Les suites de la crise de la listériose - Le MAPAQ se défend de s'acharner sur les producteurs de fromages de lait cru
Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) s'est défendu hier de malmener les terroirs du Québec en harcelant indûment les «éleveurs» de fromages au lait cru, comme l'ont dénoncé plus tôt cette semaine plusieurs producteurs.
Pour le MAPAQ, la surveillance de ce pan de l'agriculture doit plutôt être vue comme «un accompagnement des fromagers» dans leur travail, et ce, afin de «s'assurer que les produits mis en marché sont sains et sécuritaires», a résumé le parte-parole du ministère, Clément Falardeau.
«Pour les fromages au lait cru, nous avons un travail à faire sur le plan de l'inspection, a-t-il poursuivi. C'est une procédure normale. Mais il n'y a pas plus d'inspections dans ce secteur qu'à d'autres endroits.»
Pourtant, dans les pages du Devoir jeudi dernier, plusieurs acteurs importants des terroirs ont vivement dénoncé l'attitude du MAPAQ qui, dans la foulée de la crise de la listeriose qui a frappé le secteur alimentaire l'été dernier, aurait fait reculer les terroirs du Québec d'une dizaine d'années, par sa mauvaise gestion de l'événement et de ses contre-coups. Des producteurs spécialisés dans les fromages au lait cru ont également critiqué l'acharnement des inspecteurs provinciaux sur leurs produits, et ce, sans motif valable selon eux.
En effet, pour l'année 2006-07, à peine 4,7 % des toxi-infections alimentaires ont été induites par le lait et les produits laitiers, selon le rapport annuel du ministère portant sur ces maladies de la nourriture. À l'inverse, la viande est à l'origine de 35,7 % des contaminations recensées, soit 7,5 fois plus.
Or, malgré cette réalité statistique, le producteur de fromages d'Hébertville au Lac-Saint-Jean, Jacob Lehmann, a indiqué être obligé de composer depuis plusieurs mois avec des inspections hebdomadaires de ses produits alors que des boucheries seraient visitées une fois aux deux ans, selon lui. Une «folie», résume le producteur qui, en décembre dernier, a mis au rancart le lait cru — pour des fromages désormais pasteurisés — afin d'assurer la survie de son entreprise.
Craint par les amateurs de fromages fins, ce changement de mode de production est également envisagé aujourd'hui pour la première fois de son histoire à la fromagerie du Pied de vent, aux Îles-de-la-Madeleine où, là aussi, les contrôles du MAPAQ deviennent de plus en plus lourds à gérer, a indiqué au Devoir cette semaine Stéphane Chiasson, directeur de production. Le fromager estime en effet qu'une «psychose» s'est installée au ministère depuis la crise estivale. «Depuis six mois, je dois faire tester un lot sur deux [alors que dans l'avant-crise, ces analyses étaient aléatoires], dit-il. C'est énorme. Et même si aucun problème n'a été décelé, il faut continuer à faire des analyses.»
«Dans le contexte, on se pose d'ailleurs la question pour la première fois: va-t-on être obligé d'utiliser du lait thermisé [sorte de sous-pasteurisation décriée par les inconditionnels du fromage au lait cru]?, se demande M. Chiasson. Bien sûr, cela va changer radicalement la nature et le goût de notre produit. Mais au moins, nous allons avoir la paix.»
Malgré nos appels, il n'a pas été possible de parler hier au ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, qui, en juillet dernier, annonçait en grande pompe son intention de voir émerger à l'avenir des terroirs québécois un plus grand nombre de fromages au lait cru. Par ailleurs, le porte-parole de l'institution gouvernementale a rappelé que l'inspection des fromages est une des parties du plan de relance de la fromagerie présenté en octobre par Québec pour annihiler les effets pervers de la crise.
Pour le MAPAQ, la surveillance de ce pan de l'agriculture doit plutôt être vue comme «un accompagnement des fromagers» dans leur travail, et ce, afin de «s'assurer que les produits mis en marché sont sains et sécuritaires», a résumé le parte-parole du ministère, Clément Falardeau.
«Pour les fromages au lait cru, nous avons un travail à faire sur le plan de l'inspection, a-t-il poursuivi. C'est une procédure normale. Mais il n'y a pas plus d'inspections dans ce secteur qu'à d'autres endroits.»
Pourtant, dans les pages du Devoir jeudi dernier, plusieurs acteurs importants des terroirs ont vivement dénoncé l'attitude du MAPAQ qui, dans la foulée de la crise de la listeriose qui a frappé le secteur alimentaire l'été dernier, aurait fait reculer les terroirs du Québec d'une dizaine d'années, par sa mauvaise gestion de l'événement et de ses contre-coups. Des producteurs spécialisés dans les fromages au lait cru ont également critiqué l'acharnement des inspecteurs provinciaux sur leurs produits, et ce, sans motif valable selon eux.
En effet, pour l'année 2006-07, à peine 4,7 % des toxi-infections alimentaires ont été induites par le lait et les produits laitiers, selon le rapport annuel du ministère portant sur ces maladies de la nourriture. À l'inverse, la viande est à l'origine de 35,7 % des contaminations recensées, soit 7,5 fois plus.
Or, malgré cette réalité statistique, le producteur de fromages d'Hébertville au Lac-Saint-Jean, Jacob Lehmann, a indiqué être obligé de composer depuis plusieurs mois avec des inspections hebdomadaires de ses produits alors que des boucheries seraient visitées une fois aux deux ans, selon lui. Une «folie», résume le producteur qui, en décembre dernier, a mis au rancart le lait cru — pour des fromages désormais pasteurisés — afin d'assurer la survie de son entreprise.
Craint par les amateurs de fromages fins, ce changement de mode de production est également envisagé aujourd'hui pour la première fois de son histoire à la fromagerie du Pied de vent, aux Îles-de-la-Madeleine où, là aussi, les contrôles du MAPAQ deviennent de plus en plus lourds à gérer, a indiqué au Devoir cette semaine Stéphane Chiasson, directeur de production. Le fromager estime en effet qu'une «psychose» s'est installée au ministère depuis la crise estivale. «Depuis six mois, je dois faire tester un lot sur deux [alors que dans l'avant-crise, ces analyses étaient aléatoires], dit-il. C'est énorme. Et même si aucun problème n'a été décelé, il faut continuer à faire des analyses.»
«Dans le contexte, on se pose d'ailleurs la question pour la première fois: va-t-on être obligé d'utiliser du lait thermisé [sorte de sous-pasteurisation décriée par les inconditionnels du fromage au lait cru]?, se demande M. Chiasson. Bien sûr, cela va changer radicalement la nature et le goût de notre produit. Mais au moins, nous allons avoir la paix.»
Malgré nos appels, il n'a pas été possible de parler hier au ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, qui, en juillet dernier, annonçait en grande pompe son intention de voir émerger à l'avenir des terroirs québécois un plus grand nombre de fromages au lait cru. Par ailleurs, le porte-parole de l'institution gouvernementale a rappelé que l'inspection des fromages est une des parties du plan de relance de la fromagerie présenté en octobre par Québec pour annihiler les effets pervers de la crise.
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