Charest se défend de n'avoir pas dit toute la vérité
Métaphores animales et insultes en ouverture d'une session qui s'annonce relevée
Québec — Les élus se sont échangé des métaphores animales tandis que les excuses ont succédé à l'insulte lors de l'ouverture, hier, de la session parlementaire, qui s'annonce particulièrement relevée.
Dans sa réplique au discours inaugural prononcé mardi par le premier ministre Jean Charest, la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a donné le ton en matinée en attaquant férocement le chef libéral. Elle a comparé Jean Charest aux trois singes de la sagesse, issus de la tradition asiatique: le premier se voile les yeux, le deuxième se bouche les oreilles et le troisième se couvre la bouche. Mais Mme Marois les a rebaptisés «les trois singes de la bêtise», qui illustrent, selon elle, les trois étapes qu'a suivies le comportement du premier ministre. «Avant la campagne, le premier ministre se voilait la face; pas de problème à l'horizon, tout allait très bien au Québec. Pendant la campagne, le premier ministre ne voulait rien entendre: ceux qui sonnaient l'alarme avaient tort. [...] Et depuis la campagne, le premier ministre ne parle plus: il envoie ses ministres parler à sa place.»
C'est la vice-première ministre, Nathalie Normandeau, qui fut envoyée au front défendre le chef. Selon elle, Mme Marois utilise une métaphore et des qualificatifs «qui ne rendent pas hommage à la qualité du vocabulaire qu'on doit avoir en cette chambre», a-t-elle dit au cours d'un point de presse. «C'est plutôt bas, c'est petit et ça met en lumière la pauvreté de la pensée du côté du Parti québécois.» On se demande d'ailleurs pourquoi le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, n'est pas intervenu en se levant en Chambre quand Mme Marois a évoqué la bêtise du premier ministre.
Quoi qu'il en soit, Nathalie Normandeau y est allée de sa propre métaphore animale, comparant le PQ à «un hamster dans cage» qui «passe la journée à faire du surplace».
Lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, on a troqué les métaphores pour l'insulte quand le député de Richelieu, Sylvain Simard, dans un échange sur les partenariats public-privé (PPP) avec la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a traité celle-ci de «folle». Il a dû lui présenter ses excuses.
Talonnant le premier ministre durant la période de questions, Pauline Marois a repris là où elle avait laissé en matinée. «Le premier ministre était trop pressé d'avoir les deux mains sur le volant, tellement pressé que, depuis qu'il est seul aux commandes, on ne sait plus trop où il s'en va», a-t-elle lancé.
Selon la chef péquiste, les Québécois sont inquiets parce qu'ils n'ont pas l'impression d'avoir eu droit à toute la vérité durant la campagne électorale. «Le premier ministre a prétendu pendant 33 jours qu'il n'y aurait pas de récession au Québec, [...] qu'il n'y aurait pas de déficit au Québec [...], qu'il n'y aurait pas de coupure d'un milliard à la péréquation», a dénoncé Pauline Marois. Elle a aussi accusé le premier ministre d'avoir caché les pertes de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).
Jean Charest a répliqué en reprenant des éléments de son discours inaugural et en se défendant de l'accusation de n'avoir pas dit toute la vérité aux Québécois. «On est allé en élection en affirmant aux Québécois que nous avions, devant nous, une tempête économique», a-t-il fait valoir.
De son côté, le député de Rousseau et porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, François Legault, a soutiré des données à la ministre des Finances, cherchant manifestement à savoir quand elle avait appris l'ampleur des pertes de la Caisse, pendant ou après les élections.
Ainsi, Monique Jérôme-Forget a révélé que le Fonds des générations, qui devait contenir quelque deux milliards à la fin de l'année en cours, avait encouru une perte de 20 %. La ministre a indiqué que, le 19 octobre dernier, on l'informait que le Fonds des générations avait perdu 8,9 % de sa valeur et que le 10 décembre, deux jours après les élections, cette perte était de 18 %. Mme Jérôme-Forget n'a toutefois pas fourni de chiffres pour le mois compris entre la mi-octobre et le début de décembre. Le Fonds d'amortissement des régimes de retraite (FARR), composé de la part de l'État dans les régimes de retraite de ses employés, a essuyé une perte de 24 %, a précisé Mme Jérôme-Forget. Avec ses 32 milliards au 31 décembre 2007, le FARR est un des plus importants déposants de la CDPQ.
Hier, on ne savait toujours pas s'il y aura une interpellation de la ministre des Finances relativement aux résultats de la Caisse, vendredi à l'Assemblée nationale. C'est la ministre qui a lancé cette invitation à l'opposition officielle mais le PQ, avant de l'accepter, attend de voir si le gouvernement va permettre à Mme Jérôme-Forget de comparaître lors de la commission parlementaire spéciale qu'il réclame. Les membres de la Commission des finances publiques se réunissent aujourd'hui pour tenter de trouver un terrain d'entente à ce sujet.
