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Que reste-t-il de la pensée marxiste au Québec?

Stéphane Baillargeon   14 mars 2009  Québec
Image tirée du film Il était une fois Québec rouge de Marcel Simard
Image tirée du film Il était une fois Québec rouge de Marcel Simard
Le marxisme à la québécoise a-t-il jamais existé? En fait, oui, et sa contribution la plus originale se concentre autour de l'analyse de la question nationale sur fond de lutte des classes. Cette perspective a occupé (et à vrai dire obsédé) des dizaines de chercheurs francophones du Québec des années 1960 au milieu des années 1980.

Ce chantier critique avait ses départements de sociologie (à l'Université de Montréal puis à l'Université du Québec à Montréal), ses revues (Parti pris puis Socialisme et Les Cahiers du socialisme) et ses stars, dont Marcel Rioux, Gilles Bourque, Anne Légaré, Jean-Marc Piotte ou Michel Van Schendel. On croise même dans ces publications le nom de Roch Denis, devenu ensuite recteur et quasi-fossoyeur de l'UQAM avec ses mégaprojets immobiliers qui ont engouffré beaucoup de capital.

Que reste-t-il de tout cela? Franchement, du point de vue théorique, presque rien, sinon quelques feuilles éparses d'un automne des idées teintées de rouge et de bleu. La pensée critique, lointaine héritière du marxisme, est passée à autre chose depuis, ici comme ailleurs.

«Le divorce est consommé, dit le doctorant de l'Université Laval François L'Italien. Ce marxisme à la québécoise était lié à la conjoncture de la Révolution tranquille. Chez Parti pris par exemple, l'influence de la pensée des marxistes de la décolonisation à la Franz Fanon semble nette. Ce discours croisait logique de classe et logique coloniale. C'est ça qui va "pogner" au Québec. Dans l'oeuvre de Marcel Rioux, par exemple, libérer le Québec, c'est se libérer du capitalisme.»

La recette sera appliquée à l'analyse de différents problèmes, avec chaque fois la même perspective: les libérations avancent en cordée, celle des femmes et celle du capitalisme par exemple. La Centrale des enseignants du Québec a produit des documents trempés de cette eau, datés comme les ponchos: L'école au service de la classe dominante (1972) et École et lutte de classe au Québec (1974).

Les groupuscules politico-militants marxistes-léninistes, maoïstes ou trotskistes, sous-peuplés d'illuminés fanatiques, ont accouché d'une doxa dérisoire et affligeante, ânonnant les oeuvres complètes de Staline ou de Henver Hoxha. George Orwell l'avait caricaturée dans La Ferme des animaux: «Four legs good; two legs bad.»

Étrangement, plusieurs stars de la scène médiatico-politique actuelle viennent de cette vieille école du dogmatisme totalitaire. Deux partis indépendantistes sont maintenant dirigés par d'anciens «m-l», Québec solidaire (Françoise David) et le Bloc québécois (Gilles Duceppe). Plusieurs commentateurs professionnels sont également issus (il y a très, très longtemps) de cette frange théorique manichéenne, dont le chroniqueur de La Presse Alain Dubuc.






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  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 08h36
    Nous l'avons tant aimé la révolution
    « Alors que la moindre association au courant révisioniste peut vous valoir l'excommunication de la gauche bien pensante (parlez-en à Williamson), le procès des ML reste encore à faire.

    Amnésie totale sur les 100 millions de morts au 20e siècle. Aménésie sur les Kmers rouges. Aménésie sur les Goulags. Aménésie sur les prisons de Castro. Amnésie sur le modèle albanais. Amnésie sur le bond en avant de Mao. Amnésie sur tout ce qui faisait triper les Dubuc, David, Duceppe, et altri. Jamais la moindre question. Jamais le moindre questionnement. Encore moins de procès!!! Incroyable!
    Il va falloir attendre leur mort. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 08h50
    Rien...
    « ...mais alors rien comme une peur, un monstre que peut être ce communisme ancienne mode. Nous sommes trop en dehors et loin de l'histoire contemporaine pour ce faire. Vois les travaux du philosophe québécois Michel Morin. Nous n'avons pas d'expérience politique au sens traditionnel du terme (praxis et culture en dehors du monde paysan dans lequel nous vivions jusqu'à il n'y a pas longtemps. Ce n'est pas pour rien que nous n'avons pas de pays en tant que tel appelé Québec.) Alors la pensée marxiste???? »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 15h11
    Du ridicule
    « Dans ces temps où les têtes dirigeantes du néolibéralisme (le capitalisme originel ravivé) ont mené l'humanité entière vers la pire crise économique de son histoire, crise qui poussera des milliards d'individus à la misère et à la mort, il est du plus haut ridicule de voir quelques-uns de ses chantres venir casser du sucre sur le dos du marxisme, une doctrine économique qu'ils se sont efforcés de haïr au lieu d'essayer de la comprendre. Mais ces disciples sont insensibles à leur propre déraison.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    samedi 14 mars 2009 16h49
    Les repentis
    « Il faudrait le demander à Gilles Duceppe et à Françoise David. Je crois aussi qu'Alain Dubuc de la Presse, un autre repenti, pourrait vous en parler, M.Baillargeon.

    Marie Mance Vallée »

  • Yvon Roy
    Abonnée
    samedi 14 mars 2009 23h29
    gorilles
    « L'année 2009 vient d'être choisie comme Année mondiale du gorille, on ne saurait trop dire pourquoi au juste, et c'est probablement très bien ainsi. Sourions! »

  • Louise Beauchamp
    Inscrite
    dimanche 15 mars 2009 19h30
    ce qu'elle dit en s'appliquant aujourd'hui
    « Vous n'avez qu'à lire les articles sur le site «Le Marxiste-Léniniste» et vous verrez, comme moi, que cette pensée est bel et bien vivante et appliquée aux problèmes que nous vivons actuellement: la crise forestière,la Caisse de dépôt, la récession,etc. En plus des analyses,il y a aussi les solutions pratiques...Ni ânonnement ni langue de bois.

    par Louise Beauchamp »

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