Caisse de dépôt: les autres répondront
Monique Jérôme-Forget estime que l'impact des résultats de la Caisse sur les citoyens sera minime
Monique Jérôme-Forget a témoigné hier devant la commission parlementaire sans toutefois apporter toutes les réponses espérées.
Comparution houleuse de Monique Jérôme-Forget devant la Commission des finances publiques, hier. Assaillie de questions, la «dame de fer» a qualifié les demandes d'excuses d'«enfantillages» et a refusé de répondre à plusieurs questions, notamment au sujet des avertissements de la Banque du Canada qui, dès 2005, avait sonné l'alerte au sujet des papiers commerciaux. La ministre s'est par ailleurs fait rassurante: les effets des pertes historiques de 40 milliards de la Caisse de dépôt sur les cotisations seront «très minimes».
Québec — La Banque du Canada avait sonné l'alerte à propos des problèmes de «liquidité» des papiers commerciaux en 2005, soit deux ans avant que n'éclate la crise qui allait entre autres causer des pertes sans précédent à la Caisse de dépôt et placement. Mais ces avertissements sont restés lettre morte au ministère des Finances du Québec.
Questionnée à ce sujet hier devant la Commission des finances publiques, la ministre Monique Jérôme-Forget a soutenu que ce n'était pas à son ministère de réagir: «La question, vous devez la poser à M. Rousseau. Avait-il reçu les avertissements justement [...] de la Banque du Canada?» La semaine dernière à Ottawa, un représentant de la Banque du Canada, Pierre Duguay, a rappelé qu'en 2005, cette institution avait «lancé des avertissements dans [une] revue du système financier».
Extrêmement prudente hier, Mme Jérôme-Forget a à de multiples reprises esquivé les questions. D'entrée de jeu, elle avait averti les députés que ce serait là son attitude: «Je ne peux pas répondre aux questions fondamentales [...]. Ça, je vais le dire plusieurs fois aujourd'hui: attendez d'entendre un tel, attendez d'entendre M. Perreault, attendez d'entendre M. Rousseau, attendez d'entendre le président du conseil...» Mme Jérôme-Forget avait refusé pendant plusieurs jours de témoigner devant la Commission des finances publiques avant de faire volte-face en pleine Assemblée nationale, jeudi. Tenant une Bible, elle lança qu'elle n'avait aucun problème à prêter serment. Un geste solennel qu'elle n'a toutefois pas répété avant de comparaître devant la Commission, hier.
La ministre a défendu une politique de non-ingérence totale du gouvernement du Québec dans les affaires de la Caisse et a accusé à de multiples reprises le PQ de vouloir faire le contraire. Au sortir de la Commission, le critique François Legault a vu dans l'attitude de la ministre, à qui il reproche de ne pas s'être suffisamment informée des problèmes de la Caisse, un «manque de leadership grave». C'est «comme si ça ne l'intéressait pas», a-t-il déploré.
«Il y a une énorme différence entre s'informer en tant que fiduciaire et s'immiscer dans la Caisse de dépôt elle-même», a lancé à la ministre le député péquiste Jean-Martin Aussant, critique en matière d'institutions financières. Exaspéré par le fait que Mme Jérôme-Forget, au sujet du Fonds d'amortissement des régimes de retraite (FARR), a dû demander l'aide de son sous-ministre pour répondre, il a lancé sèchement: «Je comprends aussi que la ministre des Finances a étudié en psychologie; chacun son domaine, semble-t-il, parce qu'elle nous réfère toujours à quelqu'un d'autre.» Par la suite, il a corrigé la ministre, laquelle a été obligée de s'incliner: «Vous mentionniez M. Landry qui parlait de produits PCAA en 1997. Ils n'existaient pas en 1997. Ce sont des produits, ces PCAA-là, qui sont arrivés dans les années 2000. Il parlait sans doute de TACH, de titres adossés à des créances hypothécaires.»
La ministre s'est montrée irritée lorsque le critique adéquiste en matière de finances, François Bonnardel, lui a suggéré de faire des excuses aux Québécois. Le député faisait valoir qu'en 2007, au moment de la campagne électorale, Jean Charest s'était attribué les bons rendements de la Caisse. «Si votre gouvernement est responsable des bons rendements, il est donc aussi responsable des mauvais [...]», a-t-il dit, demandant à la ministre si elle ne devait pas des excuses aux Québécois. Après avoir dénoncé cette nouvelle obsession de la contrition chez les élus, Mme Jérôme-Forget a lancé: «Étant une femme, vous savez, si ça peut vous faire plaisir, tout le monde, de dire qu'on s'excuse, on va s'excuser. Mais c'est complètement aberrant.» Perdant patience, elle a enchaîné: «On est en train de discuter d'une institution qui gère des sommes très importantes. On n'est pas ici dans des enfantillages.»
