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Landry défend ses choix en matière de santé

«Le choix du déficit zéro a sauvé la santé», dit-il

Kathleen Lévesque   20 mars 2003  Québec
Bernard Landry
Photo : Agence Reuters
Bernard Landry
Beauport — Le déficit zéro a sauvé le système de santé. C'est ce qu'a affirmé hier sans ambages le premier ministre Bernard Landry, qui avait inscrit le thème de la santé à son agenda électoral alors que tous les yeux étaient tournés vers l'imminence du déclenchement de la guerre contre l'Irak.

Il aura fallu plus d'une semaine de campagne électorale pour que le Parti québécois consacre du temps au délicat dossier de la santé. Bernard Landry assure que ce n'est pas parce qu'il se sent vulnérable par rapport à son bilan. «Nous sommes fiers de notre passé», a-t-il assuré.

Ce dernier a défendu le bilan de son gouvernement en étalant une colonne de chiffres démontrant que le gouvernement du Parti québécois avait réinvesti «un moyen paquet de fric», soit 21,9 milliards en santé depuis 1998. Le leader péquiste n'a toutefois pas précisé les coûts en santé qu'a engendrés la lutte au déficit dont il a été l'artisan à titre de ministre des Finances à l'époque.

«Le choix du déficit zéro a sauvé la santé. Depuis quand la banqueroute est bonne pour les affaires? [...] C'est parce qu'on a réglé le problème de la dette qu'on a pu faire des choses remarquables en santé», a soutenu le premier ministre.

Il refuse de reconnaître qu'il ait pu y avoir une erreur de planification, notamment dans la mise à la retraite de 4200 infirmières, ce qui a entraîné une pénurie qui ébranle encore le système de santé. Tout au plus admet-il que «la bataille de la santé n'est pas gagnée». «On était à cinq milliards de déficit par année. Si on avait eu décote après décote et qu'on payait des intérêts au lieu de donner dans les hôpitaux et les centres d'accueil, est-ce que ce serait mieux? On a 80 % de la population derrière nous quant au déficit zéro», a fait valoir M. Landry.

Le premier ministre s'est désolé que la santé soit un dossier qui ouvre la porte à la démagogie et «au criaillage» de ses adversaires politiques. Accompagné notamment du ministre de la Santé, François Legault, M. Landry a tenté de se montrer convaincant quant au coup de barre que son gouvernement a donné en santé. «On n'a pas attendu les élections pour prendre le virage ambulatoire; on n'a pas attendu les élections pour faire la réforme des régies régionales de la santé; on n'a pas attendu les élections pour payer les déficits des hôpitaux; on n'a pas attendu les élections pour réinjecter des milliards. Pourquoi a-t-on attendu pour mettre du carburant dans la Formule 1 de Legault? Parce que l'argent était à Ottawa», a-t-il expliqué.

Après avoir visité une usine de fabrication de laveurs pharmaceutiques à Beauport et visité quelques heures plus tard un CLSC, M. Landry a pris des engagements qui étaient majoritairement connus (la hausse de 5,2 % des coûts de services, la mise sur pied de 300 groupes de médecine familiale, par exemple). Une exception toutefois dans la présentation des promesses électorales en santé: l'adoption d'une loi encadrant la gestion des fonds publics en santé. Il s'agit en quelque sorte du pendant québécois de la loi canadienne sur la santé qui établit cinq critères. Le Parti québécois propose un sixième critère. L'imputabilité s'ajouterait ainsi à l'universalité, à l'accessibilité, à l'intégralité, à la transférabilité et au caractère public du système. Cette loi vise clairement à bloquer les velléités de l'Action démocratique d'ouvrir la porte au financement privé en santé.
 
 
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