Québec solidaire - Khadir rate le conseil national
Québec — Le seul député de Québec solidaire, Amir Khadir, a raté l'ensemble du conseil national de cette formation, en fin de semaine, à Québec. C'était la première réunion du genre depuis les élections du 8 décembre.
M. Khadir a participé, samedi après-midi à North York, à une conférence-débat à l'invitation de l'Association des étudiants iraniens de l'Université de Toronto. Hier matin, il a aussi eu des rencontres avec des représentants du Canadian Labor Movement, dans la capitale ontarienne.
Pourtant, à Québec, les quelque 150 délégués de QS réunis en conseil national samedi et hier ont adopté «les priorités politiques du parti pour les mois qui viennent, à la fois pour le travail parlementaire et extraparlementaire». Le député de Mercier estimait que sa présence n'était toutefois «pas indispensable», a-t-il expliqué lorsqu'on l'a joint dans le train qui le ramenait à Montréal, hier. C'est là «toute la beauté» de la direction bicéphale de QS, a-t-il plaidé: «Il y a deux porte-parole et, à l'interne, on a agi sur le même niveau.» Il souligne avoir aussi lui-même participé à l'élaboration des propositions.
Le député a expliqué que, de toute façon, pendant un conseil national, il est souvent absent lors des travaux puisqu'il doit «donner des entrevues», «peaufiner les discours». Il ajoute: «J'ai comme principe de ne pas m'impliquer dans les débats sur le plancher pour ne pas influer de manière trop pesante sur les débats.»
Fêté ou non?
Pour justifier l'absence du député, l'autre porte-parole de QS, Françoise David, a présenté aux militants une version différente de celle confirmée par M. Khadir: «Malheureusement, notre beau et merveilleux député n'est pas là aujourd'hui, pour des raisons totalement hors de notre contrôle à tous, y compris lui-même. Il est fêté à Toronto par la communauté iranienne. C'est exceptionnel comme situation et il n'y a aucune inquiétude à avoir», a-t-elle dit au début de son discours de clôture, hier matin.
Lorsque Le Devoir a demandé à M. Khadir s'il avait été «fêté» à Toronto, il a répondu par la négative. Les étudiants iraniens n'ont fait qu'inviter deux élus d'origine iranienne, le libéral Reza Moridi, ministre adjoint de l'Éducation dans le gouvernement McGuinty et lui, Amir Khadir, à discuter de la «politique législative». L'invitation qui se trouve sur un site Internet communautaire annonce une «rencontre avec deux personnalités politiques irano-canadiennes pour discuter de l'état actuel de la communauté iranienne au Canada et des façons, pour les jeunes générations, d'améliorer les perspectives de cette communauté dans la société multiculturelle du Canada».
Un «hasard malheureux»
Devant les nombreuses questions des médias suscitées par l'absence de M. Khadir, Mme David a dit «comprendre ce questionnement», mais a parlé d'un «hasard malheureux»: «Ce n'est pas une situation qu'on a collectivement choisie ni lui ni nous. Et il n'y a aucun problème entre Québec solidaire et son député, rassurez-vous», a-t-elle certifié, insistant sur le fait que «personne n'est fâché». À preuve, estime-t-elle, M. Khadir était présent vendredi et a rencontré «tous les délégués» un à un. Il a aussi été «ovationné pendant plusieurs minutes», a-t-elle dit.
M. Khadir a-t-il fait passer sa patrie d'origine avant son parti, en fin de semaine? À cette question, le député de Mercier répond qu'au contraire, il a profité de sa rencontre pour critiquer le multiculturalisme canadien. «Il faut sortir des cloches et des ghettos ethniques. Notre rôle principal est dans la société d'accueil [et ne doit pas se faire] sur des bases tribales et ethniques alimentées par 30 ans de multiculturalisme canadien.» Car cette notion confine au «cloisonnement». Il y a «une pédagogie à faire» dans la province voisine, croit-il, où «tout ce qui est à gauche des conservateurs a une fascination pour le trudeauisme. Or, cela nuit à l'intégration». Il souligne qu'en Ontario, il y a une «intense organisation autour de groupes clientélistes qui monnayent leur entrée en politique en fonction d'intérêts particuliers».
