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Du désenchantement jusqu'à la révolte

Antoine Robitaille   14 mars 2009  Québec
Québec — Les trois partis d'opposition ont remis en question, hier, la nomination de Michael Sabia à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

Pauline Marois a dit ne pas «partager» la décision du gouvernement Charest. Compte tenu de «l'état de crise» à la CDPQ, elle aurait préféré «une personne qui fasse davantage l'unanimité et surtout qui possède le profil et les expériences nécessaires pour relever les défis auxquels est confrontée l'institution». Toutefois, le PQ a fait savoir par communiqué qu'il souhaite s'entretenir avec le nouveau p.-d.g. «au cours des prochaines semaines» afin de mieux comprendre ce que celui-ci «souhaite faire» et «comment il le fera» pour résorber la crise à la CDPQ. L'ADQ a fait savoir pour sa part qu'il était «évident» que le gouvernement s'était ingéré depuis le début dans cette nomination.

La réaction la plus virulente est venue de Québec solidaire (QS), qui a vertement dénoncé la nomination de M. Sabia. Dans un communiqué, la formation de gauche s'est demandé si le Québec «avait vraiment besoin d'un autre financier, issu de l'économie casino et de la culture affairiste du libre marché, à la tête du bas de laine des Québécoises et des Québécois». QS fait remarquer que le précédent p.-d.g., Henri-Paul Rousseau, issu du même milieu, a «conduit la Caisse à jouer et à perdre des milliards de dollars de l'épargne collective» québécoise. Plus tôt dans la journée, le député de QS, Amir Khadir, avait réclamé que M. Rousseau rembourse la prime de départ qu'il a reçue.

Pour sa co-porte-parole Françoise David, la nomination de Michael Sabia à la Caisse signifie que M. Charest n'a «rien appris de cette crise». QS aurait plutôt nommé un «gestionnaire de la haute fonction publique qui aurait démontré par le passé un grand sens des responsabilités sociales et d'attachement au Québec», tel l'ancien président du Mouvement Desjardins, Claude Béland. Ce dernier, lors des dernières élections, avait appuyé publiquement QS. Mme David a ajouté que le bilan de M. Sabia à la tête de BCE a été «désastreux». «De son passage comme p.-d.g., seul son portefeuille personnel semble s'être bien tiré.» La nomination de M. Sabia est «d'autant plus révoltante» qu'il a touché «quelques dizaines de millions de dollars en quittant l'entreprise qu'il a mal conduite». «N'y a-t-il vraiment aucune gêne à la tête du gouvernement du Québec pour accepter une telle nomination?», a pesté Amir Khadir.

Selon lui, les gouvernements ont pris la «mauvaise habitude» de confier la direction des grandes décisions économiques à des banquiers et à des financiers. «Il est temps de mettre fin à ce culte des affairistes dont M. Sabia, issu de Bay Street, est l'un des plus tristes exemples», a soutenu M. Khadir dans le communiqué de QS.

Plus tôt hier, M. Khadir a réclamé une commission d'enquête publique au sujet de la Caisse de dépôt. Celle-ci ne se bornerait pas à «identifier un ou une responsable des 40 milliards de pertes de la Caisse», mais ferait «le procès d'une culture financière».






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  • Luc Boyer
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 04h55
    Que cé???
    Peut-être fait-il parti de l'Opus Dei. Allez dont savoir? Je viens de lire Mme Lapointe sur Mgr Charbonneau. Charest ne désavouerait pas Duplessis et on sait de quoi ils sont capables. La Caisse de dépôt est unique en son genre dans le monde capitaliste. Soutien de la morale de la révolution dite tranquille, oh mon libraire de la rue Sainte-Catherine, la Caisse de dépôt vient d'encaisser le geste de la plus grande traitrise qu'elle n'a pas connu. Et ça continu avec cette nomination. Les maisons de cotation feront confiance à cette nomination? Allez donc. Que le carnage continue.

