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Le test

Michel David   7 février 2009  Québec
Depuis l'adoption de la Charte de la langue française en 1977, la question est demeurée en suspens: qui doit être considéré comme anglophone? Les Anglo-Québécois de souche? Tous les Canadiens-anglais? Toute personne dont l'anglais est la langue maternelle? Toute personne qui se sent une appartenance à la communauté anglophone?

Dans ce débat, les souverainistes ont rarement eu le beau rôle. On les a plutôt accusés de ce «sectarisme» évoqué par Nicolas Sarkozy. Encore aujourd'hui, plusieurs perçoivent la Charte comme une tentative délibérée de rapetisser la communauté anglophone.

Il est difficile de ne pas sourire en voyant l'espèce de procès identitaire qu'on fait ces jours-ci dans The Gazette à la nouvelle ministre de la Justice, Kathleen Weil, qui a été élue dans le comté à majorité anglophone de Notre-Dame-de-Grâce le 8 décembre dernier.

Dans une récente chronique, mon ami Don MacPherson s'excusait sur le mode sarcastique auprès de la ministre — et, accessoirement, de sa collègue Yolande James — pour l'avoir plongée dans l'embarras en la qualifiant d'anglophone, malgré son français impeccable appris à Marie-de-France. «Je réalise aujourd'hui que traiter un membre de gouvernement Charest d'anglophone est impoli et indélicat, comme si on attirait l'attention sur un défaut», raillait-il.

Il est vrai que Don avait aussi rappelé que Mme Weil avait joué un rôle important à Alliance-Québec, à l'époque où le défunt organisme combattait aussi bien la loi 101 que l'accord du lac Meech, ce que ses notes biographiques prenaient bien soin d'omettre. Manifestement, les stratèges libéraux y voyaient eux-mêmes un défaut.

***

Dans son éditorial de mercredi dernier, The Gazette a présenté comme un «test» pour Mme Weil le cas du jeune Kyle Wosniack, 11 ans, qui s'est vu interdire l'accès à une école anglaise de Notre-Dame-de-Grâce parce qu'il n'est pas en mesure de démontrer que son père biologique, qui demeure introuvable parce qu'il ne veut pas payer de pension alimentaire, a bel et bien fait ses études en anglais quelque part au Canada.

Il n'y a aucun problème en ce qui concerne les troisième et quatrième années du primaire, de même que le secondaire, mais l'incendie d'une école en Colombie-Britannique et la destruction des archives d'une autre en Alberta laissent un vide. La grand-mère de Kyle assure cependant que son fils a fait toutes ses études en anglais.

Au surplus, la mère de Kyle s'est remariée avec un homme qui a fait toutes ses études en anglais au Québec. Sa demi-soeur de trois ans, qui pourra éventuellement fréquenter l'école anglaise, lui transmettra alors les mêmes droits. Peu importe, le Comité d'appel sur la langue d'enseignement du ministère de l'Éducation a dit non. Le bureau de la ministre Courchesne prétend qu'elle n'y peut rien et que Kyle doit s'adresser aux tribunaux. Mme Weil «suit le dossier», assure-t-on, mais la ministre de la Justice est bien la dernière à pouvoir s'ingérer dans ce processus.

Il y a des limites à la bêtise et à l'insensibilité. Soit, la loi 101 a établi des règles, mais il y a aussi l'esprit de la loi. À moins d'être d'une mauvaise foi criante, il semble évident que Kyle est dans son droit. Cette affaire est peut-être un test pour Mme Weil aux yeux de The Gazette, mais c'est surtout un test pour la société québécoise. Ne donnons surtout pas raison à M. Sarkozy.

Le cas de Kyle rappelle en rappelle un autre survenu en 1995. Un jeune Américain de 6 ans, John Eyler, s'était vu refuser l'accès à l'école anglaise sous prétexte que c'était son beau-père, et non son père biologique, qui avait accepté un contrat d'un an chez Canadair lui donnant droit à une dérogation. Le ministre de l'Éducation de l'époque, Jean Garon, avait renversé la décision du Comité d'appel pour raisons humanitaires. Si M. Garon a pu faire triompher le bon sens, comment Mme Courchesne pourrait-elle s'en laver les mains?

