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L'éléphant

Michel David   20 mars 2009  Québec
Cela rappelle le coup que Pierre Elliott Trudeau avait fait à Joe Clark durant la campagne électorale de 1979. Après avoir dénoncé sur tous les tons son projet de hausser la taxe sur l'essence, le chef libéral s'était empressé de le reprendre à son compte une fois redevenu premier ministre.

Depuis deux ans, chaque fois que Pauline Marois ou François Legault ont osé dire que le Québec devrait profiter de la baisse de la TPS fédérale pour hausser sa propre TVQ, Jean Charest a poussé des cris d'orfraie.

Hier, M. Legault a eu bien du mal à expliquer que ce n'était plus une bonne idée. Certes, la manoeuvre est cynique. Il aurait été infiniment préférable d'occuper sans attendre l'espace fiscal libéré par Ottawa, mais mieux vaut tard que jamais.

De la même manière, il y a un an, c'est la chef du PQ qui avait fait le meilleur accueil aux recommandations du comité Montmarquette, qui proposait d'en finir avec la «culture de la gratuité» en haussant systématiquement les tarifs des services publics.

À son grand regret, Monique Jérôme-Forget avait dû mettre au rancart le rapport qu'elle avait elle-même commandé. Évidemment, c'était avant les élections et M. Charest n'allait certainement pas la laisser compromettre ses chances de retrouver une majorité à l'Assemblée nationale par un regrettable accès de lucidité.

Bien entendu, au cours de la dernière campagne, quand il accusait encore le PQ de vouloir hausser la TVQ, le premier ministre n'avait aucune raison de croire que l'économie se détériorerait à ce point, qu'Ottawa modifierait la formule de péréquation, que la Caisse de dépôt... Enfin, que voulez-vous, aux grands maux les grands moyens.

***

Si la hausse de la TVQ donnera les résultats les plus spectaculaires à court terme, soit des revenus additionnels de 1,2 milliard à compter de 2011-2012, le budget annonce une toute nouvelle philosophie en matière de tarification des services publics.

L'indexation de tous les tarifs recensés dans les différents ministères et organismes à compter du 1er janvier 2011, à l'exception des services de garde subventionnés, est simplement un début. La politique de financement des services publics annexée au budget, fondée sur le principe de l'utilisateur-payeur, pourrait déboucher sur des hausses beaucoup plus significatives.

Sur le plan politique, il est difficilement envisageable de tarifer tous les services au prix du marché, mais le débat sera certainement houleux, malgré «la prise en compte de la capacité financière des ménages à faible revenu». La question est de savoir si le gouvernement a encore l'ascendant requis pour dégager un consensus.

Le moment n'est cependant pas mal choisi, dans la mesure où la crainte de s'embourber dans un déficit permanent peut rendre plus acceptable la perspective d'une hausse généralisée des tarifs, une fois la crise passée.

Il était difficile de ne pas sourire en entendant Mme Jérôme-Forget se réclamer de John Meynard Keynes, alors que les nouvelles mesures de stimulation économique annoncées dans son budget totalisent à peine 242 millions cette année et 236 millions l'an prochain.

Il demeure qu'il serait hasardeux de compter simplement sur une reprise de l'économie pour revenir à l'équilibre budgétaire et assurer la pérennité des services publics. D'une manière ou d'une autre, il faudra trouver de nouvelles sources de revenus.

***

Celle qui aura le mandat le plus difficile au cours des prochaines années n'est cependant pas la ministre des Finances, mais sa collègue du Conseil du trésor. Même si elle a un ton plus doucereux, Monique Gagnon-Tremblay a la réputation d'avoir la tête aussi dure, mais le ralentissement du rythme d'augmentation des dépenses prévues à compter de l'an prochain paraît exagérément optimiste.

Malgré la hausse des revenus provenant de la TVQ et d'une éventuelle reprise de l'économie, il faudra trouver le moyen de combler un écart entre les revenus et les dépenses qui atteindra 3,7 milliards en 2014-2015 pour revenir à l'équilibre budgétaire. C'est énorme. On a beau avaler un éléphant une bouchée à la fois, comme l'a expliqué la ministre des Finances, cela demeure un éléphant. Il y a un sérieux risque d'indigestion.

