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Analyse - L'échec de Dumont et la génération X

Antoine Robitaille   25 février 2009  Québec
Mario Dumont photographié hier à Lévis. Il a annoncé qu’il tirera un trait sur sa carrière politique le 6 mars prochain.
Photo : La Presse canadienne (photo)
Mario Dumont photographié hier à Lévis. Il a annoncé qu’il tirera un trait sur sa carrière politique le 6 mars prochain.
Mario Dumont fait partie de la génération X et l'a représentée en politique, notamment sur des thèmes comme la dette publique et les «clauses orphelines». Il s'est toutefois heurté aux difficultés liées à cette même génération: cynisme, individualisme, pragmatisme. Sans compter le défi de jongler avec l'héritage de la Révolution tranquille.

Québec — L'échec de Mario Dumont, qui a quitté la politique hier, a-t-il quelque chose à voir avec sa génération, la «X»? Cette jeunesse définie un jour par Radio-Canada comme «issue de la Révolution tranquille, qui a grandi dans la promesse d'un avenir meilleur», mais qui, une fois «arrivée à l'âge de travailler», a été confrontée à la crise de l'emploi des années 1980 et du début des années 90. Qui a souvent vu l'État et les syndicats non pas comme des outils d'affranchissement, mais des freins, des écueils.

Après tout, un des premiers combats de Mario Dumont fut celui des «clauses orphelines», discriminatoires pour les plus jeunes. Le nouveau député adéquiste de Chauveau et ancien journaliste, Gérard Deltell, rappelle aussi que l'ADQ de M. Dumont a contribué à amener sur la place publique une préoccupation pour la croissance de la dette québécoise. D'autres X, dans d'autres partis, ont enfourché les mêmes chevaux de bataille.

On pourrait aussi souligner l'appui du chef adéquiste à la Radio X, CHOI-FM à Québec, qui se voulait, comme l'a écrit le professeur de philosophie Frédédic Têtu, «le cri d'une génération». De 2002 à 2008, ceux qu'on a surnommés les «angry young males», surtout à Québec, se sont souvent identifiés à Mario Dumont. En 2002, la ministre péquiste Rita Dionne-Marsolais avait lancé: «Mario Dumont est le reflet d'une génération très individualiste, qui pense seulement à elle, alors que ma génération à moi était un peu différente.» Le chef adéquiste avait dénoncé le manque de respect de la ministre pour «sa génération». «Elle mérite de démissionner de son poste», avait soutenu M. Dumont.

Pour le sociologue Mathieu Bock-Côté, si l'échec de Mario Dumont ne s'explique pas entièrement par son appartenance à la génération X et par sa volonté de porter en politique ses préoccupations, il reste que le lien est inévitable: «La conception de la politique développée par Dumont était assez symptomatique de la vision du monde cultivée par les X: cynisme et pragmatisme.»

Ce mélange aura empêché Dumont de «reconnaître l'importance de ce qu'on pourrait appeler la lutte idéologique en politique», soutient M. Bock-Côté. À ses yeux, si Dumont a réussi à traduire «en formules chocs» un certain malaise de sa génération et du Québec face au «modèle québécois», il ne sera pas parvenu «à le traduire en programme, encore moins en vision politique». Cette façon de rester dans le monde des intuitions — ce n'est pas pour rien que la biographie de Denis Lessard s'intitule L'Instinct Dumont (Voix Parallèles, 2007)—, de se contenter de la «clip», tient à un tempérament, à une personnalité particulière. Mais ne serait-ce pas aussi le fait qu'il est le premier chef politique à avoir baigné dès sa naissance, en 1970, dans un monde imprégné de télévision?

C'est du reste en tant que membre de la génération X qu'il interprète la Révolution tranquille. «Il a bien compris qu'on ne peut ni ne doit la liquider ou l'oublier. Il s'est toutefois refusé à la sacraliser», note M. Bock-Côté.



Entre le bâtisseur et le concierge

Et justement, une des difficultés majeures pour tout politicien contemporain, principalement de la génération X, tient à la Révolution tranquille.

À cause de son héritage, des multiples systèmes, des institutions qu'elle a fondés, il en va de la politique actuelle comme des viaducs construits à l'époque: on aimerait bâtir encore, éprouver de nouveau les transports des grands projets. Mais nous voilà contraints de réparer, voire de raser des oeuvres audacieuses pour reconstruire près du sol (on pense à l'échangeur Turcot).

