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Honnêtement, Sarkozy, c'est pas trop mon truc...

Nicolas Bourdon - Montréal, le 3 février 2009  5 février 2009  Québec
Les propos du président Sarkozy lors de la cérémonie de remise de la Légion d'honneur au premier ministre Jean Charest témoignent de sa méconnaissance totale de la société québécoise. Le président français a en effet affirmé dans des mots à peine voilés que les souverainistes québécois faisaient preuve de sectarisme et qu'ils étaient enfermés sur eux-mêmes. Nous n'avons pas à recevoir de leçons d'un homme qui a attisé les conflits sociaux en France en traitant par exemple les jeunes banlieusards parisiens de «racaille».

C'est plutôt le président qui semble enfermé dans ses idées préconçues et dans ses préjugés. L'ignorance nourrit les discours ineptes et celui qu'a prononcé Sarkozy l'était particulièrement. Il est vrai que lorsqu'on visite le Québec en coup de vent comme l'a fait cet été le président français lors du sommet de la Francophonie ou lorsque les seules idées que l'on se fait du mouvement souverainiste québécois proviennent des discussions que l'on a avec le très fédéraliste Paul Desmarais, il ne faut pas s'attendre à des merveilles de subtilité. Visiblement, cet homme ne connaît pas le Québec. Il faudrait convaincre l'hyperactif Sarkozy de passer au moins une heure de son précieux temps en compagnie de souverainistes québécois, il serait peut-être capable de concevoir que l'on ne souhaite pas la souveraineté du Québec par détestation de l'autre, mais bien parce que l'on désire parler à l'autre d'égal à égal, de nation à nation. Les paroles du président français étaient injurieuses et dénuées de tout fondement. On sait que Jean Charest tente actuellement de calmer le jeu, mais s'il est vraiment le premier ministre de tous les Québécois, quelles que soient leurs allégeances politiques, il devrait demander des excuses au président Sarkozy.
 
 
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