    Luc Boyer.
    lboyrand@yahoo.ca

  • Jacques Lafond
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 09h21
    Michael Sabia
    La nomination de Michael Sabia à la tête de la Caisse de Dépôt est une autre immense gifle du gouvernement Charest à la population du Québec.

    Après la nomination de Kathleen Weil, (une fanatique opposante à la loi 101 et à la défense du français au Québec) , comme Ministre de la Justice, le gouvernement Charest vient de nommer Sabia à la tête de la Caisse.

    Sabia, un homme qui a été grassement payé pour amener à bien BCE, un vrai fleuron du Québec, n'a rien trouvé de mieux à faire que d'essayer de vendre BCE aux ontariens, et en ce faisant, il a laissé la compagnie dans un état assez précaire; merci.

    Face à ce bilan, qu'elle justifications le gouvernement Charest a t-il pour nommer Sabia à la tête de la caisse ?

    Je pense qu'il est temps que le gouvernement libéral tombe. Pour ça, il ne suffit que d'aller chercher 3 députés libéraux. Ça ne devrait pas être très difficile à faire ...

    Jean Charest, Michael Sabia, et Kathleen Weil doivent partir, et ce immédiatement ...

  • Linda Hart
    Inscrite
    samedi 14 mars 2009 09h42
    Une commission d'enquête et que ça saute !
    Je suis entièrement d'accord avec M. Khadir, le temps d'une commission d'enquête sur les questions fondamentales, celles auxquelles sacoche et patapouf ne veulent pas répondre, est venu.

    Quant à M. Sabia, BCE ne me semble pas une très bonne référence, loin de là et je n'aime pas le mode de nomination, bizarre pour un premier ministre qui clame haut et fort qu'il n'y a rien de politique à la caisse. Patapouf serait-il en train d'effacer ses traces en nommant un ti-nami à la CDPQ ? Pourquoi ce Sabia quand on aurait pu avoir Luc Bertrand pour le même prix ? Luc Bertrand n'est pas un ti-nami, on n'était pas certain de sa "loyauté" ?

  • Frank Hebert
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 09h43
    Reveillez-vous!
    M. Charest, Mme Jérôme-Forget ne vous rendez-vous pas compte que le fameux néo-libéralisme qui est votre approche de prédilection est à l'agonie, partout dans le monde? Les banquiers et les affairistes coiffent actuellement le bonnet d'âne qu'ils ont bien mérité.
    Chose certaine nous ne méritions pas des gouvernants de votre trempe en cette période tumutueuse. Vous pouvez remercier la région de Québec pour votre élection!

  • Fabienne Desbiens
    Abonnée
    samedi 14 mars 2009 09h44
    À Québec Solidaire...
    Merci.

  • Fabienne Desbiens
    Abonnée
    samedi 14 mars 2009 10h05
    M.Lafond...
    ... de tout coeur avec vous. Comment mais comment se débarrasser de ce dangereux gouvernement? Appel à tous! À l'aide!

  • Riopel Louis
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 10h47
    .. .Naitra la colère
    La colère gronde envers ce gouvernement que Mme Marois a qualifié d'user à peine trois mois après son élection.Force est de constater que patapouf et la sacochière sont l'incompétence même.Ti-Jean savait très bien que le temps jouait contre lui l'été dernier.Jacques Languirand a déjà expliquer que ds ÉCONOMIE...ÉCO signifie MAISON.Donc le feu est pris ds la maison;si je comprends bien.Il nous faut faire comprendre à quelques membres libéraux de l'Assemblée Nationale qu'ils doivent quitter ce gouvernement quitte à siéger comme indépendant.Ce "patapouf" de malheur doit goûter à sa médecine et être renversé.Bonne réflexion à nos illustres députés avant qu'ils ne deviennent dépités.

