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Un choix qui suscite beaucoup de scepticisme

Alexandre Shields   14 mars 2009  Québec
Les réactions étaient généralement mitigées hier à la suite de la nomination de Michael Sabia à titre de président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec. On se dit à la fois sceptique quant à sa capacité de faire face à la musique et étonné par la rapidité de la désignation de ce dernier comme dirigeant du «bas de laine» des Québécois.

L'ancien premier ministre Bernard Landry a été le premier à décrier ce choix. «C'est plus qu'une erreur, c'est une faute qui s'approche de la provocation», a-t-il lancé quelques minutes à peine après l'annonce. «Cet homme-là, en dépit de ses mérites économiques, était le dernier profil à choisir pour diriger cette institution. Je pense que le gouvernement commet une sorte de provocation, et même dans les rangs des libéraux québécois, ça ne devrait pas être bien accueilli», a ajouté celui qui a déjà été ministre des Finances du Québec.

M. Landry a pris soin de souligner que sa critique n'avait «rien à voir avec le lieu où est né M. Sabia», qui est originaire de l'Ontario. «C'est son parcours, sa culture socioéconomique et sa culture nationale, qui est canadian. Il nous l'a d'ailleurs prouvé encore dernièrement. Il était l'artisan du transfert à Toronto de BCE, qui est un des fleurons de l'appareil décisionnel économique de Montréal, avec toutes les conséquences que cela aurait pu avoir.»

Selon lui, il aurait plutôt fallu choisir «quelqu'un qui aurait passé sa vie dans la culture socioéconomique québécoise, qui épouse le modèle québécois» pour diriger «la plus grande institution financière du Québec, avec toute la symbolique qu'elle représente».

«Offensant», dit Yves Michaud

Le fondateur du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires, Yves Michaud, a quant à lui insisté sur le caractère «cavalier» et «offensant» de cette nomination «à la limite de la légalité». «Je n'ai jamais vu ça qu'un conseil d'administration amputé de la moitié de ses membres fasse une recommandation au gouvernement qui, lui, passe un décret sans avoir nommé tous les nouveaux membres du conseil d'administration», a-t-il insisté.

Il a du même coup réitéré sa suggestion selon laquelle le choix du dirigeant de la Caisse devrait se faire aux deux tiers des députés de l'Assemblée nationale. M. Michaud ne souhaite cependant pas juger M. Sabia avant de voir ce qu'il fera à la tête de l'institution.

Ancien président-directeur général de la Caisse de dépôt et placement du Québec de 1980 à 1990, Jean Campeau s'est pour sa part dit «sceptique» quant à la nomination de M. Sabia. «Pour être dirigeant de la Caisse, il faut avoir la passion du Québec, il faut avoir une attitude missionnaire dans le développement régional, et je me demande si M. Sabia a ça en lui», a-t-il dit au journal Les Affaires.

La performance de M. Sabia lorsqu'il était à la tête de BCE, de 2002 à 2008, amène en outre M. Campeau à douter de ses qualités de gestionnaire. «On rapporte qu'il est incapable de prendre des décisions, qu'il blâme les autres pour ses échecs, est-ce que c'est vrai? Je ne le sais pas, mais j'espère que non.»

De son côté, l'investisseurs Stephen Jarislowsky a surtout tenu à rappeler l'ampleur de la tâche qui attend Michael Sabia, et ce, malgré sa grande expérience en tant que gestionnaire. «S'il veut être cuit, je crois que c'est un bon choix», a-t-il laissé tomber à un quotidien montréalais.

L'analyste Michel Nadeau, qui a déjà été le numéro deux de la Caisse, a rappelé que M. Sabia n'a peut-être pas toutes les cordes à son arc pour diriger l'institution. «Il a trois grandes carences. Il ne s'y connaît pas en placements, sa performance dans la gestion n'a pas été très bonne et sa connaissance du mandat [de contribution à l'essor économique du Québec] est très, très faible.» Selon lui, «le gouvernement voulait arrêter l'offensive péquiste» sur la gestion de la Caisse en procédant à cette nomination dès maintenant.