***

Le véritable test pour Mme Weil pourrait venir plus tard, quand la Cour suprême se prononcera sur la constitutionnalité de la loi 104, qui interdit de faire un détour par l'école privée non subventionnée pour accéder à l'école anglaise.

Même si la Cour ne rendra sans doute pas son jugement avant l'automne, les «purs et durs» de la communauté anglophone sont déjà sur un pied de guerre. Dans une lettre publiée le mois dernier dans The Gazette, l'ancien chef du Parti Égalité, Robert Libman, rappelait que trois ministres du gouvernement Bourassa — Herbert Marx, Clifford Lincoln et Richard French — avaient démissionné en 1989 pour protester contre l'utilisation de la clause dérogatoire prévue à la Charte canadienne des droits dérogatoires pour maintenir la règle de l'unilinguisme français dans l'affichage commercial à l'encontre d'un jugement de la Cour suprême.

S'il fallait que la Cour invalide la loi 104 et que le gouvernement Charest décide de légiférer pour s'y soustraire, la position de Mme Weil — et de Mme James — deviendrait intenable. Il est vrai qu'en 1989, un quatrième ministre, John Ciaccia, avait réussi à voter le maintien de l'affichage unilingue en se bouchant le nez. Peut-être avait-il découvert à cette occasion qu'il était plus italien qu'anglophone.

***

mdavid@ledevoir.com






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Vos réactions

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  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 7 février 2009 05h45
    Le début de la sagesse...
    « La crainte de donner raison au président Sarkosy est certainement une étonnante preuve de sagesse, surtout chez tous ceux qui s'empressent de solliciter son appui au cas où quelque chose d'important survienne un jour. »

  • Denis Lussier
    Inscrit
    samedi 7 février 2009 06h12
    Le Test
    « Sur le plan légal et contitutionaliste, vous avez raison, à savoir que les lois existantes ou à venir déterminent (détermineront) qui est Anglais ou non au Québec.
    Mais sur le plan Strictement québécois et plus spécifiquement Péquiste, seuls les Ceintures Fléchées sont des Québécois. Même les Maka Koto de ce monde, en plus de tous les Québécois de descendance Haitienne,ou Magrébienne, Africaine, Italienne, ne seront jamais des vrais Québécois même si leurs parents et eux-mêmes sont nés au Québec depuis 100 ans ou plus. Même, moi (on ne peut plus Québécois Canadien-Français),alors je dis bien, pour les Péquistes, même moi, je ne suis pas un vrai Québécois car je suis un Fédéraliste, donc, un maudit Anglais vendu, et un traître à la Nation Québécoise. Je fais partie des Autres. Pour les Péquistes, c'est entre les deux oreilles que ça ne fonctionne pas et que ça ne fonctionnera jamais, et c'est la raison pour laquelle ils sont identifiés comme des sectaires racistes. »

  • Yvon Roy
    Abonnée
    samedi 7 février 2009 08h10
    5e colonne
    « 5e colonne nous sommes. 5e colonne nous étions. Et 5e colonne nous serons. Don La Cerise. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 7 février 2009 08h17
    8% d'Anglos au Québec, 11% d'élèves anglophones
    « Conclusion: y'a un élève sur trois qui étudie en anglais au Québec et qui n'est pas anglo. Voilà où mène la politique des "cas spéciaux".

    Dans le cas dont vous parlez, vous oubliez de dire que la mère du p'tit a étudié en français au Québec! Né au Québec de mère "francophone", c'est quoi dans votre livre? »

  • Jean Racine
    Abonné
    samedi 7 février 2009 08h36
    Il y a 2,000 ans.
    « Les romains établissaient la filiation sur le nom, la manière de traiter et la réputation (Nomen, tractatus , fama).
    Dans le cas du jeune Kyle on lui aurait donné le droit de fréquenter l`école anglaise selon la législation plus ouverte et moderne...de cette époque. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 7 février 2009 09h00
    Pauvres, pauvres de petits nous !
    « On voit bien ici que la langue anglaise est un plus par rapport à la langue française au Québec, tellement qu'il faut une loi pour restreindre la langue majoritaire du ROC, du West Island et de Westmount.

