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Action démocratique du Québec - À la recherche d'un avenir

Bernard Descôteaux   25 février 2009  Québec
C'est fait. Mario Dumont a donné officiellement sa démission comme chef de l'Action démocratique. Il abandonnera son siège de député de Rivière-du-Loup le 6 mars. Orphelin de père, ce parti est maintenant à la recherche d'un nouveau chef et, encore plus important, à la recherche d'un avenir.

Son surnom a été longtemps «Super Mario». C'était une façon pour ses admirateurs de reconnaître à Mario Dumont un talent exceptionnel. Son parcours politique aussi l'a été, non pas tant pour les postes qu'il a occupés — ils se résument à trois: président de la commission jeunesse du Parti libéral, chef de l'ADQ et chef de l'opposition officielle, que pour les idées qu'il a inscrites à l'ordre du jour politique au cours d'une carrière de quelque 18 années. Parmi plusieurs, notons sa défense vigoureuse de l'autonomie du Québec qui l'a amené à quitter le Parti libéral de Robert Bourassa et à défendre l'option du OUI au référendum de 1995, la promotion de la place du privé en santé et en éducation, la remise en cause du système de taxation et de l'interventionnisme de l'État et la dénonciation des accommodements raisonnables.

Ses idées, souvent, ont pu ne pas être bien articulées et appuyées sur le plan intellectuel, mais il les a toujours défendues avec courage. Il est sain qu'elles aient pu s'incarner dans un parti dont la légitimité ne peut être mise en doute. Son programme, identifié à la droite, a eu un écho, à certains moments très fort, au sein de l'électorat. Même si elle a subi le 8 décembre un sévère recul, l'ADQ demeure, avec près de 17 % des suffrages, un tiers parti important.

L'analyse des causes de cette défaite a été faite plus d'une fois avec lucidité par Mario Dumont. Celles-ci se trouvent dans le résultat inattendu de l'élection de 2007 où, forte de 41 sièges, l'ADQ est devenue l'opposition officielle. Mal préparée à ce rôle, sa députation n'a pas réussi à s'imposer à l'Assemblée nationale. Lui-même n'a pas su s'adapter à son rôle de chef de l'opposition officielle. Le parti a déçu ses électeurs, qui se sont abstenus en grand nombre le 8 décembre.

Le prochain rendez-vous électoral sera le moment de vérité suprême pour ce parti. Les problèmes à surmonter sont nombreux. Les coffres sont plus que vides. Il faut amasser des fonds pour maintenir une permanence digne de ce nom, organiser un congrès à la chefferie et affronter l'élection partielle qui aura lieu dans Rivière-du-Loup pour occuper le siège laissé vacant par le départ du chef. Il faudra revoir le programme pour éviter de se disperser dans des directions contradictoires, par exemple à la fois condamner l'interventionnisme de l'État et réclamer de la Caisse de dépôt de soutenir les entreprises québécoises. Il faudra reconstituer l'effectif laissé en jachère que le Parti libéral et le Parti québécois voudront lui ravir.

Aujourd'hui, tous se demandent si l'ADQ survivra au départ de son chef. Inévitablement, le parti se sentira orphelin pendant un certain temps. Ce sera encore plus vrai pour son aile parlementaire, réduite maintenant à six députés et laissée à elle-même. Elle aura par contre l'occasion de se faire valoir maintenant que Mario Dumont n'est plus là pour occuper tout l'espace. Le défi pour les militants adéquistes sera, après avoir laissé l'avenir de leur parti pendant si longtemps entre les mains d'un chef charismatique, de le prendre entre les leurs. C'est là qu'on verra si l'Action démocratique peut par la seule force de ses idées et de son programme réussir à s'imposer à nouveau.

***

bdescoteaux@ledevoir.com






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  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 08h20
    Faut éclaircir son option constitutionnelle
    L'ADQ existe seulement à cause du refus du rapport Allaire, par M. Bourassa, qui le trouvait trop...autonomiste ou souverainiste même s'il avait été adopté par son PLQ. Ce rapport qui recommandait une nouvelle structure politique canadienne qui renforcerait l'union économique canadienne tout en accordant l'autonomie politique à l'État québécois, principalement en établissant l'autorité législative exclusive du Québec dans 22 domaines, allant des affaires sociales, de la culture, de la santé, de la politique familiale et de la politique de la main-d'oeuvre aux communications, à l'environnement, à l'agriculture et à la sécurité publique.

