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Un déficit n'entacherait pas la cote de crédit du Québec

Robert Dutrisac   15 janvier 2009  Québec
Québec - Grâce à un surplus accumulé dans le Fonds des générations, le gouvernement du Québec pourra conserver sa cote de crédit actuelle même s'il accuse un déficit conjoncturel en 2009-2010 ou l'année suivante.

C'est l'analyse que fait le ministère des Finances, qui doit revoir ses prévisions de croissance économique en vue du budget que déposera en mars la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a appris Le Devoir.

Grâce à un apport plus important que prévu de la part d'Hydro-Québec depuis sa création, en 2006, le Fonds des générations est en avance sur son échéancier. Il dispose d'un surplus de 700 millions, qui pourrait servir de coussin en cas de déficit sans que l'objectif du fonds ne soit compromis. D'ici 30 ans, ce fonds, qui aura accumulé une somme d'au moins 30 milliards, doit permettre de réduire de 43 % à 25 % la dette publique du Québec en pourcentage de son Produit intérieur brut (PIB). La création de ce Fonds des générations a été très bien reçue par les agences de notation de crédit, comme Moody's, a-t-on indiqué au gouvernement. Au demeurant, les agences de crédit ont revu à la hausse la cote de crédit du Québec en juin et en novembre 2006.

Cette année, c'est 600 millions qui seront versés, principalement par Hydro-Québec, au Fonds des générations, et 822 millions l'an prochain. Le gouvernement pourrait décréter une suspension du versement des redevances à ce fonds pour équilibrer son budget sans indisposer les agences de notation de crédit, croit-on au ministère des Finances.

À l'Assemblée nationale, Monique Jérôme-Forget a dévoilé son énoncé économique, qui annonce la mise en place de six mesures pour stimuler la croissance, des mesures qui étaient déjà connues. La ministre a donné l'assurance que l'équilibre budgétaire serait maintenu pour l'année en cours, mais n'a pu faire de même pour 2009-2010.

Dans le document explicatif rendu public hier, le ministère des Finances reconnaît que la prévision de croissance de 0,6 %, contenue dans l'énoncé économique de 4 novembre dernier, n'est plus pertinente. Pour le Québec, la croissance moyenne prévue par les prévisionnistes de secteur privé en 2009 est passée de 0,7 % à -0,5 %, un écart de 1,2 %. Les prévisions pour les États-Unis et l'ensemble du Canada vont dans le même sens.

«Sur mon écran radar, je souhaite toujours viser l'équilibre budgétaire», a fait valoir Mme Jérôme-Forget. Pour éviter un déficit, «toutes les options [sont] envisageables, incluant l'utilisation éventuelle des revenus dédiés au Fonds des générations», peut-on lire dans le document explicatif. Toutes les options, sauf des compressions dans les services de santé et d'éducation, a prévenu la ministre.

Ce scénario d'un déficit épongé par des sommes réservées au Fonds des générations est «extrêmement pessimiste», a soutenu Mme Jérôme-Forget. Pour éviter une telle possibilité, deux facteurs sont «déterminants», selon la ministre: le contenu du prochain budget fédéral et l'effet du plan de relance de 700 milliards que doit présenter le président américain Barack Obama.

Durant la campagne électorale, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, avait suggéré qu'on suspende le versement des redevances au Fonds des générations. L'idée fut accueillie comme une hérésie par Mme Jérôme-Forget, qui avait qualifié ce fonds d'«intouchable».

Les six mesures reprennent autant d'engagements des libéraux durant la campagne électorale: un milliard de plus pour la Société générale de financement (SGF) pour qu'elle prenne des participations dans des entreprises, assouplissement des règles de capitalisation des régimes de retraite, augmentation des crédits d'impôts pour la production cinématographique et télévisuelle, hausse du salaire minimum de 50 ¢, à 9 $ l'heure le 1er mai prochain et accélération des investissements dans les infrastructures.

Enfin, Mme Jérôme-Forget a donné les détails du nouveau crédit d'impôt remboursable pour la rénovation résidentielle. Ce crédit d'impôt sera égal à 20 % des dépenses de rénovation d'un particulier excédant 7500 $. Pour toucher le crédit d'impôt maximum, soit 2500 $, il faudra dépenser 20 000 $ pour des rénovations effectuées par des entrepreneurs licenciés.