Une des plus claires illustrations de ce tiraillement entre la figure du bâtisseur et celle du concierge — et des impasses auxquelles il peut conduire — a été donnée par le chef adéquiste, Mario Dumont, le jour du déclenchement des élections, le 5 novembre 2008.

Mario Dumont avait voulu frapper un grand coup symbolique. Son idée? Convier candidats et journalistes au bord du lac à l'Épaule, lieu légendaire où, en 1962, le conseil des ministres de Jean Lesage s'était réuni pour planifier la nationalisation de l'électricité.

M. Dumont fit un grand discours, sans notes, sans attaquer les adversaires. Il exprima son admiration pour ce temps où «des jeunes de moins de 30 ans» se voyaient confier de grandes responsabilités dans la fonction publique et pouvaient être envoyés à New York pour négocier des prêts massifs pour «construire des barrages. C'était une époque où le Québec innovait, où il osait. Il y avait alors un profond sentiment du "tout est possible". À condition d'y croire, mais tout semblait possible», a-t-il relaté, non sans conviction.

Rappelant cette époque mythique, Mario Dumont a dit vouloir retrouver la «mobilisation», l'audace et l'énergie l'ayant caractérisée. Mais évidemment, sans reprendre les «vieux modèles», les «vieilles batailles». En s'attaquant aux défis d'aujourd'hui, très différents de ceux de 1962... et, paradoxe, en partie créés en 1962. L'État, jadis était vu comme un outil collectif. Il s'est tellement développé qu'il est un peu comme un vieux viaduc et craque de partout, laissa-t-il entendre. On doit en diminuer la taille, disait-il, parce qu'il «est devenu, dans beaucoup de cas, bien plus un obstacle, une complication, qu'une aide». Un État dont les systèmes sont tellement fatigués, avait-il martelé, qu'ils ne donnent pas leur pleine mesure.

Pris entre deux chaises, entre deux générations, Mario Dumont? Entre celle du cours classique, de son mentor qu'il a combattu, Robert Bourassa, et celle des «boomers» comme Pauline Marois, avec qui il s'est allié, en gardant ses distances, pour dire «oui», en 1995? Sans doute. Et confronté à la mission presque impossible de retrouver l'énergie des bâtisseurs tout en adoptant une attitude de super concierge technocratique qui entretient et colmate les fissures.

****

Ce texte est un extrait remanié d'un dossier d'Antoine Robitaille qui vient de paraître dans la revue Notre-Dame (mars-avril 2009), sous le titre «Quel genre de gouvernement voulons-nous?».






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  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    mercredi 25 février 2009 04h47
    On oublie le premier fondateur de l'ADQ, monsieur Jean Allaire
    Vous écrivez: Mario Dumont aurait souhaité cette mobilisation», l'audace et l'énergie ayant caractérisée cette époque...sans reprendre les «vieux modèles», les «vieilles batailles».

    Le Québec ayant été autonomiste tout au lond de son histoire, qu'y a-t-il apporté de nouveau? On parle de l'arrivée de Mario Dumont à la tête de la formation politique en oubliant les raisons qui ont emmené Jean Allaire à former l'ADQ. Après plus de 30 ans au parti libéral, celui-ci ne voyait aucune autre alternative pour notre peuple que la souveraineté du Québec. J'ai assisté en juin 1996 à une conférence de monsieur Allaire et possède le résumé fort intéressant de son intervention en preuve de ce que j'avance.

    On connaît les limites du statut-quo. Le seul vrai changement serait non seulement d'en parler mais de faire la souveraineté. Monsieur Allaire ne voyait aucune autre solution. Donc, chamgement de cap avec Mario Dumont, bien qu'il ait appuyé le OUI en 1995.

  • Jean Dussault
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 06h39
    Monté sur la swing, tombé sur la droppe!
    Une caractéristique de Dumont était son manque de rigueur lié à de vrais principes fondés. Donc il ne pouvait que surfer sur les causes du moment, en bon opportuniste qu'il sut être. Il ne pouvait que sombrer avec la mort de la vague.