  • Denis Simard
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 12h12
    Contentement
    Enfin une attitude positive du PQ. On veut rencontre le dg de la CDPQ. Ça commençait à être le temps qu'il se fasse quelque chose de concret.
    Et bien sûr, que si le parti libéral était battu on serait bien mieux gouverner par le PQ! Quand on regarde ce qui se passait avant, permettez-moi d'en douter. Travailler pour une compagnie publique comme le gouvernement dont les employés-députés se font matelasser, facile à comprendre que l'on ne veule pas se faire engager. Et vive les gérants dans les estrades. C'est vrai qu'au prix qu'ils sont payés....
    DS

  • Jacques Lafond
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 14h23
    Pauvre Madame Desbiens
    Pauvre madame Desbiens. Je crois qu'il est important et urgent de remplacer le premier Ministre Charest, la ministre de la justice Kathleen Weil, et Michael Sabia.

    S'il faut faire tomber le gouvernement actuel libéral pour ce faire; bien soit.

    Mais, je pense aussi qu'il ne faut pas remplacer ou donner plus de pouvoir à la bandes de Clowns qu'est Québec Solitaire.

    On ne change pas pour pire. Bien qu'au Québec, on ne sait jamais ...

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 17h59
    À Jacques Lafond
    Les lecteurs du Devoir attendent toujours que vous leur expliquiez en quoi Québec solidaire serait choix pire que n'importe quel autre parti politique. Des arguments s.v.p. Un préjugé, fusse-t-il crié, n'en demeure pas moins un préjugé.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Michel Dufour
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 19h53
    Suggestion!
    J'analysais la situation et une soudaine idée m'est venu! Pourquoi pas Maurice "Mom" Boucher au ministère de la justice? Nous aurions enfin quelqu'un qui sache imposer l'ordre! Grrrrrrrrrrrr! Citoyens! Dans la rue et çà presse!

  • Renaud Blais
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 23h36
    Québec solidaire-Québec solidaire-Québec solidaire BIS
    Je crois que nous commençons à comprendre l'extraordinaire changement de ton que nous annonce Québec solidaire.
    Nous avons fini d'entendre des petits ronron qui souhaitent que rien ne change, PARCE QUE NOS POLITICIENneS sont vendus à ceux qui financent leur campagnes électorales ou leurs courses à la chefferie, quand ils n'ont pas été "mis là" avec un numéro de compte en Suisse où dans un autre paradis fiscal...
    Renaud Blais

  • Fabienne Desbiens
    Abonnée
    dimanche 15 mars 2009 00h20
    Désolée M.Lafond...
    ... je ne suis plus du tout de tout coeur avec vous, mais vraiment pas.Ça m'apprendra à m'exprimer sous le coup de l'émotion, pauvre M.Lafond.
    Au nom de quelle compétence traitez-vous QS de "bande de clowns". M.Berger a raison: des arguments qui se tiennent s.v.p. Vous pensez sérieusement que QS serait pire que le gouvernement Charest? Ouf! On n'est vraiment pas sortis de la m... mélasse.

  • Jean Desjardins
    Abonné
    dimanche 15 mars 2009 15h10
    S'affranchir des partis politiques...
    Je suis de plus en plus convaincu qu'on amorcera une sortie de l'enfer actuel que vivent le Québec et les Québécois le jour où un mouvement civil sérieux affranchi des partis politiques traditionnels prendra forme. La preuve: la difficulté du Parti Québécois à se vendre comme alternative crédible au vide sidéral créé par Jean Charest et par le PLQ depuis 2003. Faut le faire ! Une autre preuve: le ras-le-bol généralisé qui ressort de plus en plus au sein de la population québécoise plus politisée ...qu'on soit de gauche, de droite, d'en haut ou d'en bas, d'allégeance de tel parti politique ou de tel autre. On a qu'à lire les commentaires des correspondants du Devoir pour s'en convaincre. J'exclus, bien sûr, les sourds, les aveugles et les muets (une autre manifestation des trois petits singes...) attachés à leurs préjugés coriaces, qu'ils soient de telle allégeance politique ou de telle autre...