    Fait que...le gros lot au Québec serait une école anglaise privée et le prix de consolation, une école française publique. Wash ! »

  • Alain Legault
    Inscrit
    samedi 7 février 2009 10h05
    M.Lussier
    « Ecouter M.Lussier,je crois que dans le texte de M.David ont peut voir qu il y existe des purs et durs dans la communaute anglophone au quebec,quil y existe des purs et durs au PQ ne me surprend pas non plus,maintenant pourriez vous nous eclairer quant a savoir si il y en a chez les federalistes ? »

  • Gilles Théberge
    Abonné
    samedi 7 février 2009 10h49
    Quelle misère!
    « C'est bien vrai, le pauvre petit sera appauvri. Pensons y bien : au lieu de luio permettre d'accéder à la richesse de l'anglais, nous llona collectivement l'appauvrir en le forçant à étudier en français, lui rentrer dans le crâne de force un ensemble de références culturelles françaises. Pouah, quelle horreur! Même sa mère biologique qui a étudié en français le reconnait. Ça ne vaut rien étudie enfrançais. elle l'a subi elle-même et elle se peut plus de comprendre que la sociétéva continuer de punir sa famille et forcer son enfant à s'appauvrir ignominieusement.

    Oui vraiment, nous les québécois sommes sans pitié, sans compassion. Dailleurs je me demande bien pourquoi nous ne nous mettons pas tous à l'anglais. Tiens, je pense que désormais je ne vais plus m'adresser aux vaches de mon voisin, qu'en anglais.

    Dommage que la stupidité ne tue plus. On débarasserait l'univers de notre présence stupide.... »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    samedi 7 février 2009 10h54
    Vous me faite rire, on sort de l'école illettré...
    « Vous me faite rire, on sort de l'école illettré...

    Toute ces lois ne feront pas de Montréal une ville francophone, n'en déplaise à plusieurs. Pour travailler et gagner sa vie, dans le monde entier il faut parler et lire l'anglais si pas l'écrire.

    Mon fils il y a déjà bien longtemps a pas eu de cour d'anglais vraiment intéressant, mais au hockey, dans ses voyages et au travers de la TV et des chansons de sa jeunesse il a appris l'anglais courant et plus.

    Ce que je déplore, c'est que comme mes enfants qui ont presque 40 ans, actuellement les élèves du secondaire ne savent pas écrire sans des milliers de fautes et on un vocabulaire très pauvre, ce qui les empêchent de lire aussi.

    JE COMPREND LEUR DÉCOURAGEMENT...
    Sur 11 ans d'étude, ne pas avoir été devant des professeurs qui pouvaient les motiver, juste à ça... »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 7 février 2009 11h52
    La charte des francophones ?
    « C'est bien la charte de la langue française et non c'elle des francophones. Ce n'est pas la charte d'une communauté mais d'une langue.

    La charte est clair. Elle ne dit pas "les pères ou les mères", mais "le père ou la mère". Le père de Kyle est toujours bien vivant mais introuvable, donc la charte s'applique à sa mère.

    Qu'est-ce que c'est que ces "communautés" anglophones ou francophones ? Tout ceux qui parlent anglais dans le monde, forment une communauté ? Et pourquoi pas une race ?

    Ridicule ! »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 7 février 2009 12h07
    Français et avenir.
    « Il faut se battre pour que nous ayons un meilleur système de pédagogie française afin de mieux optimiser notre langue. Il est dommage pour cet enfant de subir cet ostracisme-là. De si de bonne heure à subir les foudres des « sectaires » (de tous bords, cela s'entend). J'ai envoyé mes enfants à Stanislas sans problème. Je veux qu'ils parlent un bon français avec un programme français (je ne veux pas qu'ils subissent ce que moi j'ai subi dans nos écoles québécoises. Une perte de temps et d'argent considérable.) pour qu'ils n'aillent pas se faire traduire en France lorsqu'ils iront continuer leurs études ou y vivre (mais déjà ils parlent le français correctement pour cause de relations familiales). Ils participent dans les deux continents à beaucoup d'activités. Ils connaissent évidemment notre patois créole le joual mais il leur faut plus et mieux. Nous sommes responsables à ce point de vue pour leurs avenirs. Un pauvre vocabulaire, une pauvre syntaxe, un accent incompréhensible par la majorité des francophones hors Québec, sauf dans notre famille, font qu'ils peuvent être dupes de tous les bonimenteurs de politiciens et publicitaires. Par extension, ils apprennent l'anglais (ils sont déjà bilingues) car le travail ici surtout et de plus en plus, ailleurs, c'est en anglais. Qu'importe, du temps des romains, ils auraient aussi appris le latin car il n'ya avait que comme ça qu'on pouvait arriver à survivre dignement et plus facilement. Voyez dans l'Empire Ottoman et le rôle des drogman, les traducteurs. Espérons que ce petit garçon puisse à nouveau faire ses études en anglais, nous sommes au Canada tout de même avec deux langues officielles. Puis, en vérité, je préférerais voir un de mes enfants mieux parler l'anglais, l'espagnol et autres langues internationales que notre français québécois qu'il se devrait vite d'oublier pour l'ailleurs car on ne pourrait pas le comprendre. Ici, il n'y a pas de problème, la subtilité de notre patois ne peut nous déranger entre nous mais aller ailleurs, c'est une histoire de fierté nationale et personnelle. Autrement à quoi bon parler une langue si c'est de la mal parler. Je ne peux faire ça à mes enfants. Ce serait irresponsable de ma part. On devrait avoir la liberté et donc le choix de nos écoles. C'est l'essence même de notre démocratie que de laisser les citoyens de choisir pour el meilleur et le pire. »

