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Libérale et favorable aux fusions

Contrairement à son chef, la députée Monique Jérôme-Forget se prononce ouvertement même si elle souhaite un référendum

Jeanne Corriveau   27 mars 2003  Québec
Bien que favorable aux fusions, la libérale Monique Jérôme-Forget a défendu la position officielle de son parti devant le péquiste André Boisclair et l’adéquiste Pierre Bourque.
Photo : Jacques Nadeau
Bien que favorable aux fusions, la libérale Monique Jérôme-Forget a défendu la position officielle de son parti devant le péquiste André Boisclair et l’adéquiste Pierre Bourque.
S'aventurant hors des sentiers tracés par son parti, la candidate libérale dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys, Monique Jérôme-Forget, s'est déclarée hier favorable aux fusions municipales à Montréal. Sa prise de position, exprimée à l'occasion d'un débat électoral sur les enjeux métropolitains, constitue une entorse au discours que tient, depuis le début de la campagne, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ).

Réunis sur la même tribune, André Boisclair, candidat du Parti québécois (PQ) dans Gouin, Pierre Bourque, de l'Action démocratique du Québec (ADQ) dans Bourget, et Monique Jérôme-Forget, pour le PLQ, se sont livrés à un duel oratoire à saveur électorale hier midi devant un parterre de gens d'affaires à l'invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Même s'il ne figurait pas au programme des sujets discutés, le thème des défusions municipales est revenu sur le tapis. Répondant aux flèches décochées par ses adversaires, Monique Jérôme-Forget a tenté de clarifier la position de son parti: «Nous, au Parti libéral du Québec, on n'est pas pour les défusions et on n'est pas pour les fusions», a-t-elle lancé, provoquant des rires dans l'assistance. «Ce qui nous mène, c'est la démocratie, le citoyen. [...] Nous, on ne va pas se faire les ardents défenseurs des défusions. Nous allons respecter le vote et la démocratie. Nous allons écouter les gens», a-t-elle plaidé.

Plus tard, à l'occasion d'un point de presse au terme du débat, elle s'est aventurée encore plus loin. Après avoir précisé qu'elle résidait sur le territoire de l'ancienne ville de Montréal, elle a déclaré que si elle devait voter sur la question, elle appuierait les fusions municipales à Montréal. «C'est là mon opinion. Je respecterais votre opinion si vous pensiez différemment», a-t-elle indiqué.

Elle n'arrive pas à vanter les fusions pour autant: «Jusqu'à maintenant, je pense que le résultat n'est pas là. Quant à moi, j'ai vu une augmentation des coûts. Je n'ai pas vu les baisses d'impôt qui avaient été annoncées pour 97 % des gens. Au contraire, l'assiette fiscale a augmenté de 65 millions de dollars.»

Les citoyens ont le droit de choisir, croit-elle, et il ne faudra pas tarder à agir: «On ne peut pas traîner ce problème-là éternellement. On ne peut pas revenir dans un, deux ou trois ans, affirme-t-elle. Il va falloir que ce soit fait de façon équitable pour l'ensemble des payeurs de taxes.»

En campagne dans la ville d'Asbestos hier, le chef du PLQ, Jean Charest, n'a pas voulu commenter la prise de position de sa candidate et s'en est tenu au discours qu'il répète depuis des semaines. Les défusions sont une question de démocratie et le PLQ ne fera pas campagne pour ou contre les défusions, a-t-il indiqué. Lui-même n'a jamais voulu se commettre au sujet d'éventuelles défusions à Westmount, où il réside, ou à Sherbrooke, située dans sa circonscription.

Le débat opposant les représentants des trois partis a donné l'occasion aux candidats de se lancer quelques flèches. Pierre Bourque a dû, à maintes reprises, défendre le programme de son parti, notamment en matière de santé. Il faut «donner de l'oxygène» au système de santé, a-t-il fait valoir. «Il s'agit de mettre de l'efficacité dans le système et redonner aux médecins une plus grande autonomie dans la gestion de leurs services.» Un peu plus tard, Monique Jérôme-Forget a même demandé à l'ex-maire de Montréal s'il avait lu le programme de son parti.

André Boisclair a reproché à ses adversaires de ne pas faire preuve de réalisme, affirmant notamment que le cadre financier du PLQ ne tenait pas la route et dénonçant la volonté de ce parti d'investir massivement en santé, en environnement ou dans les services à la famille au détriment des autres secteurs: «Ils promettent tout à tout le monde et nous ramènent directement dans une situation de déficit.»

Si la candidate libérale a promis d'accorder aux municipalités 1 % de la taxe de vente du Québec (TVQ) pour diversifier les sources de revenus des villes, André Boisclair a fait valoir que le PQ avait convenu d'un pacte fiscal avec Montréal et qu'un contrat de ville avait été conclu avec l'administration municipale montréalaise. «Si je ne promets pas de donner 1 % de la TVQ, c'est que je ne sais pas si j'en aurai les moyens», a-t-il affirmé.

La candidate libérale a par la suite reproché à son homologue du PQ la piètre performance de son parti en matière d'habitation et de logement abordable. Le gouvernement n'a réalisé que 42 % de ses engagements en cette matière depuis 1997, a-t-elle lancé. De son côté, Pierre Bourque a fait un long plaidoyer en faveur d'un allégement de la réglementation en matière de construction pour contrer la pénurie de main-d'oeuvre et permettre à davantage de jeunes de travailler.

Avec la collaboration de Tommy Chouinard
 
 
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