À partir du moment où le gouvernement entend maintenir intégralement les services de santé et d'éducation, il est clair que les autres secteurs seront durement touchés. Si la reprise n'est pas au rendez-vous, ce sont des pans entiers de services qui pourraient disparaître.

Mme Gagnon-Tremblay, qui a toujours cultivé la langue de bois, n'a voulu tirer aucune conclusion en ce qui concerne les négociations pour le renouvellement des conventions collectives dans le secteur public, sinon qu'elles devront être abordées avec «ouverture et réalisme». À première vue, cela n'augure pas très bien.

***

mdavid@ledevoir.com






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  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    vendredi 20 mars 2009 02h53
    Aux grands maux les grands moyens !
    C'est toujours la même histoire...

    Les goussets du gouvernement sont vides.. on va taxer le citoyen et aider les entreprises.

    Voilà un exemple patent du libéralisme.

    En 1970, plus de 40% des revenus d'impôts de la province provenaient des compagnies, alors qu'aujourd'hui elles ne contribuent plus qu'à 10%. Ce qui fait reposer 90 % des impôts sur le contribuable ordinaire.

    De plus, ce sont là des dizaines et des dizaines, pour ne pas dire des centaines de milliards manquants à l'appel et qui expliquent à eux seuls la déconfiture actuelle des finances du Québec.

    Ces dizaines de milliards désespérément manquants et qui font malheureusement aujourd'hui en sorte que notre système de santé est menacé, nos écoles s'écroulent, nos routes périclitent, nos s'infrastructures s'effondrent et que la dette augmente.

    Nous assistons donc, comme l'affirmait si bien un des lecteurs assidu du Devoir à : «La privatisation des profits et la socialisation des déficits».

    Mais nous nous entêtons quand même dans le fatalisme, l'immobilisme, le cynisme politique et l'absentéisme électoral, alors que nous disposons maintenant d'un parti de gauche pour défendre les intérêts des citoyens plutôt que les intérêts des entreprises.

    Allons-nous continuer de nous entêter dans notre conservatisme, qu'il soit péquiste, adéquiste ou libéral jusqu'à ce que mort s'en suive...?

    À nous de décider...


    À quand un parti du peuple, par le peuple, pour le peuple ?



    ________________________

    Christian Montmarquette
    Membre de Québec solidaire


    « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles » - Sénèque


    -----------------------------------------------------


    Autre référence- Extrait d'article :


    - Jacques Parizeau et la nationalisation des banques...

    Il n'y a pas plus de deux semaines, notre ancien Premier ministre Jacques Parizeau, invité vedette de l'émission «Tout le monde en parle», proposait de lorgner du côté de la Caisse de dépôt et placement et de nationaliser des banques pour augmenter les revenus du Québec et faire face à la crise économique :

    « ...Quand l'économie va mal et qu'on a besoin d'argent pour faire marcher le système... il faut prendre l'argent là où elle se trouve... » avait-il lancé nonchalamment...

    Diantre !

    Entendre ça ???

    C'était comme de la véritable musique à mes oreilles !

    Il n'aurait pas fallu qu'Amir Khadir, Françoise David ou Québec solidaire évoque une telle idée...

    On se serait jeté sur eux à bras raccourcis, pour les traiter d'extrémistes, de terroristes économiques ou encore de méchants soviets communistes...

    Références :

    En bref - « Parizeau s'en mêle »
    Le Devoir, mercredi le 3 décembre 2008 :
    http://www.ledevoir.com/2008/12/03/220489.html


    Lien vers l'article complet :

    Gilles Duceppe, Jacques Parizeau et la nationalisation des banques :

    http://www.vigile.net/Gilles-Duceppe-Jacques-Pariz

    .

  • Jean-Pierre Lusignan
    Abonné
    vendredi 20 mars 2009 07h27
    Une mince mais réelle satisfaction
    L'automne dernier, le premier ministre n'a pas saisi l'occasion qui s'offrait de mobililer la population autour de la récession qui s'amenait. Il a plutôt choisi de nous faire dormir.