  • Pierre Brosseau
    Inscrit
    samedi 7 février 2009 12h46
    Des sectaires racistes??
    « Selon M. Denis Lussier, "les Péquistes sont des sectaires racistes". Et pour le prouver, il confirme que "c'est entre leurs oreilles que ça ne fonctionne pas et que ça ne fonctionnera jamais". Évidemment, avec de telles "preuves", témoignages, confirmations, études sérieuses et rapports scientifiques, M. Lussier a sûrement raison et saluons son grand jugement, son honnêteté et son fédéralisme éclairé. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 7 février 2009 16h24
    Personne ne repond...
    « ...a mes questions de savoir, pour éviter le sectarisme, pourquoi l'idéologue du PQ M Lisee parle en long et en large de la distinction entre les NOUS et les EUX, les souches, les purs laines etc...??? Personne ne répond a cette question pour qui veut comprendre le racisme idéologique. Si on est égaux en droit démocratique, respect d'autrui dans sa singularité, dans une société cette distinction alors n'a pas lieu d'être. Cela éviterait clairement (comme pour la question référendaire) la critique de sectarisme, de non acceptation de la différence et blablabla. J'ai des amis français, blancs et leurs noms sont sans ambigüité du pays de la culture française qui adorent le Québec. Pour rien au monde ils en partiraient. Normal, ils sont québécois comme nous. Pourtant, ils ressentent ce problème dans la formulation politico-culturelle et la culture que cela suppose. »

  • André 68
    Inscrit
    samedi 7 février 2009 18h46
    Sans mépris ni condescendance
    « Au Québec, c'est en FRANÇAIS... POINT FINAL
    Que ceux & celles qui ne sont pas contents /tes, qu'ils/elles déménagent!

    Comme Québécois retrouvons la FIERTÉ de notre langue en exigeant rien de moins que les autres (en particulier les anglophones du Canada - ROC) nous traitent aussi bien que nous traitons les anglophones vivants au Québec) sans mépris ni sans condescendance, d'ÉGAL à ÉGAL.

    MAIS, - car il y a un bémol à mon propos et il est très IMPORTANT - comme nous avons depuis la Conquête de 1759 vécu et subi une assimilation constante à l'anglais, nous devrions faire preuve de discrimination positive en faveur du français pendant le même nombre d'années, ce que semble refuser le gouvernement Charest actuel dans la tradition de la plupart des partis politiques qui l'ont précédé.

    Ceux et celles qui se sentent persécutés & inconfortables par cette mise en perspective historique, n'ont tout simplement qu'à DÉMÉNAGER ailleurs où ils se sentiront mieux traités... pour reprendre simplement l'annonce d'un commerce d'alimentation autrefois de la région de Québec : « S'il n'y en a pas près de chez vous, Déménagez » Notez que ce commerce a disparu depuis ce temps !