    Pour ma part, j'aimerais dire adieu à cette génération de politiciens et de leaders économiques surévalués ainsi qu'à tous ces opportunistes qui se sont subrepticement incrustés dans la non-gouvernance du Québec. Ces profiteurs qui occupent tout l'espace politico-économique actuel et qui sabotent joyeusement tout changement à ce régime pseudo-démocratique ...décadent ! J'aimerais dire adieu à cette génération de demeurés qui se servent allègrement de la question nationale (légitime !) pour faire carrière et exercer le pouvoir pour le pouvoir (illégitime). Coûte que coûte. Sans projet collectif consistant, que ce soit ...comme province ou ...comme pays.

    Vite ! Partons à la recherche de nouveaux leaders qui allient charisme, compétence et idéaux désintéressés. Même les Américains (qui ne sont pas souvent des exemples d'ouverture au changement...) ont réussi à le faire après huit désolantes années du régime Bush. Des Lesage, Johnson, Lévesque, Parizeau et compagnie, ça doit encore exister, il me semble. Je me contenterais même de Bourassa, ce qui n'est pas peu dire en tant que souverainiste convaincu. Ce serait déjà ...un pas hésitant, certes, mais dans une meilleure direction, il me semble. C'est tout dire de mon désarroi face à l'héritage désolant que devront recevoir nos petits-enfants si cette peste politico-économique endémique perdure encore trop longtemps.

    Quelqu'un connaît-il un vaccin-miracle contre cette maladie ?

    Jean Desjardins.

    P.S. Le choix de Michael Sabia à la tête de la CDPQ n'est qu'un clou de plus dans le cercueil des Québécois. Merci, encore une fois, à notre fossoyeur en chef : Jean Charest ! Il a amplement mérité ses gallons et peut d'ores et déjà compter sur une retraite dorée au sein de l'empire Desmarais.

  • André Chamberland
    Inscrit
    dimanche 15 mars 2009 20h25
    Pourquoi pas Vincent Lacroix tant qu'à y être ?
    Tant qu'à se faire passer un Sa...bia, aussi bien Lacroix?

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    dimanche 15 mars 2009 21h59
    @Jean Desjardins - «Quand la question nationale tue la question sociale»
    Je crois qu'il serait bien difficile d'éjecter la politique de notre réalité...

    Car il s'agit de nos pouvoirs les plus importants pour changer les choses et conter le pouvoir et la dictature économiques des puisssants.

    En faite... Ce n'est pas le politique qui est le problème, c'est le conservatisme de l'électorat.

    Oui, peut-être avant, n'y avait-il plus de réelle alternative politique au Québec.

    Mais, ne me dites pas que nos 10 ans d'efforts à Québec solidaire ne nous mèneront nulle part.. Cela serait endosser le cynisme qui a toujours profité à la droite et leurs «bigs shots » sans coeur et intéressés...et dire que Québec solidaire a fait échec dans sa fondamentale mission de "redonner espoir".

    Je me sentais terriblement aliéné depuis cette terrible déroute à droite du PQ...

    Mais, mettant la main à la pâte... je me suis instantanément senti mieux...

    Car être dans un parti de gauche et appartenir à une collective de pensée... C'est déjà vivre en petit ce que l'on souhaite pour notre monde... C'est d'être dans l'action plutôt que dans l'attente...

    Je vous souhaite de trouver l'engagement satisfaisant, qui vous fera sentir que vous avez un certain pouvoir sur votre société.

    Pour ma part.. Il n'y a pas de doute...

    J'ai trouvé le mien...


    Très amicalement,


    Car vous êtes, je le sais, un homme bien.


    Christian Montmarquette
    Québec solidaire


    Ci-dessous un commentaire du 13 mars au Devoir.

    «Quand la question nationale tue la question sociale»

    http://www.ledevoir.com/2009/03/13/commentaires/09

    ---------------------------------------------------------

    «Quand la question nationale tue la question sociale»

    La trahison du PQ.