Au reste, la ministre croit que les pertes de la Caisse auront un impact «très minime» sur les citoyens du Québec qui cotisent à différents fonds, telle la Régie des rentes. «L'impact va se faire sentir, bien sûr, à moins que les résultats de la Caisse augmentent beaucoup l'an prochain. Ce qui est probable.» Selon elle, ce qui est important, «c'est de voir l'impact sur une longue période. Tout régime de cotisation de retraite, vous ne regardez jamais le court terme», a-t-elle dit.
Québec — La Banque du Canada avait sonné l'alerte à propos des problèmes de «liquidité» des papiers commerciaux en 2005, soit deux ans avant que n'éclate la crise qui allait entre autres causer des pertes sans précédent à la Caisse de dépôt et placement. Mais ces avertissements sont restés lettre morte au ministère des Finances du Québec.
Questionnée à ce sujet hier devant la Commission des finances publiques, la ministre Monique Jérôme-Forget a soutenu que ce n'était pas à son ministère de réagir: «La question, vous devez la poser à M. Rousseau. Avait-il reçu les avertissements justement [...] de la Banque du Canada?» La semaine dernière à Ottawa, un représentant de la Banque du Canada, Pierre Duguay, a rappelé qu'en 2005, cette institution avait «lancé des avertissements dans [une] revue du système financier».
Extrêmement prudente hier, Mme Jérôme-Forget a à de multiples reprises esquivé les questions. D'entrée de jeu, elle avait averti les députés que ce serait là son attitude: «Je ne peux pas répondre aux questions fondamentales [...]. Ça, je vais le dire plusieurs fois aujourd'hui: attendez d'entendre un tel, attendez d'entendre M. Perreault, attendez d'entendre M. Rousseau, attendez d'entendre le président du conseil...» Mme Jérôme-Forget avait refusé pendant plusieurs jours de témoigner devant la Commission des finances publiques avant de faire volte-face en pleine Assemblée nationale, jeudi. Tenant une Bible, elle lança qu'elle n'avait aucun problème à prêter serment. Un geste solennel qu'elle n'a toutefois pas répété avant de comparaître devant la Commission, hier.
La ministre a défendu une politique de non-ingérence totale du gouvernement du Québec dans les affaires de la Caisse et a accusé à de multiples reprises le PQ de vouloir faire le contraire. Au sortir de la Commission, le critique François Legault a vu dans l'attitude de la ministre, à qui il reproche de ne pas s'être suffisamment informée des problèmes de la Caisse, un «manque de leadership grave». C'est «comme si ça ne l'intéressait pas», a-t-il déploré.
«Il y a une énorme différence entre s'informer en tant que fiduciaire et s'immiscer dans la Caisse de dépôt elle-même», a lancé à la ministre le député péquiste Jean-Martin Aussant, critique en matière d'institutions financières. Exaspéré par le fait que Mme Jérôme-Forget, au sujet du Fonds d'amortissement des régimes de retraite (FARR), a dû demander l'aide de son sous-ministre pour répondre, il a lancé sèchement: «Je comprends aussi que la ministre des Finances a étudié en psychologie; chacun son domaine, semble-t-il, parce qu'elle nous réfère toujours à quelqu'un d'autre.» Par la suite, il a corrigé la ministre, laquelle a été obligée de s'incliner: «Vous mentionniez M. Landry qui parlait de produits PCAA en 1997. Ils n'existaient pas en 1997. Ce sont des produits, ces PCAA-là, qui sont arrivés dans les années 2000. Il parlait sans doute de TACH, de titres adossés à des créances hypothécaires.»
La ministre s'est montrée irritée lorsque le critique adéquiste en matière de finances, François Bonnardel, lui a suggéré de faire des excuses aux Québécois. Le député faisait valoir qu'en 2007, au moment de la campagne électorale, Jean Charest s'était attribué les bons rendements de la Caisse. «Si votre gouvernement est responsable des bons rendements, il est donc aussi responsable des mauvais [...]», a-t-il dit, demandant à la ministre si elle ne devait pas des excuses aux Québécois. Après avoir dénoncé cette nouvelle obsession de la contrition chez les élus, Mme Jérôme-Forget a lancé: «Étant une femme, vous savez, si ça peut vous faire plaisir, tout le monde, de dire qu'on s'excuse, on va s'excuser. Mais c'est complètement aberrant.» Perdant patience, elle a enchaîné: «On est en train de discuter d'une institution qui gère des sommes très importantes. On n'est pas ici dans des enfantillages.»
Au reste, la ministre croit que les pertes de la Caisse auront un impact «très minime» sur les citoyens du Québec qui cotisent à différents fonds, telle la Régie des rentes. «L'impact va se faire sentir, bien sûr, à moins que les résultats de la Caisse augmentent beaucoup l'an prochain. Ce qui est probable.» Selon elle, ce qui est important, «c'est de voir l'impact sur une longue période. Tout régime de cotisation de retraite, vous ne regardez jamais le court terme», a-t-elle dit.
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- Monique Jérôme-Forget,
- Banque du Canada,
- Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ)
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