mardi 9 février 2010 Dernière mise à jour 08h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Péréquation: Ottawa contredit Québec

Charest doit se retirer du Conseil de la fédération, dit Marois

Québec et Montréal — Dès le début du mois de novembre, Ottawa avait pleinement informé Québec des conséquences de la nouvelle formule de péréquation qui sera adoptée le 27 janvier, a soutenu hier le cabinet de Stephen Harper, contredisant ainsi ce que Jean Charest a affirmé vendredi. «Le ministre des Finances [Jim Flaherty] avait donné toute l'information nécessaire afin que les gouvernements provinciaux puissent ajuster leur budget», a indiqué hier le porte-parole de Stephen Harper, Dimitri Soudas.

Pourtant, vendredi, au terme de la rencontre fédérale-provinciale sur l'économie, le premier ministre du Québec avait déclaré qu'en novembre, Ottawa ne l'avait que partiellement informé à ce sujet. Selon la version de M. Charest, début novembre, le gouvernement Harper aurait indiqué un «ordre de grandeur» des pertes de revenus que la formule entraînerait, mais pas le détail de la nouvelle formule qu'il comptait adopter.

M. Charest justifiait ainsi qu'en pleine campagne électorale il ait pu déclarer: «On m'informe que Mme Marois aurait affirmé que ce serait une réduction de 1 milliard pour l'année 2009-2010; l'information exacte, confirmée par le fédéral, c'est qu'il y aurait une variation de 75 millions.» Or, dans le texte même de l'énoncé fédéral du 27 novembre, l'estimation de la perte de revenus pour le Québec s'apparentait davantage à celle que la chef péquiste avait avancée à l'époque.

Mais au bureau du premier ministre Harper, on était formel, hier. «On ne déclare pas quelque chose "raisonnable" [comme la ministre Jérôme-Forget l'avait fait en novembre] quand on ne sait pas de quoi on parle. Or Québec savait et a trouvé le changement "raisonnable"», a indiqué M. Soudas. Dans l'entourage de M. Charest, on maintenait que Québec n'avait pas pu à l'époque examiner la nouvelle formule. Celle-ci devrait vraisemblablement faire partie de la prochaine loi sur le budget fédéral 2009-2010, qui sera déposée le 27 janvier.

Au reste, les frictions entre Ottawa et Québec sont de plus en plus publiques. Lors de la conférence de presse de vendredi au sortir de la rencontre fédérale-provinciale, Jean Charest s'attendait à parler après Stephen Harper. Or, lorsque ce dernier a terminé son point de presse, Dimitri Soudas a donné la parole à Gordon Campbell, premier ministre de Colombie-Britannique, ce qui a été qualifié «d'étrange» par l'entourage de M. Charest. «Il n'y a jamais d'ordre spécifique, mais le premier ministre [Charest] était prêt à aller parler quand, étrangement, M. Soudas a donné la parole à M. Campbell», a confié hier l'attaché de presse de Jean Charest, Hugo d'Amours. Même s'il n'était pas là à titre de président du Conseil de la fédération (CDF), M. Charest aurait dû, selon certaines sources, parler après M. Harper. Au bureau de ce dernier, on a justifié le choix de donner la parole à M. Campbell en disant que ce dernier avait «six heures d'avion à faire» pour rentrer à Victoria.

Sortir du Conseil de la fédération

L'épisode montre que Jean Charest n'a plus de rapport de force par rapport à Stephen Harper, a soutenu la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, hier à Montréal. Le démontre bien le fait que Jean Charest s'y soit présenté avec une motion adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale — exigeant entre autres choses le maintien de la méthode actuelle de calcul du programme de péréquation — et qu'au terme, Ottawa n'ait pas bronché. Selon Mme Marois, le «fédéralisme d'ouverture» du gouvernement Harper se mue actuellement en un «fédéralisme prédateur».

La chef péquiste reproche au premier ministre d'avoir «sabordé lui-même son rapport de force» à l'endroit du fédéral. Jean Charest a «refusé entre autres de lever le ton face à Ottawa quand il y a eu un énoncé politique, je dirais, doctrinaire de Jim Flaherty. [...] Jean Charest a agi contre les intérêts du Québec en ne s'intéressant pas à la formule de péréquation inscrite dans l'énoncé fédéral du 27 novembre dernier. Il est pourtant précisé, à la page 58 de ce document, que le programme de péréquation sera amputé et que c'est le Québec qui en souffrira le plus [à hauteur d'un milliard].»