    Tout le monde le sait autour de moi, je suis un indéfectible indépendantiste et depuis toujours. Je suis auteur compositeur et personne n'est plus attaché que moi à notre culture et à notre spécificité pour ne pas dire notre «unicité».

    Mais il faut se rendre à l'évidence, avec sa constante dérive à droite, le Parti québécois est devenu aussi libéral que le Parti libéral lui-même ; et il n'y a désormais plus de «parti du peuple» au Québec.

    Que ce soit avec le désinvestissement massif dans le système de santé, l'obsession des baisses d'impôts, le soutien excessif aux entreprises ou encore, la paupérisation et la stigmatisation de plus en plus violente des personnes à l'aide sociale... Non, le PQ n'est depuis longtemps plus le parti social-démocrate dont les Québécois voulaient tant se doter.

    Avec comme tristes résultats que malgré la remonté du PQ aux dernières élections, il n'y a désormais plus d'opposition et de réelle alternative politique au Québec et sommes redevenus orphelins politiquement.

    Le mouvement indépendantiste, fondamentalement un mouvement de libération nationale, désormais instrumentalisé à des fins bassement électoralistes, est dorénavant sous l'emprise d'affairistes, de carriéristes et d'opportunistes de droite du PQ ; lui-même devenu un petit provincialiste électoraliste, allant même jusqu'à se dissocier de la question nationale - quelle aberration - pour se faire élire.

    Pire encore, le peuple ainsi trahi et abandonné à la fois de la question nationale et de la question sociale, se retrouve perpétuellement devant l'aliénant choix de deux partis néolibéraux à genoux devant l'entreprise privée.

    La lutte pour la souveraineté ainsi dissociée de sa lutte sociale, a de plus complètement éjectée de notre monde politique le fondamental combat social.

    Jamais le PQ aurait dû virer à droite comme il l'a fait depuis tant d'années.

    Car ainsi déconnecté de ses origines et de son but ultime, il a fait exactement le contraire du mandat qui lui avait originellement été confié et a contribué à faire de la lutte pour la libération d'un peuple ne l'opprime encore que d'avantage.


    « J'en suis venu à la conclusion, au fil des ans, qu'il n'y a qu'un problème majeur dans notre monde : c'est la pauvreté.» - Pierre Bourgault

    « Moi, je m'en souviens » Édition Stanké - Page 183.




    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre de Québec solidaire
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec

    Dernière publication chez Vigile :

    «Fédéralisme -Souverainisme » : Une dialectique aliénante

    http://www.vigile.net/Federalisme-Souverainisme-Un

    Article traitant du même sujet:

    Vive le Québec libre... Quelle liberté ?
    http://www.vigile.net/Vive-le-Quebec-libre-Quelle


    Tous mes articles chez Vigile.Net :
    http://www.vigile.net/_Montmarquette-Christian_

  • Jean Desjardins
    Abonné
    mardi 17 mars 2009 16h32
    @ Christian Montmarquette - « Quand la question nationale tue la question sociale ...qui tue la question économique »
    Je vous remercie pour vos commentaires qui amènent à une réflexion plus poussée. C'est là tout l'intérêt des chroniques du Devoir pour peu que l'on accepte de se dégager de nos préjugés pour 'oser' tenter de comprendre la démarche de réflexion d'autres concitoyens allumés qui ont une conception particulière de notre Société. Une conception parfois opposée, souvent complémentaire et tout aussi contributive à celle que l'on préconise, personnellement.

    D'entrée de jeu, loin de moi l'idée d'éjecter la question politique de notre réalité... C'est comme le sang de notre corps, j'en conviens avec vous, faut faire avec ! Sauf qu'il faut en prendre conscience et s'y attaquer quand une fonction aussi vitale à notre bien-être attrape un mal incurable et dévastateur pour notre qualité de vie. C'est là le sens de mon propos portant sur mon désir d'affranchissement des partis politiques du Québec dans leur version 2009. Bref, j'ai hâte en sapristi que le PQ, QS et l'ADQ nous surprennent et commencent à faire de la politique ...autrement. En ce qui a trait au PLQ, comment réveiller un paresseux qui ne pense qu'à dormir au gaz ?