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 25 février 2009 06h44
    Les pièges de l'analyse qui se prend au sérieux
    Le piège des analyses et des générations.

    Je me demande si la notion qu'on nous impose de plus en plus, cette notion de générations distinctes: Baby boomer, X, Y, W, Z, Millénaire... n'est pas un piège.

    On aime bien analyser. Parfois, j'ai l'impression qu'on "analyse" tellement qu'on en perd la réalité de vue et que l'on paralyse les choses, les gens, les générations, les notions, les courants politiques et même la pensée.
    Comme si tout devait suivre une règle, un carcan, une loi coulés dans le béton armé.

    La génération X est: ...
    La Y est: ...
    Etc.

    Peu importe de quelle génération nous sommes issus, nous vivons tous avec les mêmes moyens. Peu importe notre génération, internet est présent pour tous. Qu'on l'utilise ou non. On peut être né du temps où l'on achetait la glace pour notre glacière et où le laitier passait à cheval et être un "blogueur". On peut être né entre deux ordinateurs et n'avoir aucune idée de ce qu'est la programmation.

    Si les générations étaient si étanches et si cloîtrées, ce serait peine perdue de même tenter de se parler. «Désolé, nous ne sommes pas de la même génération!»

    J'ai des amis qui pourraient être mes parents (quoique de moins en moins, ils disparaissent les vieux!) et d'autres qui pourraient être mes petits-enfants. Je discute avec les uns et les autres de la même façon parce que nous vivons tous les mêmes choses quelque soit notre date de naissance.
    Bien sûr, le bagage de connaissance et d'expérience varie selon l'âge, cette réalité a toujours existé, bien avant que l'on commence à catégoriser les décennies de naissance.

    De tout "analyser" à travers des schèmes immobiles, des classements superficiels inventés, est, selon moi, un piège.
    Peu importe la génération, on peut voir la réalité de la même manière. Les valeurs humaines sont immuables. Le goût de la justice, de la liberté et de la vie sont des valeurs universelles et de toutes les générations.
    Les considérations catégorisant radicalement les générations sont un dangereux piège poussant aux conflits générationnels.

    À "focusser" sur nos différences on se ferme les yeux sur la réalité et sur nos problèmes communs. Qu'on soit né avant ou après, nous sommes tous dans le même bateau, nous subissons tous les mêmes tempêtes.

    On peut jeter le blâme sur les autres en se faisant croire que la tempête est due à une autre génération que la nôtre... mais quelle réaction puérile!
    Dans toutes les générations et de tous les temps, il y a eu des profiteurs, des mauvais dirigeants, des gens bien intentionnés et des gens pour qui mettre le pied dans la figure du voisin pour se hisser plus haut était une chose "normale".
    Je ne crois pas que l'ADQ était composé d'une génération, la X, celle de Dumont.
    Cette analyse tournant trop autour d'une catégorisation m'apparaît fausse. Parfois, le délire intellectuel se croit et se regarde briller le lustre de son vernis à ongles qu'il frotte en déblatérant de l'analyse clinquante.
    Ça me donne l'impression d'être le cas pour cet article.

    L'auteur peut être fier de sa compilation de ses liens et de ses solides (sic) théories, mais la réalité pouffe de rire à entendre un tel discours.

    Pour en revenir à Mario, il a tiré sa révérence et pour moi, c'est tant mieux.
    Malheureusement pour ses admirateurs, je ne ferai pas semblant de lui trouver des qualités, des excuses et de la profondeur.
    Je trouve toujours hypocrites ceux qui accourent pour dire du bien d'un macchabée qu'il détestait.


    Serge Charbonneau
    Québec

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 07h59
    La nuisance Dumont
    Mario Dumont nous a détourné de l'éternelle dichotomie fédéralistes-de-droite vs souverainistes-de-gauche pour un débat plus normal gauche-droite, débat qu'on trouve dans toutes les démocraties. Le hic, le gros hic, c'est que ce débat se fait à partir de seulement la moitié de nos impots, l'autre moitié étant envoyée sans aucune discussion dans les poches du gars de Calgary qui contrôle tout, tout, tout.