    Maintenant, il est pris avec trois drames: une longue et forte récession,une population bernée, démobilisée et rancunière et une opposition parlementaire aguerrie. D'une certaine façon, il a choisi son sort et il est heureux pour madame Marois qu'elle ne soit pas encore première-ministre. Malheureusement pour elle, elle héritera bientôt d'une mauvaise gouvernance. Souhaitons-nous qu'elle maintienne la barre même s'il lui en coûte des votes.

  • Yvon Roy
    Abonnée
    vendredi 20 mars 2009 07h28
    La main invisible
    les éléphants roses auront toujours meilleur goût assurément, mais matante Monique devrait plutôt parler de la main invisible d'Adam Smith plutôt que des ossements du baron John Maynard Keynes comme nouvelle philosophie de la vie à mon très humble avis....

  • Roger Kemp
    Inscrit
    vendredi 20 mars 2009 07h44
    Lire entre les lignes
    Votre vision et la lecture que vous faites du budget est très juste. Je me rappelle au début de février alors que Jean Charest était président d'honneur du tournoi pee-wee de Québec et qu'il accordait une entrevue télévisée longuement espérée puisque monsieur Charest n'avait à peine accordé d'entrevue médiatique depuis son élection de décembre 2008, il avait dit à mots à peine couverts qu'il fallait s'attendre à des hausses de tarifications. Fallait lire entre les lignes pour savoir que cela serait dans le budget d'hier. Ce qu'il faut maintenant penser de tout cela dépendra de la longueur de la récession. S'il y a reprise rapide de l'économie, cela passera comme du beurre dans la poêle mais si la récession se prolonge cela sonnera le déclin des intentions de votes à son égard pour la prochaine élection laissant au Parti Québécois la gouvernance dans une mer agitée. Nous sommes maintenant habitués au langage de monsieur Charest, faudra juste apprendre à lire entre les lignes pour connaître ses véritables intentions.

  • André Chamberland
    Inscrit
    vendredi 20 mars 2009 08h04
    Et si on coupait les dépenses au lieu de perpétuer le modèle capitaliste de la crise
    Le gouvernement aux deux mains sur le volant, perpétue ce qui nous a conduit à cette crise. Comme je l'écrit dans mon commentaire précédent sur le texte de Lise Payette ce matin, on s'en sortira pas ainsi. Voir mon autre commentaire.

  • Richard Lavoie
    Inscrit
    vendredi 20 mars 2009 08h55
    Pitoyable le gouvernement Charest
    Mensonge, tromperie, improvisation, étrangler le contribuable, servir les riches, bien traiter ses petits amis, y compris les incompétents. Nous savons déjà que ces mots font partie du catéchisme des libéraux. La fraude et le mensonge sont partout. Dans certains pays européens, pour moins que ça, les «contribuables», les syndicats, les pauvres, les étudiants, les chiens, les chats, etc., seraient montés aux barricades pour exiger la démission des imposteurs, des improvisateurs. Ici «le bon peuple» se contente de critiquer dans les officines, en sourdine.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    vendredi 20 mars 2009 09h51
    Les élections, kossa donne ?
    "Bien entendu, au cours de la dernière campagne, quand il accusait encore le PQ de vouloir hausser la TVQ, le premier ministre n'avait aucune raison de croire que l'économie se détériorerait à ce point,.."

    Ce qui démontre bien que Marois ou Charest ou n'importe qui d'autre au poste de premier ministre ne change pas grand chose. Ils obéissent à d'autres.

    Je me souviens qu'on parlait du "Big Crash of 2008" dès 2006 !

    Et même en 2003, John Talbott, Vice President à Goldman Sachs, prévoyait pour autour 2008 :

    "... Rising interest rates drive down home prices, leaving an alarming number of homeowners-particularly those who've cashed out or borrowed against their equity-holding more debt than their house is worth. If they sell, they would actually owe money.

    Under this scenario, foreclosure rates jump as high as 5 percent, pushing down home prices and wreaking financial havoc all the way to the top of the housing food chain at Freddie Mac and Fannie Mae. With the collapse of these financial behemoths, investors would lose money, taxpayers would be stuck paying for a bailout and confidence in the banking industry would be as good as gone.

    And your home? A 30 percent drop in home values isn't inconceivable."

    "It's 1929 all over again," said Talbott... "This is big Depression-type stuff."