Une des causes de la «dilution» des positions québécoises, aux yeux de la chef péquiste, est le Conseil de la fédération, auquel le Québec ne devrait plus participer. Ce regroupement des premiers ministres provinciaux, présidé actuellement par M. Charest et créé à son initiative en 2003, empêche le Québec de s'affirmer comme il se doit, croit-elle.

Six ans après la fondation de cette instance, Mme Marois conclut qu'il s'agit d'un «outil complètement inutile [...] qui affaiblit le rapport de force du Québec puisqu'on l'oblige souvent à plier sur certains enjeux pour atteindre un consensus pancanadien des provinces».

Le Conseil s'est réuni la veille de la rencontre fédérale-provinciale, jeudi, mais sans grand résultat, a déploré Mme Marois.

Pour elle, Québec devrait concentrer son énergie à déployer des relations bilatérales avec Ottawa. «Le Québec ne pourra rétablir son rapport de force qu'en étant sérieux à chaque fois. Arrêtons de vouloir protéger la relation avec Ottawa quand Ottawa ne répond pas aux attentes du Québec et va même contre nos intérêts. Il faut que M. Charest se tienne debout pour s'assurer que le Québec soit respecté dans sa différence.»

Le Conseil s'est avéré improductif sur la question du financement de l'éducation postsecondaire, a-t-elle fait remarquer. En 2005, le CDF a fixé comme priorité de régler ce problème. «Or, cette question est toujours en suspens. Ça démontre bien que le Conseil n'est pas pris au sérieux par le gouvernement fédéral.»

Cette demande de la chef péquiste a été rejetée du revers de la main hier, par le bureau de Jean Charest. «Même si on fait partie du Conseil, cela n'a pas empêché le premier ministre de dire ce qu'il pensait de la nouvelle formule de péréquation», a rétorqué Hugo D'amours. Il a qualifié de «bizarre» l'idée selon laquelle le Québec ne pourrait avoir des relations bilatérales parce qu'il fait partie du CDF. «On doit avoir les deux», a-t-il dit.

Pendant la campagne électorale de 2007, le chef adéquiste, Mario Dumont, avait aussi défendu l'abolition du Conseil de la fédération. Il y a un an, il reprenait ce cheval de bataille, soutenant qu'il serait «beaucoup plus utile» au premier ministre de concentrer «ses énergies à travailler à rendre [...] statutaires les conférences des premiers ministres» que de «travailler dans une espèce» de CDF où les premiers ministres «se posent en lobbyistes, où finalement, dans bien des cas, le Québec est obligé d'ailler diluer ses positions».






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 20 janvier 2009 08h13
    La poutre dans l'oeil de la duchesse !
    La duchesse de l'Ile-Bizard n'a définitivement aucune leçon de transparence à donner à quiconque! Elle, dont la propre politique constitutionnelle est fondée sur le non-dit et l'ambiguïté et qui a "profité" du pouvoir au même titre et même plus (salutations en passant à son charmant époux, ex-président cossu de la SGF!)que tous ceux qu'elle peut être en mesure de dénoncer! Bien peu de crédibilité, madame!




    ï

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mardi 20 janvier 2009 08h33
    Dette et déficit
    La péréquation assure que le Québec bouclera son exercice financier sans déficit. La loi sur le déficit est contournée en accroissant la dette. Depuis 2003 Charest et Jérôme-Forget ont augmenté la dette de $95 à $140 milliards soit $45 milliards en cinq ans sans aucune prudence. Au rythme présent le Québec aura une dette de $200 milliards dès 2013 soit la fin du régime Charest. SGF, Investissement Québec, travaux d`infrastructure, UQàM et autres investissements universitaires, CUSM et CHUM restent à financer avec des PPPs. Le Québec sera sous tutelle financière d`ici ce temps-là et la presse ne s`en préoccupe même pas. Curieux ne trouvez-vous pas!