Vider le Fonds des générations
Le conseil national de QS avait comme thème central les crises économique et écologique. Cette nouvelle donne a des avantages: «lever le tabou» sur des notions comme «nationalisation», «déficit budgétaire», «simplicité volontaire». Mais elle suscite de nombreuses inquiétudes. D'abord que l'intolérance, l'autoritarisme et la xénophobie fleurissent, comme lors de crises passées. Cette conjoncture pourrait aussi servir de «prétexte aux vautours qui rêvent de démanteler» les instruments collectifs comme la Caisse de dépôt, que certains veulent «scinder» ou Hydro-Québec, que les mêmes veulent privatiser.
Devant la crise des finances publiques, QS craint que l'on fasse payer «les salariés et autres travailleurs ou personnes pauvres». Par conséquent, le parti propose de favoriser le «financement de coopératives et d'entreprises syndiquées», d'élaborer un «filet de sécurité sociale pour les travailleurs autonomes», de rendre «obligatoire le versement d'une indemnité de licenciement à chaque employé» et d'«augmenter substantiellement» les prestations d'aide sociale.
Où trouver l'argent? QS croit qu'il y a des marges de manoeuvre à dégager, notamment du côté du Fonds des générations, créé par Québec en 2006 afin de diminuer la dette du Québec. Au 31 mars 2008, le solde de ce Fonds était de 1,187 milliard. «Je pense qu'il ne faut pas se priver de cet argent-là pour intervenir dans les deux prochaines années», a dit Mme David puisque, à ses yeux, les jeunes sont beaucoup plus préoccupés par l'environnement que par la dette.
Vendre davantage d'hydroélectricité aux Américains n'est pas une bonne idée. Mme David doute que cette énergie soit aussi «renouvelable» que le gouvernement Charest ne le prétende, même si cela peut sembler «payant». «On ne peut plus seulement aller vers ce qui est payant», a-t-elle déclaré, car, «dans 50 ou 100 ans, c'est la planète elle-même qui sera très très gravement malade». Elle a dit préférer que le Québec vende «du solaire ou de l'éolien aux États-Unis».
M. Khadir a participé, samedi après-midi à North York, à une conférence-débat à l'invitation de l'Association des étudiants iraniens de l'Université de Toronto. Hier matin, il a aussi eu des rencontres avec des représentants du Canadian Labor Movement, dans la capitale ontarienne.
Pourtant, à Québec, les quelque 150 délégués de QS réunis en conseil national samedi et hier ont adopté «les priorités politiques du parti pour les mois qui viennent, à la fois pour le travail parlementaire et extraparlementaire». Le député de Mercier estimait que sa présence n'était toutefois «pas indispensable», a-t-il expliqué lorsqu'on l'a joint dans le train qui le ramenait à Montréal, hier. C'est là «toute la beauté» de la direction bicéphale de QS, a-t-il plaidé: «Il y a deux porte-parole et, à l'interne, on a agi sur le même niveau.» Il souligne avoir aussi lui-même participé à l'élaboration des propositions.
Le député a expliqué que, de toute façon, pendant un conseil national, il est souvent absent lors des travaux puisqu'il doit «donner des entrevues», «peaufiner les discours». Il ajoute: «J'ai comme principe de ne pas m'impliquer dans les débats sur le plancher pour ne pas influer de manière trop pesante sur les débats.»
Fêté ou non?
Pour justifier l'absence du député, l'autre porte-parole de QS, Françoise David, a présenté aux militants une version différente de celle confirmée par M. Khadir: «Malheureusement, notre beau et merveilleux député n'est pas là aujourd'hui, pour des raisons totalement hors de notre contrôle à tous, y compris lui-même. Il est fêté à Toronto par la communauté iranienne. C'est exceptionnel comme situation et il n'y a aucune inquiétude à avoir», a-t-elle dit au début de son discours de clôture, hier matin.