    C'était une sorte de confédération à la place d'une fédération faussement nommée confédération canadienne. Un genre de solution rassembleuse entre fédéralistes et souverainistes qui a tourné, par la suite, en autonomie un peu nébuleuse du Québec.

    Si cette solution constitutionnelle n'est pas éclaircie solidement "référendum ou pas" sur le but et le comment y arriver, l'ADQ n'aura plus raison d'exister principalement, si le parti tire trop à droite où les Québécois ne sont pas, selon les sondages.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 08h28
    Le despote des pauvres nous a quitté...
    Quand j'entendais Bernard Landry hier midi à Maisonneuve à l'écoute, vanter à tour de bras les mérites de ce petit pingre opportuniste et sans vision...

    Je me disais qu'il faut sans doute être aussi opportuniste, manipulateur et intéressé que lui, pour tenter de récupérer cette droite arriérée au PQ.

    Or, Landry a toujours tenté de nous faire croire que le PQ était un parti de gauche

    «LA GAUCHE : C'EST NOUS !»

    Dixit : Bernard Landry / Première page du Devoir / 2003

    Le jupon de droite de Landry dépassait largement ses apparentes convictions...

    Et ce départ radical de la politique de Dumont, ne fait que divulguer ce qui l'intéressait vraiment :

    C'est à dire: «le pouvoir» et non défendre de prétendues convictions... Il ne s'en cache d'ailleurs même pas !

    Car à le voir improviser ses positions jours après jours durant la dernière campagne électorale, je crois qu'il aurait été prêt à défendre n'importe quoi ! ...en autant que cela semble rapporter des votes... évidemment...

    - Euréka !!

    - Pourquoi ne pas vendre Hydro Québec ?? !!

    - Ou encore, varger sur les pauvres... tant qu'à y être ! ?

    ...II y a peut-être quelques votes non utilisés qui traînent par là... devait-il se dire...

    Mais heureusement... Ce " vidangeur de votes" nous a quitté...

    En tous cas, pour un moment...

    Car le Québec a bien mieux à faire, que d'être représenté par un petit despote sans morale qui a ponctuellement bénéficié d'un vide politique et qui ne cherchait finalement... que le pouvoir...

    Mais restons alerte...

    La mauvaise herbe... Ça repousse vite...

  • Yvon Roy
    Abonnée
    mercredi 25 février 2009 09h22
    30
    Mario aimait beaucoup comparer la politique à des bouts de chemin et il lui restera toujours la 30 pour poursuivre le sien.

  • Diane Cadieux
    Inscrite
    mercredi 25 février 2009 10h23
    skis en été
    j'aimerais bien savoir où s'en va M.C.Montmarquette avec ses skis en été.
    traiter M.Dumont d'opportuniste et de despote des pauvres est incompréhenible.
    si quelqu'un voulait vraiment servir les citoyens, c'est bien M.Dumont.
    Parlant de pouvoir M.Montmarquette, que pouvez-vous dire des dernières élections anticipées, avec des prétextes ahurissants de la part de M.Charest et des mensonges et cachotteries incroyables.
    Écoutez donc le Rapport de CDPQ aujourd'hui et on s'en reparlera!!!
    si une plate-forme de parti avait du "gros bon sens", c'est bien celle de l'ADQ.

  • Hubert Larocque
    Abonné
    mercredi 25 février 2009 10h49
    Dumont, la comète brisée.
    Avec Dumont, c'est le rêve d'une génération qui s'en va. Tous les signes semblaient pourtant favorables : une originalité face aux « vieux » partis, un zeste de contestation, l'espoir d'une approche nouvelle de la question nationale. On pourrait ajouter quelques idées heureuses, un certain art de la formule. Pourquoi a-t-on le sentiment d'un échec, et pas seulement de l'échec de Dumont mais de celui du Québec entier? Comme quelqu'un qui s'est fourvoyé dans un labyrinthe dont il avait mal calculé la complexité et qui soupire d'aise en trouvant la première issue à sa portée.
    Il y a des bêtes de scène et aussi des bêtes de la politique. Dumont n'avait pas ce gabarit. Il incarne à la perfection l'inachèvement de tous les grands desseins propres au Québec. On part en flèche, on lance des slogans prometteurs, puis on s'essouffle vite faute d'intelligence et d'énergie nationales. Dumont fut l'homme des velléités, des contradictions et de l'incoordination de ses cibles politiques, mouvantes s'il en fut. Comment défendre le Québec, rétrograder à l'autonomie duplessiste et coucher avec les conservateurs d'Ottawa?
    Dumont a refusé l'appui de ceux qui lui auraient donné la cohérence et la force. Il s'est dissous dans l'improvisation continue, les fragments contradictoires, une présence sporadique et l'incapacité de lier l'identité québécoise à une politique forte, structurée et authentiquement nationale.
    Hubert Larocque.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 11h48
    @Diane Cadieux - Et un sac couchage en hiver...
    Le programme de l'ADQ propose 5 ans maximum d'aide sociale et après... ?