    Si on ne veut pas qu'il nous arrive la même chose RÉAGISSONS Car les cachoteries des organismes de défense du français au Québec que sont l'OQLF et le CSLF sont symptomatiques d'un manque flagrant de volonté politique de rouvrir le débat sur la Langue et la Culture québécoises et d'appuyer efficacement nos institutions censées les défendre dans l'espace public. Redonner des dents à la loi 101 est ESSENTIEL à la survie du Québec FRANÇAIS en Amérique.

    André Lacombe-Gosselin
    andre_lacombe@yahoo.com »

  • Réjean Grenier
    Abonné
    samedi 7 février 2009 22h44
    «Pôvre» Lussier
    « Vous aurez compris que l'on ne compte pas sur vous et des comme vous pour sauver le français en Amérique.
    Vous vous dite un «maudit fédéraliste», j'endosse.
    Vous dite que les indépendantiste sont des sectaires et
    des racistes parce qu'ils veulent à tout prix que ça se
    passe en français au Québec, je dis que vous êtes exactement
    ce que vous dite que vous êtes: un con fini.
    Réjean Grenier. »

  • Michel Simard
    Abonné
    dimanche 8 février 2009 09h57
    Les sectaires sont les fédéralistes
    « Les gens intolérants, les sectaires et les gens refermés sur eux-mêmes sont ceux qui se prétendent fédéralistes formost and forever, comme ce Monsieur Lussier, ces pseudo-fédéralistes qui insultent les Indépendantistes, qui méprisent le Québec, qui renient leur Francophonie, qui sont Canadians jusqu'à faire disparaître le français au Québec et dans les autres collectivités froncophones d'Amérique, des gens qui ont tellement honte d'être nés francophones et qui auraient tellement aimé être Anglophones. C'est ça être fédéraliste au Québec. Et ce n'est qu'un début, les claques à la face que reçoit le Québec; avec le repositionnement des forces politiques en faveur de l'Ouest, les Francophones vont en prendre des baffes, mais cela les gentils moutons "fédéralistes" n'en parlent pas, à commencer par les anti-Québécois de Gesca. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    dimanche 8 février 2009 10h49
    Lord Durham est toujours d'actualité
    « Dans son rapport en 1839, Lord Durham envoyé par l'Anglettre pour savoir pourquoi le Haut Canada et le Bas Canada étaient en rébellion et apporter des solutions pour mâter la rébellion.

    Les Rébellions de 1837-1838 sont deux soulèvements armés ayant eu lieu dans les colonies britanniques du Bas-Canada et du Haut-Canada en 1837 et 1838. Ces soulèvements, qui se sont déroulés sur fond de crises économique et agricole, ont été provoqués par le refus, de la part des autorités britanniques coloniales, d'accorder les réformes politiques réclamées par les Assemblées législatives, notamment l'établissement d'un gouvernement responsable. Dans le Bas-Canada, ce conflit se doublait de l'antagonisme existant entre la majorité canadienne-française et la minorité britannique.

    Ce que Lord Durham a décrit est un système féodal français rétrograde et archaïque. Les seigneuries et les curés ce sont les français qui nous les ont laissé. Le système britannique nous a donné en héritage un système parlementaire qui fait l'envie de plusieurs pays. D'ailleurs le nouveau parlement européen vient de s'en inspirer de notre confédération. Mais laissons Lord Durham s'exprimer lui-même. Voici dews extraits de son rapport:

