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Pour en finir avec la médecine de corridor

Un gouvernement adéquiste apporterait des solutions simples au problème. L'ouverture de salles d'observation, par exemple.

Robert Dutrisac   19 mars 2003  Québec
Le Dr Joëlle Lescop, porte-parole adéquiste en matière de soins de santé, le chef de l’ADQ, Mario Dumont, accompagnés du coordonnateur de l’urgence à l’hôpital Notre-Dame, Dr Réal Barrette, un militant de l’Action démocratique.
Photo : Jacques Nadeau
Le Dr Joëlle Lescop, porte-parole adéquiste en matière de soins de santé, le chef de l’ADQ, Mario Dumont, accompagnés du coordonnateur de l’urgence à l’hôpital Notre-Dame, Dr Réal Barrette, un militant de l’Action démocratique.
L'Action démocratique du Québec a tenté hier de démontrer que ce n'est pas tant d'argent que le système de santé québécois a besoin mais bien de solutions simples et pratiques.

Devant l'hôpital Notre-Dame, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, accompagné du Dr Joëlle Lescop, candidate dans Vachon et porte-parole en matière de santé, ainsi que du militant adéquiste et coordonnateur de l'urgence à l'hôpital, le Dr Réal Barrette, a présenté des mesures pour «en finir avec les médecines de corridors».

Un gouvernement adéquiste ouvrira dans les 88 urgences du Québec des salles d'observation où seront regroupés les patients installés sur des civières qui, à l'heure actuelle, se retrouvent dans les corridors, souvent pendant plusieurs jours. Cette mesure n'entraînerait que des coûts non récurrents de dix millions parce qu'il existe des locaux non utilisés dans la plupart des hôpitaux, a expliqué Mme Lescop.

Le gouvernement «institutionnalise le corridor comme lieu de soins», a dénoncé M. Dumont, soulignant que les hôpitaux ont installé des sonnettes et des rideaux dans les corridors. «On est en train de s'y habituer au gouvernement», a-t-il dit.

«C'est un crime», a lancé le Dr Réal Barrette. Les urgences sont «en crise perpétuelle» depuis les mises à la retraite des infirmières et des médecins afin d'atteindre le déficit zéro. «C'est une catastrophe», a-t-il dit, rappelant que ce sont en grande majorité des personnes âgées de 70 ou 80 ans qui se retrouvent dans les corridors et que la situation s'aggravera avec le vieillissement accéléré de la population québécoise. «Ce qu'on voit, c'est des gouvernements qui ne comprennent rien, mais rien à la situation et dont la seule solution, c'est de rajouter de l'argent», a accusé le Dr Barrette, qui a continué sur une note vernaculaire pour exprimer son exaspération à l'endroit du gouvernement péquiste.

L'ADQ propose en outre de créer des postes d'infirmière spécialisée en soins d'urgence. Un gouvernement adéquiste consacrera un budget non récurrent de 15 millions à la formation de 1600 infirmières dont la majorité travaille déjà dans les urgences. Ces infirmières auront droit à une rémunération majorée de 20 % et leur rémunération annuelle passera en moyenne de

45 000 $ à 54 000 $. Ces augmentations coûteront 19 millions par an.

Contrairement au gouvernement Landry, l'ADQ ne croit pas que les CLSC et les groupes de médecine familiale (GMF) puissent devenir la porte d'entrée du système de santé, du moins pas à l'échelle du Québec. «C'est un concept théorique qui a été développé dans les bureaux de Québec», a dit le Dr Lescop. «Ce n'est pas réaliste.» Deux ans après leur lancement, aucun GMF ne fonctionne vraiment, a-t-elle signalé.

Tout en soutenant les GMF qui, d'aventure, fonctionneraient, l'ADQ misera sur les cliniques médicales privées qui existent déjà. Un gouvernement adéquiste fournirait du personnel infirmier de première ligne à ces cliniques afin de permettre aux médecins de prendre davantage de patients en charge. En tout, 1000 infirmières seraient embauchées, pour un débours annuel de 35 millions. Ces cliniques privées seraient ouvertes 16 heures par jour, de 6h à 22h, sept jours sur sept.

Au cours de la conférence de presse qui se déroulait au grand air, le chef adéquiste a eu maille à partir avec du personnel du milieu de la santé. «Il n'y a pas de problème avec la sécurité d'emploi», a-t-il expliqué: les gens à la base qui donnent des services ne seront pas licenciés et seuls les employés «tablettés» sont visés. «Pourquoi vous voulez décentraliser les syndicats, d'abord?», a lancé une employée. Ne craignant pas l'air frisquet du matin, un préposé à l'urgence en blouse verte d'hôpital a lancé à M. Dumont qu'il fallait voter libéral pour régler les problèmes du système de santé.
 
 
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