  • Fernand Bélair
    Inscrit
    mardi 20 janvier 2009 09h16
    On nous a seulement menti!
    Étonnamment, il n'y avait guère de problèmes pour les économies canadienne et québécoise juste avant les élections aux deux instances, fédérale et provinciale... on pouvait donc, pour nous rassurer, ou plutôt pour nous berner, nous dire n'importe quoi, même les bêtises les plus contrastantes avec ce qui se passait dans l'ensemble du monde! Résultats d'élections en poche, on peut continuer de nous dire n'importe quoi, incluant le fait que tout a basculé en quelques semaines, qu'on ne savait pas exactement, bla bla... Qu'est-ce qui nous gouverne exactement, le mensonge ou l'ignorance, ... ou tout simplement le cynisme à son état pur?

  • Robert C. Paradis
    Inscrit
    mardi 20 janvier 2009 09h55
    Encore l'obligation de se mettre à genoux!!!!
    Malheureusement on ne nous donne pas les détails pour nous permettre de comprendre la nature du désaccord mais, le fait qu'autant M. Charest que Mme Marois soient à réclamer le maintien de la méthode de calcul de la péréquation montre que cette dite méthode était bien JUSTIFIÉE ce qui me force à conclure que M. Harper pose une sorte de geste de VENGEANCE suite au peu de support reçu de la par de M. Charest et des Québécois lors des dernières élections fédérales. C'est vraiment pas beau ce genre de gouvernance et M. Harper nous montre encore fois quel homme de petite étoffe, même d'éthique questionnable il est et pour nous les Québécois qu'IL FAILLE encore SE METTRE À GENOUX devant Ottawa pour obtenir NOTRE ARGENT.

    AU PLUS VITE L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC pour pouvoir de tenir debout!!!

  • Robert C. Paradis
    Inscrit
    mardi 20 janvier 2009 09h55
    Encore l'obligation de se mettre à genoux!!!!
    Malheureusement on ne nous donne pas les détails pour nous permettre de comprendre la nature du désaccord mais, le fait qu'autant M. Charest que Mme Marois soient à réclamer le maintien de la méthode de calcul de la péréquation montre que cette dite méthode était bien JUSTIFIÉE ce qui me force à conclure que M. Harper pose une sorte de geste de VENGEANCE suite au peu de support reçu de la par de M. Charest et des Québécois lors des dernières élections fédérales. C'est vraiment pas beau ce genre de gouvernance et M. Harper nous montre encore fois quel homme de petite étoffe, même d'éthique questionnable il est et pour nous les Québécois qu'IL FAILLE encore SE METTRE À GENOUX devant Ottawa pour obtenir NOTRE ARGENT.

    AU PLUS VITE L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC pour pouvoir de tenir debout!!!

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 20 janvier 2009 10h22
    À monsieur Samuel
    Monsieur Samuel, cessez s.v.p. de regarder votre ennemie jurée avec votre loupe de philatéliste.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Marcel Bradet 68
    Inscrit
    mardi 20 janvier 2009 10h24
    Qui ment, qui dit la vérité?
    POURQUOI NE SERAIT IL PAS FACILE DE DIRE LA VERITE AVEC LES POLITICIENS ET ILS NOUS DISENT QU IL Y A UN DESENCHATEMENT DE LA PART DES CITOYENS QUE NOS RELATIONS SOCIALES NOUS DISENT DES MENSONGES EN CONTINUITE ET QUE FERONN NOUS, NOUS CHANGERONS DE PERSONNES ET METTRONT AU PILORI LEUR DIRES ET COMMENTAIRES, MAIS AVEC LES POLITICIENS TOUJOURS LA MEME CHOSE LA VERITE NE PEUT AVOIR DEUX VISAGES, MOI JE SUIS PATIENT MAIS ASSE C EST ASSE. ET LA PEREQUATION C EST LE NERF DE LA GUERRE POUR TOUTES LES PROVINCES IL Y A 3 ANS L ONTARION NE RECEVAIT AUCUNE PEREQUATION MAIS SON STATU A CHANGE, ET PUIS LA GUERRE CA COUTE CHER,

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    mardi 20 janvier 2009 11h38
    Digne de Scarpin
    Votre analyse est très juste M. Robitaille. Mais le pire est avenir pour monsieur Jean Charest, car il y a beaucoup trop de neige sur le toit. Les lois de la physique jouent contre lui, il y aura un effondrement suite à la négligence.

    C'est malheureux, mais Monsieur Jean Charest se peinture dans le coin. Suite aux mensonges de Madame J. Forget et du Premier Ministre, ils disent qu'ils ont été trompés par le gouvernement fédéral, mais la réalité est toute autre.