    source : http://www.republiquelibre.org/cousture/DURH.HTM

    « Je m'attendais à trouver un conflit entre un gouvernement et un peuple ; je trouvai deux nations en guerre au sein d'un même État : je trouvai une lutte, non de principes, mais de races. Je m'en aperçus : il serait vain de vouloir améliorer les lois et les institutions avant que d'avoir réussi à exterminer la haine mortelle qui maintenant divise les habitants du Bas-Canada en deux groupes hostiles: Français et Anglais. » ... « Les institutions de France durant la colonisation du Canada étaient peut-être plus que celles de n'importe quelle autre nation d'Europe propres à étouffer l'intelligence et la liberté du peuple. Ces institutions traversèrent l'Atlantique avec le colon canadien. Le même despotisme centralisateur, incompétent, stationnaire et répressif s'étendit sur lui. Non seulement on ne lui donna aucune voix dans le Gouvernement de la province ou dans le choix de ses dirigeants, mais il ne lui fut même pas permis de s'associer avec ses voisins pour la régie de ses affaires municipales que l'autorité centrale négligeait sous prétexte de les administrer. Il obtenait sa terre dans une tenure singulièrement avantageuse à un bien-être immédiat, mais dans une condition qui l'empêcherait d'améliorer son sort ; il fut placé à l'instant même à la fois dans une vie de travail constant et uniforme, dans une très grande aisance et dans la dépendance seigneuriale. » ... « Placés dans de telles circonstances, ils ne firent aucun autre progrès que la largesse de la terre leur prodigua ; ils demeurèrent sous les mêmes institutions le même peuple ignare, apathique et rétrograde. Le long des rives du Saint-Laurent et de ses tributaires, ils ont défriché deux ou trois bandes de terre ; ils les ont cultivées d'après les plus mauvaises méthodes de petite culture. Ils ont érigé une suite ininterrompue de villages qui donne au pays des seigneurs l'apparence d'une rue sans fin. Outre les villes, qui étaient les sièges du Gouvernement, on n'en fonda pas d'autres. » ... « Ils sont restés une société vieillie et retardataire dans un monde neuf et progressif. En tout et partout, ils sont demeurés Français, mais des Français qui ne ressemblent pas du tout à ceux de France. Ils ressemblent plutôt aux Français de l'Ancien régime. »

    « Les deux races, ainsi séparées, se sont trouvées dans une même société et dans des circonstances qui devaient nécessairement produire un choc entre elles. D'abord, le langage les tenait à distance l'une de l'autre. » ... « Les Anglais ont trouvé dans les Canadiens français une somme égale de fierté nationale ; fierté ombrageuse, mais inactive qui dispose ce peuple moins à ressentir une insulte qu'à se tenir éloigné de ceux qui voudraient le tenir dans l'abaissement. Les Français étaient forcés de reconnaître la supériorité et l'esprit d'entreprise des Anglais. Ils ne pouvaient pas se cacher leur succès à tout ce qu'ils touchaient ni leur progrès de chaque jour. Ils regardèrent leurs rivaux avec alarme, avec jalousie, enfin avec haine. Les Anglais le leur rendirent par une morgue qui ressembla bientôt à de la phobie. Les Français se plaignaient de l'arrogance et de l'injustice des Anglais ; les Anglais reprochaient aux Français les défauts d'un peuple faible et vaincu, les accusaient de bassesse et de perfidie. L'entière défiance que chacune des deux races a pu concevoir des intentions de l'autre a fait qu'elles ont toujours attribué les plus noirs desseins aux gestes les plus innocents. » ... «
    Ils ont un clergé différent et jamais ils ne se rencontrent dans la même église. Ils n'ont pas eu une instruction commune qui ait tendu à faire disparaître ou à diminuer la disparité de langage et de religion. Les associations de jeunesse, les jeux de l'enfance et les études qui à l'âge mûr modifient le caractère, tout cela est distinct et diffère totalement chez les uns et chez les autres. A Montréal et à Québec, il y a des écoles anglaises et des écoles françaises. Les élèves s'accoutument à combattre nation contre nation, et les batailles de rue parmi les enfants présentent souvent une division, d'un côté les Anglais, de l'autre les Français. Comme ils ont été instruits séparément, ainsi leurs études sont-elles différentes. La littérature familière aux uns et aux autres est celle de leur langue maternelle. Les idées que les hommes puisent dans les livres leur viennent d'autres sources. A cet égard, la diversité du langage produit des effets différents de ceux qu'elle a dans les relations entre les deux races. Ceux qui ont réfléchi sur la force de l'influence de la langue sur la pensée peuvent concevoir comment les hommes qui parlent un langage différent sont portés à penser différemment. »

    Voilà on entretien encore aujourd'hui la défiance et la différence entre les deux races. C'est la tare que véhicule les souverainistes et qui fait faire du surplace aux québécois dans un monde d'une économie planétaire tributaire des technologies modernes que sont les communications visuelles et médiatiques à l'échelle planétaire et l'ordinateur qui ouvre le monde entier à tous.

    Sarkosy vient donc de dire "Une Vérité qui Dérange". »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    dimanche 8 février 2009 11h12
    L'Échec du racisme linguistique
    « Même Jean-Paul Perreault, Président du groupement Impératif français constate l'échec du racisme basé sur la laangue en publiant ces statistiques sur le site de Vigile.net...

