Libre-Opinion - L'UPA et la pensée magique
À en croire Christian Lacasse, le président de l'UPA qui tentait de faire la leçon au rédacteur en chef du Devoir, Jean Robert Sansfaçon, dans sa lettre d'opinion du 28 janvier dernier, le financement de l'agriculture ne serait pas vraiment problématique.
Évidemment, venant d'une organisation qui dépose des projets devant le Conseil de développement de l'agriculture du Québec (CDAQ) et qui se donne elle-même l'autorisation de procéder par la suite, ce n'est pas surprenant. Pour le citoyen peu habitué aux intrigues du monde agricole, il faut expliquer que le CDAQ, qui gère des fonds fédéraux, donc publics, est administré par sept administrateurs-votants... issus exclusivement de l'UPA. Mais évidemment, pour l'UPA, il n'y a là aucun conflit d'intérêts.
D'après le président de l'UPA, tous les outils fonctionnent bien et la crise vécue par le monde agricole est attribuable aux crises mondiales, à la volatilité des marchés, aux méchants virus, etc. Et bien, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que cet homme vivait sur une autre planète et qu'il avait dû être absent lors de la commission Pronovost.
Depuis sa fondation, l'Union paysanne a prédit et expliqué l'effondrement du marché du porc, l'étalement des monocultures, la disparition des fermes, les épidémies du porc et les crises dans le financement de l'assurance (sic) agricole, les problèmes des quotas et des programmes à frais partagés. La situation de crise actuelle n'est pas l'oeuvre du destin cruel, mais la conséquence logique de décisions prises par les décideurs agricoles, dont l'UPA.
M. Lacasse, la commission Pronovost l'a démontré, notre agriculture va mal, même très mal. En plus d'être l'une des plus soutenues de tous les pays de l'OCDE, nous sommes devenus dépendants dans certains cas du soutien de l'État pour survivre, et même avec cela, nous y arrivons mal. L'argent est mal réparti et soutient un modèle parfois indéfendable à plusieurs points de vue.
Votre organisation a fait le choix d'encourager la grande entreprise agricole alors que des fermes biologiques, en région, du terroir, à temps partiel ou multifonctionnelles doivent opérer sans n'avoir jamais reçu un sou en soutien de l'État. Pendant ce temps, les gros joueurs et les entreprises d'intégration ont empoché des centaines de millions de dollars.
L'assurance stabilisation du revenu agricole est un gouffre sans fond qui a été utilisé comme une carte de crédit qu'il faudra rembourser un de ces jours, tout comme les prix des quotas, que votre organisation est incapable de stabiliser.
Vous m'excuserez, mais je ne referai pas ici le rapport Pronovost qui a été adopté par la presque totalité de l'industrie agroalimentaire québécoise, mais pas par votre organisation. On comprend mieux votre position quand on sait que l'UPA, ainsi que votre modèle soviétique de mise en marché agricole, étaient pointés du doigt comme étant un frein important au changement. La recommandation 47 d'ailleurs ne disait-elle pas qu'il fallait mettre fin au monopole qu'exerce votre organisation?
M. Lacasse, je vous mets au défi de trouver un appui auprès de la population pour le maintien du système actuel de subventions agricoles qui favorise l'industrie porcine, le maïs transgénique, les intégrateurs. Le contribuable veut enfin avoir son mot à dire sur votre mode de gestion de l'agriculture.
La grande gagnante du rapport Pronovost, c'est l'Union paysanne, dont tous reconnaissent la parenté de vision. Alors, pendant que vous chercherez encore le statu quo en réclamant encore plus d'argent de la part des contribuables pour financer un modèle dont personne ne veut, l'Union paysanne déposera sous peu une proposition de contrat vert entre l'État et les agriculteurs.
Inspirée des modèles européens, une telle mesure permettrait de soutenir un grand nombre de fermes du Québec en échange de services environnementaux et de développement rural. Précisons-le, plusieurs de ces services sont déjà fournis par les agriculteurs, mais ne sont pas encouragés par l'État. Ce projet aura le mérite de rendre un peu de dignité aux agriculteurs... dignité que l'UPA a effritée.