    Je suis en accord avec vous à l'effet que le conservatisme de l'électorat Québécois pose problème. Accroître la prise de conscience et le niveau d'éducation au sein de notre Société (par exemple : s'attaquer aux problèmes du décrochage scolaire et de l'analphabétisme, ouvrir les portes des écoles et des universités à tous, mieux intégrer les immigrants, combattre la concentration des médias et la désinformation chronique de type 'Gesca', etc.) permettraient à l'électorat d'être plus critique face à sa classe politique et de ne pas se faire systématiquement remplir comme des valises par des gouvernants qui se font cyniquement élire à répétition sous de fausses représentations. On a qu'à constater le peu de levées de bouclier de la part de monsieur et de madame Tartempion que soulève le vide sidéral de la gouvernance de Jean Charest et de son gouvernement profondément anesthésié pour s'en convaincre ! Confort (relatif), quand tu nous tiens...

    Cependant, et c'est là où nous différons d'opinion, je ne crois plus que la manière des partis politiques, y compris celle de Québec Solidaire, de s'acquitter de leur mandat auprès de l'électorat et à l'Assemblée nationale soit la bonne. Pour paraphraser la fable : « Tous n'en mouraient pas, mais tous en étaient atteints... » Au risque de vous décevoir, je pense que Québec Solidaire, aussi progressiste que nécessaire dans une Société occidentale moderne tel que le Québec de 2009 fait fausse route en se définissant, non seulement en fonction de la spécificité de son option (qui est parfaitement légitime) , mais aussi contre la droite, contre les lucides, contre le néo-libéralisme, contre le virage (qu'il perçoit) à droite du PQ, etc. Je ne crois pas que de continuer à promouvoir des étiquettes de 'bonne gauche' vs 'méchante droite', 'nantis sans coeur' vs 'pauvres exploités', 'patronat abuseur' vs 'syndicat abusé', etc., aidera à dépolariser un débat qui s'avère somme toute stérile et qui laisse peu de chances de trouver des consensus politico-socio-économiques équilibrés. Bien sûr, ce n'est pas exactement ce que vous dites, mais j'exagère un peu pour illustrer mon point. En effet, le titre de votre propos fait ressortir le danger de la 'question nationale qui tue la question sociale'. J'ajoute que la 'question sociale ne doit pas tuer la question économique...' Selon mon expérience personnelle, ces trois dimensions sont intimement reliées et indissociables. La solution viable réside probablement quelque part dans un équilibre de bon aloi entre ces trois dimensions. Je m'explique.

    J'ai consacré une grande partie de ma carrière dans le monde des affaires et dans l'entreprise privée. Pendant cette période, j'ai contribué à des causes sociales (femmes victimes de violence et leurs enfants, soutien à des familles qui voulaient se sortir du cycle infernal de la dépendance financière, soutien économique à la musique et aux arts, etc.) en mettant à contribution le milieu des affaires dans lequel j'évoluais pour participer un tant soit peu à l'affranchissement des personnes qui vivaient ces problématiques. Pendant la même période, nous avons réussi à regrouper des indépendantistes modérés avec des fédéralistes modérés pour mener à bien des causes communes. Nous avons regroupé des travailleurs sociaux, des chômeurs, des travailleurs tout court et des patrons pour mener à bien ces entreprises communes. Je ne suis pas plus fin que d'autres. Je veux juste vous dire que la malhonnêteté et l'insensibilité ne sont pas l'apanage automatique des gens d'affaires et des patrons tout comme la bienfaisance et la sensibilité aux causes sociales n'est pas l'apanage exclusif des progressistes et de la gauche. Bref, avec le temps, j'ai acquis la conviction qu'on ne peut faire progresser le volet social d'une Société évoluée qu'avec un programme économique ambitieux et prospère qui saura créer la richesse collective et la redistribuer de manière équilibrée et sensée. Présentement, j'ai l'impression qu'on est coincé entre les tenants d'une économie débridée et sans balises et les tenants d'une économie socialisante uniquement centrée sur la taxation des riches ...qui n'existent qu'à très petite échelle au Québec quand on y regarde de plus près. Concernant la viabilité d'une économie socialisante, on admettra que QS a encore beaucoup de travail à abattre sur sa table à dessin. En effet, à quoi peut bien servir un million de dollars quand, au lieu de s'en servir comme effet levier, on le répartit entre un million de personnes ?