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  • Louis Cornez
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 06h11
    Nous voulons simplement des bons gestionnaires.
    Il est probable que cette nomination est été faite il y a déjà très longtemps, elle est franchement contrarient. Dommage, nous voulions simplement des bons gestionnaires.
    Des femmes et des hommes du moment.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 09h24
    La Caisse de Dépôts
    Il n'y a pas de culture socio-économique. La Caisse n'existe pas pour faire du développement, elle existe pour faire croître l'argent que les Québecois y investissent par leurs contributions à leurs fonds de pension. Il existe d'autres instances qui investissent dans le développement économique, comme le fonds de solidarité de la FTQ. Ces investissements sont à risque alors que l'argent de nos contributions à la Caisse de dépôt doivent être le plus sécuritaire possible. Si j'achète des actions boursières, je me fiche de savoir si la compagnie dans laquelle j'investis possède une culture québecoise et la Caisse devrait faire de même.
    Paul LaFrance
    Québec

  • Frank Hebert
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 09h33
    La passion du Canada
    La nomination de M. Sabia illustre de façon éloquente le parti pris de Jean Charest pour le Canada d'abord...et le Québec fort loin derrière.
    De plus on profite d'undemi-conseil d'administration pour donner un poste extrêmement important à un "petit ami".
    Tout cela parce que la région de Québec a voté en bloc pour ce gran d canadien, Jean Charest.

  • Linda Hart
    Inscrite
    samedi 14 mars 2009 10h32
    De quoi vous plaignez-vous M. Lafrance ?
    La caisse a fait précisément ce que vous et vos semblables prônez, ne vous en déplaise M. Lafrance et avec le résultat déplorable et pitoyable que l'on connaït ! Quel est donc le but de votre intervention ? Vous devez être satisfait, notre argent a été investi pour le seul rendement.

  • Riopel Louis
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 11h08
    Mais voyons M.Lafrance
    Cher Monsieur vous n'êtes pas sans ignorer que la caisse a investi dans l'aéroport Heathrow de Londres et d'autres placements tout aussi loufoque.Alors le bas de laine est d'utilité pour les p'tits amis du pouvoir.Power n'est sûremenet pas loin derrière pour faire fructifier ses avoirs.Si on ne fout pas ce gouverment dehors...Il ne restera plus rien à la caisse dans 20 ans.Pauvre Mario Dumont pour une fois il semblait avoir raison et les supporteurs impatients l'on foutu dehors.Quel ironie!

  • Laval Chabon
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 14h32
    Coup de cymbale
    Sabia-n

  • Jacques Lafond
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 14h33
    Le libéral
    Il devient évident et urgent que ça prend un changement. Après avoir nommé une fanatique combattante contre la loi 101 et la protection de la langue française, Kathleen Weil, comme ministre de la justice, on vient de nommer à la caisse quelqu'un qui à tout fait pour vendre aux ontariens un fleuron bien de chez nous, BCE.

    Je pense que Jean Charest, Kathleen Weil, et Michael Sabia doivent tous les trois disparaitre de la scène, et laisser leurs place à des gens plus compétent et plus en ligne avec les intérets supérieurs du Québec.

    3 députés libéraux qui ''défroquent'' et le tour est joué. Pas tellement compliqué à faire ça ...

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 15h14
    Tant qu'à y être
    Tant qu'à y être pourquoi ne pas donner raison à Jean Charest et se féliciter de ce qu'il est nommé monsieur Sabia à la présidence de la Caisse. Ça fait moins mal de se faire fourrer par un étranger que par un des nôtres. Vive le Canada !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • francois Beauchemin
    Inscrit
    dimanche 15 mars 2009 05h21
    @ M. Paul Lafrance
    Monsieur Lafrance, pourquoi empêcher la Caisse d'investir dans le vaste domaine du développement économique si c'est sécuritaire et rentable? Vous dites qu'elle n'existe pas pour ça. Vraiment? Demandez à M. Parizeau, qui en fut un des instigateurs, quels furent les motifs qui ont présidés à sa fondation.