    Voici ses observations

    A. Langue maternelle

    -au Canada, entre 1951 et 2001, la proportion de Canadiens de langue maternelle française est passée de 29 à 23 % ;

    -à l'extérieur du Québec, entre 1951 et 2001, la proportion de Canadiens de langue maternelle française a décru, passant de 7,3 % en 1951 à 4,4 % en 2001 ;

    B. Langue d'usage

    -au Canada, entre 1971 et 2001, la proportion de Canadiens - incluant le Québec - parlant le français le plus souvent à la maison est passé de 25,7 % en 1971 à 22 % en 2001 ;

    -hors Québec, entre 1971 et 2001, le pourcentage de Canadiens qui ont le français comme principale langue d'usage à la maison est passé de 4,3 % en 1971 à 2,7 %, trente ans après l'adoption de la Loi sur les langues officielles.

    C. Connaissance des langues

    -En 1951, 31,9 % de la population canadienne avait une connaissance du français. Cette proportion est aujourd'hui de 31 % ;

    -En contrepartie, la connaissance de l'anglais, pour la même période est passée de 79,3 % à 86 %.

    D. Transferts linguistiques (assimilation)

    Au Québec, si le français était en bonne santé, il attirerait 83,1% des nouveaux locuteurs et l'anglais 10,5 % si on prend les statistiques de la langue d'usage. Or, en 2001, l'anglais avait attiré 55 % des locuteurs qui ont l'adopté comme nouvelle langue d'usage contre 45 % pour le français. Dans la région de Montréal, la situation est encore plus dramatique : l'anglais y a attiré 65 % des locuteurs qui ont adopté une nouvelle langue d'usage et le français 35 %.

    E. Fonction publique fédérale (machine assimilatrice)

    Au Québec, l'anglais est surreprésenté dans la fonction publique fédérale. C'est ainsi que le gouvernement fédéral y a désigné 60 % de ses postes bilingues pour desservir 10 % de la population québécoise qui est anglophone; de plus, le siège social du gouvernement fédéral est tellement anglophone, que les fonctionnaires fédéraux du Québec doivent correspondre en anglais avec Ottawa, selon une autre étude du Commissariat aux langues officielles.


    Bon, bon, bon après une loi 63 de Jean-Jacques Bertrand remplacée par la loi 22 de Robert Bourassa et ensuite la loi 101 de Camille Laurin renforcée par l'adoption de la Charte de la langue française ou loi 104, on péréclyte et on a encore peur de l'assimilation. Pourquoi ??? Comment toutes ces lois qui nous emmurent ne peuvent imposer le français. Entre les lois et la logique, il y a un fossé, celui du racisme linguistique...

    Nous avons dénoncé la loi 17 en Ontario comme sectaire, il serait temps de faire de même surtout que ces lois n'ont pas empĉhé l'échec du racisme linguistique... »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    dimanche 8 février 2009 13h30
    Toujours pas de réponse...
    « ...sur cette distinction du PQ concernant les Nous et les Eux. Un silence ravageur circule dans les rangs...Sarkozy bêtement disait: "(...)définir son identité par opposition féroce à l'autre." Chez nous, le "Nous" est en "opposition féroce à l'autre, i.e. aux "Eux." Y-aurait-il un erreur de conceptualisation quelque part? Car là (ou Carla), on donne raison à ce Sarkozy. Ce n'est pas pour rien que nous avons eu notre crise des accommodements raisonnables. Mes amis PéQuistes sont emmerdés par cette question et ils disent qu'on ne comprend pas bien parce que pour eux il n'y a pas de distinction????? "Nous" et "Eux", sans distinction, tiens-donc. Sarkozy aurait-il eu raison??? »

