'agit ici de s'assurer de rendre les milieux urbains plus attrayants, où la qualité de vie est bonne.»
La ministre Normandeau poursuit en indiquant que tous ces enjeux et défis sont au coeur de l'actuelle refonte de la loi sur l'aménagement et l'urbanisme, dont la nouvelle mouture devrait aboutir en 2010.
«On souhaite non seulement offrir davantage de souplesse et de flexibilité aux municipalités par cette loi, mais on veut également s'assurer d'une plus grande participation citoyenne dans les choix qui seront faits sur le plan du développement» et de l'aménagement des territoires.
Mme Normandeau souligne par ailleurs à grands traits «qu'il faut s'assurer que les choix touchant au développement soient faits en concertation plutôt qu'en confrontation». Une confrontation entre qui? «Entre les élus et les citoyens. C'est souvent le cas. [...] Il nous faut donc mettre à la disposition des gens des mécanismes et des outils plus modernes pour favoriser une participation citoyenne. Tout cet exercice de réflexion a cours en ce moment au sein du MAMROT. On est, au fond, à un carrefour des idées qui nous invite à nous projeter dans le temps et à nous demander quels types de municipalités souhaitons-nous avoir au Québec dans 10, 15 ou encore 20 ans.»
Développement durable
À l'évidence, l'occupation et l'aménagement du territoire vont de pair avec les principes qui caractérisent le développement que l'on dit «durable». De fait, depuis la sanction par le gouvernement de Jean Charest de la loi sur le développement durable, le 19 avril 2006, le MAMROT est appelé à élaborer un plan d'action précisant les objectifs particuliers qu'il entend poursuivre, ainsi que les activités et les interventions qu'il prévoit réaliser à cette fin. «Le développement durable conditionne nos choix sur les plans économique, social et culturel», rappelle la ministre.
Peut-on alors, dans un avenir rapproché, parler de villes «vertes» comme d'un idéal à atteindre? «Eh bien, pour moi, le mot "vert" est trop restrictif dans le contexte du développement durable, qui, à mon avis, a une portée plus large.» C'est-à-dire? «Écoutez, prenons le cas d'une municipalité qui décide d'accorder aux piétons une minute trente secondes, plutôt que trente secondes seulement, pour traverser la rue au feu de circulation d'un carrefour achalandé. Ce serait là une façon de démontrer que la municipalité porte une attention toute particulière aux aînés et aux personnes handicapées vivant sur son territoire.»
Autres enjeux importants
En conclusion, Nathalie Normandeau fait remarquer que deux autres enjeux sont au coeur des priorités des municipalités.
Il y a, d'une part, la mise à niveau des infrastructures, et «c'est d'ailleurs pour cela que notre gouvernement s'est engagé dans un vaste plan d'investissement de 42 milliards de dollars sur cinq ans, afin d'assurer une économie dynamique pour l'ensemble de la province».
Et, d'autre part, les finan-ces... bien évidemment. «C'est un défi majeur pour les municipalités, qui sont d'ailleurs très dépendantes des taxes foncières. Elles nous disent ressentir de plus en plus de pressions.» La ministre Normandeau confirme par contre que son ministère a entrepris un vaste chantier portant sur la diversification des sources de revenu des municipalités. Ce travail se fait de concert avec le ministère des Finances, la Ville de Montréal, la Fédération québécoise des municipalités et l'Union des municipalités du Québec.
«Les travaux commencent. C'est un chantier qui est stimulant. Je vous dirais qu'il faut faire preuve de créativité afin de s'assurer que les municipalités aient accès à des sources de revenu plus importantes.»
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