Dans sa réplique au discours inaugural prononcé mardi par le premier ministre Jean Charest, la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a donné le ton en matinée en attaquant férocement le chef libéral. Elle a comparé Jean Charest aux trois singes de la sagesse, issus de la tradition asiatique: le premier se voile les yeux, le deuxième se bouche les oreilles et le troisième se couvre la bouche. Mais Mme Marois les a rebaptisés «les trois singes de la bêtise», qui illustrent, selon elle, les trois étapes qu'a suivies le comportement du premier ministre. «Avant la campagne, le premier ministre se voilait la face; pas de problème à l'horizon, tout allait très bien au Québec. Pendant la campagne, le premier ministre ne voulait rien entendre: ceux qui sonnaient l'alarme avaient tort. [...] Et depuis la campagne, le premier ministre ne parle plus: il envoie ses ministres parler à sa place.»
C'est la vice-première ministre, Nathalie Normandeau, qui fut envoyée au front défendre le chef. Selon elle, Mme Marois utilise une métaphore et des qualificatifs «qui ne rendent pas hommage à la qualité du vocabulaire qu'on doit avoir en cette chambre», a-t-elle dit au cours d'un point de presse. «C'est plutôt bas, c'est petit et ça met en lumière la pauvreté de la pensée du côté du Parti québécois.» On se demande d'ailleurs pourquoi le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, n'est pas intervenu en se levant en Chambre quand Mme Marois a évoqué la bêtise du premier ministre.
Quoi qu'il en soit, Nathalie Normandeau y est allée de sa propre métaphore animale, comparant le PQ à «un hamster dans cage» qui «passe la journée à faire du surplace».
Lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, on a troqué les métaphores pour l'insulte quand le député de Richelieu, Sylvain Simard, dans un échange sur les partenariats public-privé (PPP) avec la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a traité celle-ci de «folle». Il a dû lui présenter ses excuses.
Talonnant le premier ministre durant la période de questions, Pauline Marois a repris là où elle avait laissé en matinée. «Le premier ministre était trop pressé d'avoir les deux mains sur le volant, tellement pressé que, depuis qu'il est seul aux commandes, on ne sait plus trop où il s'en va», a-t-elle lancé.
Selon la chef péquiste, les Québécois sont inquiets parce qu'ils n'ont pas l'impression d'avoir eu droit à toute la vérité durant la campagne électorale. «Le premier ministre a prétendu pendant 33 jours qu'il n'y aurait pas de récession au Québec, [...] qu'il n'y aurait pas de déficit au Québec [...], qu'il n'y aurait pas de coupure d'un milliard à la péréquation», a dénoncé Pauline Marois. Elle a aussi accusé le premier ministre d'avoir caché les pertes de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).
Jean Charest a répliqué en reprenant des éléments de son discours inaugural et en se défendant de l'accusation de n'avoir pas dit toute la vérité aux Québécois. «On est allé en élection en affirmant aux Québécois que nous avions, devant nous, une tempête économique», a-t-il fait valoir.
De son côté, le député de Rousseau et porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, François Legault, a soutiré des données à la ministre des Finances, cherchant manifestement à savoir quand elle avait appris l'ampleur des pertes de la Caisse, pendant ou après les élections.
Ainsi, Monique Jérôme-Forget a révélé que le Fonds des générations, qui devait contenir quelque deux milliards à la fin de l'année en cours, avait encouru une perte de 20 %. La ministre a indiqué que, le 19 octobre dernier, on l'informait que le Fonds des générations avait perdu 8,9 % de sa valeur et que le 10 décembre, deux jours après les élections, cette perte était de 18 %. Mme Jérôme-Forget n'a toutefois pas fourni de chiffres pour le mois compris entre la mi-octobre et le début de décembre. Le Fonds d'amortissement des régimes de retraite (FARR), composé de la part de l'État dans les régimes de retraite de ses employés, a essuyé une perte de 24 %, a précisé Mme Jérôme-Forget. Avec ses 32 milliards au 31 décembre 2007, le FARR est un des plus importants déposants de la CDPQ.
Hier, on ne savait toujours pas s'il y aura une interpellation de la ministre des Finances relativement aux résultats de la Caisse, vendredi à l'Assemblée nationale. C'est la ministre qui a lancé cette invitation à l'opposition officielle mais le PQ, avant de l'accepter, attend de voir si le gouvernement va permettre à Mme Jérôme-Forget de comparaître lors de la commission parlementaire spéciale qu'il réclame. Les membres de la Commission des finances publiques se réunissent aujourd'hui pour tenter de trouver un terrain d'entente à ce sujet.
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