    La CDPQ est une création de l'État dont elle est de ce fait tributaire via un ministre de tutelle. C'est pourquoi M. Landry souligna l'importance que ses dirigeants aient une culture-socio-économique. Si tel est le cas, les décideurs investiront de préférence au Québec. Et ce faisant la Caisse fera d'une pierre deux coups, soit : création d'emploi et rentrées d'impôt accrues pour l'État. Le tout, il va sans dire, sans pour autant sacrifier sur la rentabilité et la sécurité de l'investissement.

    M. Lafrance, Vous dites «Si j'achète des actions boursières, je me fiche de savoir si la compagnie dans laquelle j'investis possède une culture québecoise et la Caisse devrait faire de même». Méchant fédéraliste va !

    Je suis désolé, M. Lafrance de me sentir obligé de vous expliquer ça.

    Amicalement, François Beauchemin à Lévis.

  • francois Beauchemin
    Inscrit
    dimanche 15 mars 2009 12h39
    @ M. Paul Lafrance
    Monsieur Lafrance, pourquoi empêcher la Caisse d'investir dans le vaste domaine du développement économique si c'est sécuritaire et rentable? Vous dites qu'elle n'existe pas pour ça. Vraiment? Demandez à M. Parizeau, qui en fut un des instigateurs, quels furent les motifs qui ont présidés à sa fondation.

    La CDPQ est une création de l'État dont elle est de ce fait tributaire via un ministre de tutelle. C'est pourquoi M. Landry souligna l'importance que ses dirigeants aient une culture-socio-économique. Si tel est le cas, les décideurs investiront de préférence au Québec. Et ce faisant la Caisse fera d'une pierre deux coups, soit : création d'emploi et rentrées d'impôt accrues pour l'État. Le tout, sans pour autant sacrifier sur la rentabilité et la sécurité de l'investissement, cela va sans dire.

    M. Lafrance, cela me chicote quand vous dites «Si j'achète des actions boursières, je me fiche de savoir si la compagnie dans laquelle j'investis possède une culture québecoise et la Caisse devrait faire de même». Méchant fédéraliste va !

    Je suis désolé, M. Lafrance de me sentir obligé de vous expliquer ça.

    Amicalement, François Beauchemin à Lévis. frsbeauchemin@sympatico.ca

  • André Chamberland
    Inscrit
    dimanche 15 mars 2009 20h24
    C'est ce qu'on appelle se faire passer un Sa...bia !
    Pourquoi pas Vincent Lacroix à ce compte-là?

  • Dr. Dr. ULRICH
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 21h44
    tous à voir
    «rien à voir avec le lieu où est né M. Sabia», qui est originaire de l'Ontario. «C'est son parcours, sa culture socioéconomique et sa culture nationale, qui est canadian

  • Dr. Dr. ULRICH
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 21h47
    bell CANADA enterprises -- M. Landry veut recquisitioner compagnies CAD pour son état souverain ?
    Il était l'artisan du transfert à Toronto de BCE, qui est un des fleurons de l'appareil décisionnel économique de Montréal, avec toutes les conséquences que cela aurait pu avoir

  • Dr. Dr. ULRICH
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 21h49
    élitisme standard franco-québeco dont anglosaxonia en a eu depuis longtemps assez
    «quelqu'un qui aurait passé sa vie dans la culture socioéconomique québécoise, qui épouse le modèle québécois»

  • Dr. Dr. ULRICH
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 21h50
    Libel
    «On rapporte qu'il est incapable de prendre des décisions, qu'il blâme les autres pour ses échecs, est-ce que c'est vrai? Je ne le sais pas, mais j'espère que non.»

  • Dr. Dr. ULRICH
    Inscrit
    mardi 24 mars 2009 12h35
    Pourquoi constater son origine ds votre texte M. Shields, si ce n'est pas important ?
    M. Landry a pris soin de souligner que sa critique n'avait «rien à voir avec le lieu où est né M. Sabia», qui est originaire de l'Ontario.

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