    Charest était le seul à pas savoir ? C'est bien possible, puisque c'est pas lui qui conduit ni qui pilote. Comme les autres, son dada c'est la carte électorale.

  • Max Roujeon
    Abonné
    vendredi 20 mars 2009 13h51
    @ M. Chamberland! Enfin du nouveau! Bravo!
    Mais pour ça, il faut passer «sur le corps» des syndicats. Y avez-vous pensé?
    Un exemple : Pour l'équité salariale : on augmente les femmes. Pourquoi on n'a pas ajusté à la baisse le salaire des hommes ?
    L'objectif était-il l'égalité ou une augmentation déguisée? Personne n'a rien dit.
    On est en pleine crise, les compagnies ferment, les licenciements se multiplient et on honore la convention collective et on octroie le 2% d'augmentation aux fonctionnaires.
    Des exemples flagrants de non vouloir être efficace, il y en a des pages et des pages.
    Ne vous méprenez pas, je n'ai rien contre les fonctionnaires, mais je n'aime pas qu'on me prenne pour une andouille.
    De l'argent il y en a à la tonne mais on le gaspille à la double tonne également.
    J'arrête là avant de me «faire tuer», au sens figuré bien entendu.

  • bernard théroux
    Inscrit
    vendredi 20 mars 2009 13h55
    Très facile à expliquer
    Le PQ voulait augmenter la TVQ pour créer de nouvelle dépense. Le PLQ le fait pour payer la facture actuel. Pas le même objectif. Entre augmenter les impots et augmenter la TVQ le choix fiscale le meilleurs est la TVQ voilà.

  • Max Roujeon
    Abonné
    vendredi 20 mars 2009 14h37
    Confirmation de M. Montmarquette
    Le M. Montmarquette «ici», n'est pas et n'a rien à voir avec l'auteur du rapport du même nom. Merci M. Montmarquette de m'avoir répondu.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    vendredi 20 mars 2009 15h30
    @Max Roujeon - Christian et Claude des Montmarquette aux antipodes politique !
    Bonjour cher Monsieur Roujeon,

    Suite à notre échange par courriel, je me permets la publication de ma réponse dans le but d'éclaircir la situation...

    Dieu merci ! ..je ne suis pas " Claude " mais Bien "Christian " Montmarquette... rien de commun avec ce Claude Montmarquette un économiste de droite de qui je suis à l'antipode de l'axe politique !

    Ceci dit, je suis un peu à court de temps, pour répondre à l'instant à vos questions.

    Merci pour mon ami Amir, car nous ne l'avons pas volé cette petite victoire construite à bout de bras sur plus de 10 de durs et constants labeurs.

    Je vais tenter de vous revenir... même s'il serait plus facile pour moi que vous reformulier votre intervention sanchant que je suis CHRISTIAN et non CLAUDE ! (rires).

    ...Mais, surtout " en très grande faveur " d'un système de santé publique et " contre" sa privatisation" par exemple... Contrairement à ce Claude... Montmatquette...


    Entre-temps, premettez-moi de vous suggérer ces quelques contributions chez Vigile et chez Presse-toi à gauche.


    Cela vous donnera un premier survol des idées que je défends.


    Très amicalement,



    ______________________


    Christian Montmarquette
    Membre de Québec solidaire
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec

    Ex-porte-parole de Québec solidaire Saint-Henri-Sainte-Anne
    Candidat de l'Union de forces progressistes - Laporte 2003
    Espace personnel : http://christianmontmarquette.spaces.live.com/

    Ancien site électoral : http://www.geocities.com/chmontmarquette/ufplogo


    Articles suggérés:

    « Fédéralisme -Souverainisme » : Une dialectique aliénante
    http://www.vigile.net/Federalisme-Souverainisme-Un

    Vive le Québec libre... Quelle liberté ?
    http://www.vigile.net/Vive-le-Quebec-libre-Quelle


    Vigile sous la tente devant l'Assemblée nationale
    Une réussite médiatique :
    http://www.vigile.net/Une-reussite-mediatique


    «Quand j'ai rencontré Madame Marois...»
    http://www.pressegauche.org/spip.php?article2938


    Tous mes acticles chez Vigile.Net :
    http://www.vigile.net/_Montmarquette-Christian_

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