    Maintenant ils jouent les vierges offensées, mais leurs languages corporels trahissent leurs fourberies, cela manque de finesse.

    Le chantier du Québec version 2009-2013 est parsemé d'irritants, comme l'état lamentable du français à Montréal.Le laisser-aller de l'intégration des nouveaux arrivants ou le gouvernement n'utilise que 44% du budget dédié à la francisation et à l'intégration. Monsieur Charest n'est pas celui qui aidera la primauté du français par la nomination de Madame Kathleen Weil de Alliance Québec et avoir laissé de laisser le juge Allan R. Hilton qui a un passé francophobe en étant l'avocat D'Alliance Québec de juger l'article 104 de la loi 101. Le juge Hilton a rendu son jugement en anglais pour invalider l'article 104 de la loi 101 en août 2008. La marginalisation de la langue par la minorité.

    La pagaille est pris a la CDPQ. Ils semblent que les couteaux volent bas entre certains gestionnaires de la caisse et le gouvernement. Trop de mains sur le volant Monsieur Charest, éviter d'aller serrer les mains du personnel de la caisse.

    Sécurité des Québécois : La sécurité des installations de Rabaska est un présage à une catastrophe annoncée sur un territoire de plus de trente kilomètres carrées, pour Gentilly c'est faire du neuf avec du vieux ; un panne électrique va occasionner une hausse de la température des tubes vieillots de refroidissement et la possibilité d'un surchauffe du coeur de la centrale nucléaire. Plusieurs incidents mineures du genre se sont produits par les années passées. Il ne suffit que 3% de radiation pour obtenir un autre Tchernobyl.

    La dette du Québec sera bientôt de près de 200 millions en 2013. Ce gouvernement ne fait pas dans la dentelle avec l'ajout de 8 ministres avec les accessoires, les primes faramineuses suite aux départs des gestionnaires démissionnaires des sociétés d'états et des primes de rendements. Avec le changement de garde cette facture va atteindre 30 millions en 2 ans. Une belle façon d'aidé des amis qui démissionnent et qui partent avec des centaines de milliers de dollars.

    De plus, la dette du Québec en 2009 va atteindre près de 10 milliards, alors qu' en 2008 elle était de 5 milliards.

    Finalement il y a la sécurité économique à préserver en nationalisant certains actifs de Abitibi Bowater, de Rio Tinto et Kruger. Ces actifs valent 12 milliards pour les barrages qui sont capables de fournir un million de foyer. Par exemple pour Rio Tinto, le gouvernement Charest lui octroyant les droits sur les eaux de la rivière Péribonka, avec des redevances très réduites jusqu'en 2058. Cette redevance est de 0,27¢/kWh. Mais Rio Tinto revend l'électricité à Hydro-Québec en période de pointe pour 21.0¢kwh .


    Cette nationalisation permettra de corrigé l'erreur du 8 août 2008 ou Monsieur Jean Charest autorisait la vente d'Alcan à Rio Tinto.

    Ces actifs ont été payés grassement plusieurs fois par les Québécois pour l'hydroélectricité fournie à Alcan de façon gratuite. De plus cela va permettre de récupérer la propriété du Saguenay et du Lac-St-Jean ainsi que la rivière à saumon Sainte Marguerite de Alcan. Ce n'est pas rien, le territoire du Québec de retour aux Québécois.

    Mais Monsieur Jean Charest aura d'autres irritants sur son parcours. Monsieur Canada ne va pas abolir le CDF même s'il a les mains attachées dans le dos, pas facile d'agir sans pouvoir en étant un premier ministre. Il y a un pas à franchir entre la ligne du fédéralisme et de la souveraineté, lui qui a dit un moment de lucidité a reconnu que le Québec à le talent et les moyens de ses ambitions.

    Il sera honoré bientôt de la légion d'honneur par Sarkozy et M. Desmarais. Cependant devant tous ses honneurs, il ne refusera pas cette médaille comme jadis la refusée Monsieur Robert Bourassa.

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 20 janvier 2009 18h37
    @ M. Berger
    Il y a quelque chose qui vous dérange et qui ne devrait pas être dit j'imagine? "Loupe" pour "loupe", la mienne vaut bien la vôtre, n'est-ce pas?

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
9 réactions
0 vote
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
© Le Devoir 2002-2010