    Comment tenir un véritable débat lorsqu'en plus les 3/4 de ce qui reste de la tarte va à la Santé et à l'Éducation?
    Dumont aura donc été une nuisance, voire une catastrophe qui a empêché notre peuple d'accéder à tous ses moyens. Après on fera un véritable débat gauche-droite avec le 100 milliards de nos taxes et impots. Pas juste avec le 50.

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 08h15
    Mario est mort du manque culture d'etat,
    ADQ : Novembre, le mois des morts


    L'appui de l'électorat au parti de M Mario Dumont a décroché depuis Novembre 2007. Pourquoi, pour la même raisons qui a permis à Mme Pauline Marois de revenir à l'avant scène politique et au P.Q. de passer en avant de l'ADQ : La proposition de doter le Québec de sa propre Constitution.

    Plutôt que de saisir l'occasion de mettre en place un engagement important de son programme électoral (Constitution de l'État Autonome du Québec), et ; de régler ainsi le problème des accommodements raisonnables qu'il avait lui même agiter pour se faire du capital politique, Super Mario aura mis une semaine pour sortir du garde robe et venir dire NON à une chance historique de voir le Québec se doter enfin de sa propre constitution. C'est au moment ou il a fermer cette porte que Super Mario a perdue sa crédibilité de « premier ministrable ».

    Je doute qu'il le sache. Le problème avec M Mario Dumont c'est qu'il n'a aucune culture d'état et donc aucun centre de gravité politique (girouette). S'il avait eue un minimum de doctrine d'état il aurait immédiatement compris qu'un projet de constitution est un acte d'état d'envergure qui donne à celui qui le propose, et le mène à terme, une crédibilité d'homme d'état ; exactement ce qui lui manquait pour franchir la porte du pouvoir qui était pourtant à sa porté en Octobre 2007, un mois avant le mois des morts.

    ADQ : Novembre, le mois des morts.

  • Yvon Roy
    Abonnée
    mercredi 25 février 2009 09h14
    Dalton
    Les frères Dalton auront encore eu raison de Mario faut-il croire, mais il restera toujours Rantanplan pour les nostalgiques. Fin de la 30 pour l'ADQ. La Caisse est vide.

  • André Pelchat
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 09h24
    L'échec...
    politique de la génération que Dumont prétendait représenter n'est-il pas inscrit dans les valeurs mêmes de l'ADQ ?
    Dans son antisyndicalisme et son opposition aux groupes de citoyens, l'ADQ favorisait un individualisme, mais pas n'importe quel individualisme : celui de la "main d'oeuvre souple" i.e. du bon travailleur obéissant, docile, qui ne discute pas, ne revendique pas et qui ne réfléchit pas, laissant ça à ses "boss".
    Celui du consommateur qui achète tout ce qu'on lui propose sans se demander quel impact ses produits ont sur l'environnement ou à quelles conditions on les fabrique.
    Celui de "l,individu" qui achète sans réfléchir le discours dominant, que ce soit sur le libre-échange "nécessaire" ou sur les impôts "trop élevés".
    Un individu fondamentalement en accord avec le système et agacé par les empêcheurs de tourner en rond qui manifestent, revendiquent et signent des pétitions.
    Forcément quand vient le temps de mobiliser cet individu en politique, peut-ôn réellement s'attendre à ce que, soudainement, après son travail, ses heures de magasinage et Star Académie, il se transforme en citoyen impliqué et soucieux de participer aux décisions qui le concernent ?
    On peut poser la question et la réponse, je crois est dans l'effondrement du vote adéquiste à l'automne dernier...

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 09h49
    Mario, le symbole d'un cul-de-sac
    Mario Dumont, c'est l'illustration du cul-de-sac du modèle québécois, arrivé au bout d'une logique qui ne va nulle part.

  • Michel Chevalier
    Abonné
    mercredi 25 février 2009 09h57
    Un homme de réaction
    Cynisme et pragmatisme? J'ai passé ma vingtaine à gueuler contre les baby-boomers. En 1992, y'en avait pas de place pour travailler, pour débuter une vie comme mon père avait eu la chance d'avoir. Pourtant, je n'ai jamais adhéré aux idées de Mario Dumont car mes frustrations se tournaient davantage vers un manque de solidarité entre les générations qu'un individualisme qui caractérise tant les baby-boomers après d'extraordinaires édifications de nombreux outils collectifs.

