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Entrevue avec Christine St-Pierre, ministre de la Condition féminine - Des avancées, certes...

Martine Letarte   7 mars 2009  Québec
«L’égalité des sexes doit habiter notre quotidien», croit Christine St-Pierre, ministre de la Condition  féminine.
Photo : Jacques Grenier
«L’égalité des sexes doit habiter notre quotidien», croit Christine St-Pierre, ministre de la Condition féminine.
En matière de condition féminine, plusieurs ont l'impression que bien des dossiers sont réglés au Québec, mais les statistiques témoignent qu'il reste du chemin à parcourir. Toutefois, des pas en avant se font. La semaine dernière, à l'occasion de la Semaine de mode de Montréal, Christine St-Pierre, ministre québécoise de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, a annoncé le cadre de son plan d'action pour accoucher à l'automne d'une charte visant à promouvoir une saine image corporelle.

C'était la Semaine de la mode, et les deux coprésidents d'un comité de travail composé de différents acteurs de ce milieu ont été annoncés: Esther Bégin, ancienne chef d'antenne de LCN et de TQS, et le Dr Howard Steiger, directeur du Programme des troubles de l'alimentation de l'Hôpital Douglas. «Nous voulons vraiment amener les gens du milieu de la mode, des médias et de la santé à se réunir pour discuter des questions des troubles alimentaires, de la promotion d'une image corporelle saine et de la sensibilisation des jeunes», explique Christine St-Pierre.

La charte sera volontaire et s'inspirera du modèle français. Le printemps dernier, les organisations professionnelles de la mode, le secteur de la publicité, certains médias et le gouvernement ont signé en France un engagement volontaire à promouvoir une image saine du corps et à lutter contre l'anorexie.

«J'ai regardé ailleurs ce qui s'est fait, et les réalisations de la France sont particulièrement intéressantes. En six mois, le projet a rallié tout le monde», affirme la ministre de la Condition féminine.

Elle souligne toutefois être bien consciente qu'elle ne réglera pas avec une charte le problème de l'extrême maigreur dans le milieu de la mode. «Nous voulons sensibiliser les jeunes pour qu'ils adoptent de saines habitudes de vie. Nous voulons également que les gens du milieu de la mode soient mieux outillés pour entrer en relation avec les jeunes filles qui éprouvent peut-être des problèmes. Parce qu'on sait que ce n'est pas facile», indique la ministre.

Mme St-Pierre est aussi bien consciente que la mode n'est pas le seul milieu où les troubles alimentaires sont un problème réel. «Il y a la danse, bien sûr, et d'autres sports. Il n'y a pas de solution magique, mais il faut bien commencer quelque part.»

Hypersexualisation des jeunes filles

S'il est difficile d'intervenir en ce qui a trait à l'anorexie, il est aussi très délicat d'agir en matière d'hypersexualisation des jeunes filles.

«C'est certain qu'on ne reviendra pas à l'époque où les jeunes filles s'habillaient comme des religieuses, affirme Mme St-Pierre. Toutefois, les parents ont un rôle à jouer sur cette question. Jusqu'à un certain âge, ce que le parent dit a encore un impact important sur l'enfant et il faut leur parler de ces questions.»

D'ailleurs, le ministère de la Condition féminine a entrepris une tournée des régions, en partenariat avec l'Université du Québec à Montréal et le YWCA de Montréal, pour outiller les jeunes en ce qui concerne l'hypersexualisation.

«Cette tournée vise les gens qui interviennent auprès des jeunes, comme les animateurs, les éducateurs, les professeurs, etc. Nous voulons les sensibiliser à cette question, les amener à trouver différentes façons d'aborder le sujet avec les jeunes», explique Christine St-Pierre.

Ajout à la loi 63

La ministre de la Condition féminine est aussi fière d'avoir fait modifier la Charte des droits et libertés de la personne pour qu'y soit incluse la notion d'égalité des hommes et des femmes.

Or plusieurs critiques se sont fait entendre l'an dernier en soutenant que l'égalité était déjà reconnue par l'article 10, qui interdit toute discrimination fondée entre autres sur la race, la couleur, le sexe, la religion et l'orientation sexuelle.