Lorsque Le Devoir a demandé à M. Khadir s'il avait été «fêté» à Toronto, il a répondu par la négative. Les étudiants iraniens n'ont fait qu'inviter deux élus d'origine iranienne, le libéral Reza Moridi, ministre adjoint de l'Éducation dans le gouvernement McGuinty et lui, Amir Khadir, à discuter de la «politique législative». L'invitation qui se trouve sur un site Internet communautaire annonce une «rencontre avec deux personnalités politiques irano-canadiennes pour discuter de l'état actuel de la communauté iranienne au Canada et des façons, pour les jeunes générations, d'améliorer les perspectives de cette communauté dans la société multiculturelle du Canada».
Un «hasard malheureux»
Devant les nombreuses questions des médias suscitées par l'absence de M. Khadir, Mme David a dit «comprendre ce questionnement», mais a parlé d'un «hasard malheureux»: «Ce n'est pas une situation qu'on a collectivement choisie ni lui ni nous. Et il n'y a aucun problème entre Québec solidaire et son député, rassurez-vous», a-t-elle certifié, insistant sur le fait que «personne n'est fâché». À preuve, estime-t-elle, M. Khadir était présent vendredi et a rencontré «tous les délégués» un à un. Il a aussi été «ovationné pendant plusieurs minutes», a-t-elle dit.
M. Khadir a-t-il fait passer sa patrie d'origine avant son parti, en fin de semaine? À cette question, le député de Mercier répond qu'au contraire, il a profité de sa rencontre pour critiquer le multiculturalisme canadien. «Il faut sortir des cloches et des ghettos ethniques. Notre rôle principal est dans la société d'accueil [et ne doit pas se faire] sur des bases tribales et ethniques alimentées par 30 ans de multiculturalisme canadien.» Car cette notion confine au «cloisonnement». Il y a «une pédagogie à faire» dans la province voisine, croit-il, où «tout ce qui est à gauche des conservateurs a une fascination pour le trudeauisme. Or, cela nuit à l'intégration». Il souligne qu'en Ontario, il y a une «intense organisation autour de groupes clientélistes qui monnayent leur entrée en politique en fonction d'intérêts particuliers».
Vider le Fonds des générations
Le conseil national de QS avait comme thème central les crises économique et écologique. Cette nouvelle donne a des avantages: «lever le tabou» sur des notions comme «nationalisation», «déficit budgétaire», «simplicité volontaire». Mais elle suscite de nombreuses inquiétudes. D'abord que l'intolérance, l'autoritarisme et la xénophobie fleurissent, comme lors de crises passées. Cette conjoncture pourrait aussi servir de «prétexte aux vautours qui rêvent de démanteler» les instruments collectifs comme la Caisse de dépôt, que certains veulent «scinder» ou Hydro-Québec, que les mêmes veulent privatiser.
Devant la crise des finances publiques, QS craint que l'on fasse payer «les salariés et autres travailleurs ou personnes pauvres». Par conséquent, le parti propose de favoriser le «financement de coopératives et d'entreprises syndiquées», d'élaborer un «filet de sécurité sociale pour les travailleurs autonomes», de rendre «obligatoire le versement d'une indemnité de licenciement à chaque employé» et d'«augmenter substantiellement» les prestations d'aide sociale.
Où trouver l'argent? QS croit qu'il y a des marges de manoeuvre à dégager, notamment du côté du Fonds des générations, créé par Québec en 2006 afin de diminuer la dette du Québec. Au 31 mars 2008, le solde de ce Fonds était de 1,187 milliard. «Je pense qu'il ne faut pas se priver de cet argent-là pour intervenir dans les deux prochaines années», a dit Mme David puisque, à ses yeux, les jeunes sont beaucoup plus préoccupés par l'environnement que par la dette.
Vendre davantage d'hydroélectricité aux Américains n'est pas une bonne idée. Mme David doute que cette énergie soit aussi «renouvelable» que le gouvernement Charest ne le prétende, même si cela peut sembler «payant». «On ne peut plus seulement aller vers ce qui est payant», a-t-elle déclaré, car, «dans 50 ou 100 ans, c'est la planète elle-même qui sera très très gravement malade». Elle a dit préférer que le Québec vende «du solaire ou de l'éolien aux États-Unis».
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