    L'erreur de Dumont se résume à une très mauvaise lecture de la société québécoise. Il a passé sa vingtaine à gueuler... et sa trentaine aussi. L'homme n'a pas réussi à faire évoluer sa pensée politique afin de faire de lui un véritable homme politique. Il n'a pas su s'entourer de gens compétents pour l'amener à passer de la "réaction" à la "réflexion ".

    Eric Clermont

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 10h05
    @ M. Jean Claude Pomerleau
    Vous avez raison, l'ADQ a trouvé des raisons bassement électoralistes pour ne pas joindre le PQ afin de faire adopter une constitution québécoise et une nationalité aussi quand Mme Marois l'avait proposé.

    L'ADQ a doné comme excuse qu'il voulait une simple déclaration, pas une loi comme le PQ. Manque de flair politique de M. Dumont ici qui a fait tout tomber à l'eau.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 11h34
    L'héritage a bien été liquidé
    L'hérirage de la Révolution Tranquille a bien été liquidé. Toutes ces institutions au service du peuple Québécois (Canadien français) ont été détournées par le PQ, en tandem avec le PLQ, pour ne plus servir que les acquis de la fonction publique et le capitalisme de ses syndicats.

    Le "tout État" qui siège à Québec, au milieu des Radio X.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mercredi 25 février 2009 11h38
    MM Allaire et Dumont
    Jean Allaire mérite du respect pour avoir si bien analysé le cas du Québec. Cependant, il choisi un mauvais cavalier.

    Qu'était M Dumont? Une girouette, une coquille vide? Un petit gars qui joue avec des allumettes et qui se sauve?

    De toute façon il a beaucoup déçu.

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 12h11
    Dumont, ses X et la grosse farce de la dette
    Quel était le gros dada de Mario et de ses vaillants X? LA DETTE. La sacro-sainte dette de 124 milliards des boomers -la génération la plus égoiste de l'histoire du Québec- qu'on allait laisser aux pauvres X et Y.

    Cout de la dette du Québec en 1997: 8 milliards
    Cout de la dette du Québec en 2008: 7,8 milliards

    Voilà pour la grande obsession de nos X. Mais ce n'est pas tout parce que le meilleur était à venir. Pendant la campagne électorale Dumont nous proposait de privatiser une partie d'Hydro-Québec. Si ses chiffres étaient bons, la valeur totale d'Hydro était de 130 milliards. Bref, alors que les Américains sont endettés par-dessus les oreilles, les Québécois ont un dette nulle une fois Hydro vendu.

    Voilà pour l'hystérie de Dumont et ses pauvres X...

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mercredi 25 février 2009 12h28
    Tout est allé trop vite pour Mario Dumont !
    Le plus grand mérite de Mario Dumont aura été, bien sûr, d'avoir introduit un nouveau discours, soit celui de remettre en question le fameux modèle québécois et d'avoir forcé les autres partis à en faire tout autant.

    Cependant, Dumont a aussi été victime de son succès. Tout est allé trop vite pour lui. Du jour au lendemain, il s'est retrouvé chef de l'opposition officielle et les attentes des électeurs, envers lui, étaient considérables. Il faut dire que le fait d'avoir à diriger, au lendemain des élections de mars 2007, une équipe de 40 députés presque sans aucune expérience parlementaire ne lui a pas facilité les choses !

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    mercredi 25 février 2009 12h29
    @ monsieur Pommerleau
    Une parenthèse: Le P.Q. lors de congrès précédents a soumis la nécessité d'une constitution pour le Québec, bien avant Mario Dumont et la Comission Bouchard-Taylor. Autant qu'ils avaient mis l'ampleur sur la Conciliation Travail-Famille, préoccupations que partagent les autres formations politiques qui ont repris le thème.

    Bien entendu, l'important n'est pas de savoir qui a soumis l'idée car l'essentiel se trouve dans l'appui des partis d'oppositions lorsque le bien commun est en cause, c'est-à-dire, faire preuve de bonne foi. Il n'y a rien de plus noble qu'une opposition qui fait avancer le débat et ne fait pas que s'opposer....pour s'opposer.