«Évidemment que la discrimination est interdite, indique Mme St-Pierre. Mais je trouvais aberrant de voir que la notion d'égalité homme-femme n'était mentionnée nulle part dans le texte fondamental qu'est la charte. Pourtant, c'est une valeur fondamentale de notre société. Je trouvais très important que ce soit reflété clairement, parce que nous devons envoyer un message puissant en ce sens à toute la société. L'égalité des sexes doit habiter notre quotidien.»

Plusieurs gestes concrets

La ministre insiste toutefois sur le fait qu'il faut aussi envoyer des messages en multipliant les gestes significatifs. «Par exemple, le premier ministre en est à son deuxième conseil des ministres paritaire.»

De plus, adoptée en 2006, la Loi sur la gouvernance des sociétés d'État exige notamment que la parité homme-femme soit atteinte dans l'ensemble des conseils d'administration des sociétés d'État à la fin de 2011.

«C'est une question très chère à M. Charest, et il s'informe souvent de l'évolution des choses dans ce dossier. Récemment, nous avons appris que la parité était atteinte dans 42 % des sociétés d'État», affirme Christine St-Pierre.

Pour la ministre, cette loi est capitale puisque, en plus d'envoyer un message aux entreprises privées, elle permet aux femmes d'investir les lieux de pouvoir. «Les femmes ont souvent des visions, des arguments et des intérêts différents de ceux des hommes et c'est important qu'elles les fassent valoir.»

La situation économique des femmes demeure toutefois préoccupante.

«On parle d'équité salariale, mais dans les faits, au Québec, pour des emplois équivalents, les femmes gagnent encore 70 % du salaire des hommes», déplore Mme St-Pierre.

Alors que 60 % des travailleurs au salaire minimum sont des femmes, le gouvernement du Québec a annoncé récemment que le taux horaire minimum passerait de 8,50 $ à 9 $ l'heure le 1er mai prochain. «Il y a clairement ici une volonté d'améliorer les conditions économiques des femmes», affirme la ministre.

Toutefois, si on voit des pas en avant, on voit aussi des pas en arrière. Dans son dernier budget, le gouvernement Harper a annoncé qu'il supprimerait le droit des femmes occupant un poste dans la fonction publique fédérale de recourir aux tribunaux afin d'exiger un salaire égal pour un travail équivalent.

«Ce n'est vraiment pas une bonne décision pour les femmes, dénonce Mme St-Pierre. C'est la preuve qu'il faut demeurer attentif à tout ce qui se passe et continuer de se battre pour faire progresser les choses.»

***

Collaboratrice du Devoir






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  • michel rheault
    Inscrit
    dimanche 8 mars 2009 10h51
    Encore du "placottage" !
    « Que de bonnes intentions, que de beaux projets,.. à quand l'action?

    Puissiez-vous avoir le geste aussi facile que la parole, Mme St-Pierre ! »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    dimanche 8 mars 2009 12h00
    Toujours le même mensonge sur le salaire des femmes
    « La femme gagne 70% du salaire annuel d'un homme, mais travail moins d'heure. Donc, ces données sont erronées et visent à faire passer la femme pour un victime. L'utilisation de ces données vise clairement à manipuler le public. Les vraies données sont :

    En 1997, en moyenne une femme gagnait 84,23% du salaire d'un homme; en 2007 ce même ratio était passé à 87,22%. Une amélioration de 3% en dix ans

    http://statistiques.wordpress.com/2008/03/21/quel-est-lecart-salarial-entre-les-hommes-et-les-femmes-au-quebec/

    La femme gagne 87,22% du salaire horaire de l'homme, il y a ici un 13% d'écart, pas 30% comme on voudrait nous faire croire.