Évidemment, venant d'une organisation qui dépose des projets devant le Conseil de développement de l'agriculture du Québec (CDAQ) et qui se donne elle-même l'autorisation de procéder par la suite, ce n'est pas surprenant. Pour le citoyen peu habitué aux intrigues du monde agricole, il faut expliquer que le CDAQ, qui gère des fonds fédéraux, donc publics, est administré par sept administrateurs-votants... issus exclusivement de l'UPA. Mais évidemment, pour l'UPA, il n'y a là aucun conflit d'intérêts.
D'après le président de l'UPA, tous les outils fonctionnent bien et la crise vécue par le monde agricole est attribuable aux crises mondiales, à la volatilité des marchés, aux méchants virus, etc. Et bien, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que cet homme vivait sur une autre planète et qu'il avait dû être absent lors de la commission Pronovost.
Depuis sa fondation, l'Union paysanne a prédit et expliqué l'effondrement du marché du porc, l'étalement des monocultures, la disparition des fermes, les épidémies du porc et les crises dans le financement de l'assurance (sic) agricole, les problèmes des quotas et des programmes à frais partagés. La situation de crise actuelle n'est pas l'oeuvre du destin cruel, mais la conséquence logique de décisions prises par les décideurs agricoles, dont l'UPA.
M. Lacasse, la commission Pronovost l'a démontré, notre agriculture va mal, même très mal. En plus d'être l'une des plus soutenues de tous les pays de l'OCDE, nous sommes devenus dépendants dans certains cas du soutien de l'État pour survivre, et même avec cela, nous y arrivons mal. L'argent est mal réparti et soutient un modèle parfois indéfendable à plusieurs points de vue.
Votre organisation a fait le choix d'encourager la grande entreprise agricole alors que des fermes biologiques, en région, du terroir, à temps partiel ou multifonctionnelles doivent opérer sans n'avoir jamais reçu un sou en soutien de l'État. Pendant ce temps, les gros joueurs et les entreprises d'intégration ont empoché des centaines de millions de dollars.
L'assurance stabilisation du revenu agricole est un gouffre sans fond qui a été utilisé comme une carte de crédit qu'il faudra rembourser un de ces jours, tout comme les prix des quotas, que votre organisation est incapable de stabiliser.
Vous m'excuserez, mais je ne referai pas ici le rapport Pronovost qui a été adopté par la presque totalité de l'industrie agroalimentaire québécoise, mais pas par votre organisation. On comprend mieux votre position quand on sait que l'UPA, ainsi que votre modèle soviétique de mise en marché agricole, étaient pointés du doigt comme étant un frein important au changement. La recommandation 47 d'ailleurs ne disait-elle pas qu'il fallait mettre fin au monopole qu'exerce votre organisation?
M. Lacasse, je vous mets au défi de trouver un appui auprès de la population pour le maintien du système actuel de subventions agricoles qui favorise l'industrie porcine, le maïs transgénique, les intégrateurs. Le contribuable veut enfin avoir son mot à dire sur votre mode de gestion de l'agriculture.
La grande gagnante du rapport Pronovost, c'est l'Union paysanne, dont tous reconnaissent la parenté de vision. Alors, pendant que vous chercherez encore le statu quo en réclamant encore plus d'argent de la part des contribuables pour financer un modèle dont personne ne veut, l'Union paysanne déposera sous peu une proposition de contrat vert entre l'État et les agriculteurs.
Inspirée des modèles européens, une telle mesure permettrait de soutenir un grand nombre de fermes du Québec en échange de services environnementaux et de développement rural. Précisons-le, plusieurs de ces services sont déjà fournis par les agriculteurs, mais ne sont pas encouragés par l'État. Ce projet aura le mérite de rendre un peu de dignité aux agriculteurs... dignité que l'UPA a effritée.
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