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    mercredi 25 février 2009 14h13
    Il n'a pas échoué
    Non, il ne s'est pas présenté à l'examen ou plutôt, il s'est présenté à la mauvaise place, totalement impertinent, rien dans son baluchon, totalement incompétent face à ses prétentions.

    Il n'y a aucun échec là-dedans, c'est un malentendu qui a failli être monstreux en nous faisant passé à un cheveu du chaos avec sa bande de lampistes égarés au pouvoir.

    C'est tout ce qui me vient comme inspiration analytique de Mario. Un ti-clin en manque de révolution de palais.

    .l..

  • Réal Ouellet
    Abonné
    mercredi 25 février 2009 15h27
    beurk
    je suis de la génération x, je ne suis ni cynique, ni individualiste et pas très pragmatique.
    j'habite québec et je déteste les radios poubelles. ne me comparé pas à cette animateur de télé à tqs!!! sinon je vais devenir un angry midellage males!

  • Audet Francine
    Inscrite
    mercredi 25 février 2009 15h34
    Rayons X
    Je crois aux vertus de l'analyse transgénérationnelle... et quand elle est fondée sur un brin d'observation, un soupçon de sens critique et une bonne dose d'humilité, pourquoi pas ? Le phénomène de la génération X constitue à mon avis une solide base d'analyse.

    On attribue la banqueroute politique de Mario Dumont et de son équipe à l'absence de vision politique claire. On oublie souvent à mon humble avis qu'une partie de son capital de sympathie s'est constituée à partir d'une attitude de confrontation à l'égard de la génération précédente, les baby boomers. Une attitude entraînant dans son sillage des discours confrontants, parfois haineux à l'encontre des supposés avantages d'une génération complète porteuse de cette « tare congénitale » ; celle d'avoir pillé le trésor public et l'odieux de s'assurer pour l'avenir de fameuses retraites dorées ! Un discours éminemment sans nuance ( parlez-en aux travailleurs de plus de 50 ans qui perdent leur emploi actuellement ) et qui a contribué à braquer une génération contre une autre. Si c'est le propre de chaque génération de s'affirmer dans son désir de reconstruire le monde, sans compter l'extrême médiatisation qui est la clé de la visibilité de cette génération pourtant peu nombreuse sur le plan démographique, celle-ci me paraît se complaire dans l'usage de superlatifs et du dénigrement sans mesure. Nous avons apparemment évité de justesse les stratégies de « braquages » ethniques fondées sur les discours de même nature, mais pour combien de temps ?

    Puisque que cette génération en est une particulièrement adepte de « l'image », on me pardonnera de la juger sur ce terrain. La génération X est celle qui a engendré le phénomène des « radios-poubelles » ; phénomène particulièrement virulent dans ma ville ( allez savoir pourquoi .. ). C'est celle qui a enfanté une génération d'humoristes à l'humour un brin éculé ( j'ai bien dit éculé.. ) dont la majorité semble se lasser fort heureusement ( voir les débats sur le Bye Bye ) Elle assure apparemment la popularité d'une émission de télévision où les amoureuses sont présentées comme des femmes insipides et contrôlantes et des hommes qui ne leur arrivent pas à la cheville ( c'est peu dire !).

    Alors l'analyse oui... l'autoanalyse surtout! Soyons humbles pour notre part : c'est une génération que la société québécoise a tout de même engendrée, dans le mal-être sans doute, dans un climat d'individualisme exacerbé et de nécessaires remises en question de nos institutions, peut-être oui... Mais tout projet de société, qu'il soit d'ordre politique ou social, et les adhésions qu'il sollicite au coeur de l'espace public, ne devrait jamais être ignorant ( la preuve en a été faite je suppose ) de ce que les anciens ( sic ) nous ont légué ; dans le langage des vieux ( pardonnez-moi ) je crois que l'on appelait ça la conscience sociale !

  • Jean-Louis Larose
    Abonné
    mercredi 25 février 2009 16h13
    Dumont trop impatient et fougueux
    Si Monsieur Dumont aurait été plus patient, moins démagogue, moins ti-coq et plus indépendant de Jean Allaire il aurait été Premier Ministre du Québec depuis longtemps. Je suis certain qu'il le regrette. Son avenir était avec le Parti Libéral. Son empressement lui a fait perdre du temps.
    Nous n'aurions pas eu à subir les administrations de Jean Charest ce dernier décrit comme un peu paresseux dans le "Complexe de Pinoccio" d'André Pratte. Il aurait pu réellement imposer ses idées et améliorer le Québec.