    Et cet écart peut s'expliquer par l'attitude des femmes face au travail, par exemple :

    « Les études, le choix personnel et les obligations familiales sont les principales raisons invoquées pour choisir le travail à temps partiel
    Les travailleurs ont invoqué trois principales raisons pour choisir de travailler à temps partiel: la fréquentation scolaire, les obligations familiales ou le choix personnel.
    La grande majorité des personnes de 15 à 24 ans (92 % des hommes et 86 % des femmes) ont déclaré avoir choisi de travailler à temps partiel pour poursuivre leurs études. Dans le groupe des 55 ans et plus, qui correspondait à 14 % des personnes qui avaient choisi le travail à temps partiel, 87 % des hommes et 85 % des femmes ont affirmé travailler à temps partiel simplement parce qu'ils préféraient ce régime de travail.
    Le choix personnel était également la principale motivation invoquée par 45 % des femmes et 44 % des hommes de 25 à 54 ans qui travaillaient à temps partiel par choix.
    Dans ce groupe d'âge, toutefois, de nombreux travailleurs à temps partiel avaient choisi ce régime de travail pour d'autres raisons. Environ 35 % des femmes, contre 4 % des hommes du même âge, ont déclaré avoir opté pour le travail à temps partiel afin de s'occuper de leurs enfants. En outre, 9 % des femmes ont invoqué d'autres obligations familiales, notamment les soins à donner à un parent âgé.
    Une proportion de 26 % des hommes de ce groupe d'âge avaient choisi de travailler à temps partiel pour poursuivre leurs études.
    Si les femmes de 25 à 54 ans constituaient le principal groupe à avoir choisi le travail à temps partiel, elles formaient aussi la majorité (46 %) des travailleurs à temps partiel qui auraient préféré travailler à temps plein. Qui plus est, les deux tiers des travailleurs à temps partiel non choisi étaient des adultes dans la force de l'âge. »

    http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/001124/dq001124b-fra.htm

    Ce n'est pas récent, mais je n'ai pas trouvé d'autres études sur le sujet.

    Autre point, les femmes sont moins fidèles à leur employeur.

    « Constatations frappantes
    Le travailleur enclin au changement est une femme
    62,50% des travailleurs enclins au changement sont des femmes, pour seulement
    37,50% d'hommes. Les femmes sont donc moins fidèles à leur employeur que les
    hommes. L'étude révèle que les raisons qui incitent les femmes à quitter leur
    emploi actuel sont davantage liées à la vie privée que dans le cas des hommes.
    Tant les hommes que les femmes accepteront l'offre d'une autre entreprise lorsque
    la rémunération est plus élevée, mais chez les femmes (32,5%), ce facteur joue un
    rôle moins important que chez les hommes (41,7%). Les femmes quittent leur
    emploi actuel, si on leur propose une plus grande proximité entre leur domicile et
    leur lieu de travail (17,5%) et un horaire plus flexible (15%). Pour leur part, les
    hommes font cette démarche pour bénéficier d'une plus grande sécurité d'emploi
    (16,70%) et d'une plus grande autonomie (12,50) »

    http://media.monster.com/mm/bedu/images/2210Achtergronddocument_FR.pdf


    Elles ont aussi moins tendances à demander une augmentation et ont moins confiance en elles. Autres choses, comme elles ont investit le marché du travail que depuis récemment, il est normal qu'il y ai plus d'homme au top que de femmes, il y en avait déjà avant que les femmes commencent à gravir la pyramide.

    Bref, l'écart entre les salaires des hommes et des femmes est maintenant minime, de l'ordre de 13% et cet écart ne relève plus d'une discrimination systémique.

    Je ne suis plus capable d'entendre le discours victimiste et mensonger des féministes et je suis encore plus écoeuré des mesures discriminatoires qu'elles imposent, comme les quotas à l'emploi et aux études et des bourses réservés strictement aux femmes. Elles (les féministes) sont complètement disjonctées, elles croient et essaient de faire croire que c'est à cause d'une discrimination et de la société si les femmes ne s'inscrivent pas en génie à l'Université, même que les inscriptions féminines diminuent, elles ont passé de 19% de femmes en génies en 2001 à 16,6% aujourd'hui

    http://img18.imageshack.us/img18/8106/fillessciencesgnies26fv.jpg

    Et ce malgré toutes les incitatifs, les publicités où l'on voit une femme pratiquant dans un d'ingénieures ou d'informaticiennes, malgré les bourses sexistes comme chapeau les filles et les programmes comme les filles en et les sciences


    http://www.lesfillesetlessciences.ca/


    Vive la propagande. »

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