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 8 février 2009 16h59
    À Monsieur Trudel
    « Merci à Monsieur Fernand Trudel de m'avoir appris que Lord Durham, bien que délégué du gouvernement britannique, ait agi et écrit en toute objectivité. Quand on veut croire, on croit.
    Peut-être faudrait-il rappeler à Monsieur que les deux rébellions, celle du Bas-Canada et celle du Haut-Canada, ont surgi du désir de la population de ces deux « pays » de se gouverner selon les règles du parlementarisme britannique et que la fière Albion s'est empressée de penser que ces gens voulaient leur indépendance à l'instar des colonies américaines. En écrasant ces rébellions, avec la collaboration du clergé catholique dans le cas du Bas-Canada, ils ont tué dans l'oeuf la démocratie qu'ils prétendaient apporter aux colons incultes sur un plateau d'argent.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 8 février 2009 17h04
    À Monsieur Brun
    « Pourquoi serait-il honteux d'utiliser le nous pour parler de tous les Québécois, quelle que soit leur origine, qui ne s'acharnent pas à empêcher la majorité francophone de mettre sa langue et sa culture à l'abri sous la souveraineté politique. Il n'a pas que les fleurs du tapis. Il y a aussi le tapis.

    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    dimanche 8 février 2009 17h22
    @ M. Fernand Trudel etl e racisme linguistique
    « M. Fernand Trudel écrit que le Québec pratique le racisme linguistique...

    C'est quoi ça ? La langue n'est pas une race...me semble.

    Qu'est-ce que vous suggérez qui devrait être changé au Québec pour éliminer cette vilaine chose ? »

  • Jean-François Trottier
    Abonné
    dimanche 8 février 2009 17h54
    Pour répondre à Brun Bernard.
    « Quand Jean-François Lisée parle du "nous", il le fait dans un contexte bien spécifique. Les politiques d'immigration actuelles prévoient l'arrivée massives de nouveaux Québécois pour compenser le vieillissement de la population.
    Ça va faire beaucoup de gens qui vont arriver ici, avec des droits égaux, mais une culture, des habitudes, une langue différentes. Ça vaut quand même la peine qu'on s'interroge sur l'impact qu'aura l'arrivée de ces "nouveaux nous" (l'expression de Jean-François Lisée ) sur la société existante!
    Je trouve particulièrement démagogique qu'une certaine fange des fédéralistes aient cherché à travestir ce propos-là en signe de xénophobie. C'est surtout irresponsable. Si on n'en parle pas, le sujet va finir par sortir, comme le démontre l'épisode surréaliste des accomodements raisonnables. Que sommes-nous prêt à faire pour accueillir les nouveaux arrivants? Que nous attendons-nous d'eux? Certaines sociétés ouvertes (ex: Hollande) sont devenues xénophobes parce qu'elles ont refusées de réfléchir à ces questions.
    Juste pour l'anecdote sur la distinction entre pure-laine et non pure laine... Hors Québec, il y a deux termes pour désigner les Québécois. Quebeker, pour les résidents de la province de Québec, et "Québécois", prononcé à la française, pour les francophones. On nous nomme sans aucun complexe mais ici, dès que "nous" essayons de nous définir, on sort tout un arsenal de périphrases. Je suis Québécois, ça fait partie de mon identité. Devrais-je le cacher? Si c'était ça, la racine du malaise des personnes dont tu parles? J'ai des amis français, blancs ou moins blancs, "Québécois" sans aucun complexe. Leurs noms de famille sont italien(Russo), belge(Stulens), haïtien(Décembre), Vientnamien (Phong), etc... Ils sont nés ici, leurs parents aussi, ils parlent le même français que moi, se considèrent Québécois comme moi... Devraient-ils taire cette partie de leur identité sous peine d'être traité de "sectaire"?
    Je pense que nos épanchements xénophobes témoignent juste de notre difficulté à parler de nous. "Nous" sommes aussi valable que les autres, "nous" avons le droit à notre culture nous aussi... Un complexe d'infériorité collectif sur lequel il est très facile de frapper pour que ça fasse mal. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    lundi 9 février 2009 06h56
    @Jean-François Trottier
    « Merci pour avoir répondu car il n'y avait pas foule à ce sujet. J'ai apprécié votre point de vue qui se rapproche du mien. Un "Nous" inclusif alors? Il est vrai que la Hollande tombe de haut actuellement après sa politique d'acceptation, de tolérance mais elle ne fut pas celle de l'assimilation. Un grande réflexion s'impose à ce sujet mais les contextes historiques, culturelles, politiques sont si différents de nous qu'on se demande si quelque part, ce Nous", chez "nous", n' pas des relents d'ethnique bien frappé. Éthnicité signifiant problématique de "race". peut-être faudrait-il se débarrasser ce tes notions maladroites destinées à être toujours mal comprises même avec force explication. Merci. »

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