Mme Jérôme-Forget a prévu que 170 000 personnes toucheront ce crédit d'impôt qui représente une dépense de 250 millions pour le gouvernement. On reconnaissait hier qu'il est difficile de prévoir quel effet aura ce programme, quelle part de cette somme ira à des individus qui n'auraient pas réalisé leur projet de rénovation en 2009. D'ailleurs, le chiffre de 170 000 correspond au nombre total de Québécois qui ont rénové leur maison en 2008, pour une somme de 3,3 milliards, a-t-on confirmé hier.

L'opposition a condamné l'énoncé économique présenté par la ministre. La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, estime que «c'est du réchauffé». Selon elle, «les travailleurs se sont fait avoir» parce qu'aucune nouvelle mesure pour améliorer leur formation n'est prévue. À l'instar de la convocation de l'Assemblée nationale pour cette session de trois jours, l'énoncé de Mme Jérôme-Forget est «un exercice en relations publiques», juge Mme Marois.

Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a déploré que l'énoncé économique ne contienne rien pour la classe moyenne. L'optimisme que conserve Mme Jérôme-Forget lui semble suspect. Avec ce qui se passe aux États-Unis et dans le reste du Canada, que les finances publiques du Québec puissent être épargnées, comme le soutient le gouvernement, ça ne lui semble pas réaliste.

«On sent un gouvernement qui, une fois que les élections sont passées, prépare les gens d'une façon progressive à l'arrivée des vraies affaires», juge Mario Dumont. «Tout à l'heure, elle a ouvert la porte à la possibilité d'une récession. Donc, on sent qu'ils sont en train de déverrouiller toutes les mauvaises nouvelles pour préparer progressivement les esprits à une vérité, une vérité qui va être pas mal plus dure que le portrait qu'ils ont donné.»
 
 
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  • Donald Bordeleau - Inscrit
    15 janvier 2009 07 h 33
    Triste scénario
    Hier, Monsieur Charest avait la chance de tendre la main à l'opposition, en répondant avec humilité aux questions posées par l'opposition. Au contraire nous avons revu Monsieur Charest dans sa splendeur, arrogant, insignifiant et imbu de lui-même. Je déteste la politique à cause de lui. Au lieu de bâtir le Québec, il détruit tout ce qui l'entoure. Il y a juste LUI et sa formation qui ont l'heure juste, il fait passer le reste du monde pour des imbéciles. Cette façon de ridiculiser les autres n'annoncent rien de bon pour la collaboration qu'il sollicite. Pour Monsieur Charest la collaboration veut dire: mettez vous à genoux devant moi, donnez-moi les réponses, je vais vous ridiculiser parce que je suis majoritaire. Comme dit si bien Chantal Hébert, monsieur Charest il est constant.
    Les trois partis de l'opposition ont présenté des avenues intéressantes, la formation des travailleurs, le logement social, la rénovation domiciliaire mais avec des modifications tel que présenté par madame Forget cette mesure ne profite qu'aux riches avec des modifications elle pourrait aider la classe moyenne ou mieux encore le logement social serait mieux approprié. Monsieur Charest, pouvez-vous faire un effort pour respecter les gens, les écouter, les prendre tels qu'ils sont, votre enflure verbale me dégoûte.
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  • Diane Cadieux - Inscrite
    15 janvier 2009 16 h 08
    Rien à ajouter
    Je suis tellement d'accord avec M.Bordeleau qui commente précédemment.
    Mais pourquoi donc est-il encore au pouvoir?
    On est reconnu comme nation mais, quelle sorte de nation sommes-nous?
    Et quelle sorte de nation voulons-nous être?
    Je ne suis pas souverainiste, mais très fière de mes compatriotes québecois qui l'ont réélu.
    Et tant de temps et d'argent gaspillés, pourquoi?
    Je me répète certainement, mais les québecois ont cautionné son "POWERTRIP".
    Et ça durera pwndant 5 ans!!!
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