    Pour en revenir à mon idée de la nécessité de dépolariser les débats et de favoriser la mise en commun des forces vives du Québec, présentement, voici un paragraphe que j'ai écrit à un correspondant fédéraliste modéré du Devoir, récemment. Malgré nos différences de vue sur la question nationale, nous avons eu mutuellement le plaisir de constater que nous avions des préoccupations communes tout aussi importantes en dehors de cette question nationale légitime, bien sûr, mais qui ne sera pas réglée en une fin de semaine, vous serez d'accord avec moi. Voici le texte en question : « Vous savez, je me suis déjà pris à rêver de synthétiser en un seul bouquin les meilleures idées tirées des programmes des partis politiques (y compris de QS et de l'ADQ), des manifestes des lucides et des solidaires, des bouquins d'Alain Dubuc , de Jacques Léonard et d'Yves Michaud, des écrits de certains correspondants (chroniqueurs et blogueurs) les plus allumés des chroniques des médias, etc. Je gage qu'on ne serait pas trop loin de quelque chose d'emballant pour les Québécois ! »

    Je rêve, certes, mais je suis toujours soucieux de trouver des alliés qui sont prêts à oser se remettre en question ainsi qu'à mettre au défi les forces d'inertie de ce système politico-socio-économique qui empêchent la Société Québécoise d'émerger du statu quo actuel . Un statu quo aliénant qui ne peut que nous conduire à une catastrophe nationale aussi bien dans le modèle ...province de Québec que dans le modèle ...pays du Québec.

    J'arrêterai ici mon exposé, sachant qu'il ne concerne qu'un partie des questions que vous soulevez dans vos écrits et plus globalement dans la Société Québécoise, présentement. Ce qui est clair pour moi, c'est qu'au-delà de la question nationale, les Québécois font présentement face à une crise économique sans précédent qui risque de nous embourber dans un marasme ...social pour plusieurs décennies. Notre classe politique n'en finit plus de se comporter comme carriériste, d'être trop limitée dans sa créativité, de ne pas avoir de vision d'ensemble. Qui plus est, elle se présente comme dénuée du moindre soucis réel pour la population qu'elle prétend représenter. Une classe politique manifestement égocentrique, quoi ! Je suis de plus en plus inquiet de l'héritage que nous laisserons à nos petits-enfants, je le répète.

    En conclusion, malgré nos différences de vues sur certaines questions, je me promets de consulter les références que vous listez dans vos commentaires. Ne serait-ce que d'enrichir ma réflexion ...et d'y intégrer de nouveaux éléments. On comprendra que je ne suis pas prêt à prendre la carte de quel que parti politique que ce soit, dans le contexte actuel. Je me garde cependant le droit de m'exprimer haut et fort en tant que citoyen qui refuse d'être traité comme une dinde qu'on farcie en fonction du buffet préparé par les leaders politiques et/ou économiques opportunistes du moment...


    Au plaisir de vous lire à nouveau.

    Jean Desjardins

    P.S. Je me permettrai exceptionnellement de vous faire parvenir la présente à votre adresse courriel personnelle, vu que la présente chronique date d'il y a quelques jours.

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