    Vous proposer quoi ? - La rue !!??

    Sachez bien que la ville de Détroit qui a appliqué de telles méthodes, s'est retrouvée avec le même taux de criminalité que celui du Canada au grand complet.

    On est bien avancé... hausse de l'itinérance et qui plus est, de la criminalité...

    Se faisant, ce petit opportuniste sans morale et ignare des conditions de vie des personnes les plus déshérités de notre société, a contribué, et ce, au dire même du Front commun des personnes assistées sociales du Québec, à propager, comme à son habitude, les préjugés contre les personnes à l'aide sociale, dans le but mesquin de se faire du capital politique en cassant sans cesse du sucre sur le dos des plus pauvres d'entre nous.

    Le constat de votre manque de connaissances au sujet des prises positions rétrogrades et antisociales de ce Dumont, ne fait que confirmer l'ignorance politique de ceux et celles qui votent pour ce genres d'énergumènes et petit ami du Conseil du patronat.


    Je vous conseille donc de prendre connaissances des lectures ci-dessous...

    Car je crois que l'information est la base de la démocratie.


    Ce dont, de toutes évidences, l'As des culs, ne semble pas trop s'être préoccupé...


    Bonne lecture...



    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre fondateur de Québec solidaire
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec


    Références :

    «Dumont veut mettre un terme à l'aide sociale comme «mode de vie» :
    http://www.ledevoir.com/2008/11/21/217584.html

    «Dénonciation de Mario Dumont par le FCPASQ » :

    http://www.arrondissement.com/tout-getMod-director


    Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec invite les personnes assistées sociales du Québec à battre le duo Dumont-Taillon :

    http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/March2007/22

    Aide sociale - ADQ
    Une méconnaissance consternante, selon un groupe :

    http://elections.radio-canada.ca/elections/quebec2

    VIGILE SOUS LA TENTE DEVANT L'ASSEMBLÉE NATIONALE :
    http://www.vigile.net/Une-reussite-mediatique

    Un Mario Dumont de $ 83 millions :
    http://www.vigile.net/Un-Mario-Dumont-de-83-millio

    «Quand j'ai rencontré Madame Marois... » :
    http://www.pressegauche.org/spip.php?article2938

    .

  • Guy Fafard
    Inscrit
    mercredi 25 février 2009 12h19
    Pauvre...
    Le Québec est pauvre et le deviens encore plus.

    Refusant de voir et de s'entendre dire des vérités, il se retrouve maintenant gros gens comme devant.

    La go-gauche parle fort, le syndicalisme aussi. On se retouve avec la vieille lutte fédéralistes/souverainistes.

    Monsieur Mario Dumont quitte avec raison cette mélasse que sont les gouvernants trouillards face aux syndicats, la peur des visionnaires et une foi dans l'état providence par la population.

    C'est chaud et confortable de tremper dans la merde jusqu'au cou, mais ça pue. On se sent bien...ouach !

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mercredi 25 février 2009 14h45
    Déception
    L'ADQ résulte de l'action de Jean Allaire qui mérite du respect pour avoir si bien analysé le cas du Québec. Cependant, il choisi un mauvais cavalier en M Dumont.

    Qu'était M Dumont? Une girouette, une coquille vide? Un petit gars qui joue avec des allumettes et qui se sauve?

    Qu'il ait été appuyé par les radios-poubelles de Québec n'est pas à son avantage. De toute façon il a beaucoup déçu.

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