    Jean-Louis Larose, 310-800, rue Blondin, Sainte-Adèle, Qc. J8b 2R1 - 450-229-1728
    jl.larose@cgocable.ca

  • Alain Pérusse
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 17h10
    L'échec inévitable.
    Malgré le succès électoral de 2007, l'Action démocratique s'est cantonné à des idéaux démagogiques dont les plus connus proviennent du populisme de marché dont il avait fait sa marque de commerce, quelque part à la fin des années 90. Traduisant en langage politique un discours porté vers l'exclusion et la recherche de coupables, le parti s'est cantonné finalement à être celui des aigris, ceux dont la nostalgie d'une époque révolue ou encore, l'envie d'une société individualiste maximale. Ses analyses semblaient être issus de la rancoeur entendue dans les lignes ouvertes des radios de confrontation et les blogues de l'extrême-droite locale (Antagoniste, les réalisateurs du film L'Illusion Tranquille). Pis encore, la majorité de ses députés ont démontré davantage d'ignorance des dossiers auxquels ils avaient été délégués.

    Le départ de son Chef va mettre en avant l'incapacité de cette Équipe Mario-Dumont à être autrement que le parti d'un seul homme. Il ne serait donc pas étonnant de voir le restant de ses appuis se diviser entre les Partis libéral et Québécois.

  • Frederic Fradette
    Abonné
    mercredi 25 février 2009 19h23
    ADQ et Duplessis
    Je suis un X et je ne me suis jamais senti représenté par Mario Dumont, les seules personnes de mon entourage à avoir voté pour lui son mon père de 55 ans et ma grand-mère de 75 ans. Bien que Mario Dumont soit jeune ses idées ne sont pas bien nouvelles il a fait de son parti un parti nationaliste de droite, exactement la même chose que l'union nationale, l'ADQ n'est rien de plus que le nouveau parti conservateur deu Québec.

  • Cloutier Michel
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 19h39
    Manque de profondeur
    Mario Dumont a eu une belle carrière politique. Le problème c'est que l'équipe autour de lui n'était pas forte si je compare à l'équipe de René Lévesque en 1976. Écouté avec l'équipe Lévesque en 1976, il y avait Jacques Parizeau qui avait été le conseiller des Premiers Ministres Lesage, Johnson et Bertrand. Il y avait aussi Bertrand Landry un ancien haut fonctionnaire de l'état. Il y avait plusieures universitaires et plusieures personnes qui avaient travaillé dans le milieu communautaire. René Lévesque a fondé le PQ en 1968 et est entré au pouvoir en 1976. Lui même avait été déja ministre dans le gouvernement Lesage. Alors je pense que la plus grosse erreur de Mario c'est de ne pas avoir mis une accent de présenter à la population une équipe forte. Ce que je veux dire c'est bien beau d'avoir de bonnes idées, mais il faut avoir une équipe forte pour les présenter car la crédibilité aujourd'hui c'est très important.
    michelcloutier50@msn.com

  • Yves Hallée
    Inscrit
    vendredi 27 février 2009 13h49
    Pragmatisme ou pragmatique ?
    Mis à part l'insulte d'associer ma génération à la Radio X, je voudrais réagir aux propos rapportés de M. Bock-Côté concernant le pragmatisme dans l'article traitant de Mario Dumont et de la génération X de votre édition du 25 février dernier. M. Bock-Côté aurait intérêt à lire les philosophes Charles Sanders Pierce (1839-1914) et John Dewey (1859-1952) identifiés comme les fondateurs du mouvement pragmatiste pour comprendre que la conception d'origine est fort différente de cette vision qui qualifie le pragmatisme de populisme, d'utilitarisme, d'individualisme et d'affairisme. À la décharge de M. Bock-Côté, on pourrait lui pardonner cette erreur car elle est commune. J'invite les lecteurs à visiter ou revisiter ces philosophes américains pour comprendre que ce courant est loin d'être intuitif mais qu'il est plutôt inspiré de l'expérience humaine. Ils pourraient être d'ailleurs fort stimulants concernant la crise économique que nous traversons.

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